Les Lames du Cardinal, Tome 2 : L'Alchimiste des Ombres de Pierre PEVEL

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Les Lames du Cardinal,

Tome 2 : L’Alchimiste des Ombres
de Pierre PEVEL
Bragelonne,
2009, p. 330

Première Publication : 2009

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Pierre Pevel est un écrivain français de fantasy et de science-fiction. Né en 1968, il est d’abord scénariste et auteur de jeux de rôle, et ne vient qu’ensuite à l’écriture. Il a écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres suivants de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wieldstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand Prix de l’Imaginaire. Pierre Pevel vit actuellement à Nancy.

 Les Lames du Cardinal : Tome 1  Tome 3 

♣ ♣ ♣

Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d’Europe.
Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d’élite, une compagnie clandestine d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal.
Mais alors qu’ils ont rendez-vous, par une nuit d’orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d’un complot à venir, ils sont loin d’imaginer l’ampleur de la tragédie qui va s’abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l’Alchimiste des ombres…

Après avoir refermé le premier tome, sur des dernières lignes assez ébouriffantes, il était évident que je ne mettrais pas longtemps à entamer le second volume des aventures de nos Lames adorées. J’ai tout de même choisi de ne pas embrayer tout de suite sur ce second tome, laissant une ou deux lectures d’intervalle, pour ne pas m’embrouiller et faire travailler un peu ma curiosité et ma patience. Et, la lecture n’en est ainsi que meilleure !
Ce second tome est, je pense, un tome de transition entre la présentation de « l’univers » du premier opus, et la « vraie » intrigue que ne manquera sans doute pas de nous révéler le troisième et dernier tome. C’est donc un volume assez particulier. D’un côté, j’ai eu l’impression étrange que l’intrigue « générale » (qui vaut pour le cycle en entier), n’avait pas avancé des masses, alors que les actions sont très présentes et qu’il se passe beaucoup de choses… En bref, c’est à nouveau une très plaisante lecture, mais peut-être un poil en dessous de celle du premier tome (n’oubliez pas, j’ai fait de cette dernière un coup de cœur !), sans que je puisse vraiment expliquer le pourquoi du comment… peut-être l’engouement de la découverte des personnages en moins ? Voyons ça de plus près…

Les Lames du Cardinal (cinq hommes – bientôt six – et une femme exceptionnels) ont réussi, in extremis, à arrêter les agissements de la marquise de Malicorne dans l’opus précédent, mais les forces draconiques sont loin d’être détruites pour autant et n’ont pas l’intention de cesser leurs agissements secrets dans le royaume de France. Pour parvenir au bout d’un complot visant le trône, la Griffe noire n’hésite pas à faire appel à l’un de ses plus fidèles, plus anciens et plus puissants représentants : l’Alchimiste des Ombres…
Mais pour l’heure, les aventuriers n’ont pas encore conscience de l’ampleur de la menace, ils viennent tout juste d’apprendre que les époux royaux sont en danger grâce au concours de « L’Italienne », une jeune femme aussi belle que rusée… Ils vont devoir ruser à leur tour pour faire parler la demoiselle, qui semble savoir exactement ce qu’elle fait et où tout cela va mener. Entre les mains du Cardinal de Richelieu et de cette « Italienne », les Lames ne sont que des pions… mais ils sont bien décidés à ne pas obéir aveuglément, sans compter que plusieurs d’entre eux semblent avoir plus d’un tour dans leur sac et ne pas être à la seule solde du premier ministre français…

Dès les premières lignes, le lecteur fait la connaissance de celui qui donne son titre à cet opus : l’Alchimiste des ombres et se trouve ainsi confronté à la puissance de celui-ci. Nous voilà prévenus, l’adversaire annoncé des Lames n’est pas un petit rigolo, ça va être épique ! Et épique, effectivement, ça l’est ! L’action est lancée dès la première page et ne cesse ensuite plus, jusqu’aux dernières lignes de l’ouvrage. Pas de repos pour les guerriers, un complot est en marche, ils doivent le déjouer coûte que coûte !
Bien que les aventures et évènements soient présents en grand nombre, j’ai trouvé la trame générale un poil moins accrocheuse que celle qui prévalait pour le premier numéro. Les révélations sont également moins nombreuses (ou alors je suis blasée et plus rien ne me surprend ?) et moins « spectaculaires », bien qu’elles soient tout de même toujours en lice et apportent une nouvelle fois leurs lots de questions qui demeurent… sans réponse ! Monsieur Pevel, c’est méchant de jouer avec nos nerfs ! Heureusement, j’ai le troisième tome sous la main, je vais pouvoir découvrir le fin mot de l’histoire.
Je suis un peu déçue par le dernier paragraphe car, ça n’a pas été une surprise pour moi. Le « prologue » se termine sur l’idée d’une vision horrible et le dernier paragraphe de l’ouvrage annonce enfin de quoi il retourne… mais en fait, je m’y attendais très fortement. Un dénouement de tome qui me paraît donc moins « spectaculaire » que la révélation qui termine le premier opus (et qui, souvenez-vous, m’avait laissé sur les fesses !).

