Night School, Tome 3 : Rupture de C. J. DAUGHERTY

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Night School,
Tome 3 : Rupture
de C. J. DAUGHERTY
Robert Laffont (Collection R),
2013, p. 396

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Night School, Tome 3

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

 Night School, Tome 1 Tome 2 

♣ ♣ ♣

Inconsolable depuis la mort de son amie et sous la menace constante d’un espion qui rôde incognito à Cimmeria, Allie Sheridan accuse le coup. Et elle n’est pas la seule à perdre les pédales ; tout semble s’effondrer autour d’elle : amitiés, amours et certitudes. Alors, quand Nathaniel commence à abattre ses cartes maîtresses, Isabelle, la directrice elle-même, ne sait plus que faire. L’école sombre peu à peu dans les sables mouvants de la paranoïa et de la suspicion, tous les étudiants sont dorénavant considérés comme coupables jusqu’à preuve du contraire. Il n’y a plus de présomption d’innocence qui tienne et n’importe qui peut désormais être détenu sans procès. Plus personne ne peut se cacher. Cette fois-ci, Nathaniel n’a plus besoin de leur faire du mal ; les occupants de Cimmeria s’en chargent très bien tout seuls…

/! Attention, risque de spoilers sur les deux tomes précédents ! /!

J’ai adoré le premier tome, j’ai été relativement déçue par le deuxième mais étais confiante, la suite serait à la hauteur… Eh bien, malheureusement non. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’en viens à cette conclusion, mais plus les tomes passent moins la qualité est au rendez-vous pour cette saga pour laquelle j’avais pourtant beaucoup de tendresse au départ.
Ce troisième tome m’a ennuyée quasiment du début à la fin, je n’y ai pas trouvé grand intérêt et encore moins beaucoup d’utilité. Je pense qu’au lieu de s’étendre sur cinq volumes, la saga aurait gagné à être condensée sur trois, cela aurait été, à mon avis, très suffisant. A moins que les deux derniers tomes soient très denses et que chacune de leurs pages soient tout à fait indispensables… j’attends de voir puisque oui, maintenant que j’ai commencé, j’irai au bout. Et puis bon, j’ai quand même envie de savoir qui est la taupe dans cette satanée école !

Le plus gros reproche que l’on pourrait faire à ce troisième opus c’est qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose. Allie se remet difficilement de la mort de sa meilleure amie, voudrait faire cavalier seule et aller la venger mais se rend compte qu’elle est impuissante, mieux vaut opérer en groupe. Quelques élèves de l’école se rassemblent donc dans l’idée de résoudre l’affaire : qui est la taupe dans l’école qui informe Nathaniel ? Faisant front contre les adultes de Cimmeria (la directrice et les professeurs), Allie et ses amis n’en font qu’à leur tête, faisant fi des dangers et mettent leur nez un peu partout. A côté de ça, l’héroïne doute de ses sentiments et ne sait toujours pas qui choisir de Carter ou Sylvain. Amour ou amitié amoureuse, elle est perdue et ses introspections lui prennent beaucoup de temps.
Résumer ainsi, on pourrait presque croire qu’il y a de l’action mais vraiment, je vous assure, sur près de 400 pages, c’est vraiment bien peu. On tourne beaucoup en rond (quel que soit le sujet) et on tourne la dernière page sans avoir avancé d’un iota : on ne sait toujours pas qui est la taupe dans l’école et Allie ne sait toujours pas de quel côté va son cœur. En revanche, c’est vrai, on apprend quelques informations sur la famille de la jeune fille, sur Nathaniel et pourquoi il lui en veut autant. Des éléments intéressants mais ça reste bien maigre et finit par se noyer sous tous les autres discours bien peu utiles.

Si encore les états d’âme amoureux d’Allie m’avaient passionnée, l’ensemble m’aurait évidemment paru beaucoup plus enthousiasmant. Mais force est de constater que les doutes d’une adolescente de 16/17 ans m’exaspèrent plus qu’ils ne me parlent. Ce triangle amoureux est vraiment insupportable (en plus d’être parfaitement inutile).
D’un côté Carter, un personnage qui me plaisait assez dans les premiers tomes mais qui se ramollit ici car trop mis de côté ; lui aussi doute et ne semble pas trop savoir ce qu’il veut. De l’autre Sylvain, le français qui se veut être le garçon stable sur qui on peut compter mais qui ne m’a jamais séduite, je n’arrive pas à lui pardonner sa conduite précédente ; il ne me fait ni chaud ni froid. Si l’une des figures masculines faisaient fondre mon cœur d’artichaut, peut-être serais-je moins sévère mais vraiment, je trouve les deux garçons pas du tout charismatiques, pas du tout séduisants. Je ne ressens donc aucune empathie envers Allie qui se pâme d’amour (enfin, elle ne sait pas trop) devant les deux.

