Des souris et des hommes de John STEINBECK

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Des souris et des hommes

de John STEINBECK
(Challenge ABC 2009)

Gallimard, Folio,
1993, p. 190

Première Publication : 1937

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John Ernest Steinbeck III (27 février 1902 – 20 décembre 1968) est un écrivain américain du milieu du XXe siècle, dont les romans décrivent fréquemment sa Californie natale. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1962.

La Perle

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
– Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc.
Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l’autre main, il lui couvrit la bouche et le nez.
– Non, j’vous en prie, supplia-t-il. Oh, j’vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait.
Elle se débattait vigoureusement sous ses mains…
– Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j’ai encore fait quelque chose de mal. Il m’laissera pas soigner les lapins.

Après avoir découvert, lu et aimé La Perle de John Steinbeck il y a quelques semaines à peine, j’avais envie de me lancer dans un texte plus « conséquent », alors pourquoi ne pas choisir Des souris et des hommes, très grand classique de cet auteur ? J’avoue que je suis légèrement déçue par ce court récit. Quand on attend beaucoup, on est souvent déçu, dommage.

L’histoire, pour commencer, est construite sur une base simple, mais néanmoins originale. Elle est véritablement dépaysante et possède une « puissance de mythe ». Avec ce titre, je ne m’attendais pas du tout à cette intrigue, la surprise fut donc totale. J’ai aimé et j’ai été touchée par cette amitié extraordinaire qui lie les deux héros, et j’ai été véritablement émue en découvrant leurs projets d’avenir, leur grand rêve de bonheur simple et pourtant si inaccessible…

dessourisetdeshommesfilmCar la force de ce récit réside principalement dans les figures créées par John Steinbeck. Ses personnages sont stéréotypés à l’extrême et de ce fait, très « parlants ». L’auteur met donc en scène deux amis de toujours, deux opposés indissociables et inséparables : Lennie – le doux colosse innocent aux mains dévastatrices -, et George – le petit homme intelligent et protecteur. Je ne peux pas dire que je me suis attachée complètement à ces deux figures, mais elles ont su me toucher, surtout Lennie, le géant candide avec sa lubie de caresser tout ce qui est doux et brillant.
L’intrigue se situe dans l’Amérique du début du XXeme siècle, et principalement dans une ferme isolée où les travailleurs journaliers se succèdent afin de repartir après quelques mois de labeur, avec quelques dollars en poche pour accéder à leurs rêves d’hommes simples…

Ce petit livre de John Steinbeck n’est pas qualifié de roman, mais de récit. J’avoue que je ne saisis pas vraiment la nuance mais je reste en accord avec les propos de John Kessel dans la préface : « Ce livre est bref. Mais son pouvoir est long.« . Du pouvoir, effectivement, ces quelques pages en regorgent ; et cela, grâce à un style hors du commun. En effet, ce que je retiendrai de cette lecture, c’est surtout un sens du dialogue aiguisé (le livre est pratiquement entièrement habité de ces derniers) et un art des descriptions inégalable. Celles-ci sont toutes en simplicité  (les phrases sont courtes mais percutantes) et de ce fait, marquantes, touchantes et belles, tout simplement. Pour résumer le style de l’auteur, je ne peux que citer à nouveau John Kessel qui, en parlant de John Steinbeck, annonce : « l’auteur qui, en si peu de pages, avec des mots si simples et sans rien expliquer, a fait vivre si loin, si profondément et si fort.« 

Cependant, malgré toutes ces qualités indéniables et pas vraiment de défauts, je n’ai pas eu le déclic que j’attendais. J’ai aimé, oui. J’ai été touchée, oui. Mais je n’ai pas ressenti ce coup de coeur dont tout le monde me parlait, je suis donc légèrement déçue !
En revanche, je viens de découvrir qu’il y a eu une adaptation avec le grand John Malkovich et comme j’adore ce Monsieur, il faut absolument que je vois ce film !

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