De Fièvre et de sang de SIRE CEDRIC


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defievreetdesangDe Fièvre et de Sang
de SIRE CEDRIC

Editions Le Pré aux clercs,
2010, p. 447

Première Publication : 2010

Pour l’acheter : De fièvre et de sang

Né en 1974Sire Cédric vit à Toulouse. Il est l’auteur de six romans et de deux recueils de nouvelles, aux frontières du thriller et du roman fantastique. Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’enfant des cimetières et le prix Polar (festival de Cognac) pour son thriller De fièvre et de sang. Ses livres sont traduits en Anglais, en Polonais et en Turc.

♣ L’Enfant des cimetières 

♣ ♣ 

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête, en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

Mes lecteurs habitués ont pu constater que je lis très peu de thrillers, et j’avoue que je me demande de plus en plus pourquoi. En effet, j’en ai rarement lus (et j’ai également rarement lu de policiers) dans ma courte vie, mais à chaque fois, l’expérience a été bonne, alors pourquoi ne pas insister ? Lorsque j’ai découvert le partenariat offert par Livraddict avec Le Pré aux clercs, concernant deux titres de Sire Cédric, j’ai tout de suite « postulé », pour l’un ou l’autre, sans préférence particulière. J’avais aimé l’originalité de Angemort, je voulais donc réitéré avec l’auteur, pour découvrir si son style était toujours le même après quelques années, s’il y avait du changement, du progrès…
Après cette lecture, non seulement je n’ai qu’une envie, c’est lire les autres titres de Sire Cédric (surtout L’Enfant des cimetières qui semble faire l’unanimité), mais je pense également élargir mes lectures et me pencher plus sérieusement sur les thrillers (à commencer par le premier tome de la Trilogie du Mal de Chattam, qui attend dans ma PAL depuis quelques mois et qui va faire l’objet d’une lecture commune avec d’autres Livraddictiens, le 13 mai) ! Deuxième partenariat avec Le Pré aux clercs (décidément, cette maison d’édition m’enthousiasme fortement !) et deuxième très bonne surprise… et j’irai même jusqu’au coup de cœur pour De fièvre et de sang ! Merci Livraddict, merci Le Pré aux clercs et évidemment, merci Sire Cédric pour ce très bon moment de lecture !

Le livre s’ouvre sur la découverte d’une jeune fille nue et attachée sur un matelas, couverte de sang et intimement persuadée que sa fin est proche. Heureusement pour elle, le commandantVauvert et sa collègue, la profileuse Eva Svärta ne tardent pas à intervenir et la sauvent d’une mort atroce ; les deux tueurs en série – deux frères – sont mis hors d’état de nuire par les deux policiers. L’histoire pourrait en rester là, mais, un an plus tard, la police parisienne retrouve le corps de deux femmes, étrangement mutilées (peau du visage arrachée, corps attaché de façon précise, sang récupéré et enlevé de la scène de crime…), ce qui n’est pas sans rappeler la façon de procéder des deux frères Salaville… Eva Svärta se retrouve sur l’affaire, accompagnée de ses collègues et, devant une évidente similitude dans les scènes de crimes, Vauvert brave les interdits administratifs et monte dans la capitale, pour donner un coup de main et garder un œil sur la jolie albinos, par la même occasion ! Bien vite les indices s’amoncellent, laissant penser à un rituel bien précis, déjà employé et connu des historiens… Et voilà que la profileuse elle-même se fait enlever… Ses heures sont comptées, ses collègues doivent démêler le vrai du faux rapidement et la sortir des griffes de cet assassin hors norme ! Mais qui est-il ? Et surtout, que veut-il ?…

Une chose m’a particulièrement étonnée en commençant cette lecture : l’intrigue se déroule en France ! Les auteurs français semblent tellement habitués à offrir un contexte étranger à leurs histoires que sur le coup, j’ai été déstabilisée ; mais c’est une très bonne surprise ! Et au final, je trouve que placer cette histoire dans notre pays – en plus de la faire se dérouler à notre époque -, rend les évènements beaucoup plus « accessibles », beaucoup plus « prenants » et par la même occasion, beaucoup plus flippants ! Et oui, même si on se sent la plupart du temps en sécurité, on n’est à l’abri de rien. Heureusement que je ne vis pas à Paris, parce que je pense que je ne verrai plus jamais les vieilles dames montant dans un ascenseur de la même façon… J’ai particulièrement apprécié le fait que la « véritable » histoire commence un an après le sauvetage de la jeune fille, dans la ferme isolée des Salaville. Cette partie sert d’introduction, met en place l’ambiance lourde, l’atmosphère d’angoisse qui se dégagera dans les pages suivantes… et ça a parfaitement fonctionné sur moi ! L’enquête qui suit se déroule sur quelques jours à peine, le rythme est haletant, certains chapitres indiquent le lieu et la date ; on sent l’urgence, on vit l’urgence et on tourne les pages avidement pour enfin connaître le fin mot de l’histoire !

