La Bibliothécaire de GUDULE

bibliothecaire
La Bibliothécaire

de GUDULE
Le Livre de Poche,

1998, p. 191

Première Publication : 1995

Pour l’acheter : La bibliothécaire

Anne Duguël, nom de plume de Anne Liger-Belair, née le 1er août 1945, est un écrivain belge francophone. Elle écrit pour les enfants et pour les adultes et signe aussi sous les noms de Gudule, Anne Guduël, Anne Carali.

Pourquoi la vieille dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle tous les soirs ? Et quelle est cette jeune fille qui ne sort de chez elle que la nuit ? Intrigué, Guillaume décide de la suivre, et c’est le coup de foudre… Mais quelle étrange jeune fille ! Ida passe ses nuits à rechercher le grimoire magique qui lui permettra de devenir écrivain… Guillaume n’est pas au bout de ses surprises. Qui est vraiment Ida ? Et où se trouve ce fameux grimoire ? Par amour pour la jeune fille, Guillaume va se lancer dans un fantastique voyage au pays des livres et de l’écriture…

Depuis des années, j’ai envie de lire La Bibliothécaire de Gudule. J’ai dû croiser ce petit ouvrage au CDI du collège, mais je n’ai pas le souvenir de l’avoir un jour ouvert et lu… Ce fut encore moins le cas au lycée et ne parlons même pas de mes dernières années universitaires. Mais, s’il y a bien un livre qui était dans ma LAL depuis un moment et que je voulais lire, c’est celui-ci ! Malheureusement, jusque là, jamais je ne l’avais trouvé d’occasion (il doit être demandé !), je remercie donc Matilda qui a visé juste (encore une fois), en insérant ce petit livre dans son colis surprise ! La Bibliothécaire… quel titre alléchant pour quelqu’un qui vit entouré de livres et qui a envie d’en faire son métier ! Un titre « jeunesse » qui mérite sa renommée et qui aurait pu atterrir dans ma liste très sélect’ de coups de cœur s’il n’y avait pas eu… Voyons ça plus en détail… !

GuduleGuillaume est un jeune adolescent qui ne parvient pas à suivre les cours de français dispensés par M. Pennac, tombant toujours de fatigue. S’il est épuisé, c’est parce que le garçon passe ses soirées à veiller la vielle dame en face de chez lui, qui chaque soir, rédige quelques choses près de la fenêtre et, chaque nuit, immanquablement, une fois celle-ci endormie, une jeune fille en petits talons, en profite pour sortir dans la ville endormie… Mais c’est décidé, Guillaume va la suivre et comprendre enfin ce qu’elle fait chaque nuit ! Ida a une quinzaine d’années et est en fait la projection « mentale » de la vieille dame, ancienne bibliothécaire qui rédige ses mémoires et qui a toujours rêvé de devenir écrivain. L’adolescente annonce à son compagnon, que pour se faire, il faut découvrir et lire le « Grimoire »… Elle l’a cherché toute sa vie de bibliothécaire durant, mais ne l’a jamais trouvé… Alors chaque nuit, une fois la vieille Ida endormie, c’est la jeune Ida qui prend le relais et qui parcourt les livres de la bibliothèque de la ville ; mais pas n’importe quels textes. Non. Les livres « jeunesse » qu’elle n’a jamais lus car n’était pas intéressée à l’époque, et se sentait trop vieille ensuite, une fois adulte… Guillaume promet, il va l’aider dans sa quête. Malheureusement, le lendemain, au retour de l’école, l’adolescent apprend que la vieille dame de 84 ans a succombé dans son sommeil… Comment faire revivre Ida ? Comment retrouver l’adolescente qu’elle était ? Guillaume doit prendre modèle sur son aînée, et écrire pour faire revivre la jeune fille… mais, c’est un fait, le garçon a beau être amoureux, il n’en reste pas moins nul en orthographe… et donne donc naissance à une créature tordue à la voix atroce : Idda (une bien pâle copie de sa véritable Ida)… Pour réparer son erreur, Guillaume doit devenir écrivain… il doit donc mettre la main sur ce fameux « Grimoire » ! Et c’est parti pour l’aventure, dans les différents titres jeunesse de la bibliothèque municipale…

