A la croisée des mondes, Tome 1 : Les Royaumes du Nord de Philip PULLMAN

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A la croisée des mondes, Tome 1 :

Les Royaumes du Nord
de Philip PULLMAN
Folio,
2007, p. 533

Première Publication : 1995

Pour l’acheter : À la croisée des mondes, Tome 1

Philip Pullman, né le 19 octobre 1946 à Norwich dans le Norfolk, est un écrivain anglais surtout connu pour le cycle littéraire À la croisée des mondes.

♣ ♣ ♣

Élevée dans l’atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, Lyra, accompagnée de son daemon Pantalaimon, passait ses journées à courir dans les rues d’Oxford à la recherche éperdue d’aventures. Cette vie insouciante prend fin pourtant lorsqu’elle est confiée à Mme Coulter, au moment où Roger, son meilleur ami, disparaît, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans tout le pays. Mais lassée de jouer les petites filles modèles, et intriguée par la Poussière, une extraordinaire particule qui suscite effroi et convoitises, Lyra s’enfuit et entame un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.

J’avais vaguement entendu parler de cette trilogie, lors de la sortie du film, mais ne m’y étais jamais vraiment intéressée. Je me disais que la découverte d’A la croisée des mondes attendrait le bon vouloir du hasard qui me mettrait le premier (voir les trois) tomes sous le nez, lors de mes visites dans les librairies d’occasion. Et bien, c’est à Lolo que je dois l’acquisition du premier tome lors du deuxième Swap organisé par Livraddict, sur le thème des adaptations au cinéma. Et bien, figurez-vous qu’en plus, avant-hier, j’ai pu visionner la dite adaptation ; voilà le contrat rempli !
Pour en revenir à ce premier tome, j’avoue avoir été transportée ! Et j’hésite même à aller jusqu’au coup de cœur ! Moi qui renâclais à la lecture des Chroniques de Narnia, je me disais qu’une énième trilogie fantastique pour la jeunesse serait une épreuve… et bien en fait, non ! C’est bien meilleur que Narnia (du moins les trois premiers tomes que j’ai lus jusque là) et je me demande vraiment si cette histoire est conseillée aux plus jeunes ; c’est très sombre, non ?
Bref. Me voilà conquise, et j’espère bien mettre la main rapidement sur les deux autres tomes pour continuer de suivre les aventures de la petite Lyra !

La petite Lyra Belacqua, onze ans, orpheline de son état, a été placée par son oncle – Lord Asriel – dans le prestigieux Jordan College à Oxford, constitué essentiellement d’Erudits (comprenez des hommes un peu grincheux toujours le nez dans leurs bouquins). Vive, curieuse et un brin autoritaire, la fillette s’amuse avec les enfants des domestiques, à faire la guerre aux enfants des gitans et des briquetiers de la ville… Bataille dans la boue, exploration des toits et des catacombes, voilà le quotidien de Lyra…
Jusqu’à ce soir où, sa curiosité l’emporte et la contraint à se cacher dans l’armoire du Salon des Erudits… elle découvre alors en même temps que les savants, les images du Grand Nord, rapportées par son oncle Asriel. Celui-ci est venu quémander des fonds au collège pour venir à bout de son audacieuse entreprise… Lyra ne comprend pas tout, mais quelques éléments retiennent son attention, particulièrement lorsque les hommes présents s’entretiennent de la Poussière, cette « substance » qui semble effrayer tout le monde. Lyra fait bien vite le rapprochement entre ce point et la disparition de nombreux enfants, kidnappés par les « Enfourneurs ».
Lorsque le petit Billy Costa (un enfant gitan) et Roger son meilleur ami, disparaissent à leur tour, la fillette est bien décidée à aller les chercher, jusque dans les Royaumes du Nord s’il le faut ! C’est alors qu’apparaît la douce et mystérieuse Madame Coulter qui lui propose d’être sa petite assistante lors d’un voyage dans les contrées si convoitées… Mais bien vite, Madame Coulter se révèle être cruelle, manipulatrice et… la fondatrice du Conseil d’Oblation aussi connu sous le nom populaire des « Enfourneurs ». Lyra s’enfuit, est sauvée in extremis par les gitans parents de Billy, et avec eux, s’engage dans un périlleux périple visant à sauver les enfants dans les Royaumes du Nord…

