Féelure de Silène EDGAR

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Féelure
de Silène EDGAR

Bragelonne,
2014, p. 88

Première Publication : 2014

 

Pour l’acheter : Féelure

 

♣ La chronique d’Elhyandra 

 

Fille et sœur d’auteurs, Silène Edgar a grandi dans une maison dont les murs sont faits de livres. Nourrie de voyages, elle a bourlingué un peu lors de ses études de lettres, et après quelques années à droite à gauche, dont une superbe escapade d’un an à Tahiti, elle a finalement posé ses valises près de Guérande. Elle enseigne aujourd’hui dans un petit collège du marais briéron, dont l’atmosphère est propice à l’imaginaire. (Les Imaginales)

 

 

Le jour, Gwen est une personne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : elle a un emploi précaire à la bibliothèque de la ville, un mari aimant et deux beaux enfants. Mais chaque nuit, elle est fée et travaille à la BAKF, la Brigade anti-kidnapping de fées. Et justement, de récentes disparitions leur donnent du fil à retordre… Avec son coéquipier et ami Arthur, elle va vite découvrir que cette nouvelle affaire pourrait être plus sensible que prévu. Pourtant, si dangereuse que soit cette nouvelle enquête, ce n’est qu’une épine parmi d’autres dans le pied de Gwen. Car au prochain solstice, elle va devoir faire un choix : rester humaine avec son mari et ses enfants, ou abandonner son ancienne existence et devenir fée pour toujours aux côtés d’Arthur…


C’est cet été, lors de la grande opération numérique des éditions Bragelonne, que j’ai acquis cet ebook. Le thème féerique ne pouvait que m’inspirer et c’était aussi l’occasion de découvrir la plume et l’imaginaire de Silène Edgar, auteure dont j’ai souvent entendu parler grâce à ses titres plus historiques et jeunesse parus chez Castelmore (notamment 14/14, écrit à quatre mains avec Paul Beorn).
Je me suis donc plongée dans ce court roman – 88 pages – en compagnie d’Elhyandra. Féelure fut une lecture commune particulièrement brève puisque seulement deux petites heures suffisent pour venir à bout du texte… et ce fut une lecture assez décevante, pour ma part. Explications.

Dès le début, l’intrigue m’a chagrinée car je l’ai trouvée bancale. Le lecteur fait la connaissance de Gwen, bibliothécaire et mère de famille épanouie le jour, fée enquêtrice la nuit. Jusque là, tout va bien et j’approuve. Mais, très vite, Silène Edgar nous apprend que la jeune femme n’est pas consciente de sa seconde identité : en clair, le jour, elle ne sait pas ce qu’elle fabrique la nuit même si elle a l’impression d’avoir une vie nocturne assez agitée et même si les lectures sur le thème des fées l’intriguent ; et la nuit, elle croit se souvenir qu’elle possède une vie humaine assez heureuse, mariée avec deux enfants, mais sans plus. Or, un choix cornélien s’offre à elle : avant le prochain solstice (soit quelques jours plus tard), elle doit décider quelle vie sera définitivement la sienne.
Oui, pourquoi pas, choix très intéressant… si l’héroïne avait toutes les cartes en main ! Comment choisir une vie qu’on ne connaît pas, dont on n’a quasiment aucun souvenir, aucun ressenti ? Pourquoi Gwen ne choisirait pas sa vie de fée immortelle, vu qu’elle n’a quasiment aucune conscience de sa vie humaine ? Quitter mari et enfants ne devrait pas la chagriner plus que ça, étant donné qu’elle n’a que de vagues réminiscences de cette vie ? Vous voyez ce que je veux dire ? Pour moi, dès le départ, ce choix ne tient pas la route et donc, toute la suite m’a semblé maladroite.

Portrait de Silène EDGAR, trouvé sur le blog du festival Scorfel.
Portrait de Silène EDGAR, trouvé sur le blog du festival Scorfel.

Je n’ai donc pas su m’attacher à Gwen dont je n’ai pas su saisir les émotions et réactions. Tout sonnait faux à mon goût et je n’ai jamais ressenti d’urgence ou de doute quant à son choix final, puisque, l’un ou l’autre, finalement peu importe, ça n’aurait que très peu de conséquences sur son bien être. La brièveté du récit n’aide sans doute pas à s’attacher à l’héroïne, tout se passe très vite, aussi bien les actions que les pensées qui peuvent apparaître dans son esprit alors difficile d’y voir vraiment clair.
Les personnages secondaires souffrent eux aussi de la longueur du texte. Là encore, il n’est pas évident de dépeindre des figures riches et complexes en si peu de pages. Elles sont nombreuses, loin d’être inintéressantes mais trop vite rencontrées et donc esquissées. Elles ornent les scènes, font partie du décor, mais sans plus. Dommage car il y avait du potentiel.

Outre cette histoire de choix, l’intrigue s’attarde également sur une enquête dans le monde féerique. Des fées disparaissent, Gwen et son ami fée Arthur (lui aussi confronté au futur choix qui modifiera sa vie), doivent résoudre l’affaire en allant interroger plusieurs créatures de ce monde parallèle. C’est l’occasion pour le lecteur de faire la connaissance – encore une fois brièvement – d’une certaine mythologie féerique que j’ai trouvé intéressante mais trop peu abordée.
Quant à l’aspect policier de l’histoire, c’est vraiment très secondaire et n’a pas du tout retenu mon attention. Je suis d’ailleurs bien incapable de vous citer le nom du coupable, trois semaines après ma lecture, ni même de vous résumer l’enquête. 

Enfin, et là encore c’est un élément avec lequel je n’ai pas réussi à accrocher : la plume de Silène Edgar. Disons plus justement que j’ai accroché à moitié. J’ai aimé l’aspect humoristique et presque burlesque grâce aux nombreux jeux de mots dispersés de-ci de-là dans ces 88 pages, jeux de mots tournant généralement autour de la base « fée » (le titre est un parfait exemple). C’est généralement très bien trouvé et amusant, rien à redire de ce côté-là.
Malheureusement, j’ai eu du mal avec l’utilisation du présent et du passé composé pour le récit. De façon générale, c’est un emploi qui passe ou qui casse et qui est finalement beaucoup plus difficile à maîtriser que le récit aux temps classiques du passé (passé simple et imparfait). Ce choix m’a dérangée plus d’une fois, je butais sur les phrases et j’ai, en plus, relevé quelques problèmes de concordances de temps. Alors peut-être est-ce moi qui délire mais en tout cas, la lecture n’a pas été fluide et ne m’a pas embarquée dans son intrigue, trop gênée que j’étais par la forme.

Je suis la première déçue par ce constat car j’avais très envie de lire un nouveau roman féerique qui m’aurait embarquée dans ce monde à part que j’aime tant. A mon sens, toutes les difficultés que j’ai pu relever sont issus d’un seul et même problème : la trop grande brièveté du texte. Les bases de l’histoire sont intéressantes, elles ne sont juste pas développées d’une façon et dans un sens satisfaisants, à mon avis.
Ce qui ne m’empêchera pas, si l’occasion se présente, de lire un autre roman de Silène Edgar pour ne pas rester sur cet échec !

 

Challenge A la recherche de Faerie

 

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