L'Aube de la Guerrière de Vanessa TERRAL

l'aube de la guerrière

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L’Aube de la Guerrière
de Vanessa TERRAL
Chat Noir,
2012, p. 285

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : L’aube de la guerrière

 

Vanessa Terral est née un dimanche d’octobre 1983, dans une fontaine aux eaux parfumées de roses. Les feux follets de la Ville lumière s’y moiraient et une vigne grimpait aux pierres blanches. Âgée d’une petite année et embarquée dans une transhumance parentale, elle gagna l’ombre bénie des reliefs secs et poussiéreux de Provence. Ce fut alors le début d’une enfance dorée dans un immense jardin sauvage, au pied d’une colline de pins, de chênes, de thyms et de broussailles. La fillette pactisa avec les grands arbres sages et feuillus ; elle chantait la lumière irréelle et le petit ruisseau au goût de mirabelle. Un livre l’accompagnait toujours, fidèlement glissé au creux de son coude ou d’une poche. Vanessa allait souvent se percher dans les branches d’un chêne afin d’y lire bercée par le vent. À partir du miel des récits et du duvet des feuilles, elle tissait des patchworks d’histoires, le carquois rempli d’aventures palpitantes où se perchaient des silhouettes graciles aux épaules parfois ailées.
La suite ici…

Saisons Païennes

« Marre de jouer les éboueuses ! De ramper dans les divers infra-mondes à traquer les monstres les plus tordus de la Création. Et maintenant, on nous envoie sans équipier, direct au casse-pipes ! Trop de boulot, qu’ils disent. Trop de manifestations. Il paraît que c’est à cause de la fin du monde. Quel monde, déjà, je ne sais pas trop… Mais quelle fin en plus ?! On a déjà eu droit à l’éclipse de 1999, au bug de l’an 2000, à l’ère du Verseau qui s’est glissé quelque part là-dedans et maintenant à décembre 2012 grâce à cette connerie de calendrier maya ! N’importe quoi…
Remarquez, je devrais quand même me méfier ; je suis bien placée pour savoir qu’en matière de légendes, il n’y a pas de fumée sans feu. La preuve : moi, ça fait trois semaines que je suis un ange guerrier. »
À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d’aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l’employer dans les Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d’abriter les Larves et autres créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer…
Un job qui n’a rien de bien intéressant – à part une meilleure connaissance des différents types d’effluves méphitiques – jusqu’à ce qu’elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas… ce dernier possédant le même Don qu’elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres.

 

En approchant du stand du Chat Noir lors de la convention Octogônes en octobre dernier, je ne pensais pas du tout me pencher sur ce titre. Mais quelques mots échangés avec Vanessa Terral (que je rencontrais pour la première fois pour l’occasion) m’ont décidée. La bit-lit et moi, ce n’est pas l’amour fou (bien au contraire même) mais j’ai découvert que l’auteure ne portais pas non plus la célèbre Anita Blake dans son cœur et lui préférais, comme moi, Mercy Thompson. Ouf, ça rassure sur le contenu de cette aventure… et je ne regrette pas de l’avoir suivie.
Je me réjouissais de me plonger dans un one-shot pour une fois, et finalement, je sors de cette lecture en regrettant qu’il n’y ait pas un autre tome prenant place dans cet univers ! Nous sommes plusieurs à la réclamer : une suite, une suite, une suite !

Les premières pages plantent le décor et le rythme soutenu que suivra cette aventure : le lecteur découvre Solange en plein combat rapproché, aux prises avec des Larves géantes légèrement dégoutantes. C’est au fil des pages que l’on comprend que la demoiselle est morte et se bat sous la bannière du Paradis pour défendre les différents plans de l’univers de l’attaque des bestioles citées plus haut (qui doivent, normalement, rester dans les Fosses). Mais la jeune Solange, arrivée depuis quelques semaines à peine, ne se sent pas vraiment à sa place avec les anges et a l’impression que les instances supérieures complotent contre elle. Quand elle est envoyée pour une nouvelle mission suicide, sa décision est prise : elle va mettre les voiles et faire cavalier seule. Mais voilà que le combat ne se passe pas aussi bien que prévu pour elle… heureusement, deux types charmants passant par là lui sauvent la mise. Malheur ! Ce sont deux démons (dont un succube) qui bossent pour l’autre côté ! Malgré leurs camps opposés, les trois protagonistes se trouvent assez vite réunis, mais après tout, continuer avec les deux hommes n’est peut-être pas si désagréable pour Solange ? Une association électrique se met en place entre les trois membres du trio qui, malgré leurs différences (mais sont-il si différents ?) n’ont qu’un seul et unique but : protéger leur monde (et le nôtre – celui des vivants -, en passant), de l’attaque des Larves qui semblent très excitées à l’approche du 21 décembre 2012 !
J’ai vraiment beaucoup aimé ce trio qui vire un peu au triangle amoureux (mais vraiment très légèrement et heureusement, parce que ça a tendance à m’agacer un peu généralement) et qui offre de belles réparties. J’ai vraiment eu le sentiment que Vanessa Terral prenait plaisir à écrire les passages rassemblant Solange, Terrence et Aghilas ; on ne peut donc que prendre du plaisir à les découvrir à notre tour.