Pendant les premières pages, je me suis demandée dans quel univers j’avais atterri. Dans un premier temps, tout semble similaire à celui que nous connaissons excepté que tous les êtres humains possèdent un daemon qui est en fait une extension de leur âme. Le daemon est sous forme d’animal et peut changer de formes jusqu’à la puberté, une fois l’enfant passé du côté obscur de la force (du côté des adultes), le daemon prend sa forme définitive, celle qui reflète le mieux ce qu’est l’humain au plus profond de lui. Les domestiques sont donc, la plupart du temps accompagnés d’un daemon chien, car sont fidèles et obéissants alors que les personnes fourbes et rusées, se verront plutôt attribuées un petit singe (Madame Coulter étant l’exemple parfait !). Mis à part ce « détail », la vie semble similaire à la nôtre.
J’hésite à attribuer une époque à cette histoire, au vu des quelques détails donnés dans le livre (et le choix des vêtements, décors dans le film), je pencherais pour le début du XXe siècle, mais, étant dans un univers parallèle, ça ne veut rien dire ; c’est juste pour vous donner un ordre d’idée contextuelle. J’ai aimé le fait que l’auteur place cette histoire et donc sa petite héroïne, dans un univers parallèle au notre, dispersant les informations tout au long du texte. En revanche, je ne sais pas si je n’étais pas assez concentrée ou si je suis « bouchée », mais j’ai eu du mal à comprendre toutes ces histoires sur la Poussière, les particules, l’Aurore… ces éléments sont intéressants, mais peut-être un peu trop « abstraits » au début. J’imagine qu’on en apprend plus dans les tomes suivants mais… je me demande comment les plus jeunes lecteurs réussissent à appréhender ça ? Sans compter ce rapprochement avec la « mythologie  biblique », notamment le passage du pêché avec Adam et Eve, qui est censé expliquer les actions du Magisterium et la peur générale face à la Poussière. Franchement, ça reste très obscur pour moi… me faudrait un décodeur ! Cela dit, l’univers offert par Philip Pullman est particulièrement intéressant car en surface proche du notre, mais finalement travaillé en profondeur ! J’attends de voir la suite !

thegoldencompassposter affiche film adaptéJe me suis immédiatement attachée à Lyra, une petite héroïne orpheline, courageuse, curieuse et très débrouillarde ! Elle est pleine de bon sens et très amicale. J’ai aimé connaître le détail de la relation qu’elle entretient avec son daemon Pantalaimon (simplifié en Pan), une extension d’elle-même qui prend la majeure partie du temps, l’apparence d’une hermine et d’un chat. Même s’il ne fait qu’un avec son humaine, il reste un personnage à part entière, un peu trouillard parfois, amusant souvent.
Les personnages entourant Lyra sont nombreux, mais on peut retenir les principaux : Lord Asriel (l’oncle sévère et souvent absent qui a soif de découvertes), Madame Coulter (chaleureuse au premier abord mais qui cache un horrible projet sous ses sourires bienveillants), Iorek Byrnison (l’ours en armure qui… a perdu son armure ! Et devient l’obligé de la fillette lorsque celle-ci lui apprend comment la retrouver), les gitans (Lord Faa le chef, Farder Coram amoureux d’une sorcière, Ma Costa la maman de Billy,…), les sorcières, les Erudits (le Maître surtout, qui remet l’aléthiomètre à Lyra),… Tous ont un rôle, nombreux sont ceux qui cachent leur jeu…
Philip Pullman ne nous offre pas des figures manichéennes, la plupart ont des personnalités travaillées, ambiguës, torturées… entraînant ainsi une histoire sombre et mature, à mon goût ! Et c’est pour ça que j’en viens à me demander si cette trilogie est vraiment destinée aux plus jeunes ? Il y a tout de même des passages très durs, surtout lorsque l’on découvre ce que les « Enfourneurs » font aux enfants, ou à la fin, lorsque Lyra rejoint Lord Asriel… On est loin des Disney ou des Chroniques de Narnia avec l’éternel « Tout est bien qui finit bien »… non ?

