Victorian Fantasy, Tome 1 : Dentelle et Nécromancie de Georgia CALDERA

victorian fantasy 1 dentelle et nécromancie georgia caldera j'ai lu
Victorian Fantasy, Tome 1 :
Dentelle et Nécromancie
de Georgia CALDERA
J’ai lu (Grand Format),
2014, p. 541

Première Publication : 2014

Pour l’acheterVictorian Fantasy, Tome 1

Georgia Caldera est née en 1982, dans cette magnifique région qu’est la Touraine. Depuis son plus jeune âge, elle dévore quantité de livres en tous genres, avec néanmoins une affection toute particulière pour la littérature gothique, et n’hésite pas à dégainer régulièrement la plume. Avec pour auteurs de prédilection Edgar Allan Poe, Bram Stoker, Sheridan Le Fanu ou encore Anne Rice, c’est dans les univers sombres et fantastiques qu’elle trouvera son propre style. Un style qu’elle explore à la fois avec les mots, mais également à travers l’image, étant illustratrice de formation. Ainsi, c’est après plusieurs années d’études en art qu’elle décide de se tourner plus concrètement vers l’écriture, accompagnant toujours ses productions de supports visuels ayant pour but de donner aux lecteurs un aperçu de ses personnages et de leurs tourments.

Les Larmes rouges, Tome 1 Tome 2
 Hors de portée 

D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Andraste vit dissimulée aux yeux du monde. Son univers restreint ressemble à s’y méprendre à une cage dorée, elle qui ne rêve que de s’envoler. Car, au Coven Coldfield – manoir de construction ancienne où résident toutes les femmes de la famille ayant la chance de posséder quelque pouvoir – aucune âme, à l’exception de sa dirigeante, leur très redoutée grand-mère, n’a le droit de choisir son destin. C’est alors qu’une invitation de la main même de la Reine lui est spécifiquement adressée et vient bousculer les plans de la matriarche. Malheureusement, une requête royale ne se refuse pas… à moins de souhaiter perdre la tête.

Après les deux premiers tomes des sombres Larmes rouges et de la romance contemporaine Hors de portée, Georgia Caldera nous propose une nouvelle série, cette fois à mi-chemin entre la fantasy et la romance « historique ». Les deux héros principaux ont à nouveau des traits de caractère chers à l’auteure (pour ne pas dire qu’ils sont bien butés !) et se retrouvent liés à quelques problèmes qui les empêcheront de vivre leur quotidien en paix.
Présenté comme steampunk et ayant gagné une magnifique illustration de couverture, ce premier tome baptisé « Dentelle et nécromancie » me faisait sacrément de l’œil. Finalement, ce n’est pas un coup de cœur comme pour beaucoup d’autres lecteurs. J’ai passé un agréable moment en compagnie d’Andraste mais j’avoue que je regrette un peu que la romance prenne autant de place. J’aurais aimé plus de steampunk et d’univers fantasy et moins d’amour.
Un premier volume divertissant et extrêmement bien écrit (ce qui fait toute la force de Georgia Caldera à mon avis) mais qui n’a pas su répondre à toutes mes attentes. Si vous vous lancez en toute connaissance de cause, vous devriez apprécier dans son ensemble.

Lorsque l’on a démarré cette lecture en binôme avec Tsuki, nous avons toutes les deux eu la même réaction après quelques dizaines de pages lues : « J’espère que la romance ne prendra pas le devant de la scène tout au long des 550 pages et qu’elle laissera un peu la place à l’univers steampunk qui semble prometteur. »
Je suis difficilement sensible aux histoires d’amour et n’y adhère que très (trop) rarement (je vous rassure, c’est pareil dans la vraie vie)… ce n’est pas ce que je cherche en priorité dans un ouvrage et je suis très déstabilisée quand je me rends compte que c’est l’élément principal alors que je ne m’y attendais pas vraiment.
Bon, malgré ma déception première, j’ai finalement été assez convaincue par la relation qui se met en place entre Andraste et Thadeus. J’ai parfois eu du mal à comprendre leurs réactions et je n’ai pas toujours vibré face à leurs sentiments naissants mais la complexité de la romance m’a globalement plu. J’ai notamment été surprise par les prémisses de cette histoire. Pour le coup, c’est assez original. Au début j’étais mitigée par ce choix de l’auteure, assez indécise… et puis, finalement, pourquoi pas ? Après tout, ça peut arriver de se laisser aller et de ne pas pouvoir résister à une forte attirance physique. Et une histoire peut commencer comme ça. Si cet aspect peut me gêner lorsque je lis une romance, là, je l’ai accepté sans vraiment rechigner. Georgia Caldera l’amène sans vulgarité et avec conviction, j’ai adhéré.
Je ne suis malgré tout pas complètement fan de cette amourette qui a tout de même tendance à tourner en rond au bout d’un moment, les caractères butés des personnages n’aidant pas à dénouer la situation. C’est un peu le jeu du chat et de la souris, les « je te suis, tu me fuis ; tu me suis, je te fuis… », alors qu’on sait pertinemment qu’ils vont finir ensemble ; ça peut être un peu lassant. Une romance qui démarre de façon positivement surprenante donc, qui a su me convaincre globalement (j’ai fini par l’apprécier après avoir accepté le fait qu’elle prendrait beaucoup de place) mais qui connaît tout de même quelques faiblesses.

