Les Descendants de Merlin, Tome 1 : Wren de Irene RADFORD

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Les Descendants de Merlin,
Tome 1 : Wren
de Irene RADFORD
Points Fantasy,
2007, p. 799

 

Première Publication : 1999

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Irene Radford (née Phyllis Ann Karr en 1944) est une écrivain américaine de science-fiction et de fantasy, auteur des séries Les descendants de Merlin et The Dragon Nimbus. Elle écrit sous son propre nom de 1974 à 1986, la plupart de ses ouvrages publiés après 1994 le sont sous le nom de Radford.

 

♣ ♣ ♣

 

Elle s’appelle Wren : fille de Merlin et d’une grande prêtresse de Dana, mariée à un seigneur qu’elle ne peut aimer, obligée de partager sa demeure avec une sorcière, elle doit se frayer un chemin dans le labyrinthe sinueux de la magie et décrypter les visions apocalyptiques qui l’assaillent. Car à l’ombre des divinités anciennes, c’est le destin même du roi Arthur qui est en jeu.

 

Découvert une première fois en 2007 ou 2008, ce premier tome m’avait déjà enchantée. Je redoutais un peu que cette relecture, avec plus de maturité, me montre d’horribles défauts et donc que je sois déçue. Il n’en est rien et je crois même que c’est un encore plus beau coup de coeur que la première fois.
Si vous avez aimé le féminisme des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley, si vous vous intéressez à la légende arthurienne et si vous êtes sensibles aux questions de conflits entre anciennes et nouvelles religions, ce livre devrait vous plaire !

Irene Radford nous raconte l’histoire de Wren sur près de 800 pages. Mais qui est cette Wren ? Que fait-elle dans la légende arthurienne ? Arylwren, de son vrai nom, est la fille du Merlin et de Deirdre, une des anciennes prêtresses d’Avalon. Alors le célèbre enchanteur – ici grand druide – doit honorer son voeu de chasteté, les dieux le poussent volontairement dans les bras de la jeune femme, lors d’une nuit de Beltane. De cette seule et unique union nait la petite Wren dont la destinée est intimement liée aux héros arthuriens, à commencer par le célèbre roi Arthur. Wren doit naître et doit vivre, les dieux l’ont décidé ainsi.
Deirdre morte en couches, l’enfant est élevé par un Merlin attentionné et protecteur qui lui apprend toutes les ficelles du métier de druide et barde sur les routes de la Bretagne. Pieds nus, des feuilles dans les cheveux et des tâches d’herbe sur ses tenues, la petite Wren grandit, heureuse. Le père et la fille passent régulièrement du temps chez Hector et ses fils adoptifs, notamment auprès de Curyll (Arthur), un jeune garçon brillant et habile au maniement des armes mais atteint d’un bégaiement handicapant. C’est le meilleur ami de la petite Wren qui, ayant la faveur des fées, les présente au jeune adolescent. S’il promet de toujours croire aux fées et ne renie jamais les anciennes traditions, alors l’avenir lui sourira. Malheureusement, alors qu’elle n’a pas 10 ans, la petite fille doit rejoindre l’île d’Avalon où les prêtresses de Dana lui enseigneront tout ce qu’elles savent.
Après quelques années d’apprentissage, Wren, adolescente épanouie, reprend sa place auprès du Merlin et des fils adoptifs d’Hector. Mais son avenir n’est pas celui qu’elle croit. Pion aussi bien pour les hommes de son entourage que pour les dieux qu’elle sert, la nouvelle prêtresse accepte – difficilement – ce qu’on lui impose. Et devra composer avec ce qu’on lui offre, malgré toutes les difficultés.

