Mal-Morts de Jean-Marc LIGNY

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Mal-Morts

de Jean-Marc LIGNY
L’Atalante Jeunesse,
2010, p. 282

Première Publication : 2010

Pour l’acheter : Mal-Morts

Jean-Marc Ligny est un écrivain français de science-fiction, fantastique né le 13 mai 1956. Il a écrit près d’une quarantaine de romans, dont une dizaine pour la jeunesse.

♣ ♣ ♣

Ils vont me tuer, ils vont me tuer, ils vont me tuer…
Élodie est une jeune fille douée d’une étrange faculté… elle attire des fantômes qui se nourrissent d’elle. Et elle est épuisée par ce combat, au point de ne plus savoir qui va la tuer au juste : ses parents, la clinique ou les morts… Sans doute les trois à la fois.
Une seule chose pourrait l’aider à sortir de cet enfer : l’Amour.
La rencontre avec Orfan, son idole, star adulée de la jeunesse, qui l’intègre à son groupe de rock, la transfigure. Mais l’amour, qui repousse les morts, peut être aussi un poison pour les vivants…

 

Lorsque Livraddict a proposé ce titre en partenariat avec L’Atalante, j’ai sauté sur l’occasion. J’avais très envie de découvrir l’univers de Jean-Marc Ligny car, depuis quelques temps, j’ai envie d’élargir un peu mes connaissances dans le domaine du fantastique, de la science-fiction, notamment au niveau des auteurs français ; parce qu’il faut bien l’avouer, ma culture est assez limitée de ce point de vue là ! J’avais en plus, vu le titre chez Lelf et l’illustration de couverture et le résumé ont fini de me convaincre.
Je ressors de cette lecture, finalement assez mitigée. L’idée générale de base et le début étaient vraiment très prometteurs, mais le chemin emprunté par l’intrigue dans la deuxième partie et le dénouement, sont, à mon goût, décevants.

Elodie, 14 ans, est une jeune adolescente complètement incomprise de ses parents (Charles et Nicole) qui ne veulent absolument pas croire qu’elle puisse se faire attaquer quotidiennement par des morts, et préfèrent la croire atteinte d’une psychose quelconque
Après une grosse crise, la fugue de leur fille et avec l’avis du psychiatre qui la suit, Charles et Nicole décident de placer Elodie dans un institut psychiatrique dans lequel, affaiblie par les doses massives de calmants, elle doit lutter contre un jeune suicidé qui ne lui laisse aucun instant de repos. Ses jours sont comptés, mais heureusement, deux femmes touchées par la détresse de l’adolescente, vont lui venir en aide : Sandra – la jeune policière qui l’a trouvée inconsciente en pleine nuit lors de sa fugue – et Mathilde – infirmière en chef bourrue au premier abord, qui ne peut pas fermer les yeux sur les pratiques utilisés dans la clinique ! Elodie, sauvée et entourée d’amour, se remet petit à petit de ses frayeurs… mais les morts ne sont jamais loin !

Comme je le disais plus haut, l’idée de départ : le combat contre les mal-morts (c’est-à-dire les morts qui ont eu une mort violente et n’ont donc pas trouvé la paix) qui aspirent quotidiennement la vie et l’énergie de l’héroïne, est vraiment une idée très intéressante. Les premiers chapitres, très « durs », sont essentiellement dédiés à ce combat, à ce côté fantastique et annoncent une intrigue, une histoire, palpitante et très originale.
Malheureusement, dans la deuxième partie du texte, l’histoire change de direction et le côté « adolescent » prend le dessus, laissant en plan le côté fantastique qui me plaisait tant. Elodie découvre la force de l’Amour, ses soucis s’estompent… Alors oui, ce message d’amour et d’espoir est joli, j’en conviens ; mais je le trouve tout de même un peu « simpliste ». J’ai donc été très déstabilisée par la direction que prennent les évènements au milieu du livre et surtout par le dénouement ! Alors oui, je suis d’accord avec ceux qui disent que celui-ci est onirique et poétique (j’ai lu ça à plusieurs reprises sur internet), mais je trouve qu’il nous laisse surtout sur notre faim ! Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai trouvé ces dernières pages très… bizarres !

