In the seventies : aventures dans la contre culture de Barry MILES

In the seventies :
aventures dans la contre-culture
de Barry MILES

La Castor Astral,
2016, p. 288

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : In the seventies

 

 

Barry Miles, né en 1943 à Cirencester en Angleterre, est un auteur et homme d’affaires britannique. Dans les années 1960, il était un personnage important du milieu underground londonien, et a aidé au lancement du journal The International Times. (Wikipedia)

 

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Débutant avec l’exposition Weathermen à Greenwich Village and se terminant avec le punk, les années 1970 ont été l’âge des extrêmes, entre sexe, drogue et bien-sûr, le rock and roll. Entre les scènes underground de Londres, New York, et de la Californie, Barry Miles se remémore et raconte ses rencontres avec les légendes de la décennie. In the Seventies est un mémoire qui défie les perceptions modernes des années 1970 ; loin de la simple compilation d’anecdotes, l’auteur montre ici à quel point des artistes comme Patti Smith, The Clash, The Ramones, mais aussi des écrivains comme William Burroughs ou Allen Ginsberg, ont influencé l’émergence d’une contre-culture.


Depuis quelque semaines, j’ai replongé dans la musique seventies. Patti Smith, T-Rex, David Bowie, The Clash… j’ai même lu M Train de la première citée, curieuse de découvrir certains de ses souvenirs.
Ainsi, lorsque j’ai vu l’ouvrage de Barry Miles dans la liste de la dernière Opération Masse Critique, je me suis dit que ce serait l’occasion de prolonger l’aventure et d’en apprendre plus sur cette décennie que j’ai toujours imaginée colorée, perdue entre les fumées de cigarettes et les pantalons pattes d’eph.

La réalité n’était finalement peut-être pas si enjouée et la violence était bel et bien présente comme nous le rappelle si bien Barry Miles dès le premier chapitre, alors qu’une bombe explose dans un immeuble, erreur de manipulation de la part de terroristes.
Bien vite pourtant, le lecteur quitte la ville et suit les traces de l’auteur dans une ferme-communauté où les poètes alcooliques sont les bienvenus s’ils veulent tenter une cure de désintoxication. Peu d’électricité au quotidien, un végétarisme prôné et l’amour libre. Barry Miles quitte pourtant assez vite cette ferme du bonheur et voyage, à San Francisco, New York, Londres… d’appartements miteux transformés en squats en soirées largement occupées à sniffer les drogues les plus dures.

Tous les détails y sont, l’auteur est sans concession et n’épargne personne, même les plus grands artistes qu’il a pu rencontrer. Et il en a vu du beau monde pendant sa vie ! Journaliste et écrivain, il a toujours été aux premières loges, à côtoyer les plus grands du moment.
Il nous parle d’ailleurs surtout de Allen Ginsberg et William S. Burroughs, tous deux poètes de la beat generation, gros consommateurs de drogues et ayant eu souvent des démêlés avec la justice à cause de leur homosexualité. Malgré leur vie d’artistes libres et leurs idées attrayantes, très sincèrement, ils m’ont paru assez peu sympathiques à travers les yeux de Barry Miles qui était pourtant un de leurs proches amis.

Barry Miles devant un portrait de William S. Burroughs. Photo trouvée sur le site de Barry Miles.

A vrai dire, si j’ai aimé me plonger dans les méandres de cette décennie à travers les yeux de quelqu’un qui a vraiment vécu au cœur des choses, ne connaissant pas tellement les figures mythiques rencontrées, je n’y ai pas toujours trouvé un intérêt fou. Après cette lecture, j’ai envie de me documenter un peu plus sur elles, donc le pari est gagné ; mais pendant celle-ci, je dois avouer que j’ai parfois trouvé le temps long.
Il faut dire aussi que je m’imaginais peut-être passer plus de temps en compagnie des musiciens de l’époque – que je connais davantage que les écrivains, paradoxalement – ce qui n’est finalement pas tellement le cas. J’ai de ce fait, été plus à l’aise avec les dernières dizaines de pages, sur la fin de la décennie, qui mettent en avant l’émergence de la culture punk. Pour ne citer que Patti Smith – parce qu’elle apparaît tout de même sur la couverture – on ne la croise brièvement qu’à deux ou trois reprises. La plupart du temps elle n’est qu’un nom cité sur la page. Une fois peut-être on la voit vraiment évoluer lors d’une soirée (et ce qu’on apprend de son comportement n’est pas franchement pour la mettre en valeur) mais c’est tout.

Les photos en noir et blanc qui agrémentent le texte apportent une petite touche d’authenticité supplémentaire. C’est aussi l’occasion de mettre des visages sur des noms et de s’imaginer un peu plus facilement ce qui nous est raconté. Ce que, Barry Miles parvient déjà très bien à faire à travers ses seuls mots.
Comme je vous le disais, c’est plein de détails alors le lecteur est très facilement transporté dans les endroits décrits et dans cette atmosphère particulière des seventies. A cette époque, tout semblait permis (et d’ailleurs, certaines choses ne pourraient plus du tout avoir court aujourd’hui) et j’ai l’impression que la jeunesse avait des rêves et savait se battre pour eux. Les hippies, l’amour libre, la paix dans le monde, l’homosexualité, les drogues dures… une sorte d’insouciance libératrice avant l’arrivée des punks à contre-courant.

In the seventies est une aventure intéressante et brillamment documentée. Malgré tout, sa densité en fait un “essai biographique” pas toujours facile d’accès, d’autant plus si on ne connait pas grand chose des artistes (écrivains notamment) des années 70. Peut-être un titre à conseiller avant tout aux connaisseurs mais ce fut un petit déclic pour moi, qui ai dorénavant envie d’en apprendre plus sur les poètes de la beat generation.

 

1 commentaire sur “In the seventies : aventures dans la contre culture de Barry MILES”

  1. Je l’avais aussi vu passer lors de la Masse Critique Babelio, et j’avais hésité à le prendre ; moi aussi j’aurais misé sur une large partie consacrée à la musique et l’état d’esprit lié à cette époque plutôt que sur la littérature et la poésie.
    Quant à William S. Burroughs, j’avais fait des recherches sur lui pour une nouvelle, et c’était assez hallucinant, mais sympathique n’est définitivement pas un terme que je lui accolerai. Et pour avoir lu des extraits du Festin nu, c’est assez spécial, en tout cas ça ne m’a pas donné plus envie que ça d’approfondir ma découverte de l’œuvre de Burroughs. A voir si les autres de la beat generation sont du même genre ou non.

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