Je couche toute nue de Camille CLAUDEL et Auguste RODIN

Je couche toute nue
de Camille CLAUDEL
et Auguste RODIN

Editions Slatkine & Cie,
2017, p. 396

Première Publication (sous cette forme) : 2017

 

Pour l’acheter : Je couche toute nue

 

Camille Claudel et Auguste Rodin se rencontrent en 1884. Vingt-trois ans les séparent. Elle est encore mineure et devient l’élève du maître. Ils vont s’aimer neuf ans, se séparer (1893-1895), se retrouver (1895-1899), se perdre enfin (1900).
Rodin meurt en pleine gloire en 1917.
Camille Claudel est internée en 1913 dans un asile où elle mourra seule en 1943.

 

♣ ♣ ♣

 

L’histoire est connue pour avoir été cent fois racontée, filmée. La voici, telle que, brutale, naturelle et poétique. Les sources seules, sans commentaires ni notes. Correspondance inédite, journaux intimes, carnets… Une passion sans détours, racontée comme un roman par ses archives. Une biographie vraie où une spécialiste de la littérature féminine, Isabelle Mons, et un historien, Didier Le Fur, s’effacent pour laisser place à la musique des sources.


Je couche toute nue, voilà un titre bien intrigant. Il s’agit en fait de quelques mots écrits par Camille Claudel dans une des lettres adressées à son amant Auguste Rodin, à la fin du XIXe siècle. La relation entre ces deux grands artistes est assez fascinante et j’étais donc très heureuse de pouvoir découvrir leurs correspondances respectives…

La Valse, Camille Claudel. 1889-1905

A part les grandes lignes de cette histoire malheureuse, je ne savais pas grand chose de la relation entretenue par Camille et Auguste. Je pensais tout apprendre grâce à ce recueil de lettres présentées de façon chronologique avec de grosses failles à certaines époques (peu de correspondances écrites ou peu ont été conservées ?)… Oui et non.
Oui car les correspondances offertes sont nombreuses. Non seulement celles échangées entre les deux amants mais celles que chacun d’eux entretient avec les membres de son entourage respectif. Ajoutez à cela de nombreux extraits d’articles de journaux et de compte-rendu d’expositions d’art et vous voilà tout à fait plongés dans le quotidien des deux artistes.
Malgré tout, je suis un petit peu « déçue » par la teneur des courriers. Camille et Auguste ne s’écrivent que peu et lorsqu’ils le font, les lettres sont remplies de non-dits. C’est à la fois très intime (Camille nous décrit son quotidien sans détour) et très pudique (aucun des deux n’écrit ce qu’il ressent à l’autre, il y a très peu de témoignages de leurs émotions et sentiments amoureux). A part une ou deux phrases détournées et une ou deux envolées qui peuvent s’apparenter à des déclarations passionnelles (« Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là… »), bien peu d’éléments laissent à penser que ces deux-là étaient amants.

De toute façon, avant d’aimer l’autre, ils aimaient surtout leur art : la sculpture. On découvre donc les échanges de Camille et Auguste autour de leur passion commune. Chacun écrivant à d’autres protagonistes, tantôt pour demander de l’argent (autre très grand sujet d’échanges), tantôt pour proposer bustes, moules ou autres marbres au plus offrant. L’étudiante en histoire de l’art que j’ai pu être il y a quelques années a été assez passionnée par tous ces détails « professionnels » (et ils sont nombreux !), mais l’amoureuse passionnée que je suis est légèrement restée sur sa faim.

Si je pensais sortir de cette lecture avec une vision globale de l’histoire de Camille Claudel et Auguste Rodin, je me suis trompée, il m’a fallu trouver les informations ailleurs. En revanche, ce recueil de correspondances offre une grande intimité du quotidien et une certaine humanité à ces deux artistes de génie (surtout du côté de Camille que l’on découvre davantage, notamment après son internement).

Merci à Slatkine & Cie pour cette lecture !

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