Wren est clairement un personnage féminin que j’adore. Enfant, puis adolescente et enfin femme, j’aime tout de son évolution. C’est une héroïne forte et déterminée. Sa vie n’est pas un long fleuve tranquille – c’est le moins que l’on puisse dire – mais elle relève toujours la tête et trouve la paix et l’harmonie autour d’elle. Elle met à profit les enseignements qu’elle a reçus de la part de son père et des prêtresses d’Avalon pour faire le bien autour d’elle (ses proches, les gens de son domaine…) et, par extension, pour elle. De l’enfant espiègle naît une jeune femme résolue et une mère protectrice que j’admire beaucoup. C’est une nana sacrément puissante ! Elle m’émeut énormément et me touche profondément. Même si son histoire est plutôt triste (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise), c’est Wren l’héroïne que j’aimerais incarner si on me donnait le choix.
Beaucoup d’autres personnages gravitent autour d’elle mais ceux qui prennent le plus de place sur la scène sont sans conteste les autres figures féminines de l’histoire : Nimuë, Morgane et dans une moindre mesure Guenièvre. En fait, autour de tous ces chevaliers, du royaume et du Graal, ce sont les femmes qui “comptent”. Alors certes, elles n’ont pas forcément le beau rôle : séductrices manipulatrices adeptes de magie “noire” pour les deux premières, femme enfant hors du temps pour la troisième, on ne peut pas dire que Irene Radford les rendent très aimables. Mais ce sont des femmes de pouvoir, des femmes fortes qui laissent leur empreinte. On déteste la rousse Nimuë qui utilise son corps à tout va – même avec son père ! – pour arriver à ses fins (c’est la figure la plus “sexuée” de l’histoire… d’ailleurs en parlant de ça, attention, il y a quelques scènes assez “déshabillées”, les rituels païens étant moins regardant sur la pudeur que la religion chrétienne), la brune Morgane qui délaisse complètement ses enfants par unique désir de vengeance et Guenièvre, la blonde et féérique Guenièvre qui ne voit pas Arthur, trop hypnotisée par Lancelot, ce qui causera la perte du royaume de Bretagne… Et pourtant, même si j’ai détesté ces trois femmes, je les “admire” d’une certaine façon, encore une fois parce qu’elles sont fortes. Pas de ces héroïnes que l’on trouve dans les romans Harlequin ou jeunesses un peu bas de gamme… non non, de vraies guerrières. Girls power !

Irene RADFORD, portrait trouvé sur son site.
Irene RADFORD, portrait trouvé sur son site.

Ce que j’aime aussi énormément dans ce premier tome, c’est son côté “mystique”. Irene Radford traite les anciennes traditions – notamment les rituels de Beltane, pour ne citer qu’eux – d’une façon que j’apprécie. Elle n’en fait pas tonnes, elle reste très ancrée dans les énergies élémentaires et il n’y aucune démonstration à la Harry Potter ; ça reste très crédible, très réel, très naturel… et j’apprécie parce qu’on y croit. Le côté “celte” est donc bien présent et très bien mené.
Et puis j’aime les réflexions menées autour du conflit entre anciennes et nouvelles religions. Plusieurs personnages baptisés et résolument chrétiens entrent en scène à plusieurs reprises et se confrontent notamment à Wren, prêtresse d’Avalon. Arthur devra lui aussi composer avec ces deux religions qui l’accompagnent et lui ont toutes les deux permis d’accéder au trône. Je trouve que l’auteure équilibre assez bien son discours. On pourrait redouter qu’elle nous fasse l’apologie des anciennes traditions au détriment du Dieu unique… alors certes, avec une héroïne prêtresse, il y a un peu de ça (forcément), mais elle offre aussi de belles scènes de tolérance. Le premier prêtre que rencontre Wren est auréolé de pureté et de bonté, c’est une figure aimante et convaincue par sa foi chrétienne. Il fait le bien autour de lui, il apporte l’équilibre, la paix et l’harmonie. Exactement comme l’indiquent les “préceptes” d’Avalon. A contrario, certaines anciennes prêtresses de l’île voient d’un très mauvais oeil l’ermite du coin et tiennent des propos extrêmistes dangereux. Ce qui compte, ce n’est pas le nom de la religion ou du(des) dieu(x) que les personnages servent, mais le message véhiculé et la façon de faire (intimement liée à la personnalité de chacun). J’étais dans cette relecture au moment des attentats du 13 novembre et des messages de tolérance comme ça, ça fait du bien.

Je ne suis pas une spécialiste de la légende arthurienne même si j’ai énormément lu sur le sujet pendant mon adolescence et j’apprécie le traitement qui est fait de celle-ci ici. Alors j’étais plutôt habituée au fait que Viviane – la Dame du Lac apparaisse auprès du Merlin et que Nimuë soit un autre nom pour celle-ci (ou carrément la soeur jumelle de l’enchanteur selon les versions) mais non. Cette légende est très ancienne et a surtout voyagé oralement… les versions sont donc nombreuses et même si certains éléments se recoupent, d’autres se modifient parfois selon les visions et convictions des auteurs qui les utilisent.
Je trouve pour ma part qu’Irene Radford a fait une utilisation intelligente de la légende et qu’elle a su très bien y faire entrer l’aspect anciennes traditions. Elle a inventé de nouveaux personnages (Wren évidemment) et a su les insérer avec brio dans un contexte que l’on connaît tous plus ou moins. Moi je suis convaincue par ces modifications et transformations et je remercie l’auteure d’avoir osé écrire cette trilogie après le succès des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley qu’elle ne copie pas mais sublime, à mon avis !

