NéaChronical, Tome 2 : Post mortem de Jean VIGNE

NéaChronical, Tome 2 :
Post mortem
de Jean VIGNE


Editions du Chat Noir,
2014, p. 371

Première Publication : 2014

 

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Né en 1966, à Moulins (03), Jean Vigne a déménagé dans les Alpes de Haute Provence dès l’âge de 1 an. Des études diverses et variées à Marseille lui ont permis de faire de belles rencontres et de développer sa passion précoce pour les jeux de rôle et pour les mondes de l’imaginaire. Entre musique et dessin, il n’a jamais quitté le monde de la création, pourtant, point d’écriture en cette période. Dévoreur de comics (Strange et Special Strange), de romans (les premiers Fleuve Noir et la série Perry Rhodan), de films (Star War IV, Indiana Jones ou Conan le barbare de 1982, souvenir souvenir…), il a fini par quitter sa région pour suivre son épouse à Paris. Une autre découverte, un autre monde riche en rencontres, avant de retourner en province en 1993, direction l’Isère et ses montagnes. C’est là que débuta son cycle d’écriture, quelques mots posés sur son écran d’ordinateur. C’était en 2001. Un premier manuscrit accepté en 2005 chez Chloé des Lys et Jean Vigne a poursuivi sa voie, avec ce même plaisir à chaque fois renouvelé, plongé dans des mondes imaginaires, ne se donner aucune limite sinon celle de se faire plaisir et, surtout, de faire plaisir à ses lecteurs.

 Tome 1 

♣ ♣ ♣

 

Avoir découvert ce qu’il s’était passé pendant ces cinq années effacées de sa mémoire n’a pas aidé Néa à comprendre ce qu’elle était devenue. Après une vengeance et une trahison, voilà qu’elle se retrouve abandonnée dans un cimetière, entourée de cadavres et de forces de l’ordre un rien agressives. Beaucoup trop d’obstacles sur la route de cette jeune fille qui la ralentissent dans sa quête de vérité : découvrir enfin sa nature et pourquoi la Mort rôde ainsi autour d’elle.


Deux ans après ma découverte du premier tome, je me suis enfin décidée à sortir ce deuxième opus de ma bibliothèque… je regrette simplement de ne pas l’avoir fait avant ! Ce qui est certain, c’est que je n’attendrai pas autant de temps pour dévorer le troisième et dernier volet de la série, ce sera fait en 2017 !

Même s’il me restait quelques impressions diffuses, je n’avais tout de même pas grand souvenir de ma lecture de Memento mori, j’ai donc commencé Post mortem à tâtons, me demandant si je ne serais pas trop perdue dans les événements et auprès des personnages. Finalement non. Bien sûr, je pense que j’aurais été plus à l’aise en enchaînant les deux mais cette longue pause n’a pas non plus été insurmontable. Je suis très rapidement remontée en selle et me suis très vite attachée à cette héroïne hors du commun.

J’ai en cela été aidée par la construction du récit puisque ce deuxième tome s’ouvre au moment précis où le précédent s’était arrêté. Bon, pas exactement en fait. Puisque le premier chapitre se déroule au Moyen-Age, en 1112 exactement. Et là, par contre, je me suis vraiment demandée s’il n’y avait pas eu une erreur au moment de l’impression à l’imprimerie ou si j’avais tant perdu la mémoire que je ne me souvenais même plus du contexte du premier volume des aventures de Néa. Mais non, Jean Vigne nous offre juste une deuxième intrigue complètement sortie de nulle part et qui semble n’avoir absolument aucun rapport avec l’histoire de notre héroïne. Elle “semble” juste ; puisque, évidemment, au fil de la lecture on va se rendre compte avec délice que tout est intimement lié.
Et c’est là, je pense le plus gros point fort de l’auteur : savoir surprendre son lecteur. En lisant les premières lignes du premier tome de cette trilogie, JAMAIS je n’aurais pu imaginer que Jean Vigne allait suivre cette voie là et qu’on allait se retrouver avec ce genre d’intrigue quelques centaines de pages plus tard. D’ailleurs, je sens que le troisième et dernier volume va lui aussi partir sur un chemin inimaginable. Si ça se trouve on va se retrouver dans l’espace auprès d’extraterrestres ? Il me tarde. Je ne peux vous parler de ce cheminement narratif que de façon très sibylline parce qu’être plus claire reviendrait à vous gâcher toute la surprise et ce serait franchement dommage.

