La Mort dans les nuages de Agatha CHRISTIE

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lamortdanslesnuageschristieLa Mort dans les nuages

de Agatha CHRISTIE

Editions du Masque,
2007, p. 223

Première Publication : 1935

Pour l’acheter : La Mort dans les nuages

Dame Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller (15 septembre 1890 – 12 janvier 1976), puis, après son second mariage, Lady Agatha Mallowan et, à partir de 1971, Dame Agatha Christie, était une femme de lettres britannique, auteure de nombreux romans policiers. Son nom est associé à celui de deux héros récurrents : Hercule Poirot, détective professionnel, et Miss Marple, détective amateur. On la surnomme la « Reine du crime » ; ceci fait d’elle l’une des plus importantes et des plus novatrices des écrivains (dans le développement du genre). Elle a aussi écrit plusieurs romans sous le pseudonyme de Mary Westmacott.

♣ Le Crime de l’Orient-Express ♣ Mort sur le Nil 

♣ ♣ ♣

Comment lancer un dard empoisonné ? Avec une sarbacane, évidemment, comme le font les Indiens d’Amérique du Sud. Mais, si l’on n’a pas de sarbacane sous la main, n’importe quel tube fera l’affaire. Une flûte par exemple. Ou un fume-cigarette, s’il est assez long. Et même une pipe kurde en terre cuite… pourquoi pas ? Oui, un tuyau quelconque conviendrait… Voilà qui est bien ennuyeux… Parce que, dans ce cas, tous les passagers sont suspects. N’importe qui dans l’avion peut s’être débarrassé deMme Giselle de cette façon si particulière. Quelle drôle d’idée, tout de même ! Il y a tant d’autres moyens plus discrets de tuer quelqu’un !

Ce titre – que je ne connaissais pas – d’Agatha Christie m’a été envoyé par Matilda (décidément, quelle bonne Fée !), dans son colis surprise « Les Livres sont faits pour voyager » ; la Demoiselle ayant sans doute lu quelque part que j’avais envie de perfectionner mes connaissances en matière de policiers anglais… Il faut dire que d’Agatha Christie, je n’avais lu jusque là, que les Dix petits nègres (à deux reprises). Ce titre m’avait enchantée, alors, allez savoir pourquoi je n’ai jamais poussé ma découverte plus loin… Mais maintenant, c’est chose faite et je compte bien lire toute la bibliographie de l’auteure, dès que j’en aurai l’occasion ! Je remercie donc une nouvelle fois Matilda, qui, pour le moment, a fait un sans faute dans le choix de ses cadeaux et je conseille à tous ceux qui en auront l’occasion, d’ouvrir un des livres d’Agatha Christie ; ça vaut vraiment le détour… Je classe donc tout naturellement cette lecture du côté des gros coups de cœur littéraire !

C’est dans le « Prométhée » – un avion de la ligne Paris-Londres – qu’un meurtre étrange a lieu. Madame Giselle, une usurière célèbre de la capitale française, est retrouvée morte sur son siège, paraissant avoir été empoisonnée. Après auscultation rapide, la femme semble avoir été touchée au niveau du coup par une piqure étrange… la découverte d’une sarbacane et d’une flèche « aborigènes » viennent confirmer cette hypothèse. Personne n’a rien entendu, personne n’a rien vu. Et pourtant, quelqu’un a forcément assassiné la victime. Mais qui ? Qui des passagers et du personnel est coupable ? Car, le meurtre ayant eu lieu en plein air, entre Paris et Londres, il est évident que l’assassin était dans l’avion pendant tout le voyage ! L’enquête se met doucement en place sous le « commandement » de Hercule Poirot, qui, bien commodément, était lui aussi un passager de ce vol sanglant !

