L’Exorciste de William Peter BLATTY

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L’Exorciste

de William Peter BLATTY

J’ai lu (Epouvante)
1985, p. 400

Première Publication (vo) : 1972


Pour l’acheter : L’Exorciste


William Peter Blatty, né le à New York, est un écrivain, scénariste et réalisateur américain d’origine libanaise. D’abord universitaire, puis journaliste, Blatty se consacra à la littérature et au cinéma. L’œuvre majeure en 1971 qui l’a révélé au grand public est L’Exorciste (parue en France aux Éditions Robert Laffont) et mise à l’écran par le film de William Friedkin deux ans après. (Wikipedia)


♣ ♣ ♣


Pour Chris MacNeil et sa fille Regan, une adolescente de quatorze ans, la vie s’écoule heureuse et aisée dans un quartier bourgeois de Washington. Et puis, un jour, des bruits étranges résonnent dans la calme demeure, des objets disparaissent, des meubles sont déplacés. Quant à Regan, d’étranges métamorphoses la défigurent, des mots obscènes jaillissent de sa bouche. Tandis que peu à peu la personnalité de l’enfant se disloque face aux médecins impuissants, la police est saisie d’horreur devant l’atroce vérité. Damien Karras, prêtre et psychiatre, sera-t-il le seul recours ?


Pour fêter dignement Halloween, Laure et moi nous sommes lancées dans la lecture (commune) de L’Exorciste de William Peter Blatty. J’imagine que comme moi, vous êtes nombreux à connaître l’intrigue grâce à la célèbre adaptation qui en a été faite dans les années 70 et qui est très fidèle à l’oeuvre d’origine (il faut dire que Blatty en était scénariste !).
Pour les autres, je vous invite à vous plonger dans cette histoire (si le genre vous intéresse évidemment), sur écran ou sur papier, car il s’agit à mon avis d’un classique de l’épouvante loin d’être inintéressant !

Tout semble sourire à Chris MacNeil – actrice renommée – et à sa jeune fille Regan qui s’apprête à fêter ses 12 ans. Malgré le divorce de ses parents, celle-ci semble être une fillette équilibrée, heureuse, curieuse, douce mais un peu réservée. La mère et sa fille vivent dans une belle maison bourgeoise de Washington en compagnie d’un couple de domestiques. Les journées passent, Chris est prise par ses tournages et les soirées mondaines, Regan sculpte, lit, dessine… et joue avec une planche de Ouija.
Au fil des semaines – et des mois – la jeune fille va commencer à changer. Au début, les changements sont subtils, c’est insidieux. Un regard, une façon de parler, une démarche. Des coups sont frappés dans sa chambre, il y fait parfois un froid glacial alors que le chauffage est allumé, les insomnies commencent… et puis tout se dégrade de plus en plus vite jusqu’à une totale transformation physique de la fillette, amaigrie, faible, plus du tout maîtresse de son corps.

Nous, lecteurs, nous envisageons la possession dès les premières lignes – parce que c’est ce que l’on s’attend à trouver en ouvrant ce livre – mais ce n’est évidemment pas ce à quoi pense Chris quand elle commence à percevoir un problème chez sa fille. Elle lui fait faire toute une batterie de tests chez de nombreux médecins… et j’ai vraiment beaucoup aimé tout cet aspect.
Parce que le livre nous fait douter sur quelques centaines de pages – aspect qui est beaucoup moins présent dans l’adaptation au cinéma, à mon goût – nous faisant nous questionner sur la santé mentale de la jeune Regan. Et si tout n’était qu’une question « psychiatrique » ? Et si la fillette réagissait simplement au divorce de ses parents de façon violente ? Et s’il était question de schyzophrénie, de dédoublement de personnalité ? Dans le film, très vite le spectateur est fixé et se tourne vers la théorie démoniaque ; là, je me suis vraiment demandée à plusieurs reprises et pendant un long moment si la science n’était pas la réponse à la question, car les explications données par les docteurs sont tout à fait convaincantes. J’ai adoré ce flou.

William Peter BLATTY, portrait trouvé sur Wikipedia.
William Peter BLATTY, portrait trouvé sur Wikipedia.

Une – voire deux – intrigues secondaires sont également mises en place dans ce roman : la première et la plus importante après la possession de Regan est celle qui a trait au prêtre Damien Karras qui connaît quelques soucis avec sa foi en Dieu ; et la seconde, plus anecdotique, s’attarde sur le passé trouble du couple de domestiques, passé qui semble être une piste intéressante pour l’inspecteur qui mène l’enquête dans le quartier (parce que, sans vouloir vous spoiler, la maladie de Regan aura des conséquences assez terribles pour plusieurs membres de son entourage).
Tous ces fils scénaristiques s’emboîtent bien mais il est clair que Laure et moi avons eu une préférence pour le fil rouge principal et donc toutes les scènes qui mettent la fillette en avant. Au début, les doutes et l’introspection du père Karras nous ont un peu ennuyées et puis, en avançant dans le livre, nous nous sommes rendues compte que tous ces paragraphes avaient leur intérêt et apportaient une nouvelle profondeur à l’exorcisme final.

Si ce livre s’est révélé si addictif, c’est aussi et surtout grâce à la plume de William Peter Blatty. Ne vous laissez pas démotiver par le prologue qui peut paraître un peu obscur, voire ennuyeux et qui ne revêt pas une importance immédiate quand vous le découvrez… surtout, poursuivez votre lecture !
Ayant déjà vu l’adaptation – à plusieurs reprises – j’avais très clairement les images en tête pendant ma lecture mais Laure – qui elle n’avait jamais vu le film – m’a assurée qu’elle n’avait aucun problème d’imagination et se représentait bien toutes les scènes. On vit donc l’histoire sans problème… ce qui peut angoisser un peu quand on pense au thème principal de ce livre. Rassurez-vous, si plusieurs passages sont fortement dérangeants – Regan tenant des propos et ayant des gestes particulièrement obscènes pour son jeune âge – on ne peut pas vraiment parler de peur à la lecture de L’Exorciste. C’est un peu angoissant parfois, souvent glauque… mais jamais vraiment terrifiant. Le film m’a fait plus forte impression lorsque je l’ai découvert à 12/13 ans (l’horrible scène de la descente de l’escalier à l’envers…).

Je pensais ne pas trouver de valeur ajoutée au roman – connaissant déjà bien le film – mais force est de constater que je l’ai dévoré, complètement happée par l’intensité de cette intrigue. J’ai tourné les pages à vitesse grand -v, curieuse de redécouvrir les scènes clefs de l’adaptation et encore une fois, j’ai été fascinée par cette histoire étrange.


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Une pensée sur “L’Exorciste de William Peter BLATTY

  • 28 novembre 2016 à 14 h 52 min
    Permalink

    Ta chronique est excellente !!!

    Tout comme toi j’ai adoré la partie plus scientifique/rationnelle de l’intrigue qui en effet est peut-être moins présente dans le film.

    Angoissant à souhait !

    A bientôt. n_n

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