Belle de Robin MCKINLEY

belle robin mckinley pocket
Belle

de Robin MCKINLEY
Pocket,
2015, p. 246

 

Première Publication : 1978

Pour l’acheter : Belle

 

Robin McKinley, née Jennifer Carolyn Robin McKinley le à Warren dans l’Ohio, est une auteure américaine de fantasy.

 

♣ ♣ ♣

 

Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d’une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s’acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l’histoire d’un château magique et de la terrible promesse qu’il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? » Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

 

Si vous n’avez pas lu les anciens récits de Madame de Villeneuve ou de Madame Leprince de Beaumont, peut-être avez-vous vu l’adaptation de Cocteau, celle avec Vincent Cassel ou peut-être plus certainement la version animée proposée par Disney ? Si des éléments varient de l’une à l’autre, l’intrigue de base est la même : pour sauver son père « emprisonné » par une Bête, une belle jeune fille sacrifie sa liberté mais au fil du temps, la haine se transforme en amitié profonde puis en amour, au delà des apparences…

Si j’ai apprécié cette lecture particulièrement divertissante, je ne lui ai malheureusement pas trouvé beaucoup d’originalité et quelques semaines après avoir tourné la dernière page, je suis bien en peine de me souvenir quels éléments apparaissent dans cette version proposée par Robin McKinley. C’est une « réécriture » agréable bien que n’apportant pas vraiment de plus-value… elle ne possède rien de marquant, ce qui fait qu’elle se mélange dans ma tête avec ce que j’ai déjà pu lire/voir sur le sujet.

Ce fut malgré tout une belle occasion de se replonger dans ce conte et j’ai apprécié y trouver, de façon assez marquée, à la fois un aspect historique et surtout une atmosphère magique très bien amenée. J’y ai retrouvé beaucoup des adaptations cinématographiques (celle de Cocteau mais aussi la dernière en date – bien que ce texte de Robin McKinley date de 1978 en vo !), notamment dans le traitement des « domestiques » mais la personnalité et surtout l’évolution de la Bête me fait davantage penser au dessin animé signé Disney.
L’auteure choisit cependant ici de ne pas mettre en scène de « méchants ». La famille de Belle est unie dans le malheur (pas de méchantes soeurs), la demoiselle ne doit pas se défaire d’un amoureux éconduit un peu trop insistant (Gaston chez Disney)… Les seules difficultés résultent des sentiments de la jeune femme, qui doit apprendre à connaître la Bête et surtout à se connaître elle-même.

C’est ainsi que le lecteur suit l’histoire, du point de vue de la jeune femme. Enfant baptisée Honneur, Belle reçoit son surnom à 5 ans suite à une de ses remarques. Petite fille puis adolescente plus intéressée par les livres que par les soirées dansantes, notre héroïne grandit dans la certitude qu’elle est laide et de moindre valeur comparée à ses deux magnifiques aînées. C’est donc assez facilement qu’elle se fait à leur nouvelle vie simple à la campagne, occupée à un travail manuel et qu’elle offre sa liberté à la Bête.

robin mckinley portrait
Robin MCKINLEY, portrait trouvé sur le compte Twitter de l’auteure.

C’est une jeune femme que j’ai apprécié suivre. Plutôt réfléchie et avec des réactions crédibles, Belle est une héroïne attachante. Je l’ai trouvée ici moins rebelle et indépendante que dans d’autres versions mais elle m’a tout de même convaincue et donc plu. J’ai surtout apprécié la relation qu’elle noue petit à petit avec son geôlier. C’est souvent ce que je reproche aux différentes versions du conte : c’est trop rapide, on a l’impression que les sentiments sortent de nulle part, ce n’est pas crédible… Là, je trouve qu’on comprend et perçoit assez bien comment et pourquoi cet amour particulier naît. Ce n’est pas une histoire d’amour qui me fait rêver mais au moins (et pour une fois, j’ai presqu’envie de dire), je la trouve bien amenée.
En revanche, si le personnage de la Bête m’a globalement séduite grâce à sa retenue et ses attentions, je l’ai tout de même trouvée un poil trop… en retrait justement. Moins bestiale que chez d’autres auteurs/réalisateurs, plus magique et peut-être plus mélancolique aussi, la Bête garde une part d’ombre mais laisse surtout une certaine barrière s’installer entre elle et les lecteurs. Une sorte de pudeur qui m’a à la fois plu et à la fois un peu chagrinée parce que j’aurais aimé trouver un peu plus de « charisme » ou en tout cas un peu plus de « peps » dans ce personnage mythique.

En même temps, nous découvrons tout – intrigue, décor et entourage – du point de vue de Belle. Cette retenue s’explique peut être ainsi. Le récit est riche et détaillé, assez pour nous offrir des scènes claires et imagées mais pas non plus en excès.
Aucun ennui et même une certaine addiction au fil des pages… mais soyez prévenus, une grosse première partie nous présente la situation de Belle et de sa famille avant la rencontre avec la Bête qui n’arrive que tardivement. J’ai aimé cette mise en contexte qui rappelle assez bien les contes de fées et qui apporte un petit côté « historique » au récit. En revanche, je suis heureuse qu’elle ne se soit pas étalée davantage, ça aurait été trop.
Robin McKinley utilise un vocabulaire assez riche et des tournures de phrases assez classiques (je me base une fois encore sur la traduction française) qui ne sont pas sans rappeler les récits de notre enfance, peuplés de fées marraines, de sorcières et de maisons en pain d’épice. La magie entre en scène dès les premières pages, l’utilisation des temps du passé et notre imaginaire consolidé par les contes de fées faisant le reste !

Les 250 pages de cette énième réécriture du conte de La Belle et la Bête m’ont fait passer un bon moment de lecture. La magie du chateau enchanté a opéré, j’ai apprécié suivre l’histoire du point de vue de Belle et j’ai réussi à percevoir la naissance de ses sentiments pour la Bête. En revanche, si l’ensemble fonctionne bien sur le moment, Robin McKinley ne révolutionne pas grand chose et sa version s’oublie vite, mélangée à toutes les autres.

 

4 pensées sur “Belle de Robin MCKINLEY

  • 15 janvier 2016 à 11 h 15 min
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    J’ai ce livre dans ma PAL depuis longtemps, tu me donnes envie de le sortir 😉
    Merci pour cet avis détaillé!

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  • Ping : Belle | Le Bibliocosme

  • 14 janvier 2016 à 23 h 31 min
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    Nous avons eu un avis assez similaire 🙂
    J’ai apprécié les relations de Belle avec ses soeurs, plus humaines !

    Répondre
  • 14 janvier 2016 à 22 h 36 min
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    Hello!

    Merci pour cette chronique. Belle me donnais envie mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Je verrasi un jour si je le prends ou certainement en occasion…

    Merci beaucoup!

    Répondre

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