Mais que serait une romance sans les deux amoureux ? Après plusieurs incursions dans l’univers de Georgia Caldera, j’ai l’impression que l’auteure se concentre essentiellement sur ses deux figures principales, généralement formant un couple assez explosif car elles possèdent toutes deux un caractère bien trempé. Andraste et Thadeus ne font évidemment pas exception à la règle.
La jeune femme dont on ne connaît pas l’âge mêle une nature naïve et malléable à une certaine répartie indomptable. Le mélange est intéressant car permet de complexifier un peu le personnage, mais donne aussi parfois l’impression qu’Andraste est une girouette qui souffle le chaud et le froid. J’ai compris et approuvé certains de ses actes et de ses réactions mais ne suis pas convaincue par d’autres. C’est donc une héroïne que j’ai apprécié suivre sans pour autant ressentir beaucoup d’atomes crochus pour elle. Je me suis sentie trop différente d’elle pour réussir à vivre ses aventures en même temps qu’elle ou tout simplement pour m’identifier à elle… mais malgré tout, parfois, la connexion s’est faite.
Thadeus, quant à lui, me laisse assez indécise. J’ai de plus en plus de mal avec les héros au sombre passé, torturés par des raisons x ou y, qui possèdent un caractère renfrogné et parfois brutal mais qui en fait se révèlent avoir un cœur d’artichaut. En même temps, Georgia Caldera nous le présente là aussi avec conviction et maîtrise bien la personnalité de sa figure. On y croit. Alors je ne suis pas sensible à ces traits de caractère mais je suis persuadée qu’ils séduiront un bon nombre de lectrices. Thadeus a tout ce qu’il faut pour plaire à la gente féminine car il représente assez bien ce que ces demoiselles semblent rechercher ces dernières années (en tout cas, c’est ce genre de héros qui attirent les foules en librairie).

victorian fantasy andraste georgia caldera facebookCe que je trouve un peu dommage, et je me rends compte que c’est une remarque que l’on peut faire pour tous les livres de Georgia Caldera, c’est que, malgré la présence de plusieurs personnages secondaires qui ont du potentiel, ceux-ci restent en retrait. Ils pourraient enrichir conséquemment l’intrigue et son contexte mais ne sont pour la plupart que trop peu développés. Ici, l’auteure fait apparaître la Reine Eternelle – à savoir la Reine Victoria – qui semble posséder quelques caractéristiques étonnantes. C’est la figure secondaire qui m’a sauté aux yeux mais malheureusement et malgré l’importance qu’elle semble avoir dans l’intrigue, on ne la croise qu’une ou deux fois dans le récit et ce, très brièvement. Quel dommage !
Alors oui, je comprends bien que la caméra zoome sur l’histoire qui se déroule entre les deux personnages principaux – après tout, il s’agit avant tout d’une histoire d’amour – mais je pense sincèrement que l’ensemble du texte aurait gagné en profondeur s’ils n’étaient pas les deux seuls éléments vraiment travaillés.

Vous l’aurez compris, l’intrigue tourne essentiellement autour de la relation qui se noue entre Andraste et Thadeus. Les pouvoirs qu’ils détiennent tous les deux sont présents mais finalement assez peu exploités, sauf dans la dernière partie, plus « active » à ce niveau-là.
Comme dans toutes les histoires de fantasy qui se respectent, une prophétie est de mise et évidemment, vous vous en doutez, Andraste n’y est pas étrangère. Là encore, l’épée de Damoclès est présente au dessus de sa tête, mais assez loin, de façon assez floue la majeure partie du texte car ce n’est pas tellement la priorité de l’intrigue ; dommage.

