Féérie, Tome 1 : La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains de Catherynne M. VALENTE

Féérie, Tome 1 :
La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains
de Catherynne M. VALENTE

Editions Balivernes,
2015, p. 256

Première Publication (vo) : 2011

 

Pour l’acheter : sur le site de l’éditeur !

 

Catherynne M. Valente est l’auteur à succès de plus d’une douzaine d’œuvres de fiction et de poésie, dont Palimpseste, la série des Contes de l’orphelin (Orphan Tales), Immortel (Deathless), et le phénomène La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains. Elle a remporté les prix Andre Norton, Tiptree, Mythopoeic, Rhysling, Lambda, Locus et Hugo. Elle a fait partie des finalistes pour les prix Nebula et World Fantasy Awards. En France, La fille qui navigua autour de Féérie sur un bateau construit de ses propres mains a reçu le Prix des Imaginales 2016 Catégorie Roman Jeunesse. Elle vit sur une île au large de la côte du Maine aux Etats-Unis avec une petite mais croissante ménagerie de bêtes, dont certaines sont humaines. Elle a commencé les aventures de Septembre comme un récit secondaire d’un de ses romans adultes, puis l’a développé et publié sur internet. Ce fut la première fois qu’une œuvre auto-publiée gagna une récompense littéraire majeure. (Balivernes Editions)

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Septembre est une jeune fille qui aspire à l’aventure. Quand elle est invitée en Féérie par le Vent Vert et le Léopard des Petites Brises, bien sûr, elle accepte. Qui ne le ferait pas à douze ans ? Mais Féérie est dans la tourmente, sous le règne écrasant d’une Marquise maléfique.
Cheminant en compagnie d’un vouivre amoureux des livres et d’un étrange garçon bleu, presque humain nommé Samedi, elle perdra : son ombre, sa chaussure, son cœur et bien sûr son chemin. Mais dans l’aventure, elle trouvera le courage, l’amitié, une cuillère un peu spéciale et bien plus encore. Elle seule détient la clef qui rétablira l’ordre et le bonheur en Féérie…
Il n’y avait pas eu de monde si envoûtant, de personnages si originaux depuis Alice au pays des Merveilles ou le pays d’Oz. L’héroïne grandit au cours de cette aventure. Septembre est intelligente et très logique avec pourtant une forme de naïveté que nous voudrions garder toute notre vie, dans un monde plus complexe qu’il n’y paraît où tout n’est pas que soleil et magie.


La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains est le premier tome d’une série qui a remporté le prix Jeunesse aux Imaginales 2016. Avec un tel bagage, je savais que cette lecture serait de qualité et je n’ai pas été déçue.
Dans ce premier opus, nous rencontrons Septembre la petite héroïne et le monde de Féérie qu’elle va visiter en long, en large et en travers. C’est dans l’ensemble assez décalé, complètement loufoque même, souvent onirique et poétique et globalement très émouvant.
Possédant plusieurs niveaux de lecture, à mon avis, ce voyage féérique s’adresse aux petits et aux grands, pour peu que tous aient gardé une âme de Peter Pan… ou serait-ce plutôt une âme d’Alice au pays des merveilles ?

Catherynne M. VALENTE, portrait trouvé sur Babelio.

Septembre a 12 ans. Cette petite fille se sent seule, délaissée par une mère qui travaille chaque jour à l’usine et un père parti à la guerre ; ainsi, lorsque le Vent Vert lui propose de partir dans le Pays de Féérie, elle accepte et s’enfuit avec lui par la fenêtre.
C’est le début d’une très grande aventure pendant laquelle la fillette fera de nombreuses rencontres plus étranges les unes que les autres, devra faire quelques difficiles sacrifices, subira plusieurs épreuves semblant insurmontables, aura très peur, se sentira très seule mais c’est aussi pendant ce séjour qu’elle découvrira la loyauté, le courage, la valeur de l’amitié et elle en sortira grandie.

La quatrième de couverture fait référence à plusieurs œuvres de la littérature jeunesse classique : Peter Pan, Alice au pays des merveilles, Le Magicien d’Oz… et effectivement, ce premier tome cite ses aïeux à plusieurs reprises et le parallèle est évident. Pour autant, ce n’est pas une simple redite de ce qui a déjà été proposé, Catherynne M. Valente utilise des lieux communs mais apporte aussi et surtout son originalité.
L’aventure est colorée, émouvante, haletante… chaque page possède son lot de rencontres et de surprises ; et si, au début, le lecteur peut se sentir un peu dépassé par l’ampleur de la fantaisie contenue dans ce livre, il ne pourra ensuite plus se départir de son sourire et en redemandera ! Parce qu’il faut bien l’avouer, en parcourant les premières pages, on peut clairement se demander ce qu’on fait là. Encore plus barré qu’Alice au pays des merveilles, l’auteure y va fort et ce dès la première ligne. Les enfants n’ayant pas encore placé de barrière à leur imagination n’auront aucun mal à entrer de plein fouet dans l’histoire et accepteront chaque action sans se poser de question. Les adultes eux, bien que nombreux soient habitués à l’imaginaire, auront peut-être besoin d’un petit temps d’adaptation pour accepter ce que Catherynne M. Valente fait apparaître sous nos yeux. Mais une fois que vous aurez réussi à tourner la clef et à retrouver votre âme d’enfant, la personnification du Vent Vert et tout le reste vous paraîtront tout à fait évident, iront de soi et seront admis.
Ne réfléchissez pas, acceptez le fait que vous entrez dans un monde où TOUT est possible, laissez-vous porter par le voyage, ouvrez grands les yeux, admirez et marchez dans les pas de la petite Septembre. Vous aussi vous serez émerveillés par la rencontre des sorcières autour de leur chaudron, vous aussi vous tomberez sous le charme de Ell, le vouivriothèque (un petit mot valise pour une vouivre qui adore lire), vous aussi vous serez ému par Samedi le minuscule Marid (bleu) venu de la Mer, vous aussi vous aurez un élan de tendresse pour Lanterne et vous aussi vous serez passionnés par les aventures de la petite Clef qui vit sa vie propre et tente tant bien que mal de rattraper Septembre !

