Sorcières associées de Alex EVANS

Sorcières associées
de Alex EVANS

Editions ActuSF (Bad Wolf)
2017, p. 270

Première Publication (auto-édité) : 2015

 

Pour l’acheter : Sorcières associées

 

Je [Alex Evans] suis une « jeune » autrice de SFFF qui a commencé à publier en 2013. J’ai une production assez éclectique, puisque j’ai écrit aussi bien des romans que des nouvelles ou des novellas, aussi bien de la high fantasy (Les Murailles de Gandarès), ou du steampunk (La Machine de Léandre, Le Loup des Farkas) que du paranormal (Skinwalkers). Mes textes ont été publiés chez des éditeurs classiques, mais aussi en autoédition. Je puise souvent mon inspiration dans le folklore, par conséquent mes vampires, loups-garous et autres zombies sont un peu différents de ce qu’on voit la plupart du temps. Mon autre source d’inspiration est l’Histoire, car la réalité a bien souvent dépassé la fiction ! (Extrait Interview Janvier 2017)

 

♣ ♣ ♣

 

Envoûtement de vampire, sabotage de zombies et invasion de gremlins font partie du quotidien du cabinet Amrithar et Murali, sorcières associées. Dans la cité plusieurs fois millénaire de Jarta, où la magie refait surface à tous les coins de rues, les maisons closes sont tenues par des succubes et les cimetières grouillent de goules, ce n’est pas le travail qui manque ! Mais tous vous le diront: les créatures de l’ombre ne sont pas les plus dangereuses ?


Une illustration sublime, un résumé plus que tentant… je pouvais difficilement résister à l’appel de ces deux Sorcières associées.
L’aventure s’est révélée très plaisante, souvent palpitante, assez exotique et parfois même amusante. L’univers ne semble ici qu’effleuré et ne peinerait pas à accueillir d’autres histoires, servies – ou non – par les deux mêmes héroïnes. Je guette donc le prochain titre d’Alex Evans, croisant les doigts pour qu’il prenne place lui aussi dans la ville grouillante de Jarta.

Sorcières associées s’ouvre assez abruptement sur la rencontre – assez dénudée – de l’une des deux héroïnes, sorcières de son état donc, joueuse invétérée et croqueuse d’hommes dès qu’elle le peut. Je vous présente Tanit, ancienne espionne un peu rentre-dedans, bagarreuse qui fonce avant de réfléchir. Elle, c’est la précipitation, la grande-gueule et la pointe d’humour.
A ses côtés, son associée, également sorcière de son état mais son exact contraire, ou presque. Padmé est mère célibataire, discrète et diplomate, chirurgienne venant en aide aux démunis. Elle est un peu aux prises avec une fille adolescente et surtout particulièrement sensible aux charmes d’un pirate dont elle fera rapidement la connaissance au cours du récit.
Deux héroïnes très différentes dans le fond, mais peut-être finalement pas tant dans la forme. Les chapitres se succèdent, alternant les points de vue des deux femmes mais même si un bel effort est déployé pour distinguer leurs deux voix, on tend parfois à les confondre. Et c’est un peu dommage. Surtout lorsque les deux se trouvent plus ou moins réunies par la force de leur enquête respective – qui n’en forment finalement qu’une seule – et que le lecteur ne suit donc plus qu’un seul fil d’intrigue.

Alex EVANS, portrait trouvé sur le site ActuSF.

L’intrigue donc, parlons-en. Double au début car offrant deux petites enquêtes, on se doute rapidement que tout est lié. Comment, je vous laisse le découvrir. De l’arrivée d’un vampire dans le cabinet des deux associées – vampire ayant besoin d’aide car prisonnier de l’emprise d’un puissant sorcier – aux soupçons d’un directeur d’usine qui pense être l’objet d’une malédiction, ses employés-zombies subissant de fâcheux incidents depuis quelques jours… à vous d’imaginer quels tours et détours à imaginer Alex Evans pour relier toutes les pièces du puzzle.
L’aventure est clairement sympathique et comme d’habitude, je n’ai rien vu venir. Les chapitres défilent avec facilité, les informations nous parviennent petit à petit, les rencontres avec les témoins-suspects se multiplient, le mystère se dévoile… ce n’est pas sans altercations fâcheuses et sans dangers mais les deux sorcières ont plus d’un tour dans leur sac.

