Outlander, Tome 1 : Le Chardon et le tartan de Diana GABALDON

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Outlander, Tome 1 :
Le Chardon et le tartan
de Diana GABALDON
J’ai lu,
2014, p. 852

Première Publication : 1991

Pour l’acheter : Outlander, Tome 1

Diana Gabaldon, née le 11 janvier 1952 à Flagstaff en Arizona, est une romancière américaine d’origine mexicaine et anglaise. Elle a écrit la série populaire Le Chardon et le Tartan. Ses romans sont assez difficiles à classifier par genre puisqu’ils empruntent tant au roman d’amour qu’au roman historique et à la science-fiction (sous la forme du voyage dans le temps). Ses premiers essais d’écriture furent postés sur le forum d’écriture de CompuServe. Des commentaires positifs de la part d’autres membres du forum la persuadèrent de finir et de publier le premier roman de la série Le Chardon et le Tartan.

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Au cours d’une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d’un menhir. Elle s’en approche et c’est alors que l’incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L’Ecosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongée dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps. Elle connaîtra l’aventure et les périls, l’amour et la passion. Jusqu’au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu’elle aura découvert et le bonheur qu’elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain…

C’est en visitant les Skyblog des copines blogueuses il y a plusieurs années de ça que j’avais eu vent de la saga Le Chardon et le Tartan, alors dans les anciennes éditions poche de J’ai lu. Avec la sortie de l’adaptation télévisuelle en 2014, la maison a décidé de rééditer le texte dans son format d’origine en vo, c’est-à-dire que cette première intégrale reprend les deux premiers tomes de l’ancienne édition J’ai lu (La Porte de pierre et Le Bûcher des sorcières.
J’ai entendu tellement de bien de ce pavé de 850 pages que j’avais fixé la barre assez haute. Trop haute sans doute puisque je sors déçue de cette découverte. Une romance qui ne m’a pas embarquée, un héros masculin dont je ne suis pas tombée amoureuse (contrairement à beaucoup de lectrices) et surtout, un contexte écossais bien trop pauvre visuellement parlant. Je voulais de l’Ecosse à toutes les pages mais outre les kilts et les conflits avec les anglais, je n’en ai pas vu grand-chose ! En revanche, grâce à la série adaptée, le manque contextuel est comblé ! Je vous parle de celle-ci (en tout cas des premiers épisodes visionnés) en fin de chronique.

Une infirmière anglaise en seconde lune de miel avec son mari dans les Highlands en 1945 qui se retrouve propulsée dans l’Ecosse du XVIIIe siècle après avoir touché la pierre d’un dolmen, voilà qui avait de quoi m’intriguer et qui avait matière à faire rêver plus d’un lecteur grâce aux images fortes de l’Ecosse d’antan.
A vrai dire, et c’est le point le plus négatif de ma lecture : d’images de l’Ecosse, je n’en ai que peu vues. Diana Gabaldon place bien quelques noms de plantes que l’on peut trouver dans ces paysages sauvages, cite quelques collines, rochers et évidemment dolmens, utilise deux ou trois mots (toujours les mêmes) de gaélique écossais ; mais ça s’arrête là. Je n’ai jamais réussi à m’imaginer ne serait-ce qu’un décor. Je ne voyais que le chemin emprunté par les chevaux, chemin qui aurait pu se situer en Auvergne ou en Allemagne, ça n’aurait pas changé grand-chose. Et pourtant ! L’Ecosse, comme l’Irlande, sont des pays connus pour la beauté de leurs paysages sauvages et préservés ! Où sont les descriptions des plaines vallonnées, des vallées encerclées de montagnes arides ou d’une nature foisonnante, des falaises bordant les cotes, de la pluie et du vent qui se faufile dans les cheveux ? J’aurais tellement aimé voyager jusque là-bas, être complètement dépaysée… mais malheureusement non. Quel dommage de passer à côté ! Je ne dis pas que je souhaitais des descriptions interminables de coucher de soleil dans la bruyère mais quelques phrases offrant des détails sur le décor auraient tout de même été les bienvenues. Là, franchement, niveau descriptions des lieux ou même des tenues des personnages (à part les kilts), c’est bien pauvre ! Snif !
En revanche, l’auteure s’étend un peu plus sur le côté historique du contexte apportant quelques détails sur l’histoire du conflit entre l’Angleterre et l’Ecosse et notamment au sujet d’une période assez ciblée pour les clans de Highlanders (le Jacobisme). C’est vraiment intéressant d’avoir des éléments qui ancrent l’histoire dans un environnement palpable, et réel pour le coup. Je regrette juste que Diana Gabaldon nous propose tout ça de façon assez brouillonne dans l’ensemble. Je ne suis pas du tout au fait de cette période historique des pays anglo-saxons et là, je serais bien en peine de vous expliquer quoi que ce soit, parce que je n’ai pas retenu grand-chose ! L’introduction de faits réels est une très bonne idée en soi, mais c’est un peu maladroit ici.

