Le Jeu de l’ombre de SIRE CEDRIC

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Le Jeu de l’ombre

de SIRE CEDRIC

Le Pré aux clercs,
2011, p. 476

Première Publication : 2011


Pour l’acheter : Le Jeu de l’ombre


Sire Cédric, né le à Saint-Gaudens, est un écrivain français de thriller. Après des études d’anglais, il travaille quelques années dans le milieu de l’édition, du journalisme et de la traduction, tout en publiant dans les pages de magazines des nouvelles fantastiques et policières, fortement inspirées par des auteurs tels que Stephen King, Clive Barker ou encore Edgar Allan Poe. (Wikipedia)

♣ L’Enfant des cimetières 
De fièvre et de sang 


♣ ♣ ♣


Mais que pouvait bien chercher Malko Swann cette nuit-là ? Une overdose d’adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ?
Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu’à faire une chute de trente mètres en bas du pont du Diable ?
Atteint d’un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d’entendre la musique. Mais il ne s’agit que du début de sa déchéance. Dans l’ombre, quelqu’un l’observe… quelqu’un qui veut jouer avec lui. Un jeu au goût de sang… Il s’engage alors dans un combat désespéré.


Connu pour ses thrillers fantastiques, Sire Cédric a su tirer son épingle du jeu et, aujourd’hui, fort de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, son talent n’est plus à prouver.
J’ai déjà eu l’occasion de le lire et de le rencontrer à plusieurs reprises et l’expérience fut toujours couronnée de succès. Le Jeu de l’ombre ne fait pas exception à la règle et je dirais même que j’apprécie beaucoup ce glissement plus prononcé vers le thriller/polar, la touche de surnaturel étant plus discrète que dans ses précédents écrits.

Sire Cédric pose les bases de ce qui semble être deux histoires distinctes.
D’un côté, Malko, jeune musicien talentueux, tombeur de ces dames qui multiplie les excès selon l’adage : sexe, drogue & rock’n’roll. Il vit sa vie passionnément jusqu’à l’accident, ce fameux soir. Miraculé d’une chute de trente mètres, le chanteur ne sort pourtant pas tout à fait indemne puisqu’il est frappé d’amusie. Il n’est pas sourd, entend les conversations et les bruits du quotidien, mais son cerveau ne perçoit plus les mélodies et les phrases musicales. Catastrophe pour Malko dont la vie ne tournait qu’autour de la musique et de la scène ! Il se renferme sur lui-même, commence à avoir des hallucinations et celles-ci le conduisent à certains actes extrêmes.
En parallèle, le commandant Alexandre Vauvert, géant de deux mètres que l’on avait déjà eu l’occasion de rencontrer dans L’Enfant des cimetières, mène l’enquête après la découverte dans le fleuve, du cadavre d’une jeune femme. Bien vite, la piste du tueur en série est privilégiée mais la police patauge entre crime passionnel et deal de drogues.

On ne sait pas comment au début, mais on se doute que les deux intrigues sont liées et qu’elles ne vont pas tarder à s’entremêler… mais comment ? Malko est-il coupable ou victime d’une machination ?
Parce que là où réside la force de Sire Cédric c’est qu’il nous fait douter. En bon maître du fantastique, il insère les éléments surnaturels avec parcimonie, proposant aux lecteurs une explication tantôt terre à terre, tantôt beaucoup plus « merveilleuse ». Cette oscillation régulière entre le rêve et la réalité m’a plu, surtout lorsqu’elle s’accélère et s’accentue dans la deuxième partie. Malgré tout, même si je suis joueuse et aime me faire balader (et je suis une candidate parfait, je ne marche pas… je cours !), la fin ouverte proposée m’a laissée sur ma faim justement ; et très franchement, j’aurais aimé que la balance penche plus fortement vers le côté terre à terre, scientifique, psychologique. J’ai donc apprécié l’insertion de l’aspect fantastique mais pas de bout en bout ; j’émets quelques réserves qui me sont très personnelles.

