L'Histoire sans fin de Michael ENDE

l'histoire sans fin michael ende le livre de poche
L’Histoire sans fin

de Michael ENDE
Le Livre de Poche,
2009, p. 498

Première Publication : 1979

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Michael Ende (12 novembre 1929 – 28 août 1995) est un écrivain allemand de romans fantastiques. Il est né en Bavière et est mort d’un cancer de l’estomac. Fils du peintre surréaliste Edgar Ende, il est surtout connu pour son roman L’Histoire sans fin (Die Unendliche Geschichte).

♣ ♣ ♣

Bastien, un garçon de dix ans, déroba un jour un livre ancien qui le fascinait et se réfugia au grenier pour le lire. Un livre pas comme les autres… Il y était question d’un pays fantastique où vivaient une toute petite impératrice, des elfes, des monstres, un garçon à la peau verte… Un pays menacé de mort et rongé par un mal étrange. Et voilà que Bastien, irrésistiblement entrait dans l’histoire, une histoire fantastique qui recommençait avec lui, l’histoire sans fin…

J’entends parler de L’Histoire sans fin depuis que je suis toute gamine, mais je pense n’avoir jamais vu aucun des trois films en entier. J’ai juste le souvenir du petit indien, du héros et d’une grosse bête blanche poilue avec une grosse voix. Une amie à moi me parle de ce livre depuis des années maintenant, alors lorsque j’ai eu un maxichèque à dépenser sur Cdiscount, je me suis dit pourquoi pas. Voilà un an que ce petit pavé dormait dans ma PAL, je n’avais aucune envie de l’ouvrir – allez savoir pourquoi, cette histoire ne me tentait pas du tout et c’est vraiment sur un coup de tête que j’ai fait cet achat ! – ; mais une lecture commune a fini par me décider, c’était le moment où jamais de me débarrasser une bonne fois pour toute de cette lecture.
C’est finalement par une grosse déception que j’ai terminé cette découverte, mais également avec un gros soulagement, j’ai cru que jamais je n’arriverai au bout ! De gros points négatifs sont venus entachés ma lecture, bien trop nombreux face aux timides points positifs que j’ai pu remonter à la surface. De l’ennui, de l’agacement,… cette Histoire sans fin a véritablement été sans fin pour moi… Allez, petit topo ; peut-être que je trouverai d’autres points positifs pour remonter la note générale, pendant la rédaction de ce billet !

Bastien est un garçonnet de dix ans, gros, court sur pattes, solitaire et, bien évidemment, la bête noire de tous ses camarades de classe. Orphelin de mère, il vit une relation compliquée avec son père et ne parvient à s’évader qu’en lisant des livres et en s’inventant des histoires. Un jour qu’il fuit les moqueries de ses camarades, il se réfugie dans une librairie où il fait la « connaissance » de l’étrange propriétaire. Alors que ce dernier s’éloigne pour répondre à un coup de fil, Bastien, irrésistiblement tenté, ne peut s’empêcher de dérober le gros grimoire que lisait le libraire quelques instants plus tôt. Il se réfugie alors dans le grenier de son école et commence sa lecture… Bien vite, le petit garçon se rend compte qu’il est lié à Atréju – le héros du livre – et qu’ils peuvent « communiquer ». Au fil des pages, Bastien doit se rendre à l’évidence, il est le sauveur tant attendu par le Pays fantastique de l’histoire qu’il lit… comment peut-il aider tous ces personnages « imaginaires » ?

Je ne vous raconte ici, que la première partie du roman. En fait, sachez que celui-ci est coupé en deux. Ce n’est pas vraiment visible au niveau des chapitres (il n’y a pas de coupure définie) mais ça se ressent vraiment, on a presque l’impression de lire deux « histoires » différentes. Je ne me suis pas renseignée, mais peut-être qu’au départ, l’auteur a écrit deux « livres » et que ceux-ci ont été rassemblés pour n’en faire qu’un finalement ; c’est fort probable.
Dans tous les cas, les lecteurs précédents annonçaient une première partie sympathique et une seconde très décevante. Pour ma part, la première m’a déjà paru interminable, je peux donc vous dire que je redoutais particulièrement la seconde ; et en effet, ce fut pire ! Même si les chapitres sont courts (une vingtaine de pages environ en moyenne) et même si le style est « fluide », ma lecture a été longue et laborieuse. En fait, quand je dis que le style est « fluide », c’est vrai que ça se lit assez bien, sans difficulté de compréhension ; mais je n’ai pas réussi à apprécier cette plume (enfin, je ne me base, une nouvelle fois, que sur la traduction). J’ai été horripilé plusieurs fois par la répétition de formules toutes faites, au moins une fois par chapitre (la plus marquante étant : « L’horloge du clocher sonna trois coups »). Alors oui, avec cette indication qui revient sans cesse, on peut se rendre compte de l’avancée du temps du côté de Bastien qui lit dans le grenier de l’école, mais je trouve ça particulièrement lourd et maladroit. En revanche, j’ai réussi à apprécier les différentes descriptions, même si, à mon goût, 500 pages au total, pour « ça », c’est un peu exagéré…
Je note un détail, mais comme c’est plutôt positif (et que les points positifs sont rares), je vous le donne quand même : il s’agit du changement de police entre un paragraphe correspondant à ce que vit Bastien (en gras), et ce qu’il lit (dans une écriture normale). C’est vraiment un point minime (qui ne se retrouve que dans la première partie), mais je trouve ça pratique, au moins, pas moyen de confondre les deux « histoires ».

