Hugo de la Nuit de Bertrand SANTINI

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Hugo de la Nuit
de Bertrand SANTINI
Grasset Jeunesse,
2016, p. 224


Première Publication : 2016

Pour l’acheter : Hugo de la Nuit


Bertrand Santini est scénariste et auteur d’albums jeunesse (Autrement Jeunesse, éditions de la balle). Chez Grasset-Jeunesse, il est notamment l’auteur du désormais célèbre Yark.


♣ ♣ ♣


« L’oncle d’Hugo allait presser l’interrupteur de la lampe de chevet lorsque l’enfant le retint par la main. – Attends… J’avais encore une question à te poser… – Quoi donc ? sourit son oncle. – Je me demandais… Tu penses qu’un mort, ça peut se déterrer tout seul ? Son oncle écarquilla les yeux pour souligner l’absurdité de la question. – « L’enfer est vide. Tous les démons sont parmi nous », dit-il dans un souffle. – Qu’est-ce que ça veut dire ? – C’est du Shakespeare et cela signifie que les vivants sont plus à craindre que les morts. Hugo fronça les sourcils d’un air dubitatif. – Et sur ce constat d’épouvante, conclut Oscar dans un large sourire, je te souhaite de beaux rêves ! D’un clic, il éteignit la lampe de chevet. Hugo entendit ses pas s’éloigner dans le noir. La porte se referma sans bruit. Maintenant, la nuit pouvait commencer… »


Oscillant entre L’Etrange vie de Nobody Owens écrit par Neil Gaiman et le film d’animation Les Noces funèbres réalisé par Tim Burton, Hugo de la Nuit m’a surprise sur bien des points. Alors que je m’imaginais un roman pour la jeunesse (avant 10 ans), j’ai découvert un texte à la fois plus sombre et plus drôle que prévu, pour les 12 ans et plus.
Thèmes, narration, style, personnages… j’ai été séduite par l’imaginaire de Bertrand Santini et ne manquerai pas de lire un autre ouvrage de l’auteur dès que l’occasion se présentera.

Le lecteur va suivre l’aventure du jeune Hugo qui vit avec ses parents près d’un cimetière. Celui-ci fait l’objet de bien des convoitises car il recèle en son sein une nappe de pétrole que des personnes avides aimeraient bien acquérir… Or, les parents de notre jeune héros cherchent à protéger les lieux par tous les moyens, ce qui va leur attirer de sérieux ennuis. Une nuit, alors que tout semble calme dans la maison, Hugo se réveille et décide de descendre pour faire un tour dans la cuisine. Là, il est attaqué par un intrus qui le prend en chasse et le poursuit même à l’extérieur de la maison. Affolé, le jeune garçon s’enfuit mais sa course se termine dramatiquement, il se noie dans un point d’eau près de chez lui. L’horreur ne s’arrête pas là puisque, aspiré hors de son corps, Hugo dorénavant fantôme, assiste au retour de l’intrus dans sa maison et à l’assassinat sauvage de ses deux parents. Le ton est donné et moi qui pensais au départ lire un titre très jeunesse, j’ai eu un instant de flottement.
Bien vite pourtant, le ton s’allège. Hugo va en effet faire la rencontre des nombreux fantômes hantant le cimetière, possédant tous une histoire et une personnalité bien marquées et il va s’allier à eux pour arranger sa situation.

Bertrand SANTINI, portrait trouvé sur Babelio.
Bertrand SANTINI, portrait trouvé sur Babelio.

Auprès des fantômes, le jeune garçon va assister à des scènes assez cocasses, notamment à des dialogues enflammés et particulièrement rythmés. Les morts sont drôles – parfois bien malgré eux – et sont surtout très amicaux et colorés. D’où ma comparaison dans l’introduction, au film d’animation Les Noces funèbres qui met en avant un monde des défunts assez fun et enjoué alors que celui des vivants, bien terne, comporte son lot de noirceurs et d’assassins. Ici aussi, on va petit à petit mettre le doigt sur l’identité du coupable et ce n’est pas joli-joli… surtout qu’il n’agit pas seul ! Vraiment, le monde des vivants craint.
Et puis, après de nombreux chapitres assez loufoques – certaines scènes qui voient tous les personnages réunis dans la maison du héros sont assez… inattendues ! – Bertrand Santini amorce une chute intéressante. A laquelle on pouvait s’attendre mais qui fonctionne particulièrement bien, je n’ai pas été déçue.

Si Hugo de la Nuit réussit à convaincre son lecteur – plus ou moins jeune – c’est non seulement grâce à son intrigue sans temps mort et particulièrement surprenante (je n’aurais jamais imaginé que Bertrand Santini suivrait cette voie !) mais aussi et surtout grâce à la plume de l’auteur qui m’a séduite. J’ai particulièrement apprécié les joutes verbales des personnages (entre les fantômes notamment), très rythmées, avec beaucoup de jeux de mots et pas mal d’humour. C’est percutant et laisse largement le sourire apparaître sur le visage du lecteur.

Je ne connaissais pas l’imaginaire de Bertrand Santini avant cette découverte au rythme enlevé ; mais largement convaincue, je n’hésiterai pas à suivre ses futures publications !


Merci à Bertrand Santini pour cette découverte surprenante !


6 commentaires sur “Hugo de la Nuit de Bertrand SANTINI”

    1. J’ai enfin eu un peu de temps pour le lire.
      Et finalement j’en suis assez déçu, je n’ai pas beaucoup accroché malgré quelques bonnes idées, un bel objet-livre et les images suscitées qui rendraient bien en film d’animation façon Noces Funèbres.
      Peut-être est-ce dû à un ton trop jeunesse pour moi (malgré un ou deux moments assez sombres et violents), quelques moments assez prévisibles, l’humour très présent faisait rarement mouche avec moi (même si on retrouve quelques répliques savoureuses), et le style faisait que je ne m’impliquais pas du tout ni dans l’histoire ni pour les personnages. La comparaison en cours de lecture avec L’Étrange Vie de Nobody Owens se fait assez facilement, on est dans le même genre d’histoire, malheureusement pour Bertrand Santini son livre ne fait clairement pas le poids à mes yeux.
      La lecture n’était pas désagréable, ma la rencontre ne s’est pas faite.

  1. En lisant simplement la quatrième, je ne sais pas si j’aurais été attirée par ce livre, même si la couverture est superbe.
    Mais après avoir lu ta chronique, je suis très intriguée par ce roman qui rejoint ma wish-list !

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