La Fille de Belle, Tome 1 de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN

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La Fille de Belle,
Tome 1
de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN
La Martinière Jeunesse,
2015, p. 429

Première Publication : 2015

Pour l’acheter : La Fille de Belle

 Tara Duncan : Tome 1 
 Indiana Teller : Tome 1  Tome 2  Tome 3  Tome 4 
 La Couleur de l’âme des anges : Tome 1 

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La Belle et la Bête se sont mariés, mais la malédiction est restée dans les veines du roi Damien. Leur petite fille naît couverte de fourrure. Au chaud, elle se transforme en une jolie fillette, Isabelle. Ils découvriront qu’elle peut se transformer à volonté. Mais le peuple ne veut pas d’Isabelle comme reine, d’autant que Mérié, son petit frère, est normal.

Je commence à avoir lu pas mal de titres de Sophie Audouin-Mamikonian – j’ai fait une incursion dans quasiment toutes ses séries pour la jeunesse (à part Clara Chocolat) -, et si j’ai beaucoup aimé ses séries adolescentes Indiana Teller et La Couleur de l’âme des anges (dont j’attends la suite), j’ai en revanche eu plus de mal à accrocher au premier tome de la célèbre Tara Duncan, héroïne grandement appréciée des enfants (à tel point qu’un dessin animé a été créé).
Ainsi, lorsqu’on m’a proposé la découverte de La Fille de Belle, présentée comme se déroulant dans le même univers que Tara Duncan, j’étais à la fois sceptique et curieuse. J’espérais retrouver le contexte riche de la plus célèbre série de SAM mais souhaitais un traitement plus cadré, plus proche de celui employé dans les sagas plus « adultes » de l’auteure. J’ai bien fait de me laisser tenter puisque cette lecture s’est révélée excellente à tout point de vue et surpasse toutes mes autres incursions dans l’oeuvre de Sophie, à mon goût.

Tout commence alors que la Belle et la Bête se sont mariés. La malédiction du prince a été levé, les deux époux coulent des jours heureux… et deviennent bientôt les heureux parents d’une petite Isabelle. Malheureusement, le nourrisson est un peu particulier puisqu’il a hérité de la bestialité enfouie de son père… et se transforme donc en Bête quand les émotions sont trop fortes.
Au fil des années, la petite Isabelle apprend à maîtriser sa nature mais peine à s’accepter. Malgré sa gentillesse et sa générosité, les vrais amis se font rares et les habitants du royaume la craignent comme la peste. La décision est donc prise : elle ne pourra jamais régner, c’est son petit frère de dix ans son cadet – a priori tout à fait « normal » – qui montera sur le trône le moment voulu. Mais c’est sans compter sur les complots et le coup d’état préparé par un des ennemis de la famille royale…
Cette lecture s’est révélée très dynamique, pleine de rebondissements, sans aucun temps morts… j’ai pris un réel plaisir à tourner les pages pour avancer le plus vite possible dans l’intrigue, découvrir les plans du « méchant » et surtout les décisions prises par la jeune Isabelle.

Grâce à quelques ellipses narratives, Sophie Audouin-Mamikonian nous entraîne vite dans la vingtième année de la jeune héroïne et c’est à ce moment-là que l’on va passer le plus de temps car c’est à ce moment-là que les ennuis commencent vraiment pour le royaume du Lancovit. Isabelle est une petite fille, une adolescente et finalement une jeune femme que j’ai beaucoup aimé suivre. Très attachante, j’ai été émue par sa situation, ses doutes et ses moments de tristesse. Pas facile d’avoir une Bête enfouie en soi, mais elle sait tirer le meilleur de cette « malédiction » qu’elle parvient petit à petit à transformer en don. L’acceptation de soi n’est pas de tout repos mais pire encore sont l’acceptation et le regard des autres. Seule (malgré les deux loups bleus et le lival – moitié cheval moitié licorne – qui la suivent partout depuis son enfance), l’héroïne va gagner la confiance de son entourage et devenir une figure indispensable dans le royaume. Déterminée et courageuse, avec ses forces et ses faiblesses, Isabelle m’a plu.
Les autres personnages restent en revanche assez secondaires dans le récit. Ils ont bien sûr tous leur place attitrée, leur rôle et une certaine importance à un moment donné de l’intrigue mais aucun de sort vraiment du lot. Ils gravitent autour de l’héroïne et servent les desseins de celle-ci. Parents, amis d’enfance, prince d’un royaume étranger, créatures non humaines… c’est un beau petit monde que nous présente Sophie Audouin-Mamikonian. Et mêmes si toutes ces figures ne m’ont pas marquée outre mesure, elles ont tenu toutes leurs promesses au moment de ma lecture.

la bête sophie audouin mamikonian la fille de belle martinière jeunesseL’univers d’AutreMonde est un joyeux bordel organisé. Comme pour Tara Duncan, l’auteure nous prouve que son imagination semble infinie en nous offrant un contexte hyper riche et original. En revanche, contrairement à son autre série, j’ai senti plus de maturité ici. L’ensemble me paraît beaucoup plus abouti, beaucoup moins brouillon et donc beaucoup plus agréable et fluide à parcourir. Les détails contextuels sont nombreux et bien dosés cette fois-ci.
Et si jamais vous avez le moindre doute sur la signification d’un terme étrange, le gros lexique situé dans les dernières pages est là pour vous remettre dans le droit chemin. A vrai dire, je ne l’ai jamais utilisé pendant ma lecture car tout me semblait très clair, limpide. Par contre, j’ai eu beaucoup de plaisir à le feuilleter ensuite, comme pour prolonger un peu plus l’aventure… Vous y trouverez une description complète des différents pays composants AutreMonde et surtout des différentes espèces peuplant la planète : humains évidemment, mais surtout tous les autres (licorne, vampyr, trolls, nains, elfes, centaures, lutins, tatris, dragons…). Un mélange de nombreux mythes que l’on connaît, remaniés à la sauce Sophie Audouin-Mamikonian, accompagné de nombreuses inventions originales et amusantes.

Outre l’intrigue rythmée, les personnages attachants et l’univers ultra-complet, la petite particularité de l’auteure réside dans son style, toujours plein d’un humour rafraîchissant. Encore une fois, si j’avais pu y trouver quelques lourdeurs lors de ma lecture de Tara Duncan, j’ai trouvé la plume ici parfaitement dosée. C’est drôle souvent, plus dramatique à d’autres moments… généralement percutant.
Descriptions et dialogues s’équilibrent sans jamais tomber dans l’excès. Ni trop ni pas assez de détails descriptifs et Sophie Audouin-Mamikonian n’abuse pas des passages d’oralité. Le juste milieu pour être bien immergé dans un décor particulier et vivre les aventures de l’héroïne sans longueurs narratives.

Sophie Audouin-Mamikonian sait nous offrir des textes rafraîchissants, divertissants et généralement pleins d’humour. Elle a su qui plus est, ici, contrôler son imagination débordante pour nous offrir un univers et une intrigue plus aboutis, mieux maîtrisés et donc entraînant une lecture plus fluide. Je n’ai rien à reprocher à cette Fille de Belle… si ce n’est que j’ai découvert qu’il s’agit d’un premier tome et qu’il faut donc attendre le suivant pour avoir la suite de l’aventure… et il me tarde !

Merci aux éditions de la Martinière Jeunesse pour cette lecture rafraîchissante !

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