michael endeS’il y a bien un point positif pour moi dans ce roman très célèbre (d’ailleurs, je me demande vraiment pourquoi…) c’est l’univers créé par Michael Ende, le Pays fantastique avec des habitants particuliers correspondant chacun à une région de ce monde. On trouve des bestioles assez particulières et originales, des lieux bien pensés et également bien décrits. Je crois que le désert avec les dunes de toutes les couleurs me restera à l’esprit un bon moment, de même que le passage des trois portes magiques ou encore le palais de la Petite Impératrice.
Je regrette que l’auteur ne nous ait pas légué une carte pour que nous puissions mieux nous représenter la géographie du Pays fantastique, mais il l’explique dans le texte, celle-ci est particulière et a tendance à se transformer selon la personnalité de celui qui la visite. Pas moyen, donc, de créer une carte !
Au niveau de la chronologie, mis à part le petit détail très agaçant cité plus haut (la référence à chaque chapitre – voire plusieurs fois dans le même – de l’heure au clocher de l’église près de laquelle Bastien lit), je n’ai rien remarqué de bien particulier. Je n’ai pas noté d’incohérences (ou je n’ai pas fait attention). Comme dans tous les livres de fantasy (ou presque), le temps est un peu distendu : il peut se passer des mois résumés en deux lignes, comme une minute résumée en trois pages… la magie des ellipses narratives. Rien de choquant, c’est plutôt bien maîtrisé.

Venons-en maintenant au gros point négatif de ce texte, c’est l’histoire. Alors oui, je suis d’accord, cette idée de mise en abyme de la lecture (nous lisons un livre dans lequel un petit garçon lit un livre dans lequel il va bientôt plonger… allons-nous nous aussi plonger dans notre lecture, au sens propre ?) est particulièrement intéressante pour tous les lecteurs (qu’ils soient acharnés ou occasionnels) ; mais l’histoire qui va avec n’est pas « bonne ». Je me suis ennuyée… Il ne s’agit que d’une successions de scènes d’aventures qui auraient pu se résumer en deux phrases : Bastien lit les aventures d’Atréju qui cherche le sauveur du Pays fantastique (dans la première partie), Bastien a plongé dans le livre, a sauvé ce monde « parallèle » et, en petit garçon insupportable, veut devenir l’empereur des lieux (dans la seconde partie). Plutôt léger comme intrigue, non ?
De plus, j’ai été désagréablement surprise en retrouvant des éléments d’autres livres, et c’est plutôt flagrant ; l’exemple le plus frappant est celui du lion créateur du monde, surnommé la « Mort multicolore », qui se sacrifie… ça sent Narnia à plein nez ! Je vous passe l’épisode du tournoi, typique du roman arthurien, dans lequel le héros combat anonymement et révèle son identité après avoir donné la preuve de son grand courage… Bref.
Si encore les personnages étaient attachants… mais non ! A aucun moment je n’ai été émue par leurs émotions, leurs actions… Au contraire ! Bastien – surtout dans la seconde partie – est absolument insupportable ! Il ne comprend rien à rien, ne réfléchit pas une minute, tombe dans tous les pièges qu’on a vu venir dix ans avant lui… Haïssable ! Combien de fois j’ai soupiré bruyamment, n’ayant qu’une envie, lui en coller deux pour le secouer ! Quant aux autres personnages, ils sont plats. Atréju représente le bon petit héros bien droit, la Petite Impératrice est trop absente pour qu’on puisse l’apprécier et les autres ne sont que des personnages secondaires… Seul le libraire aurait pu m’intéresser, mais pas de bol, on ne le voit qu’au début et à la fin.

Une intrigue trop légère, des références à d’autres ouvrages/histoires qui, au lieu de me faire sourire, m’ont agacée, des personnages haïssables ou trop fades… Pas grand-chose de bon ne ressort de cette lecture. Je félicite tout de même Michael Ende pour son Pays fantastique (qui est, vraiment fantastique !) mais ce n’est, malheureusement, pas assez pour que mon avis soit positif ! Je finis tout de même sur un dernier bon point, plutôt du fait du Livre de Poche : la maison d’édition a ajouté des planches (style gravures) à chaque début de chapitre, c’est joli !

3 pensées sur “L'Histoire sans fin de Michael ENDE

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  • 15 mars 2015 à 9 h 20 min
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    Je crois que les gravures viennent de l’oeuvre originale allemande, ou d’un de leurs éditeurs. En tous cas j’en ai dans a VO et je crois que c’était les mêmes dans la VF (qu je n’ai plus relu depuis un moment).

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  • 14 mars 2015 à 20 h 22 min
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    Ah c’est marrant moi j’ai découvert ce livre en cinquième et j’avais adoré et je l’ai relu il y a peu et j’aime toujours autant ! Par contre j’avais oublié que Bastien était vraiment un anti-héros insupportable !^^

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