Et même dans la forme elle-même, dans la plume (enfin, je me base une nouvelle fois sur la traduction), ça me paraît assez mature, non ? Franchement, je doute qu’on puisse vraiment appeler ça de la fantasy pour les enfants… même le vocabulaire employé est parfois « compliqué », surtout lorsque l’auteur commence à parler des particules, de la Poussière, de l’Aurore et tout le tralala… c’est vachement scientifique ! Je vous jure, j’ai peiné à m’y retrouver à l’aube de mes 23 ans, alors à 12, je n’imagine pas ! Sans compter sur la critique – même pas voilée – faite à la religion (ici représentée par le Magisterium) qui bride tout et tout le monde. J’ai peine à croire qu’un enfant de 10/12 ans puisse comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire de pêché primordial qui a une importance certaine dans l’intrigue, car intimement lié à la Poussière et à ce que font les « Enfourneurs » aux enfants. Vraiment, j’ai des doutes… et je ne proposerai certainement pas cette lecture aux plus jeunes !
Cela dit, ça se lit vraiment très bien. Les chapitres s’étalent chacun sur 25 pages environ (dans mon édition en poche, chez Folio), c’est donc vite lu. Dialogues et descriptions sont bien équilibrés et bien menés, pas grand-chose à dire de ce côté-là. Si ce n’est qu’avant d’apprendre que Lyra avait 11 ans, je lui en aurais donné 14 ou 15 au vu de sa maturité. Bon, c’est plausible selon l’intrigue, c’est vraiment une petite fille mure et débrouillarde, mais peut-être que certaines de ses interventions et actions auraient mérité d’être revues à la baisse pour mieux cadrer à son âge ; mais c’est un détail.

En bref, un tome d’introduction bien mené qui met en place les bases d’un univers et d’une « prophétie » concernant une petite fille particulièrement attachante. Je lirai la suite dès que possible, c’est sûr !

Et, parce que j’ai visionné l’adaptation deux jours après avoir terminé ma lecture, je peux dire que c’est un film plutôt sympathique. Bien sûr, c’est plus ou moins fidèle dans les actions et dans l’ordre des scènes, mais je trouve les acteurs et les décors choisis assez convaincants (bon, j’ai un faible pour Nicole Kidman, le rôle de Madame Coulter, cette beauté froide et inquiétante, lui va comme un gant !). Les effets spéciaux sont plutôt bien faits, mis à part peut-être la parole donnée aux daemons, assez bizarre. Je suis par contre déçue par la fin, différente de celle du livre. Bien sûr, elle a été faite ainsi pour lancer le deuxième film, mais comme celui-ci ne verra – apparemment – jamais le jour, c’est dommage !

 

4 pensées sur “A la croisée des mondes, Tome 1 : Les Royaumes du Nord de Philip PULLMAN

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  • 30 décembre 2014 à 22 h 27 min
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    Une de mes trilogie chouchou. Je trouve que c’est un petit bijou d’imagination et de réflexion. Et puis il y a cette intrigue prenante (encore plus par la suite) qui aborde des sujets parfois ambitieux. Beaucoup d’émotion aussi, grâce à des personnages très attachants et des épreuves dont on ne sort pas forcément indemnes. Je fais partie des lecteurs dont la première fois a été à 12 ans et je te rassure j’y ai trouvé mon compte (la preuve, je l’ai relue maintes fois depuis), c’est juste que les niveaux de lectures sont différents je pense. Dans mon collège, une prof de français le faisait étudier en 4ème ou en 3ème si mes souvenirs sont bons. Alors effectivement 10 ans c’est peut être un peu jeune, mais en littérature adolescente cela passe sans souci.

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