Asynchrone de Fabien CLAVEL

Asynchrone
de Fabien CLAVEL

Lynks,
2017, p. 240

Première Publication : 2017

 

Pour l’acheter : Asynchrone

 

Fabien Clavel est né à Paris en 1978. Après avoir vécu à Pierrefonds (Oise), il a suivi des études de lettres classiques à Paris. Tout en collaborant à divers jeux de rôles et au magazine Casus Belli, il publie, en 2002, aux éditions Mnémos, une série de romans inspirée du jeu Nephilim, avant de se consacrer à ses propres univers. Parallèlement, en 2007, il se lance dans la littérature jeunesse aux éditions Mango, à la fois en fantasy et en science-fiction. Sa série La Dernière Odyssée a été récompensée par deux prix. Après avoir vécu en Hongrie entre 2007 et 2011, où il a enseigné le français et le latin au lycée français de Budapest, il est revenu en France, où il donne des cours de français, de latin et de littérature et société au lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil. Il a été juré du prix Bob-Morane de 2015 à 2016. Il est également contributeur, avec Isabelle Périer, de la chronique « Antiquité et imaginaire » pour le site La Vie des Classiques. (Merci Wikipédia)

 Homo vampiris 

 

♣ ♣ ♣

 

Je suis morte.
Cela ne fait rien, j’y étais prête depuis longtemps.
J’ignore ce qu’il s’est passé exactement. Sans doute mon cœur s’est-il arrêté. Je n’ai pas envie d’y réfléchir maintenant. Simplement, j’aimerais profiter de ce moment de quiétude. Après seize années passées dans l’attente, je peux enfin me détendre, me reposer.
Mes sens sont éteints. Je n’entends plus rien, je ne vois plus rien, les parfums sont loin et mon corps a cessé d’exister. Je profite du silence.
Suis-je triste ? Un peu tout de même.
On a beau s’y préparer, la mort intervient toujours trop tôt. Il m’aurait fallu un moment de plus, un sursis, pour faire l’expérience de ce qui me manque encore.
J’avais toujours peur que mon cœur s’emballe et s’arrête définitivement. L’amour aurait pu me tuer…


Derrière cette quatrième de couverture assez énigmatique, c’est en fait une histoire assez élaborée de voyage dans le temps que nous propose Fabien Clavel. Et c’est en un seul tome.

Le résumé nous fait comprendre que l’héroïne souffre d’une maladie cardiaque et qu’elle est sur le point de mourir. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, mais certainement pas à ce que j’ai trouvé dans ce court roman. La surprise a donc été grande… et plutôt très bonne.
Je me demande donc s’il est nécessaire de vous donner plus d’éléments de l’intrigue ou si, comme moi, vous préférerez être surpris ? En même temps, si j’en avais su plus dès le départ, j’aurais été encore plus interpellée par Asynchrone…

Chora est une jeune fille au cœur fragile. Enfant unique d’un couple de scientifiques renommés, elle vit dans une pension parisienne et n’a qu’assez peu de contacts avec ses parents. Pourtant, pour la première fois, ils l’invitent à venir passer quelques jours près d’eux, ils veulent lui présenter le résultat de leur travail autour d’un accélérateur de particules. Le jour de la visite, une explosion survient, tuant sur le coup plusieurs personnes… dont les parents de Chora. Celle-ci survit mais se rend compte que, touchée par l’impact de l’explosion de l’accélérateur de particules, elle est dorénavant capable de voyager dans le temps. Malheureusement, son cœur fragile lui rappelle à chaque fois le danger et l’incertitude liés à ces sauts dans le temps.