En voilà une jolie histoire pour mettre en avant les bienfaits de la lecture et l’importance de l’orthographe, et aussi pour féliciter le travail des bibliothécaires : « En hommage aux bibliothécaires et aux documentalistes, pour leur remarquable travail auprès des jeunes, dans l’approche du livre-plaisir. ». Les nombreuses références sont amusantes, bien traitées et particulièrement parlantes.
Tout commence à la dixième ligne, avec l’annonce du nom du professeur de français, M. Pennac (qui, petit rappel, est l’auteur de nombreux romans « jeunesse » [L’œil du loup] et « adultes » [La Saga Malaussène par exemple], mais aussi des textes plus « théoriques » [Comme un roman, avec les dix commandements donnés aux lecteurs !]). J’ai souri face à cette référence forte, et je me suis dit que ça commençait plutôt pas mal ! Mon engouement s’est encore accru quand, les quatre aventuriers (Guillaume, Idda, son ami Doudou et Adi la création de Doudou) entrent dans le premier livre et y découvrent des cartes en train de repeindre des roses en rouge… (ça ne vous dit rien ?) Ils croisent ensuite une reine qui veut couper la tête à tous ses sujets… (toujours rien ?) Une cuisinière qui balance des assiettes et un bébé qui se transforme en cochon (bon, le passage est moins connu), un lapin pressé et une petite blonde à la langue bien pendue (bon, là vous avez trouvé, non ?)… Et oui, les voilà dans le Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, à la recherche du « Grimoire »… Ne trouvant rien, ils enchaînent et se retrouvent devant un petit roux gêné avec son sceau rempli de poux… Le petit Poil de Carotte se plaint de sa condition et suit les autres quelques temps, jusqu’à sa rencontre détonante avec un autre petit garçon qui lui, a « deux grandes sœurs charmantes avec de frêles doigts aux ongles argentins » qui s’occupent de lui. L’enfant lance finalement une indication obscure « Jetez quand même un coup d’œil sur le E »… précoce le petit Arthur Rimbaud ! D’aventures en aventures, les enfants feront également la connaissance d’un certain Gavroche et d’un petit prince qui a apprivoisé un renard…

gavrocheCes visites à d’autres petits héros parsèment le texte, c’est vraiment agréable de retrouver les personnages d’histoires qu’on a déjà lues de notre côté… Malheureusement, et c’est là que j’en viens au point négatif de ma lecture… tout tombe à plat et tout est résolu en à peine deux pages ! Il y a comme une montée en intensité tout au long de la lecture, on suit les aventures des enfants, leurs découvertes livresques… on s’attend à une fin à la hauteur, si je puis dire. Et bien non, j’ai été très déçue par celle-ci, trop rapide, trop « facile », trop abrupte… Je ne sais pas si j’aurais fait mieux, mais sincèrement, j’ai refermé le livre en me disant : « Tout ça pour ça ? »… même si je conçois que l’importance de cette lecture ne réside pas dans sa fin mais dans le cheminement… mais bon, quand même !
Autre petit point un tantinet « dérangeant » : les personnalités des enfants. En effet, celles-ci sont assez stéréotypées, caricaturales même ; et je pense notamment au personnage de Doudou, ce garçon noir qui rape sans cesse… Bien sûr, ça parle d’autant mieux aux jeunes lecteurs que les héros aient des personnalités bien tranchées, mais bon… c’est un peu gros pour moi. Je cherche la petite bête, je sais, mais que voulez-vous… Ceci dit, les adolescents sont plutôt amusants et attachants, bien que le texte soit un poil court pour qu’on puisse vraiment profiter pleinement d’eux… Mais encore une fois, l’importance de la lecture n’est pas vraiment là ! Allez, un dernier point négatif pour la route : les dessins en noir et blanc (très enfantins pour le coup) qui accompagnent le texte et l’illustration de couverture. Celle-ci est hyper connue, certes… mais qu’est-ce qu’elle est moche ! Je sais que mon regard d’enfant est loin derrière moi mais quand même…

Mais rendons à César ce qui appartient à César, au niveau de la « forme » du texte, il n’y a rien à redire. Les chapitres sont courts (19 en tout, si j’ai bien lu les chiffres en en-tête…), les descriptions en assez petit nombre et les dialogues éloquents, pour que les plus jeunes lecteurs puissent s’y retrouver, apprendre, tout en gardant le plaisir de la lecture. Avec mon œil de jeune adulte, j’avoue qu’une cinquantaine de pages supplémentaires avec quelques précisions et quelques développements n’aurait pas été de trop… mais nous sommes dans un format pour la « jeunesse » alors, je m’incline bien bas !

Les plus jeunes prendront du plaisir et pourront découper leur lecture grâce aux chapitres, et les plus vieux goberont ce texte amusant et enrichissant en un après-midi seulement… Et malgré ma petite déception finale, je ne manquerai pas de conseiller cette lecture autour de moi, aux jeunes et aux moins jeunes… et je ne manquerai pas de procéder à une relecture dès que j’en aurai le temps, l’occasion et l’envie ! Ce petit livre est dans ma bibliothèque et il y reste ! Encore merci Matilda pour ce cadeau !

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