J’ai, en outre, été ravie de retrouver les personnages que Monsieur Pevel nous avait présentés précédemment, et j’étais avide d’en savoir plus sur eux (enfin, sur certains d’entre eux en particulier !). Malheureusement, ma curiosité n’est toujours pas assouvie, je désespère de connaître les secrets du passé d’Agnès, ceux du capitaine La Fargue, ou juste d’en apprendre plus sur le personnage qui, définitivement, s’est installé comme ma figure fétiche dans cette trilogie : Saint-Lucq, le sang-mêlé ! Ce mi-homme mystérieux m’intrigue… Ce que je trouve très intéressant avec les figures de Pierre Pevel, c’est qu’elles se révèlent très peu et laissent donc place à beaucoup de suppositions, nous tenant en haleine… comme un fil conducteur ! Pour ceux qui aiment rédiger des fanfictions (et ceux qui aiment en lire, moi, par exemple !), franchement là, c’est une mine d’or ! Je verrais parfaitement un spin-off sur Saint-Lucq par exemple…

personnages les lames du cardinal illustrationAutre point très positif que j’avais déjà relevé dans mon billet précédent, mais que je répète avec plaisir : la maîtrise du contexte aussi bien historique (les différends entre les pays « européens » en cette première moitié du XVIIe siècle) que « géographique ». Grâce au travail minutieux de l’auteur, on a aucun mal à s’imaginer le Paris (et ses alentours) de 1633, avec son Pont Neuf engorgé par le monde, avec ses ruelles étroites et sombres et surtout, avec son infâme odeur en cet été caniculaire… Moiteur, sécheresse, odeurs pestilentielles et malaise général entourent constamment les personnages de cette histoire, et le lecteur, par la même occasion !
A nouveau, l’ouvrage offre, dans ses premières pages, deux plans – un assez général, l’autre plus restreint mais cependant plus utile – de la capitale française. Les actions, surtout centrées aux alentours du palais du Louvre et du quartier général des Lames (rue Saint-Guillaume, en face du Louvre) sont ainsi facilement « suivables ». Pierre Pevel nous propose souvent (si ce n’est tout le temps) l’itinéraire précis de ses personnages, j’aime alors prendre le temps de les suivre sur la carte et m’imaginer leurs déplacements (un plan 3D serait encore mieux !). Rares sont les romans dans lesquels je peux m’amuser ainsi, ce qui rejoint un des points forts de cette histoire : celle-ci a beau avoir un côté fantastique et être proche du roman de cape et d’épée, elle n’en reste pas moins très ancrée dans la « réalité » avec une géographie, un contexte ultra présent. Quant au côté plus « fantasy » laissé entendre par les dragons, il reste constamment là, tapi dans l’ombre, à l’affût… Pierre Pevel s’attarde un peu plus, dans cet opus, sur les pouvoirs des sœurs châtelaines, cet ordre important qui combat les puissances draconiques depuis des années et dont Agnès semble être très proche… mais on ne sait encore pas grand-chose… curiosité, quand tu nous tiens !

Enfin, en ce qui concerne la forme de ce second opus mêlant habilement la fantasy, le roman de cape et d’épée et l’historique, elle diffère légèrement de celle offerte par le premier volume, mais l’ensemble reste très agréable et facile à parcourir ; c‘est un vrai plaisir ! En effet, ici, le texte est divisée en quatre grandes parties (ainsi qu’un prologue), chacune portant un titre significatif (« L’Italienne », « La Renardière », « L’Affaire de Chevreuse », « Le Rituel de Dampierre »). Ces titres sont également accompagnés d’une petite annotation qui, au départ, m’a fait cligner des yeux (je me demandais si j’avais bien lu !), la première de celle-ci étant : « S01-E01 ». Rassurez-moi, vous comprenez comme moi : « Saison 1, Episode 1 » ? Partant de cette constatation, j’en suis venue à l’idée que ces quatre parties forment quatre épisodes et ont donc un rythme particulier ; un rythme construit sur le scénario d’un épisode de série c’est-à-dire avec les rebondissements que l’on attend à chaque épisode pour avoir envie de voir/lire le suivant… Ce découpage à la manière d’une série explique aussi peut-être la construction des différents personnages. A l’image de toute série qui se respecte, les figures ont des personnalités complexes, ultra travaillées et sont pleines de secrets. Ceux-ci sont révélés tout doucement, car chaque secret a son importance dans l’intrigue générale et nous tient en haleine jusqu’à la révélation du suivant… 

L’idée de la construction du texte à l’image d’une saison de série télé : quatre épisodes qui impliquent chacun un lot de révélations et d’actions ! Quelle joie de retrouver des figures attachantes, complexes et mystérieuses (Saint-Lucq en tête, bien sûr !) !  On se croirait presque revenu dans le Paris du XVIIe siècle, avec ses ruelles, son odeur pestilentielle… tant le contexte est maîtrisé et bien décrit par l’auteur ! L’ensemble est addictif, on en sait trop ou pas assez, alors on continue pour assouvir sa curiosité… Un second opus qui lie, à nouveau avec brio, historique, fantasy et roman de cape et d’épée ! Un tout petit peu moins d’engouement que pour le premier opus, mais je pense que ça tient dans le fait que l’on connaît déjà les personnages (on n’a plus la surprise de les découvrir pour la première fois !)… Encore et toujours des questions sans réponse, c’est trop cruel !

4 pensées sur “Les Lames du Cardinal, Tome 2 : L'Alchimiste des Ombres de Pierre PEVEL

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