Evidemment, je ne dois pas oublier qu’il s’agit avant tout d’un titre destiné à la jeunesse, ce qui explique peut-être cela ! Je pense en effet que les adolescents pourront parfaitement se reconnaître dans l’histoire d’Elodie, dans sa quête d’amour et de réponses pendant cette période difficile mais obligée qu’est l’adolescence… De plus, dans la dernière partie, l’histoire se tourne du côté du monde de la musique puisque l’héroïne tombe amoureuse de son idole, le jeune Orfan, star de la musique (le Tokio Hotel français !) ! Typiquement le genre de scènes qui plaira aux jeunes adolescentes (ben oui, on a toutes rêvé, un jour pendant notre adolescence, de rencontrer son idole ! Non ?) ; mais, du haut de mes 23 printemps, je trouve ça un peu « cliché » ; mais ça reste « mignon », j’en conviens.

jeanmarclignyJ’ai aimé le personnage d’Elodie, cette jeune fille prise dans les tourments de l’adolescence en plus de ses problèmes avec le surnaturel. Elle est courageuse, ne se laisse pas abattre ; elle veut vivre ! Il n’y a peut-être qu’à la fin que sa réaction un brin excessive, m’a un peu agacée ; mais sinon, j’ai été ravie de suivre cette héroïne attachante qui ne manquera pas de toucher les lectrices du même âge (environ 15 ans).
Les autres personnages sont assez nombreux mais plutôt bien traités. Sandra et Mathilde, les protectrices d’Elodie, ont su me convaincre grâce à leur attachement pour l’adolescente. Le père de celle-ci illustre bien ces hommes qui se taisent face à leur épouse tyrannique, mais j’ai aimé sa progression. Quant à Nicole, l’épouse tyrannique en question, c’est une mère absolument haïssable ! Elle ne possède aucune ouverture d’esprit, est trop attachée au qu’en dira-t-on, critique tout et tout le monde… j’avais envie de lui en mettre une dès les premières pages ! C’est peut-être un peu exagéré, mais malheureusement, je pense que des tas de Nicole existent dans notre monde réel… et je n’ose imaginer une adolescence avec une telle matrone ! Cela dit, encore une fois, je suis persuadée que de nombreux lecteurs adolescents se retrouveront dans la position d’Elodie et ne manqueront pas, alors, de s’attacher encore plus à elle ! Quant à Orfan, le jeune musicien (d’environ 16 ans), déjà en haut de l’affiche, a su me plaire avec son côté rock-star/poète. Il manque peut-être un peu de profondeur, mais il a tout de même réussi à me convaincre. Et je n’ai aucun doute là-dessus, il saura conquérir le cœur des jeunes lectrices !

Au niveau du style, je n’ai pas grand-chose à redire. Le texte se lit très bien, très vite (grâce, notamment aux chapitres courts) et sans problème. J’ai apprécié la plume très « percutante » de Jean-Marc Ligny et ce côté très « sombre », presque « glauque » de la première moitié du texte. L’auteur décrit très bien les attaques des mal-morts (ça m’aurait d’ailleurs presque fait flipper à certains moments !) et l’atmosphère de désespoir, de solitude qui en résulte… et qu’on retrouve aussi pendant l’adolescence ! Ce côté très « dur » (le séjour à l’asile, la fugue, l’incompréhension des adultes, l’anorexie,…) m’a semblé pertinent, très réaliste et très juste et encore une fois, je trouve dommage que l’ensemble du texte ne soit pas d’une « qualité » égale. Bon, évidemment, je ne m’attendais pas à du désespoir et de la solitude pendant les 282 pages, mais bon…
J’ai également aimé les références un peu rock/gothiques dispersées dans le texte : la figure de Katia, la petite gothique (qui illustre parfaitement l’adolescente gothique de ces dernières années !), Orfan le Tokio Hotel français, Elodie qui enfile des bas rayés et une petite jupe noire pour assister au concert,… et la liste des groupes (qu’on trouve au début du livre) qui ont inspiré l’auteur pendant la rédaction de ce titre avec, par exemple : Anathema, Dead can Dance, Faun, Qntal,… et c’est particulièrement amusant, parce que je retrouve ici une partie de ma playlist !

L’idée de base et le début, très fantastiques, avaient tout pour me plaire et semblaient prometteurs ; mais la direction que prennent les évènements et le dénouement m’ont déçue. Je suis déçue que le côté fantastique soit laissé en plan au profit de « l’Amour »… C’est un joli message d’espoir, mais ce n’est pas suffisant pour me séduire. Je m’attendais à autre chose mais je pense que les lecteurs adolescents se sentiront plus proches de l’héroïne et de ce qu’elle vit, que j’ai pu l’être !

 

3 pensées sur “Mal-Morts de Jean-Marc LIGNY

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