En parcourant les premières pages, j’appréhendais un petit peu de partager l’aventure de cette demoiselle un peu grande gueule mais je me suis surprise à prendre beaucoup de plaisir à suivre la jeune Solange et à m’attacher à elle. Certes elle a un caractère bien trempé mais l’auteur ne tombe jamais dans les excès avec la demoiselle. Ici, point d’héroïne vulgaire et insupportable mais une jeune femme bien décidée à survivre à sa mort et à trouver une place dans cette après-vie. Solange fait donc partie de ces femmes fortes lorsqu’il faut combattre sur le terrain mais possédant aussi une certaine fragilité, en quête d’identité.
Si Solange est l’héroïne de cette histoire, les deux « hommes » a priori personnages secondaires, ne sont pas en reste. J’ai apprécié que l’auteure ne se contente pas de les placer sur le chemin de la demoiselle uniquement pour mettre celle-ci en avant, mais leur offre au contraire une vraie personnalité, un passé, une histoire… bref, du relief. Terrence est charmeur et exubérant, Aghilas est silencieux et plutôt renfermé. Un duo de choc que l’arrivée de la jeune femme met légèrement à mal. Au début, le succube – Terrence – me plaisait davantage (sans doute dû à son talent dans le domaine de la séduction) mais au fil des pages, j’ai appris à connaître l’autre démon en même temps que l’héroïne et j’ai été touchée par son passé et sa façon d’être. Je regrette presque de ne pas avoir eu le loisir de creuser un peu plus sa personnalité (ainsi que celle de Terrence), parce qu’il y a beaucoup de potentiel. J’aimerais bien revoir ces deux-là dans une autre aventure… *message subliminal à l’auteure*

On pourrait croire que l’intrigue mettra surtout l’accent sur la dualité Paradis-Enfers, Anges-Démons, Bien-Mal… mais on se rend très vite compte qu’après la mort (et même avant d’ailleurs), tout n’est pas si manichéen. Les soi-disant Gentils ne sont peut-être pas si roses et angéliques malgré leurs auréoles et les soi-disant Méchants ont peut-être beaucoup à offrir… Solange se retrouve un petit peu au milieu des deux clans et grâce à son aventure, le lecteur peut avoir une vision plus globale des évènements.
Si j’ai bien aimé cette approche, ce que j’ai avant tout préféré dans cette histoire, c’est là où nous (l’héroïne et les lecteurs) mène Vanessa Terral. Je ne pensais pas du tout que l’intrigue prendrait cette direction (je ne l’avais pas du tout vu venir) et ça m’a beaucoup beaucoup beaucoup plu. Je ne vais pas trop développer pour ne pas vous gâcher la surprise, mais en gros, futurs lecteurs, vous irez faire un petit tour du côté de la mythologie scandinave (mythologie que je connais trop peu à mon goût… mais il faut que je répare ça !) et même un peu du côté de la mythologie celte.

Si je ne dis pas de grosses bêtises, L’Aube de la guerrière est le premier roman de Vanessa Terral… et pour un premier roman, waouh. Non seulement l’intrigue tient la route mais en plus, l’univers proposé est riche, complexe et permettrait la création de beaucoup d’histoires annexes (où vont ceux qui ne sont ni admis aux Enfers ni au Paradis ? On comprend, grâce à l’aventure de Solange, qu’il y a beaucoup d’autres endroits où se réfugier après la mort…) et surtout, la forme tient la route.
J’ai, en effet, vraiment beaucoup apprécié la plume de l’auteure. Les scènes de combats et d’altercations sont nombreuses, le style est, à leur image, vif et percutant. Les descriptions, ni trop encombrantes ni trop absentes, font mouche et permettent facilement aux lecteurs de mettre des images sur les mots. Je ne suis habituellement pas une fervente admiratrice des dialogues dans les autres ouvrages classés en « bit-lit » car, comme déjà dit plus haut, ils tombent bien trop souvent dans la vulgarité à mon goût. Ici, Solange a certes de la répartie, utilise parfois quelques termes… discourtois… mais, ce n’est jamais vulgaire. L’héroïne est l’unique narratrice de cette histoire, le style est donc plutôt « oralisant » mais fait surtout la part belle à l’humour. Un peu cynique, la demoiselle a toujours la réflexion qu’il faut pour détendre l’atmosphère, même en plein combat rapproché mal engagé. Un plaisir de suivre ses pensées et réactions !

Mission réussie pour L’Aube de la guerrière ? Affirmatif ! Si bien réussie que j’en redemande ! Une intrigue originale et qui surprend – positivement – par son évolution, une héroïne agréable à suivre, des personnages secondaires tout en relief, un contexte riche et particulièrement bien pensé… le tout servi par une plume rythmée, percutante et pleine d’humour. Que demander de plus ?

« Là, j’ai réalisé qu’à chaque fois que j’éliminais une Larve, un ange avec un Don spécial devait venir afin de s’assurer qu’aucune autre de ces bébêtes ne repasse par le débordement. Et puisqu’il ne m’accompagne pas et qu’il se baladerait sans protection s’il venait seul, on l’envoie avec un second ange guerrier. Au final, au lieu d’assigner deux agents sur une mission, le Saint-Office en bloque trois. Leur baratin sur le manque d’effectifs au front vaut que dalle ! Cette fois, j’en suis sûre : ils m’envoient seule dans l’espoir que j’y crève ! »

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 Un petit trailer, pour le plaisir ?
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=83F1Tlb8kaY]

 

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