Les Fourberies de l’Amour de Georgette HEYER

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Les Fourberies de l’Amour

de Georgette HEYER,
traduit par Francine et Tanguy de COURSON
Milady Romance,
2014, p. 428

Première Publication : 1963

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Georgette Heyer (née le 16 août 1902, morte le 4 juillet 1974) est un écrivain anglais de romances historiques, de romans policiers et de romans historiques.

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Pour rendre service à sa mère criblée de dettes, Evelyn Denvill, dandy désinvolte, accepte de jouer la comédie de l’amour à Cressida Stavely, issue d’une famille fortunée, dans l’espoir de restaurer les finances familiales. Mais le soir où un dîner est donné en son honneur par la famille de sa fiancée, Evelyn disparaît. Son frère jumeau, Christopher, accepte de le remplacer à cette réception. Et comme le hasard fait bien les choses, le jeune homme n’est pas insensible au charme de la ravissante fiancée de son frère…

Une petite romance historique de temps en temps, c’est bon pour la santé. Et quand le Publishers Weekly nous annonce que « découvrir Georgette Heyer est la meilleure chose qui puisse vous arriver après avoir lu Jane Austen« , difficile de passer à côté de ces Fourberies de l’Amour !
Effectivement, ce roman est un joli divertissement et s’il n’est pas au niveau de la grande Jane, il est indéniablement bien écrit. Il m’a malgré tout manqué un brin de piment, un poil d’émotion et une grande louche de second degré pour que j’en fasse une excellente lecture. Agréable mais pas inoubliable, donc.

Le texte s’ouvre sur le retour impromptu de Christopher – Kit pour les intimes – au milieu de la nuit. Sa mère profite de ses retrouvailles pour lui apprendre sa situation délicate (elle est lourdement endettée) et, par la même occasion, les projets d’Evelyn, son autre fils. Disparu soudainement de la circulation (le jeune homme n’en est pas à sa première escapade), la chère mère s’inquiète de la soirée du lendemain pendant laquelle ses fiançailles avec Cressida Stavely (affectueusement surnommée Cressy par ses proches) doivent être annoncées (fiançailles qui permettraient de contenter l’oncle tuteur et qui débloqueraient donc l’héritage du jeune homme). Si Evelyn n’est pas là, tout le monde va y perdre face et réputation ! Kit a la solution : il prendra la place de son jumeau pour la soirée, pour sauver les apparences… oui mais voilà que cette situation douteuse perdure dans le temps et qu’il est de plus en plus difficile de mentir à tous quotidiennement.

Comme pour toutes les romances que j’ai pu lire jusque là, il suffit de parcourir la quatrième de couverture et les premières pages pour avoir une idée assez claire du dénouement. Peu de surprises à l’horizon, on sait très vite que les deux amoureux (à savoir Kit et Cressy) vont finir main dans la main. Le suspens n’est donc pas au rendez-vous mais ce n’est pas ce qu’on cherche avec le genre, on a juste envie d’être rassuré et de passer un bon moment.
Malgré tout, j’apprécie généralement que tout ne soit pas du « tout cuit » et que quelques rebondissements viennent pimenter l’ensemble. Ici, c’est malheureusement assez peu le cas. L’intrigue est plutôt linéaire, sans véritable surprises ce qui donne une impression de fadeur et même parfois d’ennui. Je me suis d’ailleurs demandée à plusieurs reprises comment Georgette Heyer avait pu remplir autant de pages (428 quand même !) avec « si peu de fond »…

georgette heyer portraitEh bien, la dame écrit bien. Je ne peux me baser que sur la traduction française proposée par Milady, signée par Francine et Tanguy de Courson, mais celle-ci vient bien de quelque part… la base originale doit donc être dans le même ordre d’idée. J’ai été suprise de découvrir que la première publication de ce roman (baptisé False Colours dans sa langue d’origine) date de 1963 ! Mais le côté un peu « désuet » et plus élégant du style s’explique très certainement ainsi car, il faut bien l’avouer, les romances historiques écrites aujourd’hui n’ont pas la même saveur et, malgré leur désir de respecter les codes d’une société ancienne, laissent généralement glisser trop d’éléments modernes pour qu’on y croit vraiment. Ici, non seulement les codes de la Régence anglaise (début XIXe siècle) sont respectés mais le style permet en plus une immersion un peu plus complète.
Il manque malgré tout une verve à la Jane Austen pour dynamiser un peu tout ça. En effet, tout le soin apporté à la plume n’efface pas les longueurs et moments assez ennuyeux que j’ai pu relever pendant ma lecture. On tourne en rond, ça manque de rythme, d’ironie dans les descriptions et de réparties piquantes. Dommage car avec ce petit je-ne-sais-quoi supplémentaire, Les Fourberies de l’Amour aurait pu passer d’une lecture agréable mais sans plus à une lecture véritablement marquante.

Ce qui est également un peu dommage ici et qui manque aussi de piment, ce sont les personnalités des personnages, notamment des deux principaux : Cressy et Kit. Les deux amoureux sont assez fades et j’avoue que je n’ai qu’assez peu vibrer avec eux. Pas du tout en fait. Je peux comprendre qu’ils tombent amoureux – c’est plutôt logique – mais je n’ai rien ressenti en suivant leurs aventures, je n’y ai pas cru. Comme je le disais plus haut, ça manque un peu d’émotions et c’est ce qui rend cette lecture trop terne. Dommage !
Evelyn, qui finit par réapparaître (même si je ne vous dis pas dans quelles circonstances) et qui est censé être plus vif et indomptable que son jumeau (en tout cas c’est comme cela qu’on nous le présente à plusieurs reprises) m’a lui aussi semblé un peu « mou ». En tout cas, pas fougueux et volage, ni même faisant preuve d’indécence dans ses réparties. Il est presque trop sage dans ses interventions. Un comble ! La mère est une ingénue immature particulièrement agaçante… mais qui a finalement bon fond, alors on lui pardonne ses bêtises et on sourit lorsqu’on est témoin du puissant amour qu’elle éprouve pour ses deux grands garçons.
Les autres figures – plutôt nombreuses – restent secondaires. On les différencie assez bien et elles tiennent bien leur rôle, certaines sortent un peu du lot (la grand-mère de Cressy notamment) mais globalement, elles ne marquent pas tellement les esprits. Elles habillent et enrichissent le décor et puis voilà.

J’ai souligné plusieurs petits défauts à ce roman. Malgré tout, je n’ai pas passé un mauvais moment, ma lecture a même été assez divertissante dans son ensemble. Je regrette seulement qu’une plume aussi soignée n’ait pas été au service d’une romance un peu plus dynamique et pimentée avec des héros plus charismatiques et touchants. Peut-être trouverai-je tout ça dans une autre romance historique proposée par Georgette Heyer ?

Illustration : Portrait de Georgette Heyer.

Merci à Aurélia pour la confiance renouvelée !

 

challenge XIXe

5 pensées sur “Les Fourberies de l’Amour de Georgette HEYER

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