Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia ARNOULD

Ronces Blanches et Roses Rouges
de Laetitia ARNOULD

Magic Mirror Editions,
2017, p. 241

Première Publication : 2017


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Il était une fois … Une petite fille qui rêvait de magie et qui s’amusait à créer des univers faits de merveille et de féerie. Celle qui se plaisait à inventer des histoires pour son petit frère ne perd pas son amour pour les livres et les belles phrases au fil des années : elle le cultive, elle écrit beaucoup, elle s’abreuve de légendes, bercées par les terres de caractère qui marquent sa vie : l’Italie où prennent ses racines, les montagnes vosgiennes qui l’ont vue naître et la Bretagne qui l’a adoptée. Laetitia Arnould, dont le prénom signifie « joie » en latin, est aujourd’hui une auteure-illustratrice pétillante et prolifique dont la plume douce et enchanteresse plonge les lecteurs au cœur d’intrigues aussi raffinées que palpitantes, toujours teintées de cette magie particulière qui la caractérise. (Magic Mirror Editions)


♣ ♣ ♣


Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une fôret obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur. Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage. Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges. Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compse une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.


Ronces Blanches et Roses Rouges est le premier titre publié des éditions Magic Mirror, nouvelle maison qui compte se spécialiser dans la réécriture des contes de fées et dans le merveilleux. Voilà des mots clefs qui me parlent énormément, comme vous le savez peut-être.
J’étais donc très curieuse de découvrir ce premier titre que j’ai réceptionné avec beaucoup de plaisir. Et c’est non sans déplaisir que j’ai tourné les pages de cette histoire, séduite par l’histoire et convaincue par la forme soignée même si tout n’est pas parfait (rien n’est jamais parfait entre mes mains).

Ronces Blanches et Roses Rouges se base sur un conte assez peu connu des frères Grimm, conte baptisé Blanche-Neige et Rose-Rouge et non pas du tout sur le célèbre Blanche Neige comme j’ai pu le lire sur un blog.
De ce très court texte de base publié dans la première moitié du XIXe siècle, Laetitia Arnould reprend les éléments principaux mais elle s’en éloigne assez vite, créant son propre univers, des personnages à part entière et surtout une intrigue plus tortueuse. C’est donc à la fois une qualité et un défaut. Qualité car elle a su produire un roman qui a sa vie propre et n’a donc absolument pas besoin des références du conte des Frères Grimm pour exister ; défaut car si l’on se penche sur ce texte justement pour y trouver une réécriture de conte, on peut peut-être être un peu déçu par la légèreté du lien qui existe entre les deux. Oui l’auteure reprend quelques lieux communs des contes de fées (les enfants orphelines, une marâtre – ou assimilée –, une chaumière à la lisière de la forêt, un château mystérieux, un prince déguisé…) mais pas tellement ceux qui caractérisent absolument ce conte en particulier. Oui elle met en scène l’ours qui n’est jamais bien loin mais par contre, le nain, qui me semble être l’élément clef de l’intrigue, n’apparaît que très très très tardivement dans cette réécriture. Pas que je m’en plaigne vraiment parce que sa présence n’était pas franchement nécessaire avant mais sa place n’est finalement que minime ici, alors qu’elle est principale dans le conte originel. Vous voyez ce que je veux dire ?
Bref. J’ai aimé ce parti pris qui ne m’a pas du tout dérangée. Peut-être parce que je n’avais que de très vagues souvenirs de Blanche-Neige et Rose-Rouge et n’ai donc pas pu faire la comparaison lors de ma lecture… ce n’est qu’à la toute fin, lors de sa redécouverte – parce que l’éditrice a eu la brillante idée de l’intégrer dans les dernières pages – que j’ai pu peser le pour et le contre. Mais je me dis que quelqu’un qui connaît extrêmement bien l’histoire des Frères Grimm aura peut-être des attentes un peu plus élevées ?

Laetitia ARNOULD, portrait trouvé sur Babelio.