Outlander 2014L’autre élément que j’attendais au tournant, c’est évidemment la romance. Jamie, le héros, semble avoir rallié à sa cause un clan de groupies acharnées, et j’avais vraiment envie d’en faire partie à mon tour (parce que c’est toujours bon pour le moral de tomber sous le charme d’un personnage et ça m’arrive malheureusement trop rarement) mais ce n’est pas encore cette fois que mon cœur battra pour un héros de roman. Pour tout avouer, il est clair que je ne suis pas le cœur de cible, ça partait donc assez mal. Je n’éprouve aucun intérêt particulier pour les hommes en kilt et je ne suis pas du tout attirée par les hommes un peu ours/brutaux/macho/guerriers/dominants, bien au contraire ! Tous les traits de caractère de Jamie ne m’ont pas déplu mais aucun ne m’a assez séduite pour me faire oublier ce qui me gênait. Alors je sais, autre temps autres mœurs donc la personnalité du jeune James est en accord mais vraiment, c’est le genre de héros qui n’est pas fait pour moi.
J’ai notamment eu pas mal de mal avec sa conception de sa sexualité, très paradoxale. Diana Gabaldon le présente tantôt naïf et maladroit (il est puceau, ça doit être le seul Highlander de 23 ans dans ce cas !), tantôt (trop) dominant (ils sont au milieu du camp, entourés par tous les hommes mais il en a envie et ça ne sera pas long alors… hop !). Mouais. Je ne suis pas fan des scènes érotiques à la base (pour moi, une scène de complicité/échange de paroles-regards/tendresse est beaucoup plus intense) mais si en plus elles n’émoustillent même pas, elles ne servent à rien. Et là, clairement, il y en a beaucoup qui manquent de raison d’être à mon avis. Je n’ai pas cru en la connexion entre les deux personnages et j’en suis la première déçue.
Claire, en revanche, m’a plu. Je ne l’ai pas adorée mais globalement, je suis convaincue. C’est une héroïne mature (elle a 27/28 ans), qui a vécu l’horreur de la guerre et qui sait s’adapter à son étrange voyage dans le temps. Je l’ai trouvée assez intelligente et réfléchie dans ses actes tout en laissant passer juste ce qu’il faut d’émotions lorsqu’elle se retrouve face à Jamie. C’est une héroïne crédible et qui a beaucoup de potentiel.

Finalement, je me rends compte que je pourrais assez difficilement vous résumer l’intrigue avec force détails car je n’ai pas eu l’impression qu’il se passait beaucoup de choses la majeure partie du moment. Il y a des sursauts d’actions et de rebondissements mais entre eux, beaucoup d’allers et venues qui donnent l’impression de tourner en rond. Claire se retrouve au XVIIIe siècle, tente tant bien que mal de retrouver son époque mais en est empêchée à cause des membres du clan MacKenzie qui ne lui font pas confiance. Et finalement, quand elle peut enfin tenter une évasion, elle se sent trop liée à sa nouvelle vie pour repartir en arrière (ou dans le futur ?).
Les conflits avec les anglais et les manipulations des oncles de Jamie jalonnent le récit. Diana Gabaldon donne l’impression qu’elle tente de créer un contexte riche dans lequel le lecteur pourra se plonger. On pourrait donc lui pardonner les longueurs qui aident à la mise en place de l’univers mais malheureusement, là encore, je trouve que c’est maladroit. Quitte à vouloir bien installé son lecteur dans un contexte particulier et précis avec moult personnages et moult ramifications, tenants et aboutissants, autant le faire jusqu’au bout en nous abreuvant de détails.

Cette première intégrale manque de finesse et de précision. Les bases sont là, solides et intéressantes mais l’auteure se contente, à mon goût, de survoler son intrigue, son cadre, ses personnages… ce qui me laisse une impression de fadeur amère. Tant de potentiel si peu exploité !

 

Merci à J’ai lu pour cette lecture !

Mon avis sur la série (qui me plait bien davantage) à venir très vite…

18 thoughts on “Outlander, Tome 1 : Le Chardon et le tartan de Diana GABALDON”

  1. J’ai à peu près le même ressenti que toi… Fan de la série dès les premiers épisodes (le décor écossais, les 2 acteurs principaux au top), je n’avais qu’une envie c’est de savoir la suite vu la pause énooorme !
    Et ben comme toi, j’ai été déçue et j’ai trouvé que ça ressemblait à un Harlequin un peu évolué. Moi qui étais sous le charme du Jamie de la série, il m’a ici très souvent agacée… D’ailleurs, j’ai un peu peur pour la série car ils vont sûrement retranscrire les scènes suivantes aussi et ça, ça ne me séduit pas du tout !

    J’ai lu le tome 2 aussi, pas vraiment de différence si ce n’est que je l’ai trouvé beaucoup plus long…

  2. Qu’il est bon d’enfin tomber sur quelqu’un qui comme moi n’est pas tombée sous le charme de Jamie!! Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que son comportement est cohérent vis-à-vis des mœurs de l’époque, mais comme toi, les côtés qui me plaisaient chez lui n’ont pas réussi à me faire oublier une scène en particulier qui a réduit à néant tout son sex-appeal 😉

    J’ai quand même globalement apprécié ma lecture et suis en ce moment dans le deuxième tome, mais je ne pense pas poursuivre l’aventure au-delà (du moins pour les livres, parce que la série m’a davantage captivée et fait voyager). Le côté historique et politique prend trop de place à mon goût dans ces énormes pavés, et le manque de rythme fait que je peine à avancer dans ma lecture, alors que par ailleurs je me suis davantage attachée à Claire et Jamie maintenant.

  3. Oh, et dire qu’il est dans ma PAL… Bon, je lirai quand même, hein, mais peut-être pas en priorité, du coup. Dommage, après Peter May, j’aurai bien repris un peu d’Ecosse !

  4. J’en avais déjà parlé quand tu l’avais évoqué sur ta page Facebook, mais c’est un livre (et une saga) que j’aime beaucoup. Je l’ai d’abord lu en français il y a 15 ans et là je l’ai relu en anglais et franchement j’avais bien l’impression d’être en Écosse 🙂 En revanche, c’est vrai que “l’accent” écossais a été largement gommé en français alors que ce n’est pas le cas en anglais.

  5. Aïe, il est dans ma PAL et vu ta chronique ça semble assez mal parti! Je risque en plus de relever les mêmes défauts que toi (héros macho, manque de descriptions de décors…) mais bon on verra bien! ^^

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