sirecedricUn récit divisé en six grandes parties aux titres aussi mystérieux qu’explicites (« Les victimes », « Le masque », « Les loups », « Captive », « Judith Saint-Clair », « Le banquet écarlate »), des chapitres courts, des révélations là où il faut, quand il faut : j’ai été emportée ! Les pages défilaient à une vitesse vertigineuse et je voulais à tout prix mettre un nom, un visage sur ce tueur étrange… J’avoue que lorsqu’on découvre enfin ces éléments (aux trois quarts du livre environ), j’ai eu une petite baisse d’engouement, mais Sire Cédric joue très bien de ces révélations et relance l’intrigue aussi sec ! On ne s’ennuie pas et on va jusqu’au bout ! Comme rien n’est parfait, je reconnais que j’ai eu un peu de mal, au début, avec le style (après la plume pompeuse de C.S. Lewis, le choc fut rude !). En effet, pendant les premières pages, j’ai cru remarquer quelques répétitions assez maladroites (deux fois le même mot à une ligne d’intervalle), mais je ne sais pas si je me suis habituée, si j’étais trop prise dans l’histoire pour remarquer, ou si ces redondances allaient en décroissant ; mais j’ai vite oublié ce détail ! Les phrases sont courtes mais percutantes, les descriptions sont vraiment bien amenées (j’avais peur d’avoir des hauts le cœur en lisant certaines scènes, mais finalement, pas du tout, c’est très bien passé !) et j’ai particulièrement aimé celles accompagnant la captivité (et plus généralement le personnage) d’Eva. J’avoue que le moment où la profileuse est allongée dans son lit, sentant un poids enfoncer le matelas à ses pieds et remonter doucement vers son visage… m’a fait grande impression ! Etant donné que mes cauchemars sont similaires à cette horrible scène, j’ai peiné à fermer l’œil ce soir-là (et les suivants !). Quant aux dialogues, ils ne sont pas envahissants et sont intelligemment dispersés. Vraiment, c’est passé comme une lettre à la poste !

Outre l’intrigue originale, je me suis surprise à apprécier les différents protagonistes de l’histoire, à commencer par Eva Svärta. J’ai aimé sa personnalité peu courante (une héroïne profileuse et albinos, il fallait y penser !) : sa fragilité teintée de courage, son passé chaotique qui nous est révélé au compte-gouttes… Je me suis beaucoup attachée à elle et les scènes qui lui sont dédiées m’ont particulièrement touchée (notamment lorsqu’elle est captive, c’est très « réel », je m’y serais cru !). Le commandant Vauvert – le géant de Province – est également au premier plan. On en sait un peu moins sur lui, mais on devine tout de même quelques éléments ; bref, il m’a plu. Le lieutenant Leroy a lui aussi ce petit quelque chose qui fait qu’on l’aime bien ; et même Deveraux, le collègue insupportable d’Eva nous « touche » (dans le sens : il nous fait réagir, je lui aurais bien lancée mon point dans la figure, si j’avais pu !). Dans l’ensemble, je dirais que la grande force de ce livre, c’est qu’on adhère. Même si l’histoire semble complètement « folle », on est transportés et on vit les évènements avec les personnages qui sont très « vivants ». On y croit dur comme fer, on sursaute, on s’indigne, on réfléchit avec les policiers, on se creuse la tête et bon sang, on espère que tout finira le mieux possible ! 
Dernier petit point qui a fini de me convaincre et d’ancrer ce récit dans une possible « réalité », les références à une culture qui m’est proche : citations des paroles du groupe Moonspell, référence à la série True Blood, soirée gothique avec des gens masqués. Bref, cet univers me parle totalement, je suis convaincue et complètement emballée !

C’est donc un énorme merci que je lance à Livraddict et au Pré aux clercs ! Je pense me procurer très très vite L’Enfant des cimetières et j’espère que le charme agira une nouvelle fois ! Sinon, à quand le prochain titre de Sire Cédric ?

 

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