Finalement, si j’ai aimé l’intrigue, ce n’est peut-être pas ce que je retiens de ma lecture, mais plutôt l’ambiance dégagée par la ville de Jarta et plus généralement par l’univers mis en place par Alex Evans. Ça grouille de partout : figures, détails et informations. C’est dense et assez imagé pour que ce soit immersif. Mais peut-être un peu trop dense, notamment en ce qui concerne l’histoire (géo-politique) des peuples que l’on rencontre dans cette ville-carrefour. On sent que l’auteure a pensé à beaucoup de choses, que tout est très clair dans sa tête mais ça l’est peut-être un peu moins sur le papier. Bien sûr, ça invite le lecteur à suivre d’autres futures aventures dans cet univers car il est évident qu’il peut se passer encore beaucoup de choses mais c’est aussi un petit peu frustrant de ne pas gérer toutes les informations. Ce qui m’a parfois fait penser à ma lecture de Magies secrètes de Hervé Jubert.
Et quand on a du mal à se caler vraiment dans un univers, notre esprit est un peu perturbé et on peine donc parfois à se concentrer sur l’intrigue ou pire encore, à s’attacher aux personnages. Je pense que c’est pour cette raison que, même si j’ai apprécié ma lecture, je ne suis pas non plus entrée totalement dedans et ai ressenti comme une petite distance envers les héroïnes. Encore une fois, j’ai pris du plaisir à les suivre mais je n’ai pas vibré en même temps qu’elle. C’est ce petit truc, difficile à mettre en place, qui manque un peu dans cette histoire, à mon avis.

Je suis bien incapable de définir le « steampunk » qui reste pour moi, plus une ambiance générale qu’un genre avec des caractéristiques gravées dans le marbre. Je serais donc tentée de dire que pour moi, l’aspect steampunk reste très léger dans cette histoire (donc je ne suis pas sûre que ce soit LE livre à lire si vous cherchez uniquement du steampunk) car à part quelques mentions industrielles et mécaniques de certains objets, je ne l’ai pas senti plus que ça. Mais encore une fois, peut-être est-ce simplement une mauvaise perception de ma part.

Le texte n’est pas aussi parfait que l’écrin dans lequel il repose (vraiment une réussite cette illustration !) mais il offre une aventure dépaysante dans une ville cosmopolite où les vampires, les zombies et les sorcières cohabitent plus ou moins bien.
Si vous voulez faire la rencontre d’un patron qui préfère employer des zombies plutôt que des êtres humains pour son rendement (pas besoin de les payer, ils sont morts ; pas besoin de prévoir des heures de repos, ils sont morts…), celle d’un vampire impuissant ou même celle (presque plus inquiétante) de gremlins (oui oui), peut-être devez-vous jeter un œil à Sorcières associées

 

Merci aux éditions ActuSF pour cette belle aventure !

 

 

5 commentaires sur “Sorcières associées de Alex EVANS

  1. La couverture m’a conquise en librairie ainsi que le résumé. Et ton avis me confirme que jai bien fait de l’acheter. Hate de me plonger dedans !!

  2. Je l’ai lu quand il a été auto édité, j’avais bien aimé 🙂 Je trouve la couverture de cette édition magnifique aussi ^^
    Je me demande si ça a été réécrit pour l’édition papier ou pas tiens.

  3. Ce roman me fait très très envie (bon, en grande partie à cause de sa superbe couverture, je l’avoue !)… Mais j’ai un peu peur d’être déçue, compte tenu des avis (dont le tien) que je vois passer sur la toile.
    Je vais essayer de me retenir encore un peu avant de craquer 😡

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