Cela dit, comme je le disais, les lieux communs des contes de fées sont bien présents entraînant une atmosphère un peu magique, un peu hors du temps. Et là j’en viens à un point que j’ai particulièrement apprécié lors de cette lecture : son caractère atemporel bien que modernisé.
En effet, dans le premier chapitre, l’on découvre la vie d’une famille modeste, dans un appartement lui aussi modeste mais dans lequel l’on trouve tout de même une télévision et la radio. Mises à part ces références à la fée électricité, difficile de dater cette histoire. Plus moderne que les contes de Grimm, c’est évident, mais de quand exactement ? On ne sait pas vraiment. Et c’est tant mieux, parce que ça aide à entrer dans l’univers du conte de fées qui ne possède ni temps ni lieux. Côté géographie, c’est pareil. Est-on en France ? En Allemagne ? A part qu’il y a une ville, une forêt, une chaumière et un château… ça pourrait être n’importe où. Je trouve que c’est bien joué.
De façon générale, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance qui se dégage de ces pages. L’univers semble tout riquiqui et fermé sur lui-même. Oppressant. En fait, je m’imaginais très bien être entrée dans une boule à neige dans laquelle aurait été installée les rares éléments que je vous ai cités au-dessus, les frontières étant très proches et le monde semblant s’arrêter après la paroi en verre. Ajoutez à cela une pointe d’effroi lorsque l’on se rend dans le château mystérieux (presque magique) du talentueux pianiste… et voilà, il me semble, un clin d’œil au château de La Belle et la Bête, lorsqu’on le découvre au début de l’histoire (sombre et bien peu accueillant).

Je ne vous dirais pas grand chose de l’intrigue, je pense que la quatrième de couverture le fait suffisamment bien, si ce n’est qu’elle nous emmène sur un chemin que je n’avais pas du tout imaginé en tournant la première page. Surprise, je l’ai été plus d’une fois et c’est tant mieux.
En revanche, mais c’est là encore une des caractéristiques des contes de fées, je ne me suis pas sentie très proche des personnages, notamment de son héroïne principale : Sirona. Si j’ai pu plus ou moins comprendre ses faits et gestes, une certaine distance s’est maintenue entre nous de la première à la dernière page. Mais c’est toujours le cas avec ce genre d’histoires pour lesquelles je me sens à la fois très impliquée et pas du tout. Paradoxe un peu incompréhensible.

Le style de Laetitia Arnould m’a convaincue. J’y ai trouvé une assez belle maîtrise de la description et moi j’aime bien les décors bien campés. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer les scènes, notamment celles plus musicales, dans le château. J’ai cru comprendre que certains lecteurs avaient quelques raisons au sujet des dialogues, il ne me semble pas avoir relevé quoi que ce soit à ce sujet-là mais ma lecture commence à remonter un peu…
A noter que le texte est hyper soigné dans sa forme. L’éditeur a fait un bel effort et seules une ou deux coquilles sont à déplorer dans le texte ce qui reste bien peu comparé à certaines grosses maisons qui ont bien plus de moyens pour la relecture/correction.

L’objet-livre est beau, on sent que l’équipe des éditions Magic Mirror a mis du cœur à l’ouvrage et j’aime beaucoup cet état d’esprit. Merci à eux !
J’ai d’ailleurs lu à plusieurs reprises, des récriminations au sujet du prix du livre papier, à savoir 18€, ce qui ne me choque absolument pas. Si l’on compare aux mêmes formats chez les autres petits éditeurs, les prix sont similaires… et dois-je vous rappeler combien la collection R (par exemple) vend ses titres, certes paraissant plus gros mais à la police d’écriture incroyablement énorme, aux marges disproportionnées et au grammage du papier scandaleusement élevé (et donc épais) ? Je ne pense pas qu’ils aient, quant à eux, l’excuse du petit tirage.

Ce n’est pas un sans faute pour Ronces Blanches et Roses Rouges qui manque un peu d’émotions à mon goût mais qui respecte assez bien les caractéristiques des contes de fées. L’histoire a su me surprendre plus d’une fois et je n’ai pas eu de mal à m’immerger dans les scènes écrites par Laetitia Arnould. Nul doute que je suivrai attentivement les futures parutions des éditions Magic Mirror, c’est prometteur !


Merci aux éditions Magic Mirror pour leur confiance !


   


7 pensées sur “Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia ARNOULD

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