Le Dimanche des Mères de Graham SWIFT

Le Dimanche des Mères
de Graham SWIFT

Gallimard,
2017, 144 p.

Première Publication (vo) : 2016


Pour l’acheterLe Dimanche des Mères


Graham Swift, né le  à Londres, est un écrivain britannique. Quelques titres de Graham Swift ont été adaptés au cinéma, notamment Le Pays des eaux pour le film Waterland, réalisé en 1992 par Stephen Gyllenhaal, avec Jeremy Irons, ainsi que La Dernière Tournée pour le film Last Orders, réalisé en 2001 par Fred Schepisi, avec Michael Caine et Bob Hoskins. (Wikipédia)


♣ ♣ ♣


Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie.


Dernière lecture conseillée par une collègue et c’est peut-être celle qui m’aura le moins émue même si je lui reconnais un certain intérêt dans sa construction et le message délivré. Mais l’émotion a manqué, j’ai tourné les 140 pages avec distance, sans grande empathie pour l’héroïne… peut-être la brièveté du titre est-elle à mettre en cause ? Bien que là aussi, je reconnaisse volontiers que ce choix de Graham Swift était sans doute le bon. Objectivement convaincue, subjectivement trop peu touchée par ce Dimanche des Mères. Dommage.

140 pages pour raconter une journée. Une seule journée qui change tout. Une journée grâce à laquelle on découvre la situation présente des principaux intéressés mais aussi l’avant et l’après. Une journée charnière.
Jane en est la figure principale. Jeune héroïne orpheline qui profite de son dimanche dédié aux mères pour retrouver son amant de longue date. Elle la domestique, lui le fils de bonne famille. Une journée particulière puisque sa maison familiale à lui est vide. Jane y entre pour la première fois et pour la première fois elle s’allonge dans ses draps.

Picture by Drew Farrell / RetnaCelebs.

La comparaison avec Downton Abbey est apposée sur le livre pour attirer un maximum mais je la trouve personnellement assez mensongère. Les amateurs de la série ne retrouveront pas ici ce qui leur plaît tant. Et tant mieux finalement.
Graham Swift s’affranchit des lieux communs et propose un récit plus original que la simple relation maître/domestique vue et revue si souvent. Il choisit une narration étonnante dans laquelle le passé, le présent et le futur s’entremêlent, toujours avec cette journée du 30 mars 1924 comme point d’orgue.

Il s’attarde alors sur les détails qui ont habité ce dimanche. Il décrit minutieusement et lentement les scènes comme s’il nous peignait un tableau (l’illustration de couverture est d’ailleurs savamment choisie). C’est contemplatif, c’est le moins que l’on puisse dire.
Mais c’est aussi une façon efficace d’ancrer le lecteur dans le décor et de lui faire ressentir tout le poids de la machine (le destin ?) qui se met alors en place. Le drame est inéluctable, on le comprend très vite. Les minutes s’égrènent, Graham Swift revient régulièrement sur l’horloge et ses aiguilles qui avancent lentement jusqu’à l’heure fatidique. Les pages défilent comme les minutes, jusqu’à la dernière.

Mais peut-on se fier à ce souvenir conté par une Jane très vieille, devenue écrivain et qui se remémore pour la première fois cette journée dans sa réalité ? Ou ce qu’elle pense être la réalité des faits. Les souvenirs étant des bribes auxquels il est parfois dangereux de se fier. Encore plus lorsqu’ils appartiennent à un écrivain, non ? Fiction et réalité sont toujours intimement liées lorsqu’il s’agit de la mémoire. Voilà une jolie mise en abyme d’un récit autobiographique dans la fiction ou d’une fiction dans la fiction ? Le récit de Graham Swift qui s’étire sur à peine 140 pages est finalement bien plus « complexe » qu’il n’y paraît.

J’ai aimé suivre l’inéluctable course du temps pendant cette journée spéciale mais aussi le portrait de Jane que l’on apprend à connaître bien au-delà de ce court temps narratif. Mais pour que mon expérience de lecture soit proche de la perfection, j’ai besoin de créer un lien avec les héros que je rencontre, ce qui n’a malheureusement pas été le cas ici. L’émotionnel et l’empathie sont restés endormis, dommage.


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