C’est complètement barré, vous êtes prévenus ! Mais c’est aussi particulièrement bien écrit – ou en tout cas, la traduction française est très réussie ! – car Catherynne M. Valente joue avec les mots, un peu à l’instar de Lewis Carroll (je pense notamment à son oeuvre baptisée La Chasse au Snark, long poème complètement loufoque, à la limite de l’absurde). Là encore, il faut se laisser bercer.
Le langage peut peut-être paraître légèrement soutenu pour les plus jeunes lecteurs mais lorsque l’on se penche sur les plus célèbres contes de Perrault, Andersen ou des frères Grimm, on ne peut pas dire que le vocabulaire utilisé soit franchement simple d’accès. Et pourtant, les enfants parviennent à vivre les histoires, à s’imprégner des couleurs de celles-ci… c’est, à mon avis, exactement la même chose ici. Et je suis sûre que les plus jeunes lecteurs auront une interprétation bien différente de la nôtre car s’attarderont sur des détails différents. C’est là que les différents niveaux de lecture entrent en jeu.

La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains, extrait.

Le monde proposé par Catherynne M. Valente est une jolie vision de Féérie. L’auteure reprend quelques codes largement admis dans la littérature merveilleuse : ne surtout pas manger de nourriture proposée par les fées ou encore une temporalité très différente entre nos deux mondes…
J’ai beaucoup aimé sa conception des créatures féeriques, finalement plus cruelles que les apparences le laissent présager. C’est toujours un peu cette histoire de « glamour » (même si ce n’est pas ici présenté comme ça) : masque attirant qui sert à appâter les humains et quand on le retire, on découvre le vrai visage de Féérie… et ce n’est jamais beau à voir ! Les fées sont les reines du déguisement et de la tromperie, elles ne révèlent jamais tout… attention !

Le voile très mince entre le Bien et le Mal, c’est aussi ça Féérie et les personnages mis en scène par Catherynne M. Valente reviennent sur cette ambiguïté, cette dualité que je trouve, pour ma part, très intéressantes voire fascinantes. C’est notamment le cas de la petite Marquise Maléfique qui règne en despote sur le royaume. Je n’avais pas vu venir la révélation la concernant, c’est bien joué !
Finalement, même si Septembre est une jeune héroïne agréable à suivre, ce sont peut-être les personnages secondaires qui font vraiment le charme de cette histoire. Ell le vouvriothèque, Samedi le Marid, la Lanterne, la Clef, Lessive la golem… tous ont une personnalité et une histoire propres, riches et bien développées. On ne peut qu’être touchés par toutes ces créatures féeriques qui subissent les règles du royaume et qui sont toutes, à un moment ou à un autre, un soutien pour la petite fille.

Difficile de parler de ce premier tome brièvement. Le titre lui-même, d’une longueur assez étonnante, témoigne de la richesse des aventures que vit la jeune héroïne et attire l’attention du lecteur. La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains est aussi loufoque et émouvant que l’on peut l’imaginer, aussi coloré et rythmé que l’on peut l’espérer.
Et même si l’on tourne la dernière page en ayant les réponses à nos questions, je sais de source sûre que le passage pour Féérie n’est pas refermé ; la prochaine fois, on ne traversera ni le fond d’une armoire ni une fenêtre sur le dos du Vent Vert mais on y retournera !

A noter que l’objet-livre est également magnifiquement soigné : de jolies illustrations en en-tête de chaque chapitre, une police stylisée et une couverture plus qu’attirante ! Qu’attendez-vous ?

 

Merci aux éditions Balivernes pour cette aventure que je n’oublierai pas de sitôt !

 

 

2 pensées sur “Féérie, Tome 1 : La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains de Catherynne M. VALENTE

  • 16 janvier 2017 à 12 h 56 min
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    Mais oui, qu’attendons-nous ?
    Cette lecture a l’air d’être un sacré voyage, et tes mots donnent tellement envie de se laisser embarquer à notre tour par le Vent Vert.
    Je ne pense pas que je résisterai bien longtemps.

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  • 15 janvier 2017 à 22 h 54 min
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    Tiens tiens… pourquoi pas.
    J’en avais entendu parler sur les blogs anglo mais ton avis me tente!

    Répondre

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