Un Palais d’épines et de roses, Tome 1 de Sarah J. MAAS

Un Palais d’épines et de roses,
Tome 1
de Sarah J. MAAS

France Loisirs,
2017, 528 p.

Première Publication (vo) : 2015


Pour l’acheterUn Palais d’épines et de roses, Tome 1


Née en 1986 à New York, Sarah Maas est diplômée de l’Université d’Hamilton. Son premier roman, Keleana, a d’abord été publié en ligne alors qu’elle n’avait que 16 ans. Il a très vite fédéré une communauté de plusieurs milliers de fans sur Internet. (Babelio)


♣ ♣ ♣


En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l’irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n’a rien d’un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s’étendre à celui des mortels ?
A l’évidence, Feyre n’est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d’origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.


Un Palais d’épines et de roses, voilà une série qui fait grand bruit depuis sa sortie en vo. Une série qui rassemble des milliers de lecteurs plus qu’enthousiastes. Je suis toujours curieuse de découvrir les best-seller, toujours curieuse de me faire mon propre avis. Mais pour celui-ci, j’avoue que l’aspect romance et « young adult » (en tout cas c’est ce que j’imaginais), me laissait un peu sceptique. Je m’attendais à quelque chose d’un peu simpliste, d’un peu niais… donc sans y aller à reculons, je n’y allais pas franchement avec de grandes attentes.
Et quelle excellente surprise ! Alors oui, la romance offerte par Sarah J. Maas est attendue et sans originalité mais l’univers derrière, emprunt de nombreuses références féeriques, quelle réussite ! Je lirai la suite, c’est certain !

Ce premier tome s’inspire du scénario de La Belle et la Bête. L’intrigue amoureuse est donc cousue de fil blanc, aucune surprise là-dedans. Je n’ai pas vibré plus que ça avec les deux héros et ne suis pas tombée sous le charme de leur romance. Malgré tout, je n’ai pas non plus été dérangée par ce qui se passe entre eux ; c’est exactement ce que j’imaginais.
De toute façon, les deux personnages principaux ne sont pas les figures qui m’ont le plus convaincue ; elles sont un peu trop convenues, encore une fois exactement là où on les attend. Donc ce n’est pas désagréable en soi, c’est simplement sans surprise et sans grande émotion.

Feyre a un petit côté antipathique, dès les premières pages. Certes elle est forte et déterminée, elle prend en charge le reste de sa famille (son père et ses deux sœurs aînées) et fait donc preuve d’abnégation et de courage… mais je ne sais, je l’ai sentie assez froide. Un peu comme Katniss dans Hunger Games. Par la suite, ça s’améliore un peu mais elle prend souvent des décisions irréfléchies, sans doute parce qu’elle s’imagine pouvoir s’en sortir. Je ne l’ai pas détestée, mais je n’ai pas non plus sentie une empathie exceptionnelle à son encontre.
C’est la même chose au sujet de Tamlin, le héros. Là aussi j’ai senti trop de distance à son encontre, trop de froideur. Bien sûr il incarne la Bête, donc mystère et noirceur sont de la partie mais… en fait non, je l’ai trouvé assez fade finalement. Même pas si mystérieux et si taciturne que ça.
En revanche, les personnages secondaires m’ont plu. A commencer par Lucien dont la personnalité ambiguë et le passé douloureux m’ont cette fois émue. De même pour Rhysand dont je ne vous dirai pas grand chose pour ne pas vous spoiler… mais il y a un certain relief en lui, une certaine complexité qui le rendent intéressant.

Sarah J. MAAS, portrait trouvé sur Daily Trojan.

Le rythme de l’histoire peut surprendre car les trois premiers quarts sont assez lents. Au cœur du château et du domaine de la Cour de Printemps, Feyre tente de prendre ses marques et découvre petit à petit les secrets des habitants des lieux. C’est certes parfois assez peu rythmé mais j’ai aimé l’atmosphère qui se dégage de ces pages et toutes les informations que l’on glane au fil de celles-ci.
Et puis arrive le dernier quart de l’histoire, complètement différent. Nouveau lieu, nouveaux personnages… et intrigue qui s’enrichit d’une urgence et d’un danger bien palpables. On pourrait presque croire qu’on est entré dans un autre tome tant les différences sont présentes. Et en même temps, même si ça n’a rien à voir avec les chapitres précédents, j’ai aussi beaucoup aimé ces passages, beaucoup plus guerriers, beaucoup plus violents. Sarah J. Maas donne l’impression qu’elle entre enfin dans le vif du sujet après 300 pages d’introduction. Après nous avoir présenté les faes, nous avoir séduit par l’intermédiaire de certaines d’entre elles, nous avoir carrément effrayé grâce à d’autres… elle nous révèle le véritable visage de celles-ci. Et c’est pas joli-joli.

Les faes, voilà bien le point le plus positif de ce premier tome. Celui qui m’a fait accrocher et celui qui me fait dire que Sarah J. Maas a une solide connaissance des traditions folkloriques anglo-saxonnes.
Clairement, j’ai adoré toutes les références classiques à la Féerie : la barrière entre nos deux mondes, le temps distordu (ou pas, mais on a l’explication), le découpage du Royaume féerique (ici appelé Prythian) en Cours distinctes : la Cour du Printemps, celle de l’été, de la Nuit, de l’Aube… avec chacune leurs dirigeants et leurs caractéristiques. Mais aussi et surtout la thématique du masque – utilisée ici en lien avec la malédiction du conte de La Belle et la Bête – qui est très souvent utilisée en Féerie. Puisque les faes sont des créatures dont l’apparence est inimaginable pour les humains (trop magnifiques ou au contraire trop horribles à voir), elles revêtent souvent un masque, pas un vrai comme Tamlin et sa Cour, mais métaphoriquement. Elles adaptent leur apparence à leurs interlocuteurs, ce qu’on appelle généralement le « glamour ». Bref, de nombreux éléments que j’adore retrouver dans mes lectures.
Mais je pense que clairement, le moment où j’ai été complètement séduite par cette réécriture, c’est quand Feyre assiste – en douce – à une cérémonie féerique rituelle. Le nom donné à celle-ci est différent mais impossible de ne pas y voir une référence à Beltaine, à la célébration de la saison claire et donc aux rituels pour invoquer le passage, le renouveau… et l’abondance des récoltes, des naissances. Je vous renvoie au passage de l’union sacrée décrite par Marion Zimmer Bradley dans Les Dames du Lac (la chasse de « Cernunnos » tout ça…), on peut difficilement ne pas y voir une référence. Bref, en plus du féerique dans cette histoire, il y a du païen. Et alors c’est bon, moi je signe.

Si je n’ai pas été complètement emballée par la romance inspirée du conte de La Belle et la Bête, j’ai en revanche été complètement séduite par l’univers féerique qu’utilise Sarah J. Maas. On sent qu’elle connaît le folklore anglo-saxon et même le paganisme celtique. Et bon sang que c’est bon de retrouver tous ces éléments !


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