Je pourrais continuer de parler de ce premier tome des heures durant, jamais satisfaite de mes mots qui ne rendent pas assez justice au coup de coeur que m’a procuré cette relecture. Je dirais juste, pour terminer, que sitôt arrivée à la dernière page, j’avais envie de recommencer du début pour me replonger dans cette histoire auprès de Wren que j’ai vraiment eu du mal à quitter (ce que j’ai fait à contre coeur, avec les yeux embués tant c’est un personnage qui me touche)…

 

Si vous voulez tenter de gagner ce premier tome que j’offre avec un immense plaisir, tout est expliqué là :

 

7 commentaires sur “Les Descendants de Merlin, Tome 1 : Wren de Irene RADFORD”

  1. Sur tes bons conseils, je le commence aujourd’hui.
    En espérant qu’il me plaise autant qu’à toi (je reviendrai te dire ça quand je l’aurai fini) 😉

    1. Et je l’ai fini le weekend dernier.
      Alors, cela n’a pas été un coup de coeur absolu et inconditionnel, mais ça a été un joli coup de cœur tout de même.

      Des tas de points positifs : les personnages, très travaillés, avec une véritable épaisseur – qu’ils soient féminins ou masculins, d’ailleurs. Mais effectivement, la part belle est faite aux femmes, et quelles femmes ! Ça fait plaisir de lire des personnages aussi solides, soignés, avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses (et déviances, selon certaines), et si bien mises en avant dans ce contexte. J’ai complètement adoré la Wren gamine et son espièglerie mais aussi son amour pour son père et ses proches, sa curiosité, et j’ai adoré suivre son évolution et découvrir la femme qu’elle est devenue, les choix qu’elle a fait. Je comprends mieux ton affection pour ce personnage, totalement justifée.
      Ensuite, le mysticisme et la magie qui imprègnent totalement l’oeuvre donnent une atmosphère que j’ai aimée particulièrement. Les conflits de religions sont également bien traités, mais le propos régulièrement distillé comme quoi elles peuvent également s’accorder sur des bases communes, prêchant après tout un même message, est fortement appréciable et très juste.
      La légende arthurienne est certes revistée mais c’est fait de manière totalement organique et naturelle, ça fonctionne très bien.
      Et c’est un tome 1 qui peut se lire comme un one-shot, c’est agréable (même si je compte bien lire les deux suivants, mais probablement pas tout de suite).

      Au final, ce qui a légèrement terni ce coup de coeur, c’est la fin un peu précipitée, qu’on nous résume plus qu’on y assiste, c’est dommage. Mais surtout, c’est l’aveuglement de certains personnages face aux agissements d’autres, qu’on sait pourtant particulièrement mauvais ou dangereux, et le côté un peu répétitif que ça entraîne du coup (un coup c’est Nimuë, un coup c’est Morgane, un coup c’est les deux, et Wren et le Merlin semblent régulièrement s’en étonner ou ne rien faire pour prévenir les mauvais coups).

      Mais ce sont bien peu de choses face au coup de coeur sincère qu’a été cette lecture. Je te remercie d’ailleurs d’en avoir autant parlé et aussi bien, je ne l’aurais sans doute jamais découvert et lu sans ça.

  2. J’avais hâte de lire ta chronique écrite concernant ce titre, et je ne suis pas déçu !
    Si ça peut te rassurer, ton engouement communicatif, tes mots, rendent parfaitement justice au titre, tu en parles avec conviction, passion, et plus important encore, avec cœur.
    Bon, par contre, ça pousse clairement à l’achat obligatoire, et c’est moins sympa pour la PAL !

    Comme je suis l’un des gagnants du précédent concours, je ne participerai pas à celui-ci, mais pourtant ce sont deux livres qui me font sacrément envie que tu mets en jeu. Bonne chance aux participants !
    De mon côté, j’espère avoir au moins l’un des deux pour Noël (sinon, ça sera probablement un achat de janvier).

    En tout cas, merci pour tes chroniques toujours aussi passionnantes (et passionnées ;)).

  3. Je l’avais commandé à ma librairie après ta vidéo qui m’avait vraiment donné envie et je viens juste d’aller le chercher ce midi!!! j’ai hâte de le commencer!!!

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