J’apporte juste un petit bémol dans le traitement des personnages que l’on découvre dans les chapitres médiévaux (et pas “moyenâgeux ! Bouh le vilain mot complètement péjoratif ! Si je n’ai retenu qu’une seule chose de mes cours d’histoire de l’art médiévale c’est bien que le terme “moyenâgeux” est hyper connoté négativement – et en plus c’est moche – alors si vous aimez cette période, sortez-le de votre vocabulaire !!! Je le vois régulièrement dans les chroniques de blogueurs et ça me pique les yeux !) puisqu’il sort un peu de l’ordinaire et moi je suis très attachée à leurs histoires et aux relations qu’ils entretiennent entre eux dans la tradition… alors sans être complètement gênant – parce que c’est un détournement probable et plutôt intelligent – ben ça m’a quand même fait un petit quelque chose. Mais c’est parce que j’ai pas mal lu sur le sujet alors j’ai forcément une vision des choses déjà bien implantée, je ne dis pas que le choix de Jean Vigne est mauvais, bien au contraire !

Jean VIGNE.

J’ai relu ma chronique du premier tome et dans celle-ci, je disais que j’avais des réserves au sujet de Néa, une héroïne un peu trop grande gueule et vulgaire à mon goût. C’est drôle comme nos goûts changent avec le temps parce que cette fois, j’ai adoré cette jeune femme pleine de peps et de détermination. Ok, elle n’a toujours pas la langue dans sa poche mais j’ai cette fois trouvé que son répondant était bien utilisé et était pertinent avec le reste de sa personnalité.
On peut détester cette héroïne qui sème la terreur et la mort où elle passe (d’ailleurs, au début, je la prenais pour l’incarnation de Morrigan) à cause de ses pouvoirs particuliers ; pour ma part, je l’ai souvent trouvée très touchante et “humaine”. Elle a bien grandi et même si elle maîtrise de plus en plus ses talents, paradoxalement, elle arrive de moins en moins à s’empêcher de les utiliser malgré les conséquences qu’ils ont. Forte et fragile à la fois, Néa est une héroïne qui m’a beaucoup plu et qui offre une belle originalité. On la quitte en très fâcheuse posture à la fin de ce deuxième tome mais je suis persuadée qu’elle va savoir rebondir pour s’en sortir (j’ai même ma petite idée sur le moyen à utiliser pour y arriver !).

Les autres personnages ne sont pas en reste et apportent eux aussi leur lot de surprises ! Si certaines révélations les concernant sont un peu attendues, d’autres étonnent très largement. Là encore, c’est très bien joué de la part de Jean Vigne : difficile de le voir venir !
J’ai surtout apprécié le flic (Alonzo) qui n’a pas été sans me rappeler Alexandre Vauvert, l’un des héros des thrillers de Sire Cédric. Les personnalités sont assez proches et en font des personnages complexes et intéressants à suivre. Les figures rencontrées au Moyen-Age ne sont pas inintéressantes (loin de là !) mais, au vu de leur statut (nature ?), elles gardent tout de même une certaine distance ; difficile donc de s’identifier/s’attacher à elles.

Ce grand nombre de personnages quasi tous principaux permet à Jean Vigne une construction narrative assez intéressante puisque les points de vue sont ainsi multipliés : à la première ou à la troisième personne, au Moyen Age ou aujourd’hui. Voilà qui complexifie l’intrigue et offre aux lecteurs le plaisir de rassembler les pièces du puzzle pour le reconstituer et résoudre l’énigme.
Force est de constater que tout n’est pas réglé à la fin de ce deuxième tome et que la porte est ouverte pour la suite. Mais que va-t-il donc se passer pour Néa et les autres ?!

Post mortem a frôlé la perfection. J’ai été émue par l’héroïne à certains moments, j’ai suivi tous ses faits et gestes (et il y en a un paquet, pas de temps morts ici !) avec passion et surtout, j’ai été surprise bien des fois par les révélations apportées par l’auteur. Mais comment on a pu commencer avec une telle histoire au début du tome 1, pour en arriver à un tel cheminement après quelques centaines de pages à la fin de ce tome 2 ? IMPOSSIBLE de le prédire en débutant cette trilogie. Et je suis sûre que je ne suis pas au bout de mes surprises ! Vite, la suite !


 

 

3 commentaires sur “NéaChronical, Tome 2 : Post mortem de Jean VIGNE”

  1. J’avais noté Memento Mori, mais j’hésitais encore à le lire puisque la couverture me donnait l’impression qu’il s’agissait d’un roman ”self-published”, et on ne sait jamais avec ces livres-là. Ton enthousiasme me donne envie!

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