Fabien CLAVEL

Finalement, cette histoire de maladie cardiaque, ce n’est qu’un élément permettant d’accentuer l’urgence, les risques et la gravité de la situation. Ce n’est pas autour de ça que tourne l’intrigue, comme j’avais d’abord pu l’imaginer. Non, ce qui « importe » vraiment ici, c’est la capacité de Chora à voyager dans le temps et surtout, les questions qui reviennent régulièrement à ce sujet : si je change un événement du passé, est-ce que ça aura un impact dans le présent et le futur ? Est-ce que le temps est une ligne unique ou au contraire, est-ce qu’il s’agit d’un arbre possédant de nombreuses ramifications ? Est-ce que l’héroïne peut se retrouver au même endroit mais en plusieurs « exemplaires » (plusieurs Chora) ? Mais dans ce cas se pose aussi la question de la mémoire qui reste (ou non) d’un saut à l’autre. Des questions assez passionnantes mais qui finissent par donner le tournis. Un peu comme dans le tome 3 (le film) de Harry Potter, quand Harry et Hermione utilisent le retourneur de temps pour changer les événements et que les personnages de la première boucle temporelle agissent sur le présent des mêmes personnages d’une autre boucle… mais on peut se demander pourquoi leurs actions n’avaient pas fonctionné la première fois (pourquoi ils n’ont pas réussi à sauver Buck et Sirius alors qu’Hermione avait déjà lancé les graines par la fenêtre et qu’elle avait déjà imité le loup-garou ?). Bref, c’est un casse-tête.
Fabien Clavel creuse un peu les hypothèses et apporte des références scientifiques assez poussées au niveau de l’accélérateur de particules. Je dois avouer que je n’ai pas toujours tout saisi et je ne sais pas si tout est avéré ou si quelques extrapolations de l’auteur apparaissent ici et là, mais se baser sur des théories scientifiques donne une certaine profondeur et richesse au texte. Ce n’est pas un énième roman Young Adult simpliste qui effleure les choses, non. Et c’est tant mieux.

Après, comme dans tout roman adolescent, j’ai l’impression qu’on ne peut pas passer à côté de la romance un peu trop facile et c’est un peu dommage. Oui, Chora va être épaulée, dans ses voyages dans le temps et dans l’enquête qu’elle va mener pour découvrir le nom de celui ou celle qui a posé la bombe, par un tout jeune flic baptisé Théo. Et évidemment, ils vont tomber amoureux.
Bon, en même temps, le fait que la romance paraisse si évidente et si artificielle s’explique au fil des pages par ces sauts dans le temps, justement. Mais quand même, moi qui n’ai pas l’âme romantique (ou peut-être trop justement ?), je n’y suis pas particulièrement sensible et ça me paraît toujours un peu niais. A part la toute fin peut-être, que j’ai trouvée assez émouvante.

Les chapitres sont courts, dynamiques et la construction globale de l’intrigue est bien pensée. Tout fonctionne bien et tous les éléments trouvent leurs explications à la fin de ce roman. J’ai particulièrement aimé les titres des chapitres choisis par Fabien Clavel. Au début c’est assez énigmatique – comme tout le reste de cette histoire – mais l’on comprend petit à petit le pourquoi du comment, jusqu’au douzième et dernier chapitre de Asynchrone.
L’histoire m’a plu, la façon dont elle est racontée aussi, mais j’ai peut-être manqué un peu d’empathie pour l’héroïne. Sa jeunesse ou son caractère, je ne sais pas, mais j’ai gardé une certaine distance avec elle tout au long de ma lecture ce qui fait que je n’ai pas vécu intensément son aventure en même temps qu’elle et que j’ai manqué un peu d’émotions.

Asynchrone est un roman surprenant. Fabien Clavel met en scène une jeune fille capable de voyager dans le temps et qui profite de cette singularité nouvelle pour résoudre le meurtre de ses parents scientifiques, tués dans l’explosion de l’accélérateur de particules sur lequel ils travaillaient. Science-fiction, enquête, histoire d’amour adolescente… plusieurs éléments qui offrent un récit dynamique et assez passionnant. Il m’a juste manqué de l’émotions pour en faire une lecture inoubliable ; mais sur si peu de pages, difficile pour l’auteur de croquer des personnages auxquels on peut véritablement s’attacher.

Merci à Lynks pour la découverte !

 

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