Malgré tout, malgré les bémols mis en avant ici, j’ai lu Dentelle et nécromancie avec plaisir. Les pages se tournent en douceur ou avec avidité selon le moment de l’intrigue, les phrases défilent et on arrive à la dernière ligne sans vraiment s’en être rendu compte. Pourquoi ? Parce que Georgia Caldera écrit extrêmement bien. Elle maîtrise les mots et en joue à la quasi perfection. Elle parvient à mettre en place des tournures de phrases un peu stylisées, avec du vocabulaire, tout en rendant l’ensemble fluide et assez addictif.
Les chapitres assez brefs alternent les points de vue : tantôt celui d’Andraste, tantôt celui de Thadeus, nous proposant même par moment quelques très courts paragraphes dédiés à quelques personnages secondaires. Ce découpage dynamise le texte et donc la lecture puisque le lecteur ne peut s’empêcher de tourner les pages pour retrouver un point de vue qu’il attend. Evidemment, Georgia Caldera clôt toujours ses chapitres sur une attente… attente que l’on ne pourra combler qu’en retrouvant le personnage, parfois deux ou trois chapitres plus loin !
Si je n’adhère pas toujours au fond, je suis complètement sous le charme de la forme et je ne peux que féliciter l’auteure pour son travail.

L’univers semble si plein de promesses qu’on ne peut qu’être un peu déçu de ne pas avoir plus de choses à se mettre sous la dent (surtout si l’on ne s’attendait pas à ce que l’histoire d’amour soit THE élément principal)… Mais comme il s’agit d’un premier tome, je pardonne bien volontiers à Georgia Caldera le peu d’informations contextuelles… j’espère par contre que les références à la métasorcellerie, aux animécaniques et tout le reste ne se limiteront pas à quelques citations dans les paragraphes des tomes suivants, mais qu’ils seront bien mis en avant. De même pour les pouvoirs que semblent posséder plusieurs des personnages. En bref : j’en veux plus !

L’avis de Tsuki : A venir !

Merci à J’ai lu pour la découverte !

Illustration : Un portrait d’Andraste créé par l’auteure, trouvé sur la page Facebook consacrée à la série.

10 pensées sur “Victorian Fantasy, Tome 1 : Dentelle et Nécromancie de Georgia CALDERA

  • Ping : Auteurs (A - L) - Bazar de la Littérature

  • 6 août 2015 à 16 h 23 min
    Permalink

    j’ai bien aimé la romance et l’univers, mais je regrette que la partie « magie / nécromancie » soit si peu utilisée 🙁

    Répondre
  • Ping : What's up weekly ? 2015 - 2 - Bazar de la Littérature

  • Ping : [Bilan] Janvier 2015 | Bazar de la Littérature

  • Ping : What’s up weekly ? 2015 – 2 (du 12/01 au 18/01/15) | Bazar de la Littérature

  • 15 janvier 2015 à 15 h 10 min
    Permalink

    Arf… il va falloir que je creuse en moi pour ressortir la midinette alors, car je dois le lire prochainement celui-ci !

    Répondre
  • 15 janvier 2015 à 10 h 47 min
    Permalink

    Un très belle avis. Tu le donne encore plus envie de lire ce roman. La partie romance ne me dérange pas habituellement. j’adore avoir envie de taper sur les personnages à cause des « je t’aime, mois non plus ». En tout cas j’ai hâte de découvrir l’univers du roman.

    Répondre
  • 14 janvier 2015 à 21 h 05 min
    Permalink

    Hm moui on avait croisé l’auteur sur un salon local avec Lynnae, Georgia Caldera a l’air d’être une personne très sympa mais si elle continue d’écrire des trucs à ce point romancés je vais vraiment avoir du mal à passer outre et me lancer dans un de ses romans ! :/ Dommage car j’apprécie toutes ses inspirations parmi celles que tu cites ci-dessus… mais ces gens n’écrivaient que peu de romance !?

    Répondre
  • 14 janvier 2015 à 18 h 56 min
    Permalink

    ça résume finalement assez bien mon sentiment après cette lecture: trop de romance et pas assez de steampunk. C’est vraiment dommage car l’histoire d’amour m’a finalement ennuyée.

    Répondre
  • 14 janvier 2015 à 18 h 26 min
    Permalink

    Argh ! La version romance « je t’aime, je ne t’aime plus » est déjà ce qui m’a déplu dans le deuxième tome des Larmes Rouges … ça ne m’encourage guère à sortir celui-ci que je pensais en effet plus fantasy-steampunk que romance :/

    Je te remercie d’autant plus pour cet avis : me voilà mise en garde !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

b0acd62a17c089def381a2e7d9d94a63^^^