Les Lettres de Rose de Clarisse SABARD

Les Lettres de Rose
de Clarisse SABARD

Editions Charleston,
2016, p. 382

Première Publication : 2016


Pour l’acheter : Les Lettres de Rose


Clarisse Sabard est une jeune trentenaire férue de lecture et de robes vintage, persuadée d’avoir vécu à New-York quelque part entre les années 1920 et 1950. Les Lettres de Rose, son premier roman, est le lauréat du deuxième Prix du livre Romantique.


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Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. De nos jours, à presque 30 ans, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Mais sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange testament : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres lui apprenant ses origines. Elle découvre ainsi la vie de son arrière grand-mère Louise, de sa grand mère Rose et de sa mère Nadège, ainsi que les dérangeantes circonstances de sa naissance. Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait. Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-elle d’avancer vers son avenir ?


C’est avec Les Lettres de Rose que je découvre la plume de Clarisse Sabard et que je me plonge dans le roman familial, genre que je ne connais que peu. Assez frileuse lorsqu’il s’agit de littérature contemporaine, je me suis malgré tout laissée aller à cette histoire qui nous présente la destinée de quatre femmes sur quatre générations.
Si l’histoire de Lola, l’héroïne principale qui découvre le passé de ses ancêtres, ne m’a pas touchée plus que ça, j’ai en revanche été souvent émue et largement convaincue par celles qui furent son arrière-grand-mère, sa grand-mère et dans une moindre mesure sa mère. De belles histoires de femmes fortes !

Lola est une jeune femme adoptée à la naissance. Elle a toujours su que ses parents n’étaient pas ceux qui l’avaient biologiquement conçue mais elle a vécu une enfance très heureuse et sereine. Elle travaille d’ailleurs aujourd’hui dans l’entreprise familiale, passant ses journées à servir des boissons et des sandwichs à des clients. Ce n’est pas le job de ses rêves mais c’est une situation stable et plutôt confortable au quotidien.
Tout est pourtant chamboulé lorsqu’elle reçoit l’héritage inattendu de Rose, sa grand-mère biologique. Celle-ci lui lègue, en plus d’une vieille bâtisse, tout un tas de secrets de famille qui ne lui sont révélés que petit à petit, à travers une sorte de chasse au trésor à l’intérieur du manoir et des cartons qu’il recèle. A un tournant de sa vie, découvrir les destins de ses ancêtres lui permet de réfléchir à sa propre vie, à ses propres choix et surtout à l’avenir qu’elle désire vraiment.

Mettre en scène des femmes ayant vécu à travers tout le XXe siècle permet de se rendre compte de l’évolution des conditions féminines au fil des décennies, notamment en ce qui concerne la question du mariage. Si cette « institution sacrée » était l’une des seules façons de s’élever dans la société pour les femmes de basse extraction dans les années 1910/1920, la liberté du choix n’est toujours pas franchement évidente pour les générations suivantes. Le poids de la société et du qu’en-dira-t-on est souvent très lourd à porter.
J’aime assez comparer ma propre destinée à celles de ces femmes, des héroïnes du quotidien. Aujourd’hui en 2017, je peux vivre seule sans risquer la désapprobation de la société, je peux travailler dans quasiment n’importe quel domaine (même si je suis une femme), je gère mon argent sans l’aval d’un père/frère ou mari et je peux choisir celui-ci (ou celle-ci d’ailleurs) sans me plier à une quelconque pression sociale (le besoin de faire un « beau » mariage pour être à l’abri du besoin).
Aujourd’hui j’ai le choix de vivre la vie que j’entends, sans peur et sans avoir besoin de dépendre d’une quelconque relation (amoureuse) pour me réaliser et avoir une vie heureuse, confortable et/ou rassurante… ce qui me conforte encore plus dans mes choix de vie actuels et pour cela, je remercie Clarisse Sabard !

Clarisse SABARD.

J’ai ressenti une très grande admiration pour Louise et Rose, respectivement arrière-grand-mère et grand-mère de Lola, qui se sont souvent oubliées et ont fait de lourds sacrifices dans leur vie de femmes pour obtenir des situations confortables. Des mariages d’intérêt et de raison au détriment de l’amour et de la passion. Pour survivre, pour sauver la famille et les apparences.
Je suis à la fois très admirative de leur force de caractère et en même temps assez horrifiée par leur résignation. Mais elles ont finalement su trouver une sorte de bonheur et d’apaisement dans ces choix de vie dictés par l’obligation, ce qui laisse tout de même une pat à l’espoir… mais surtout un message fort à Lola (et aux lectrices) : vivez votre vie comme vous l’entendez, ne la subissez pas pour une quelconque raison !

Vous l’avez compris, j’ai eu plus d’affinités avec les ancêtres de Lola qu’avec cette dernière. En revanche, j’ai apprécié l’entourage de celle-ci, qu’il s’agisse de son meilleur ami gay qui est un soutien sans faille ou des nouvelles personnes qu’elle va rencontrer : le notaire, son cousin biologique et évidemment le meilleur ami de celui-ci.
Toutes les figures secondaires ne sont pas hyper développées mais elles apportent toutes un petit quelque chose et participent à la construction d’un décor/contexte assez riche pour permettre des interactions intéressantes au fil des scènes.

J’ai aimé ces alternances de chapitres entre présent de narration mettant en scène Lola dans sa quête d’identité dans ce petit village du centre de la France et bonds dans le passé. Le rythme est bon et est soutenu par la chasse aux indices organisée par Rose. On ne s’ennuie pas et on s’émeut assez souvent. Pour un premier roman publié, je trouve que c’est très abouti… bravo !

Dans ce petit roman familial que je pensais léger, j’ai trouvé de beaux messages sur la quête de soi et l’avenir que l’on se donne les moyens de se forger (surtout en tant que femme). Clarisse Sabard offre ici quatre destinées de femmes assez exceptionnelles mais ne tombe jamais dans les excès et dans l’incrédibilité. Secrets de famille et émotions sont de la partie. Belle réussite que ce premier roman !


5 pensées sur “Les Lettres de Rose de Clarisse SABARD

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