Loup, y es-tu ? de Henri COURTADE

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Loup, y es-tu ?
de Henri COURTADE
Mille Saisons,
2010, p. 344

Première Publication : 2010

Pour l’acheter : Loup, y es-tu ?

Né en 1968 au pied des Pyrénées, Henri Courtade est biologiste. Passionné de littérature, il écrit dans des genres aussi variés que le roman historique, le thriller ou le fantastique.

 Lady R., Tome 1 

♣ ♣ ♣

Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.
Sinistre tableau !
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…

 

Depuis quelques mois, Loup, y-es-tu ? est le titre phare sur Livraddict. A force d’en entendre parler (en bien !), j’ai fini par craquer et j’ai profité d’une « promotion » sur le site des Editions Mille Saisons (que je vous conseille !) pour le commander. Non seulement j’ai reçu cet ouvrage magnifique (avouez, l’illustration de couverture seule, donne envie !) ainsi que de superbes marque-pages, mais également une jolie dédicace de l’auteur !
Je n’ai pas attendu longtemps avant de l’ouvrir, profitant par la même occasion l’un Book Club spécial où Monsieur Courtade devrait également faire son apparition pour répondre à nos questions (c’est ce soir – mercredi 26 janvier – sur Livraddict, alors n’hésitez pas à suivre la conversation et à participer !).
Après tout ce blabla d’introduction, suis-je convaincue ou non ? Et bien, c’est sans surprise que je me joins à l’avis général qui est on ne peut plus positif. Et j’irai même jusqu’au coup de cœur ! Le texte est aussi bon que le livre en tant qu’objet est beau ! Aucune raison de vous priver de cette lecture, surtout n’hésitez pas !

Albe, très jolie jeune femme brune, vend des tickets pour des spectacles quand un curieux petit personnage vient la tirer de sa routine. Celui-ci – Franz – et son vieil ami Albert- lui aussi un nain – se mettent en devoir de réveiller les souvenirs de sa « vie antérieure ». Et oui, Albe n’est autre que la Blanche-Neige que nous connaissons tous
De son côté, la talentueuse et jeune créatrice de mode, Virginia Woolf, s’apprête à présenter ses dernières créations lors d’un défilé parisien lorsqu’elle est « hypnotisée » et kidnappée par un géant blond. Le Traqueur lui explique qu’il agit pour la protéger et doit, pour la sauver, la conduire à New York, auprès d’Albe et des nains. Au début sceptique – qui ne le serait pas ? – Virginia accepte petit à petit son identité. Le Petit Chaperon Rouge sait désormais pourquoi elle hait le rouge, n’utilisant que le noir dans ses créations, et pourquoi elle rêve constamment d’une créature monstrueuse la poursuivant et la dévorant…
En cette année 2011, à New York, les deux jeunes femmes et leurs amis vont devoir se serrer les coudes pour affronter leur grande ennemie de toujours, Marilyn Von Sydow alias la belle-mère de Blanche-Neige, et son sbire le Loup, qui semblent être à l’origine de nombreuses catastrophes mondiales, de l’arrivée au pouvoir d’Hitler aux attentats du 11 septembre…