Un huis-clos, quoi de mieux pour qu’un meurtre soit commis et entraîne une enquête particulièrement passionnante ? Tous les personnages sont suspects, tous ont un passé mystérieux, rempli de zones d’ombre, et tous auraient plus ou moins pu commettre le meurtre pour de bonnes raisons. Agatha Christie nous présente habilement les passagers un à un, commençant notamment par la jeune Jane Grey (typiquement anglais ça…) : coiffeuse de son état, partie passée quelques semaines de vacances au Pinet (dans le sud de la France). Cette figure féminine est sans doute celle que l’on suit le plus pendant cette histoire, et celle à laquelle on s’attache également le plus. A travers ses yeux, de sa place dans l’avion, l’on découvre le déroulement du voyage et les figures qui évoluent pendant cette scène : des deux « amies » bourgeoises anglaises, dont l’une – Lady Horbury – est une actrice connue pour ses tendances à l’héroïne et l’autre – Venetia Kerr – est amoureuse du mari de la première, aux deux archéologues français – les Dupont père et fils – passionnés par la céramique, en passant par le jeune homme assis en face d’elle, le beauNorman Gale, dentiste anglais renommé. N’oublions pas l’auteur de livres policiers – Daniel Clancy -, le Docteur Bryant – qui constatera le décès -, James Ryder – l’homme d’affaire français -, Madame Giselle – la future morte -, les deux stewarts, la bonne de Lady Horbury et bien sûr, Hercule Poirot qui a le mal de l’air et qui tente de dormir pour calmer les assauts de son estomac… 

agathachristieTout au long de l’enquête, Agatha Christie nous offre tous les détails sur un plateau, en même temps qu’elle les offre à son enquêteur de choc. Je pense notamment au contenu des différents bagages de chacun, on découvre tous les petits objets présents dans l’avion et à qui ils appartiennent, en même temps qu’Hercule Poirot. Ainsi, tout au long de la lecture, le lecteur peut tenter de résoudre l’enquête à son tour ; il a toutes les cartes en main pour ça. Cependant, comme c’est souvent le cas lorsque je lis/regarde une enquête policière, je ne parviens jamais (ou si peu souvent…) à trouver le coupable ! Et cette fois n’a pas fait exception à la règle, ce n’est qu’à la toute fin, quand Hercule Poirot annonce le nom du coupable, que je l’ai appris. Estomaquée j’ai été par cette révélation à laquelle je ne m’attendais pas du tout !
Je pensais, au départ, que l’intrigue se déroulerait entièrement dans l’avion, pendant le vol ; qu’Hercule Poirot résoudrait l’enquête dans les airs. Mais en fait non, celle-ci s’étend sur plusieurs semaines et dans plusieurs lieux : en Angleterre mais également en France. On visite la majorité des suspects, on fouille dans le bureau de la victime,… on se balade de lieux en lieux et on amasse des indices (qui ne m’ont pas aidée à trouver le coupable avant l’heure…). Finalement, je ne suis pas déçue par ce schéma, puisque l’ensemble est parfaitement mené. C’est intelligent, distrayant… pas un temps mort et tout s’emboîte parfaitement à la fin ! Je signale une chose amusante : un plan est placé dans les premières pages, représentant la cabine arrière du « Prométhée » afin que le lecteur ait bien en tête où chaque passager se trouvait. On constate ainsi que la victime était tout au fond de l’avion mais qu’elle était entourée de toute part par d’autres passagers… comment l’assassin a-t-il pu procéder pour ne pas être vu ? Impossible !

En plus d’une intrigue bien ficelée, Agatha Christie possède une plume agréable et « intelligente ». C’est juste ce qu’il faut quand il faut ! Elle nous donne de nombreux détails pour qu’on puisse (tenter de) résoudre l’enquête, mais ce n’est jamais indigeste. Les dialogues sont là pour détendre l’atmosphère avec quelques touches d’humour mais on aussi leur importance ; sans parler des descriptions qui ne sont pas données au hasard… Avec 26 petits chapitres pour 220 pages environ, la lecture est très rapide et très facile. Il n’y a pas de sang, pas de gore, pas de scènes époustouflantes comme dans les thrillers d’aujourd’hui (que ce soit sur le support papier ou cinéma) ; il s’agit surtout d’un jeu de réflexion rondement mené, un peu à la Columbo ou Arabesque (deux séries que j’adorais quand j’étais gamine… et qu’il faudrait que je revois !). C’est simple, sobre… mais terriblement efficace !

Finalement, pas grand-chose de plus à en dire. C’est une très bonne lecture, un très bon moment. Peut-être pas le titre le plus connu d’Agatha Christie, mais un vrai coup de cœur pour moi !

4 pensées sur “La Mort dans les nuages de Agatha CHRISTIE

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