Le Récital des anges de Tracy CHEVALIER

lerecitaldesangesLe Récital des anges
de Tracy CHEVALIER

Folio,
2006, p. 434

Première Publication : 2001

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Tracy Chevalier, née le 19 Octobre 1962, est une écrivain américaine. Spécialisée dans les romans historiques, elle habite Londres depuis 1984 avec son mari et son fils.

La Dame à la licorne La Jeune fille à la perle

Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir. Comme la coutume l’impose, les familles se rendent au cimetière. Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman vont faire connaissance et leurs petites filles vont immédiatement se lier d’amitié. Pourtant, les familles n’ont pas grand-chose en commun. L’une incarne les valeurs traditionnelles de l’ère victorienne et l’autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, véritable coeur du roman, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents. Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni même une liaison ne suffisent à lui donner goût à la vie. Jusqu’au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais.

Et bien, j’en aurai mis du temps à me décider à écrire ce billet ! Voilà bien trois semaines que j’ai fini cette lecture, et je ne me souviens plus de grand-chose ; je viens d’ailleurs de relire les dernières pages pour me remettre en tête le dénouement (que j’avais complètement oublié…). Une histoire qu’on oublie après seulement trois semaines, c’est plutôt mauvais signe, non ? Je dois avouer que cette lecture a été une déception. Autant j’ai adoré La Jeune fille à la perle et La Dame à la licorne, autant ce titre-ci m’a semblé plat et sans véritable intérêt. Bien sur, ça se lit vite et bien, mais je ne vois toujours pas l’intérêt de cette histoire, si ce n’est les très brèves allusions au sort des suffragettes. Bon, je vais tenter de remettre mon cerveau en place et de développer un peu tout ça, mais ça va être difficile !

C’est l’histoire de deux familles que tout sépare et qui n’étaient pas destinées à se rencontrer jusqu’à la mort de la reine Victoria en janvier 1901. Lors de l’enterrement de celle-ci, les Coleman et les Waterhouse se rencontrent au cimetière, sur leur tombe respective, et constatent avec effroi que leurs voisins ont des goûts détestables en ce qui concerne la décoration (les Coleman ont installé une urne alors que les Waterhouse ont préféré un ange pleureur – comme dans Doctor Who ! ^^). Maude Coleman et Lavinia Waterhouse se lient d’amitié, du haut de leurs six ans et entament une relation basée essentiellement sur leur découverte du cimetière. C’est d’ailleurs là qu’elles font la rencontre de Simon, le fils du fossoyeur, qui devient rapidement leur compagnon de jeux et leur confident. Les deux fillettes, à l’image de leur famille respective, sont très différentes. Maude est élevée par une mère rêveuse et peu présente, alors que Lavinia (et sa petite sœur Ivy May) est élevée traditionnellement par une mère très présente et ultra protectrice. Les années passent, les petites filles grandissent, sont témoins des changements qui surviennent avec le siècle et subissent les choix de leurs proches ; particulièrement celui – contestable – de Kitty Coleman (la mère de Maude) qui se lance, à corps perdu, dans la cause des suffragettes, ces femmes qui se battent pour la liberté d’expression et le droit de vote des représentantes de leur sexe !

En découvrant le résumé de quatrième de couverture, je pensais que la cause des suffragettes allait être au premier plan et c’est ce qui m’intéressait le plus, cet aspect historique de la chose ; mais finalement, Kitty Coleman n’intègre le groupe de « rebelles » que très tard dans l’intrigue (aux trois quarts du livre, je dirais), le reste est donc majoritairement concentré sur les états d’âme des fillettes. C’est sympathique à lire, pas prise de tête, mais je m’attendais à beaucoup plus. Je ne sais finalement pas trop où voulait en venir Tracy Chevalier en rédigeant cette histoire ; tout au long de ma lecture, je m’attendais à un évènement qui déclencherait une intrigue… mais non. C’est plat et sans réelle surprise.

cimetiereangesLa galerie de personnages est assez développée : les deux fillettes, la petite sœur Waterhouse, le fils du fossoyeur (et le père), les deux mères et leur mari respectif, la grand-mère Coleman, quelques domestiques, le directeur du cimetière, quelques suffragettes… mais Tracy Chevalier s’attarde surtout sur les personnalités des deux fillettes et celles des deux mères. Même si Maud m’a parfois touchée, je n’ai pas complètement réussi à m’attacher à elle ; et encore moins aux autres protagonistes ! J’ai suivi les aventures des uns et des autres comme une étrangère, sans intérêt particulier… Et puis, une grosse déception est survenue deux pages après le début : en lisant le nom de Waterhouse en quatrième de couverture, je me suis dit, « Oh oui ! Je vais découvrir une intrigue autour des membres de la famille de mon peintre préféré – John William Waterhouse le préraphaélite – ! ». Et bien en fait non, pas du tout. L’auteure précise d’entrée que les Waterhouse de son intrigue ne sont pas parents avec le peintre et qu’au contraire, ils n’aiment pas du tout ce que peint celui-ci ! Ça commençait bien, je me doutais que je n’allais pas apprécier cette famille !

Avec un contexte si riche et si passionnant (à mon goût) : l’Angleterre au tournant du XXe siècle, je m’attendais à ce que l’auteure centre son récit sur le côté « historique » et non sur l’évolution de deux fillettes (et de l’entourage) pendant neuf ans (de janvier 1901 à mai 1910, les dates sont indiquées en début de chaque nouvelle « partie »). Cependant, il faut rendre grâce à Tracy Chevalier pour sa description des cimetières de l’époque. Etant donné que la plupart des scènes se passent là-bas, nous avons le droit à une vraie mise en scène des lieux, avec moult détails. J’aurai au moins appris deux/trois trucs à caractère « historique », en plus des quelques informations (bien maigres malheureusement) offertes concernant les suffragettes et leur « mode opératoire ». Pour un roman dit « historique », ce n’est malheureusement pas suffisant à mon goût.

En revanche, même si l’intrigue et les personnages n’apportent rien de très original, il faut avouer que ces quelques 434 pages défilent sans problème. Tracy Chevalier, comme à son habitude, utilise les points de vue multiples : chaque personnage se voit dédié un chapitre (plus ou moins long selon l’importance du dit personnage) et ceux-ci s’enchaînent en alternant les narrateurs. Même si au début, on s’emmêle un peu les pinceaux et si ça peut paraître désagréable de sauter du coq à l’âne, je trouve ce procédé plutôt sympathique car il permet au lecteur d’être omniscient, d’avoir un œil sur tout, tout le temps et de découvrir les pensées et états d’âme de chacun. Par contre, mis à part la narration de Simon qui est particulière, car le jeune homme n’est pas « bien né », toutes les autres « voix » narratives se ressemblent, et c’est plutôt dommage quand on sait que certains narrateurs ont cinq ans, alors que d’autres sont des adultes depuis un bon moment…

Alors que La Jeune fille à la perle et La Dame à la licorne resteront dans mon esprit encore quelques temps, j’aurai – pour conclure – vite fait d’effacer les traces du Récital des anges de ma mémoire. C’est fluide et agréable à lire (parfait pour un mois d’été), mais ça ne remplit pas du tout le contrat « historique » qu’on pourrait attendre du thème (et même du résumé de quatrième de couverture) !

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