L’Héritage des Rois Passeurs de Manon FARGETTON

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L’Héritage des Rois Passeurs

de Manon FARGETTON
Bragelonne,
2015, p. 376


Première Publication : 2015

Pour l’acheter :L’Héritage des Rois Passeurs


Les chroniques des camarades de lecture commune : Floly, …


Née en 1987, Manon Fargetton a grandi à Saint-Malo. Diplômée des Métiers d’Arts en régie de spectacle et un Master en Études Théâtrales en poche, elle est aujourd’hui régisseuse lumière au théâtre et écrit ses livres en parallèle. (Wikipedia)


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La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?


Manon Fargetton est un nom que je vois passer régulièrement ces derniers mois et notamment depuis la sortie de cet Héritage des Rois Passeurs qui a entraîné beaucoup de retours (très) positifs. Nous étions nombreux à avoir envie de nous lancer dans l’aventure, la mise en place d’une lecture commune était donc toute indiquée.
Ce one-shot a fait l’unanimité et a failli être un coup de cœur pour plusieurs d’entre nous. Univers riche et bien construit, personnages complexes et donc intéressants à suivre, intrigue sans temps mort… nous regrettions presque tous qu’il y ait si peu de pages ! Heureusement, un autre livre dans le même univers – Les Illusions de Sav-Loar – est prévu dans quelques semaines !

La quatrième de couverture l’annonce, L’Héritage des Rois Passeurs met en scène deux jeunes femmes très différentes l’une de l’autre : Enora et Ravenn. La première, 20 ans, vit dans notre monde et voit sa vie basculer le jour de son anniversaire ; la seconde rentre d’un exil de plusieurs années, bien décidée à faire jouer ses droits de fille aînée et donc à récupérer le trône d’Ombre bientôt laissé vacant par sa mère mourante. Si les deux demoiselles sont mises sur le même niveau, j’ai bien vite trouvé Ravenn beaucoup plus intéressante qu’Enora.
Cette dernière ne manque pas de créer une certaine empathie mais rien de vraiment sérieux. Je ne me suis jamais vraiment attachée à elle et ai suivi son aventure avec du recul. Elle reste assez froide malgré ce qui lui arrive et j’ai trouvé la plupart de ses réactions trop peu crédibles. On lui annonce qu’elle est une Passeuse, elle accepte sans broncher ; sa famille entière et ses amis se font tuer sous ses yeux, elle ne pense même plus à eux (en tout cas l’auteure n’en fait pas mention) quelques jours plus tard. Sa destinée, sans me faire ni chaud ni froid ou même me décevoir, ne m’a pas vraiment convaincue. La scène qui lui est dédiée dans les derniers chapitres est assez inattendue – il fallait oser, pour cela bravo Manon Fargetton – mais tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Après discussion avec Coquelicote, j’ai un peu mieux compris ce choix scénaristique et le rôle global d’Enora dans cette histoire – et encore une fois, c’est bien joué – mais quand même…
J’ai trouvé Ravenn beaucoup plus humaine et touchante, au contraire. Son exil en terre des Dragons, son retour précipité, ses relations très compliquées et froides avec sa famille, son homosexualité assumée… c’est une figure qui possède un beau relief et qui m’a très vite séduite grâce à sa force de caractère agrémentée de quelques faiblesses. J’étais beaucoup plus intéressée par les chapitres la mettant en scène et j’avais un véritable intérêt pour son avenir en Ombre. J’aime d’ailleurs beaucoup le dénouement que lui offre Manon Fargetton, une fin très ouverte qui appellerait facilement une suite… j’espère avoir des nouvelles de ce personnage dans le spin-off de l’auteure.

Portrait de Manon FARGETTON.
Portrait de Manon FARGETTON.

Ces deux héroïnes sont très largement entourées. Hommes, femmes, enfants, vieillards, magiciens, prêtres, dieux, artistes, famille royale, intendants… ça en fait du monde ! Pourtant, on ne se perd jamais dans les identités de chacun et, globalement, tous ont une personnalité assez intéressante et développée.
J’ai une grosse préférence pour Julian qui se dévoile petit à petit et qui serait définitivement le héros principal s’il y avait un tome 2 ! ; pour Liam, le jeune garçon débrouillard que Ravenn prend sous son aile et qui sera ses yeux et ses oreilles au château ; pour Hank qui cache bien son jeu jusqu’à assez tardivement dans le récit et pour Jana qui, même si elle m’a agacée plus d’une fois, a un gros potentiel et c’est sans doute elle que l’on suivra (ou en tout cas on la croisera) dans Les Illusions de Sav-Loar.
En revanche, contrairement à plusieurs de mes compagnons de lecture, je n’ai pas accroché à Charly. Personnage optimiste et solaire, il n’a pas su me charmer. Oui, des figures qui dédramatisent les situations et qui apportent un peu de joie dans des atmosphères lourdes c’est important (et dans la vie j’aime assez les gens comme ça) mais je trouve que c’est le genre de personnages qui manquent cruellement de relief… Sans être complètement niais, pour moi, Charly est trop fade et je l’ai comparé à Mr Bingley dans Orgueil et préjugés, le bienheureux naïf avec un sourire en toute circonstance. Ce ne sont pas des personnages antipathiques loin de là et je comprends leur rôle dans les intrigues… mais ce ne sont pas des figures auxquelles je m’attache.
Enfin, je regrette un peu qu’Axel n’ait pas été plus exploité que ça. Présenté dans les toutes premières pages, je m’attendais à ce qu’il occupe une place importante par la suite… mais pas du tout. Et c’est bien dommage car en quelques lignes, il me plaisait bien !

Je ne vous révélerai rien de l’intrigue pour que vous puissiez la découvrir vous-mêmes. Sachez simplement que les deux jeunes femmes (et leur entourage respectif), originaires de deux mondes différents vont se rapprocher et se retrouver intimement liées. Le destin de l’une dépendra de l’autre et vice versa.
Comme je le disais en introduction, aucun temps mort dans cette histoire. Le rythme est soutenu sur près de 400 pages, on ne s’ennuie jamais et les pages défilent très vite. J’ai particulièrement apprécié l’insertion d’extraits de l’histoire du royaume d’Ombre, quelques lignes seulement entre chacun des chapitres, ce qui permet d’apporter quelques éclaircissements sur certains points du contexte et quelques éléments supplémentaires pour enrichir celui-ci.

Enfin, juste quelques mots sur la forme : nous avons tous été assez impressionnés par les talents de conteuse de Manon Fargetton. L’auteure parvient à mettre en place un monde complet et bien construit sur si peu de pages… il m’a suffit de quelques lignes seulement pour être embarquée dans l’intrigue et pour que les images défilent devant mes yeux. Aucun problème d’immersion dans la cité d’Astria, dans le bureau de Ravenn ou dans les geôles où sont retenus certains personnages à un moment. C’est un film qui défile sous nos yeux et c’est bien agréable, surtout lorsqu’on lit un titre de fantasy.

La conclusion est quasiment la même pour tous : l’achat et la lecture des Illusions de Sav-Loar sont une évidence ! Merci Manon Fargetton pour cette belle aventure, j’ai hâte de retrouver cet univers et certains des personnages (j’espère ?).


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8 pensées sur “L’Héritage des Rois Passeurs de Manon FARGETTON

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