La Voie des Oracles, Tome 2 : Enoch de Estelle FAYE

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La Voie des Oracles,

Tome 2 : Enoch
de Estelle FAYE
Scrineo,
2015, p. 332

 

Première Publication : 2015

Pour l’acheter : La Voie des Oracles, Tome 2

 

Estelle Faye a été comédienne et metteur en scène de théâtre. Aujourd’hui, elle travaille surtout comme auteur et scénariste. À l’aise dans les mondes de l’Imaginaire et la littérature d’aventures, elle écrit aussi bien de l’anticipation, du fantastique, de la fantasy historique (Porcelaine, édité aux Moutons Électriques, Prix Elbakin.net 2013) que du Young Adult (La Dernière Lame, éditions Pré Aux Clercs). La Voie des Oracles est son quatrième roman.

Tome 1 

 

♣ ♣ ♣

 

Poursuivis par les hommes d’Aedon, Thya, Enoch et Aylus fuient dans les terres barbares…
Sur les routes, les trois acolytes vont découvrir un monde très divers, coloré, fabuleux, où des magies et des mystiques plusieurs fois centenaires côtoient des aspirations farouches à la liberté. Un monde plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Au cours de ce nouveau voyage, Thya et Enoch vont à nouveau être mis à l’épreuve, et se révéler, ou se perdre…. Avec, en fond, la menace grandissante d’Aedon, soutenu cette fois par un nouvel allié surnaturel…

 

Thya, le premier tome, avait été une de mes plus belles lectures de 2015. Tout m’avait conquise dans cette histoire, du contexte historico-mythologique à l’intrigue rythmée en passant par les personnages attachants.
J’avais peut-être trop d’attentes pour cette suite ou peut-être n’étais-je tout simplement pas dans d’aussi bonnes conditions lors de ma lecture, toujours est-il que j’ai trouvé ce deuxième opus un peu en deçà. La découverte a été agréable une nouvelle fois et le voyage assez passionnant… mais la magie n’a pas aussi bien opéré. Cela dit, je suis quand même très curieuse de lire le troisième et dernier tome que je me ferai un plaisir d’acheter aux Imaginales à la fin du mois !

Thya et Enoch, accompagnés de Aylus (l’oncle de la jeune fille), continuent leur route, fuyant toujours le cruel Aedon (le frère aîné de Thya). Après la Gaule, les voilà maintenant parcourant les chemins de la Germanie puis de l’Est du monde, beaucoup beaucoup beaucoup plus à l’Est… Pendant leur fuite, ils vont rencontrer bon nombre de nouveaux peuples, faire la connaissance de nouveaux personnages et découvrir quelques conflits politiques dans lesquels ils vont se retrouver mêlés bien malgré eux.
Ce deuxième tome ne manque pas d’actions et de rebondissements, on ne s’ennuie pas une seconde. Mais, et c’est un peu le penchant négatif de ce foisonnement, il est parfois un peu difficile de s’y retrouver et de digérer toutes les informations tant ce que nous propose Estelle Faye est dense. N’étant, qui plus est, pas du tout habituée à voyager dans ces contrées et à cette époque, je n’avais aucune base (ou quasiment) avant de me plonger dans le récit… j’ai donc été parfois un peu perdue et n’ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur l’aspect historique très documenté mis en place par l’auteure.

L’autre point m’ayant un peu sinon « perturbée » au moins chiffonnée, c’est le fait qu’Estelle Faye ait choisi de séparer ses personnages en les envoyant dans des mini-intrigues différentes. Chacun va donc devoir se débrouiller seul (ou avec l’aide de nouveaux personnages) et évoluer à son rythme. C’est certes très intéressant car permet de rythmer le récit en multipliant les points de vue mais c’est aussi un peu plus difficile à suivre… ou disons que comme l’on s’attarde sur plus de situations différentes, on a moins le temps de s’attarder sur chaque personnage donc fatalement on s’attache un peu moins à eux.
Et c’est un peu ma déception parce que j’avais adoré Thya dans le premier tome, elle m’avait émue et j’avais apprécié la suivre. Ici, je n’ai pas retrouvé la même proximité avec elle, je me suis sentie plus en retrait, plus étrangère aux destins des personnages de façon générale. Thya grandit et s’endurcit, elle devient plus froide. De son côté, Enoch vit des choses un peu sombres car il fait une rencontre malheureuse… mais, si j’ai aimé suivre son aventure, je ne me suis pas sentie très proche de lui.

Estelle FAYE, portrait trouvé sur le blog d'Asuna (Equi'livre).
Estelle FAYE, portrait trouvé sur le blog d’Asuna (Equi’livre).

D’ailleurs, comme tout se passe assez vite, on n’a pas forcément le temps de s’attacher aux figures ou même d’être ému par ce qui leur arrive. Ce deuxième tome comporte quelques scènes difficiles et quelques pertes humaines censées être touchantes mais on passe vite à autre chose. Je n’aurais pas été contre quelques dizaines de pages de plus pour développer tout ça et aller un peu plus en profondeur, aussi bien du côté de la psychologie des personnages que du contexte riche ou encore des différentes mini-intrigues très fournies. Je n’avais pas ressenti ce manque lors de ma lecture du premier tome mais il faut dire aussi que la narration de celui-ci était plus linéaire et moins tortueuse car les ramifications annexes étaient moins présentes. Cette richesse générale n’est pas un mauvais point, loin de là, mais disons qu’elle aurait mérité, à mon goût, d’être traitée plus en profondeur, sur plus de pages.

Le conteste historico-mythologique, c’était vraiment THE point fort pour moi lors de ma lecture du tome précédent. Historiquement, encore une fois, Estelle Faye ne se moque pas de nous, on a de quoi faire. En revanche, je suis cette fois un peu moins convaincue par l’insertion de l’aspect mythologique (et donc magique), j’ai trouvé que c’était moins subtil, moins naturel et donc un peu trop « trop » à certains moments. Que Thya ait des pouvoirs d’oracle, oui ; que des créatures tels que les faunes et les dryades se cachent dans l’ombre, oui encore ; que des dieux chapeautent un peu tout ça et se servent des humains, mille fois oui… par contre, que des humains commencent à avoir des pouvoirs spéciaux (au hasard, de la brume qui sort des doigts), on franchit un cap qui me séduit moins. En revanche, j’ai adoré les scènes dans les ruines de la forêt auprès de Dionysos, c’est tout à fait l’ambiance mythologico-mystico-magique que j’apprécie et ce sont sans doute les images qui me resteront le plus longtemps en tête.

Encore une fois, Estelle Faye fait preuve d’un certain talent de conteuse, nous offrant une histoire rythmée mais qui ne manque pas de descriptions imagées et d’une grande précision (dans le vocabulaire quasi « scientifique » parfois employé, on sent que l’auteur s’est une nouvelle fois documentée sur le contexte historique et géographique qu’elle met en place). On voyage dans le temps et dans l’espace et on se prête à rêver d’un ailleurs différent, plus coloré, plus magique…
Malgré les petits bémols apportés dans cette chronique, rassurez-vous, j’ai grandement apprécié ce que j’ai lu, j’attends le troisième et dernier tome impatiemment et je crois même que je relirai cette trilogie dans quelques temps, lorsque j’aurai besoin de m’évader loin de mon quotidien !

 

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