Grande fan des contes de fées, ayant déjà eu l’occasion de lire des réécritures plus ou moins « pertinentes », j’avais hâte de découvrir cette version « modernisée » ; et je suis pleinement satisfaite de ce que nous offre Monsieur Courtade. Je salue notamment l’idée qu’il a eu de relier des faits historiques avec l’histoire de ses héros. Le résultat aurait pu rapidement être bancal et « invraisemblable », mais non. Tous les éléments sont bien reliés les uns aux autres, tout s’enchaîne parfaitement, tout est travaillé ; bravo !
Au fil des pages, on apprend de plus en plus d’éléments et au final on se dit : « Ah mais oui ! Comment ai-je fait pour passer à côté de ça ?! ». Tout se connecte et je n’ai rien vu venir, notamment en ce qui concerne l’un des personnages. Je n’en dis pas plus pour vous laisser la surprise, mais ceux qui ont lu Loup, y es-tu ? comprendront, je pense. Vous étiez-vous doutés de quelque chose ? Suis-je la seule naïve du coin ?
En ce qui concerne les personnages, j’ai été agréablement surprise par la plupart. Les deux héroïnes ont su me convaincre – avec une petite préférence pour Albe -, et pourtant, ce n’était pas gagné car Blanche-Neige et le Petit Chaperon Rouge sont loin d’être mes personnages de conte préférés ! J’ai également énormément apprécié la personnalité duTraqueur, définitivement celle qui me paraît la plus complexe et la plus intéressante. Le rôle de la méchante reine est bien tenu, même si j’aurais peut-être aimé un poil plus de nuance. Un petit regret concernant le personnage de Frédéric, un peu trop effacé à mon goût, j’aurais aimé apprendre à mieux le connaître.

henricourtadeAu niveau de la forme du texte, j’ai particulièrement apprécié les quelques flash-back (souvenirs des héroïnes) éparpillés de-ci de-là et qui apportent des informations au compte-goutte. C’est très bien amené et bien dosé pour que le lecteur ait envie de découvrir la suite, en apprenant toujours un peu plus, mais jamais assez… Henri Courtade m’a entraînée du début à la fin, je n’ai rien vu venir, tout a parfaitement fonctionné avec moi !
Ajoutez à cela une plume très agréable, très fluide avec un brin d’humour ainsi que des chapitres ni trop courts, ni trop longs… et hop, en deux jours vous êtes parvenus au bout de cette histoire sans vous en être rendus compte !
En parlant de chapitres, j’ai beaucoup aimé les titres de ceux-ci, très bien trouvés. Une dose d’humour, des jeux de mots et des références variées… ce qui m’a parfois fait penser à duTerry Pratchett ! Voilà quelques exemples, pour le plaisir : « Promenons-nous dans les bois… », « Rencontre du troisième type », « Ogres et barbaries », « A la traque ! », « Le Bon, la Brute et le Traqueur » ou encore « Fées et gestes »…
J’en profite pour féliciter la ou les personne(s) chargée(s) de la mise en page du texte. En effet, en en-tête de chaque chapitre se trouve une jolie pomme dans laquelle on a croqué… impossible de choisir un symbole de conte plus parlant ! Bref, c’est la petite touche en plus !

Henri Courtade modernise donc les contes de fées et fait ressortir de ces histoires « originelles », toutes ces choses cachées et inconscientes : la violence, la sexualité… qui n’a jamais entendu parler de l’interprétation psychanalytique du Petit Chaperon Rouge ? La couleur rouge, le grand méchant loup…
Difficile d’expliquer avec des mots, mais en lisant Loup, y es-tu ?, j’ai parfois eu l’impression de retrouver l’univers de certains clips de Rammstein (Du riechst so gut et Sonne, respectivement les mises en scène du Petit Chaperon Rouge et de Blanche-Neige).
Le conte de fées, ce n’est pas qu’une gentille histoire qu’on raconte aux enfants pour les aider à s’endormir, c’est aussi et surtout tous les messages cachés derrière le côté « féerique ». Finalement, c’est très violent, presque « sale » j’ai envie de dire, et vu la société dans laquelle on vit actuellement, l’auteur ne pouvait pas trouver meilleur contexte pour une modernisation de ces histoires !

Vous l’aurez compris, je pense : j’ai adoré ! Une « réécriture » modernisée des contes de fées, un savant mélange de fantastique, de faits historiques et même d’interprétations symboliques, qui fonctionne à merveille ! Vivement le prochain titre de Monsieur Courtade, je serai au rendez-vous !

 

3 pensées sur “Loup, y es-tu ? de Henri COURTADE

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