Spice & Wolf, Tome 1 de Isuna HASEKURA, illustré par Jyuu AYAKURA

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Spice & Wolf,

Tome 1
de Isuna HASEKURA,
illustré par Jyuu AYAKURA
Editions Ofelbe,
2015, p. 470

Première Publication : 2006

Pour l’acheter : Spice & Wolf, Tome 1

Isuna Hasekura est un auteur japonais né en 1982 à Chiba. Il a étudié à l’Université Rikkyō. Il est connu pour son manga Spice and wolf.

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Déesse de la moisson, Holo est une louve qui peut prendre l’apparence d’une attirante jeune fille. Délaissée par les paysans de son village pour qui les vieilles légendes ne servent plus qu’à effrayer les enfants, Holo décide de rejoindre ses terres natales du Nord à bord de la carriole d’un marchand itinérant, l’énigmatique Lawrence Kraft. Tandis qu’ils découvrent de nouveaux horizons en troquant leurs cargaisons de ville en ville, le duo va apprendre à se connaître et rapidement devenir très complice. Mais méfiance : les faux-semblants, les arnaques et les dangers bordent leur chemin… Le talent divin de Holo pour comprendre la nature humaine leur sera bien utile pour reconnaitre les bonnes affaires et déjouer les tromperies. Êtes-vous prêts à suivre cette charmante déesse dans un voyage initiatique parsemé de plaisirs simples, de rencontres, mais aussi de dangers ?

Publié en mars par les éditions Ofelbe, en même temps que le premier tome de Sword Art Online, le premier opus de Spice & Wolf fait partie de ce qu’on appelle les « light novels » que l’on pourrait rapprocher de nos romans « young adult ». Spice & Wolf ne compte pas moins de 17 tomes édités depuis 2006 et, la série ayant un tel succès au Japon, elle a donc très vite été adaptée en manga et en anime. C’est un des « must have » pour les adolescents et étudiants japonais… autant dire que j’étais curieuse d’y jeter un œil. Mais quand j’ai commencé à voir plusieurs avis mitigés sur la toile, je me suis vraiment demandée si cette histoire allait me plaire ou si, comme certains, j’allais avoir du mal avec l’aspect commercial détaillé de l’intrigue.
Alors très sincèrement, après avoir pris connaissance des mises en garde sur le sujet, je m’attendais vraiment à une gêne beaucoup plus grande. Certes, le marchandage fait partie intégrante des aventures et oui, il est parfois pas mal mis en avant… mais je m’attendais tellement à pire que finalement, je n’ai pas été gênée outre mesure. J’ai même trouvé ça assez intéressant à plusieurs reprises. Je n’ai pas adoré ce premier tome dans lequel je me suis parfois ennuyée mais je ne serai pas aussi négative que certains lecteurs puisque, globalement, j’ai apprécié la découverte et j’en retire plusieurs aspects positifs.

Les éditions Ofelbe nous proposent une intégrale puisque ce premier tome français rassemble en fait les deux premiers épisodes d’origine. Comme il s’agit d’une sorte de « feuilleton » à la base, des éléments sont rappelés d’un épisode à l’autre, ce qui peut paraître un peu redondant mais qui ne m’a pas sauté aux yeux, pour ma part. J’ai plutôt aimé suivre les deux héros dans deux aventures différentes mais qui se suivent dans une certaine logique. Les liens se resserrent un peu dans la deuxième moitié de cette intégrale, on commence à connaître un peu plus Holo et Lawrence et leurs habitudes. Ce n’est pas désagréable de voyager avec les personnages sur le long terme et de les voir se démener avec des problèmes différents d’un tome à l’autre.
Globalement, tout se passe sur la route ou dans les différentes auberges que vont visiter les deux voyageurs. Afin de pouvoir continuer le chemin, et de pouvoir se nourrir et se loger, ils doivent se faire régulièrement de l’argent… et quoi de mieux que le commerce pour se faire ? Malheureusement, les voleurs rusés sont nombreux sur les routes et les échanges ne vont pas être de tout repos pour Lawrence et Holo. Le premier ne rêve que de richesse tandis que la seconde ne cherche qu’à rallier son pays d’origine en goûtant les mets les plus délicats au passage.
Quelques passages m’ont parfois paru un peu longuets car répétitifs : sur la route, auprès des autres commerçants notamment. Il est vrai aussi que l’auteur apporte parfois quelques précisions très détaillées au sujet de la monnaie en vigueur et des taux de change. Ce n’est pas hyper passionnant, il faut bien l’avouer, mais je trouve que ça participe à enrichir le contexte et puis, ce n’est pas non plus trop systématique et donc trop lourd à lire.