Allie ne m’a pas non plus beaucoup touchée dans ce troisième tome. Elle peine à reprendre pied après l’horreur survenue à la fin du volume précédent, ce qui est tout à fait compréhensible, mais sa façon d’agir et de se jeter tête baissée dans les ennuis pour se sentir vivre a tendance à m’agacer. Les choses s’arrangent un peu quand elle décide de s’ouvrir aux autres et de leur faire confiance (malgré la situation tendue) mais encore une fois, je ne me suis pas sentie beaucoup d’atomes crochus avec elle. Je suis peut-être tout simplement trop vieille pour m’attacher à des héros si jeunes ?

illustration allie night schoolCe trio est entouré d’un bon paquet d’autres personnages, autres adolescents ou adultes vivant à l’école. Tous sont plutôt bien croqués et trouvent leur place dans l’intrigue ; on ne peine pas à les reconnaître. Ils ne m’ont ni complètement déplu ni enthousiasmée, ils m’ont laissée assez indifférente.
Globalement, je trouve les adultes de Cimmeria assez stupides et les adolescents assez présomptueux. Une affaire grave les concerne tous (il y a quand même eu deux morts) mais chaque groupe fait sa sauce dans son côté sans jamais en avertir l’autre. C’est ainsi que la directrice et les professeurs cachent la plupart des informations à leurs élèves, qui s’empressent de fouiller partout et n’importe comment pour découvrir ce qu’on refuse de leur apprendre. Bizarrement, dans cette histoire, alors que les adultes sont censés être des pros de la protection et de la surveillance, ils se font avoir comme des bleus à chaque fois et ce sont des gamins de 16/17 ans qui parviennent à faire avancer le schmilblick. C’est pas très sérieux… et pas du tout crédible surtout.

C. J. Daugherty fait le choix de nous conter son histoire à la troisième personne du singulier mais globalement, malgré les « elle » utilisés, c’est comme si le point de vue était interne. Ce décalage entraîne des phrases un peu bizarres, on ne sait alors plus qui est le personnage caché derrière le pronom (Allie ou une autre jeune fille). J’ai donc parfois été gênée par la narration et ai dû relire quelques passages pour être sûre d’avoir bien compris de qui (quoi) on parlait.
Sinon, comme souvent dans le genre de la Young Adult et comme souvent avec la Collection R, les textes sont plutôt fluides, sans soucis majeurs. Les chapitres courts, la police de caractère (très grosse), les grosses marges et les pages épaisses donnent l’impression de lire beaucoup et vite. Night School ne fait pas exception à la règle (bien que la police soit un peu plus serrée, j’ai l’impression) et se parcoure en quelques heures à peine. Le confort de lecture est là, c’est indéniable.
En revanche, si j’adorais les couvertures des deux premiers tomes, notamment la toute première, je dois avouer que je n’apprécie que très modérément celle-ci (voire pas du tout). La teinte claire n’est pas une mauvaise idée en soi mais je déteste le visage de cette jeune fille (désolée pour elle) et l’air qu’elle prend (quel regard désagréable !). Sans parler de ce gros plan. Beurk beurk beurk. Heureusement, l’illustration du tome 4 me plaît à nouveau davantage… que donnera la cinquième et dernière ?

Enfin et pour terminer sur l’unique élément positif de ce troisième tome, à mon goût, revenons rapidement sur l’ambiance qui se dégage de cet opus. J’avais déjà parlé de la tension et du suspens présents précédemment, ici, c’est une nouvelle fois bien là et même un cran au dessus. Chacun des personnages que l’héroïne et le lecteur côtoient pourrait être la taupe de l’école, il faut se méfier de tout et de tout le monde. On ressent vraiment bien l’angoisse perçue par Allie et comme elle, on ne peut faire confiance à personne (ou presque).
Certaines scènes, dans le jardin, dans les sous-sols, de nuit ou alors que le soleil ne s’est pas encore levé, sont assez parlantes et font vraiment froid dans le dos. L’ennemi pourrait se cacher derrière n’importe quel arbre ou se terrer à l’affût d’un couloir. J’aime beaucoup ce climat de suspicion, très lourd, où chaque personnage est sur les nerfs et où chacun s’épie pour tenter de découvrir un indice. Vraiment, C. J. Daugherty maîtrise bien cette atmosphère et je ne peux que la féliciter.

L’idée de base est bonne, la tension permanente et pesante régnant à Cimmeria est parfaitement rendue… dommage donc que l’auteure tire un peu sur la corde en nous proposant beaucoup trop de longueurs (concrètement, rien n’avance dans ce tome, on tourne en rond et on tourne la dernière page en étant exactement au même point que lorsqu’on l’a ouvert) et en nous imposant un triangle amoureux complètement inintéressant et inutile. Je lirai la suite pour avoir le fin mot de l’histoire mais à ce stade, c’est la déception qui prime.

Illustration : portrait d’Allie trouvé ici !

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