La Loi du silence de Anita TERPSTRA

coupdecoeur

la loi du silence anita terpstra denoel

La Loi du silence
de Anita TERPSTRA,
traduit par Emmanuèle SANDRON
Editions Denoël,
2016, p. 368

 

Première Publication (vo) : 2014

Pour l’acheter : La Loi du silence

 

Anita Terpstra est née en 1974 aux Pays-Bas. Elle a étudié le journalisme et l’histoire de l’art. Son premier roman, Night Flight, a été nominé pour le Shadow Prize et le Crimezone Thriller Award. La Loi du silence est son quatrième roman.

 

♣ ♣ ♣

 

Alma Meester, son mari Linc et leurs enfants Iris et Sander semblent être une famille heureuse. Tout bascule lorsque Sander, âgé de onze ans, disparaît avec un petit camarade lors d’une colonie de vacances. Le corps de ce dernier est retrouvé, mais Sander, lui, semble s’être évaporé dans la nature.
Cinq ans plus tard, un jeune homme se signale à un poste de police en Allemagne. Il affirme être Sander, le garçon disparu des années plus tôt. Fous de joie, Alma et Linc peuvent à nouveau serrer leur fils dans leurs bras. Pourtant les retrouvailles sont loin d’être parfaites, et la famille commence à douter. Sander est-il vraiment celui qu’il prétend être? Lui qui a toujours été un garçon étrange, au comportement parfois malsain, n’est plus tout à fait le même… Pour le savoir, ils devront se replonger dans un passé qu’ils préféreraient oublier. Qu’est-il réellement arrivé pendant la colonie de vacances ?

 

C’est bien simple, cela faisait au moins deux ans que je n’avais pas dévoré un livre en moins de 24 heures. La Loi du silence m’a tenue en haleine du début à la fin, j’ai été happée par cette histoire de famille et j’en redemande ! J’espère qu’Anita Terpstra réitèrera l’exercice et que les éditions Denoël traduiront ses futurs romans… en tout cas, moi je serai au rendez-vous !

Les premiers chapitres mettent tout de suite le lecteur dans l’ambiance : on suit le point de vue d’Alma, une mère de famille effondrée par la disparition de Sander son fils de 11 ans – alors qu’il était dans une colonie de vacances au Pays-Bas – et sa participation aux premières recherches dans la forêt autour du gîte. La détresse de cette mère est palpable, l’émotion est très forte.
Bien vite pourtant (après 4 ou 5 courts chapitres seulement, une ellipse narrative est mise en place et le lecteur se retrouve plongé au cœur d’un autre point de vue (toujours externe mais focalisé sur un personnage différent), celui de Sander cinq années plus tard. L’adolescent parvient à se débarrasser de son tortionnaire et à s’enfuir pour rejoindre un commissariat en Allemagne. Là-bas, sa famille le rejoint mais les retrouvailles ne sont pas si chaleureuses qu’on pourrait l’imaginer. La méfiance vient surtout de la sœur aînée, Iris, qui doute de l’identité de ce soi-disant petit-frère retrouvé. Pourtant, bien vite, plus aucune raison de se méfier, Sander apporte des preuves. La vie doit donc reprendre son cours, malgré cinq années de “blanc”, de “trou noir”. Il faut réapprendre à vivre ensemble, à s’apprivoiser… mais rien est simple dans cette famille qui cache bien des secrets !

anita terpstra portraitLe suspens est à son comble. Les pages défilent très vite car plus les jours passent au sein de cette famille et plus les mystères se révèlent. Pourquoi Iris cherchait-elle coûte que coûte à fuir la maison familiale dès qu’elle a été en âge de le faire ? Pour quoi Linc, le père, a-t-il sombré dans la dépression alors qu’il semblait parfaitement heureux ? Pourquoi Alma a-t-elle fini par quitter son mari alors que le couple semblait plus amoureux que jamais ? Pourquoi la caméra de Sander semble-t-elle avoir tant d’importance pour toute cette famille ?
On doute, on élabore des théories, on croit comprendre puis un nouveau personnage fait son apparition et remet tout en question… Finalement, l’horreur de la situation se dévoile et la résolution des mystères n’était pas si évidente et attendue ! Je me suis laissée prendre au jeu, tout a parfaitement fonctionné pour moi !

Ce qui fonctionne aussi très bien dans ce roman c’est sa construction et surtout la plume de l’auteure. Anita Terpstra met en place des chapitres très courts dans lesquels elle fait apparaître quelques flash-back. Le tout est hyper rythmé… alors comment résister à un petit chapitre de cinq pages ? (“Allez, encore un petit chapitre, juste un et ensuite je vais me coucher…”). Les phrases sont courtes, les dialogues pertinents, les descriptions efficaces car ni trop courtes ni trop longues… un régal à parcourir !
Je ne pense pas qu’on puisse parler de point de vue omniscient car on ne sait pas tout sur tout (sinon ce serait un peu trop facile) mais l’auteure déplace notre attention sur les différents personnages, passant des faits et gestes de l’un aux souvenirs de l’autre. Les pièces du puzzle s’emboîtent petit à petit et l’image finale se révèle. Prenant !

Si j’apprécie généralement les thrillers et romans à suspens psychologique que je peux lire, c’est bien la première fois que je suis autant happée et imprégnée par ma lecture. Le simple fait de l’avoir dévorée en moins de 24 heures – alors que je passe généralement 5 ou 6 jours sur chacune de mes découvertes, n’ayant pas trop le temps de me plonger dans mes livres – est un signe évident que c’est une histoire qui fonctionne ! Si le thème vous tente et si vous êtes friands du genre, franchement, foncez !

 

Merci aux éditions Denoël pour cette excellente découverte !

 

1 commentaire sur “La Loi du silence de Anita TERPSTRA”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *