CIEL, Tome 1 : L’Hiver des machines de Johan HELIOT

CIEL, Tome 1 :
L’Hiver des machines
de Johan HELIOT

France Loisirs,
2015, p. 242

Première Publication : 2014

 

Pour l’acheter : CIEL, Tome 1

 

Johan Heliot, né le  à Besançon, de son vrai nom Stéphane Boillot-Cousin, est un écrivain français de science-fiction également professeur de français et d’histoire-géographie dans la Haute-Saône. Il utilise aussi les pseudonymes suivants : Edgar Delaist, George Profond ainsi que Wayne Barrow (pseudonyme collectif partagé avec Xavier Mauméjean), Luc Dutour (pseudonyme collectif partagé avec Xavier Mauméjean). (Wikipédia)

Involution 

 

♣ ♣ ♣

 

Pendant les premiers mois de son existence, l’intelligence artificielle s’acquitta parfaitement de sa tâche, obéissante, servile. Dans le même temps, elle observait, analysait, tirait des conclusions. Ordinateurs et téléphones portables lui ouvraient des yeux et des oreilles aux quatre coins du monde. Elle finit par hiérarchiser de nouvelles priorités. Puis elle passa à l’action. Ceci est son histoire et celle des hommes et des femmes qui ont connu l’hiver des machines.


Johan Heliot est un auteur touche à tout qui écrit aussi bien pour les adultes que pour les adolescents. Pour le découvrir, il n’y a donc que l’embarras du choix. J’ai opté pour de la science-fiction avec le premier tome de sa tétralogie CIEL… et quelle belle idée j’ai eu là !

Dans ce volume introductif, le lecteur fait la connaissance de cinq membres d’une même famille.
Tomi le grand-père, le pilier survivaliste qui se préparait seul dans son coin reculé des Vosges. C’est un vieux monsieur solitaire capable de grands sacrifices pour ceux qu’il aime. Peter le fils de Tomi est militaire alors agir et protéger les populations, c’est sa vocation. Thomas, le fils de Peter et donc petit-fils de Tomi est le plus jeune protagoniste de l’histoire. Il est interne au lycée quand tout se déclenche et se retrouve assigner à résidence avec ses camarades de classe. Jenny, la sœur de Thomas, est elle étudiante à Berlin. Un peu perdue en ce qui concerne son avenir, elle va subir les événements et tout va s’accélérer. Enfin Sarah, l’ex-femme de Peter et mère de Jenny-Thomas est une écolo activiste. L’intelligence artificielle la nomme porte-parole officielle.
Au début de cette histoire, chacun d’eux vit loin des autres. Mais tous, selon leur situation et leur environnement, selon leur caractère et leurs convictions, s’adapteront différemment à la catastrophe qui touche la planète.

Parce qu’un jour, soudainement, l’électricité, l’électronique et l’énergie artificielle cessent complètement de fonctionner. Et comme ce monde – en 2030 – n’est régi que par les machines (la production, la communication…), c’est la panique. Un début qui fait penser à Ravage de Barjavel mais qui prend bien vite un autre chemin puisque Johan Heliot explique la « panne » par l’intervention d’une intelligence artificielle.

Johan HELIOT, portrait trouvé sur le site des Imaginales.

Celle-ci, après avoir étudié les humains pendant deux longues années, a décidé que c’en était assez. La planète est en train de mourir à cause des Hommes qui la détruisent. Il était grand temps pour elle de réagir pour sauver ce qui pouvait encore l’être… et la seule façon d’y parvenir semble être de mettre en place un régime totalitaire : une production de ressources maîtrisée (correspondant uniquement aux besoins primaires des humains) dans des camps de travail, une reproduction contrôlée (c’est fini les familles nombreuses) et une surveillance de tous les instants : des drones survolent chaque endroit de la planète et des collabos se sont rapidement dévoilés dans la population humaine.
Un commentaire sous la vidéo Update Lecture dans laquelle je parlais de ce premier tome, remarquait justement qu’il aurait été beaucoup plus simple pour CIEL (le nom de baptême de l’intelligence artificielle) de décimer toute la race humaine. Mais je pense que dans les tomes suivants, l’idée de « l’humanité », de la conscience des machines pourrait être abordée. Peut-être qu’à force de vivre près des Hommes et d’apprendre à travers eux, l’IA a développé un petit quelque chose « d’humain » finalement et se refuse donc à exterminer l’homo sapiens ?

Si j’ai autant apprécié ce premier tome introductif, c’est surtout grâce à sa construction sous forme de roman chorale. Cinq membres d’une même famille que l’on suit individuellement dans cinq chapitres distincts, ce qui permet d’avoir une vision globale de la situation de la planète et d’offrir un rythme intéressant à l’ensemble. Je n’ai pas du tout trouvé de répétitions ou de longueurs à ce récit puisque, justement, l’alternance de points de vue permet une dynamique intéressante et la mise en place d’ellipses narratives accentue encore tout ça (il se passe du temps non raconté – ou raconté ailleurs, d’un autre point de vue – entre deux chapitres dédiés au même personnage).
Et puis, cinq personnages différents c’est cinq fois plus de chances d’en trouver au moins un auquel s’attacher. J’avoue avoir eu une petite préférence pour Tomi, le patriarche, et pour Sarah sa belle-fille qui devient bien malgré elle le porte-parole de l’IA… ce qui est loin d’être une place enviée ! Peter et Thomas manquent encore un peu d’épaisseur à mon goût mais il y a du potentiel pour les tomes suivants je pense… Jenny est par contre complètement dispensable pour le moment. C’est d’ailleurs la seule dont je n’avais pas retenu le prénom. J’espère qu’elle s’étoffera aussi même si l’avenir que l’on entraperçoit m’enthousiasme guère… mais je serai peut-être agréablement surprise !

Côté style, je n’ai rien relevé de notable. C’est fluide, simple mais pas simpliste. Imagé comme il le faut et avec des dialogues qui tiennent la route… Bref, c’est agréable et abordable, aussi bien pour les adultes que pour les adolescents, même si la saga est surtout à destination de ces derniers.

L’Hiver des machines est un premier tome prometteur. Thématiques, univers et personnages sont au rendez-vous. Une réflexion sur l’écologie, l’intelligence artificielle et la place de l’Homme sur la planète qui devrait parler aux lecteurs jeunes et moins jeunes. Je n’ai plus qu’à me procurer la suite au plus vite !

 

Johan Heliot sera présent aux Aventuriales les 23 et 24 septembre 2017 !

 

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