Le Dieu Oiseau de Aurélie WELLENSTEIN #PLIB2019

Le Dieu Oiseau
de Aurélie WELLENSTEIN

Editions Scrineo,
2018, 352 p.
#ISBN9782367405827

Première Publication : 2018


Pour l’acheterLe Dieu Oiseau


Aurélie Wellenstein, née en 1980 à Paris, est une écrivaine française, principalement de récits de fantasy. Elle écrit également des romans destinés à un public d’enfance et de jeunesse.
Marquée par la lecture de Croc-Blanc et de L’Appel de la forêt de Jack London, c’est dès l’enfance que lui vient l’envie d’être écrivain. Les animaux occupent une grande place dans ses romans : animal réel ou bien totémique, devenir-animaux, réflexion sur notre relation avec notre soi sauvage. (Wikipédia)

Le Roi des fauves


♣ ♣ ♣


Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d’avenir est de participer à la compétition de « l’homme-oiseau », afin de renverser l’équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l’esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l’île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?


J’avais aimé ma première incursion dans l’imaginaire d’Aurélie Wellestein grâce à son Roi des fauves même s’il m’avait manqué de l’empathie pour les personnages et malgré la noirceur de l’univers. C’est clairement dans le même état d’esprit que j’ai tourné la dernière page de ce Dieu Oiseau mais je lui reconnais de belles qualités stylistiques et un voyage réussi dans la psyché humaine.

Comment se sort-on (psychologiquement) de 10 années de torture ?

Le héros est Faolan, un jeune garçon ayant passé les dix années précédentes en esclavage. Capturé lors du rituel barbare précédent (la « fête » a lieu tous les dix ans), il est devenu le jouet de Torok, le fils du vainqueur. Vous connaissez Ramsay Bolton dans Game of Thrones ? Torok c’est pareil. Faolan connaît donc uniquement la torture et la soumission depuis dix années. Dix années qui l’ont transformé, qui l’ont conditionné. Toute la question sera de savoir si, alors qu’il a peut-être la possibilité de renverser le schéma établi, il parviendra à trouver ce qu’il faut en lui pour atteindre son objectif. Les victimes d’atrocités sont-elles forcément de futurs bourreaux en puissance ?

Aurélie WELLENSTEIN, portrait trouvé sur Whoozone.

Aurélie Wellenstein nous offre un personnage principal qui marche sur la corde raide, toujours en équilibre instable entre le Bien et le Mal, en proie à la confrontation entre ses souvenirs d’enfant heureux et rieur et les multiples sévices subis à l’adolescence. Faolan est une figure à laquelle il est difficile de s’attacher et de s’identifier mais l’autrice nous le rend assez fascinant. Je ne sais pas si l’évolution du personnage est réaliste mais en tout cas j’y ai cru, pour moi c’est crédible.

L’être humain capable du pire pour sa survie

Alors oui, suivre le jeune homme dans ces jeux du cirque où seul le plus fort – et le plus rusé – survit, est sombre et déprimant. Aurélie Wellenstein nous rappelle que l’être humain est capable de toutes les extrémités lorsqu’il s’agit de sa survie. Il n’hésite pas à renier ses convictions les plus profondes et il peut parfois même y trouver de la satisfaction et du plaisir. L’autrice ne nous épargne pas beaucoup – et encore moins ses personnages – ce qui entraîne certaines scènes carrément glauques et dérangeantes. Torture je vous l’ai déjà dit mais également viol, cannibalisme… Bref, qu’est-ce qu’on se marre. Et pourtant, fascination certaine oblige, on a envie de connaître le fin mot de l’histoire. On a envie de découvrir quelle voie choisira Faolan à la fin, si fin il y a.

C’est lent mais l’atmosphère est fascinante

Pourtant, avec du recul, je me rends compte que le texte possède quelques lenteurs et que l’intrigue en elle-même se trouve souvent relayée au second plan. J’ai cru comprendre que la chute avait déstabilisé voire déçu plusieurs lecteur.ice.s. Je ne sais pas comment l’interpréter mais son ouverture me plaît. Peut-on y voir de l’espoir ou une nouvelle faiblesse du personnage ? J’ai envie de choisir l’espoir en une non-fatalité. SPOILER : J’ai envie de croire que l’être humain peut renverser les schémas établis et qu’il peut dépasser son statut de victime endoctrinée. J’y crois.

Pendant la lecture de ce Dieu Oiseau, j’ai parfois hésité entre ennui et fascination. Mais ce dernier sentiment remporte finalement les suffrages ; l’atmosphère lourde instaurée par Aurélie Wellenstein balaye tout le reste sur son passage. Et si je n’ai pas pu m’attacher à Faolan (mais le peut-on vraiment ?), j’ai suivi son évolution avec intérêt. L’autrice nous offre une étude de sa psyché assez minutieuse et crédible. Chaque mot semble choisit avec soin et nous renvoie à des émotions et sensations fortes. C’est palpable, percutant. Une histoire difficile donc mais rondement menée.


Une lecture pour le #PLIB2019 !


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3 pensées sur “Le Dieu Oiseau de Aurélie WELLENSTEIN #PLIB2019

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