En fait, finalement ce n’est pas tant les aventures de ces deux-là qui m’ont chagrinée – car au contraire, j’ai apprécié les petites intrigues – que les caractères des deux héros.
Lawrence, ça a été. Je ne dis pas que je l’ai adoré mais je ne l’ai pas trouvé désagréable à côtoyer. Il lui manque peut-être un peu de morgue et de fougue pour le rendre un peu plus vivant et donc charismatique, mais au moins, il n’est pas antipathique.
Et je ne peux pas en dire autant de Holo qui me laisse une impression incroyablement mitigée. Parfois, j’ai juste eu envie d’étrangler cette petite peste imbue d’elle-même qui ne pense qu’à se goinfrer. En même temps, c’est une déesse donc on peut comprendre le côté un peu égocentrique du personnage… et puis, par moments, par très légères petites touches, elle apparaît comme une petite jeune fille toute douce et adorable et là, on ne peut que la trouver touchante. A vrai dire, elle illustre assez bien le genre de personnages qu’on retrouve régulièrement dans les mangas (et animes) japonais : ces figures agaçantes au possible pour x raisons et en même temps, trop trognonnes. Le ventre sur pattes égoïste qui me vient en tête immédiatement et qui tape carrément sur le système la plupart du temps c’est Kéro, le petit compagnon de Sakura (Card Captor Sakura de Clamp) mais qui, en parallèle, est un soutien sans faille à la petite fille, donnerait sa vie pour elle et fait preuve d’une extrême gentillesse. Il nous gonfle autant qu’on a envie de lui faire un câlin. Holo, c’est pareil.
Les deux héros vont croiser d’autres figures assez secondaires qu’on apprendra à connaître plus ou moins et plus ou moins rapidement. La petite bergère m’a fait forte impression notamment. Mais globalement, le lecteur est centré sur les aventures du drôle de couple formé par le marchand et la déesse.

jyuu asekura holoJe trouve la traduction assez fluide dans l’ensemble. Il m’a semblé apercevoir quelques répétitions un peu maladroites mais rien de bien grave. J’ai été propulsée dans ce Japon imaginaire sans difficulté, imaginant aisément les différentes scènes et interactions. Les quelques illustrations éparpillées dans le livre ont peut-être aidé mon imagination mais globalement, je pense que le texte en lui-même apporte assez d’éléments descriptifs et « atmosphériques » pour que le lecteur entre dans l’intrigue.
En parlant des illustrations d’ailleurs, je trouve que la maison d’édition a fait un joli travail avec l’objet-livre. En effet, on nous offre plusieurs planches en couleurs et sur papier brillant au début et à la fin de l’ouvrage (attention au risque de « spoilers » par contre, puisque celles-ci reprennent quelques passages clefs du texte) et quelques illustrations en noir et blanc, en pleine page, au milieu des aventures, histoire de mettre quelques scènes importantes en images. C’est agréable et habille le texte intelligemment, ni trop peu ni pas assez.

Ce n’est pas un carton plein pour moi mais la découverte de ce light novel n’a pas apporté que son lot de remarques négatives. Non, du positif, il y en a, à commencer par le côté assez « immersif » de cette histoire qui m’a fait voyager dans un Japon imaginaire où les anciens dieux et leurs pouvoirs se révèlent parfois aux simples mortels, fuyant une nouvelle religion monothéiste qui ne veut pas partager ses fidèles. Entre un contexte sérieux et des personnages qui font les pitres, l’ensemble n’est pas si « léger » que ça, finalement…
Je pense que je tenterai au moins la prochaine intégrale (qui correspondra donc aux tomes originaux 3 et 4), histoire d’avoir un avis moins ambigu sur la série.

Merci aux éditions Ofelbe pour leur confiance !

7 pensées sur “Spice & Wolf, Tome 1 de Isuna HASEKURA, illustré par Jyuu AYAKURA

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