Cela dit l’intrigue – ou devrais-je dire les intrigues – est haletante. Difficile de poser le livre quand on l’a commencé (j’ai même failli manquer mon arrêt de tram un matin !), le rythme est parfaitement maîtrisé, les chapitres sont courts donc entretiennent le dynamisme général… et quelle maîtrise du suspens !
Je n’avais pas vu venir les révélations dans le dernier tiers du récit, c’est franchement bien trouvé ! Bon, je suis bon public donc me laisse toujours surprendre par le dénouement d’une enquête mais quand même, je trouve que c’est un joli tour de force !

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SIRE CEDRIC, portrait trouvé sur le site de l’auteur !

J’ai cru comprendre que le personnage principal – Malko – avait peiné à trouver son public. Il est vrai que la figure de la star capricieuse et égocentrique, de l’homme collectionneur de femmes, cocaïnomane paumé, ne fait pas franchement rêver… mais justement de mon côté, j’ai aimé cet anti-héros hanté par ses démons. On ne deviendrait jamais meilleurs amis et on ne peut pas dire que je me sois attachée à lui, mais le suivre dans sa dérive n’a pas manqué de m’intéresser !
Là où j’ai quelques regrets c’est plutôt du côté d’Alexandre Vauvert qui est un flic au riche passé et donc avec une personnalité assez complexe. Mais il passe au second plan dans cette enquête donc même s’il sait se rendre indispensable, ça a quand même un goût de trop peu… J’espère le revoir dans une autre histoire !
Les personnages secondaires ne sont pas inintéressants non plus mais je regrette un peu l’absence de figures féminines dans cette aventure (autres que les maîtresses de Malko ou les cadavres repêchés par Vauvert). Oui il y a Sarah, mais uniquement vue et décrite à travers les yeux du héros alors elle ne possède pas franchement une personnalité très marquée et à laquelle se raccrocher, bien qu’elle ait une place importante dans la vie de notre héros.

Côté style, c’est efficace. Sire Cédric maîtrise l’art de la construction d’un récit avec son lot de rebondissements et révélations. Il dépeint également parfaitement les scènes qu’il invente, alors âmes sensibles, s’abstenir parce que la description des tripes et des boyaux au moment des meurtres ne nous est pas épargnée !
C’est une écriture vive, précise, avec juste ce qu’il faut de fioritures pour orner les scènes que s’imagine le lecteur et juste ce qu’il faut de dialogues bien menés pour rythmer et donner du cœur à l’ensemble.

Si ce n’est ce dénouement ouvert qui me laisse un peu perplexe – c’est une appréciation très personnelle – j’ai été envoûtée par cette histoire que j’ai dévorée. Le contexte musical, le anti-héros et la présence de Vauvert ; tout a concouru à ce que je ne puisse pas lâcher le livre une fois plongée dedans. Le suspens est là, le doute au rendez-vous et les révélations finales sont fracassantes ! Ajoutez à cela un auteur, en séances de dédicace, d’une gentillesse et d’une bienveillance assez rares… et qu’attendez-vous ? Vous n’avez plus qu’à courir acheter un Sire Cédric (un livre, pas l’auteur) !


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2 pensées sur “Le Jeu de l’ombre de SIRE CEDRIC

  • 31 mars 2017 à 17 h 21 min
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    Je viens d’acheter son dernier thriller « Du Feu de l’enfer ». Ce sera mon premier Sire Cédric et il est dédicacé ! 🙂

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  • 8 décembre 2016 à 2 h 36 min
    Permalink

    Décidément, je n’entends que du bien de Sire Cédric, sans en avoir jamais lu une page. Il va falloir remédier à ça.
    Du coup, je suivrai ton conseil et courrai acheter un Sire Cédric prochainement (oui oui, un livre, pas l’auteur, je n’ai pas tant de place que ça sur mes étagères).
    Porte-toi bien !

    Répondre

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