Elvira Time, Intégrale, Saison 1 : Dead Time de Mathieu GUIBE, illustré par Elodie MARZE

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Elvira Time, Intégrale,
Saison 1 : Dead time
de Mathieu GUIBE,
illustré par Elodie MARZE
Le Chat Noir,
2014, p. 220

Première Publication (en ebook) : 2013

Pour l’acheter : sur la boutique de la maison !

Vous pouvez lire le premier épisode gratuitement en numérique !

Mathieu Guibé, né à Poissy (78), est un jeune docteur en éthologie. Enfant nourri aux contes de fées, il s’évade du monde rigoureux des blouses blanches pour proposer des escapades dans des univers issus de son imagination.

Germ~IN~es[SENS]ce  Quintessence hiémale Even dead things feel your love A un sanglot de moi, tu reposes ♣

L’existence des vampires n’est plus un secret pour personne. Alors que le tout Hollywood les décrit comme les amants du siècle, notre bon vieux gouvernement des États-Unis a tranché. Chaque rejeton aux dents longues se verra proposer un choix : se référencer auprès des autorités et survivre comme un animal en cage ou rester libre et se faire traquer par des chasseurs de primes rémunérés par l’état. Perso, je préfère la deuxième solution. C’est beaucoup plus lucratif pour mes finances depuis que j’ai hérité de l’entreprise familiale. Le problème, c’est qu’à 17 ans, je suis encore enchainée au lycée et je dois concilier cours de math et exécutions sommaires. D’aucuns diront que j’ai la fâcheuse tendance à ramener plus de boulot au bahut que je ne rapporte de devoirs à la maison. C’est pas faux.
Alors voyez-vous, quand on doit gérer tous ces vampires attirés par le miasme hormonal émanant de mon école et qu’en plus, on s’appelle Elvira, la vie n’est pas simple.
Une ado qui se plaint de son calvaire quotidien ? Rien de neuf à l’horizon, me direz-vous. Mais croyez-moi, je sais garder les pieds sur terre. Ma vie aurait pu être bien pire : j’aurais pu être un de ces monstres et me retrouver du mauvais côté de mon pieu.

Je continue ma découverte de romans français, notamment de petites maisons comme Le Chat Noir que j’apprécie et notamment de noms comme Mathieu Guibé que j’ai déjà eu l’occasion de lire dans des genres et des formats différents. L’auteur semble avoir de nombreuses cordes à son arc et maîtrise chacun des textes qu’il nous propose.
De tous ceux déjà lus, c’est peut-être Elvira Time qui me convient le moins, non pas qu’il soit dénué de qualités – bien loin de là ! – mais parce que, même si j’ai souri plus d’une fois et ai passé un agréable moment en compagnie de l’héroïne, je préfère tout de même Mathieu Guibé dans des sujets plus « sérieux » qui parviennent davantage à me toucher.

L’auteur ne s’en cache pas et le revendique justement ouvertement, son Elvira s’inspire largement d’une certaine Buffy Summers, célèbre chasseuse de vampires alors qu’elle était encore élève dans un lycée américain (en tout cas les premières années/saisons). Comme la petite blonde de Sunnydale, Elvira la brunette à la mèche blanche doit protéger ses camarades de classe d’attaques récurrentes de la part des dents longues et comme son prédécesseur féminin, elle fait preuve d’une répartie inégalable.
A vrai dire, comme pour la série télé, ce n’est pas tant l’héroïne qui fait le charme de l’histoire, à mon avis, mais les personnages secondaires qui l’entourent et la soutiennent quelle que soit la situation rencontrée. Buffy comme Elvira sont certes des jeunes femmes attachantes car amusantes, dynamiques et parfaitement dans l’ère du temps mais elles se font presque éclipser par les autres figures. Que serait Buffy sans le Scooby-gang ? Eh bien là, contre toute attente – et surtout pour l’héroïne -, Elvira s’entoure elle aussi de personnalités indispensables et attachantes. Entre Belinda la naïve à l’appareil dentaire pas si empotée, Ludwig le geek surdoué en surpoids et Jericho le meilleur ami aux goûts vestimentaires douteux, mon cœur balance. A vrai dire, derrière les clichés à peine voilés, j’ai été surprise de mettre le doigt sur des adolescents plus complexes qu’il n’y paraît et j’ai été encore plus surprise de me prendre d’affection pour eux, avec une préférence pour les deux nouveaux de la bande : Belinda et Ludwig. Jericho m’a semblé un peu trop en retrait et discret et on ne sait pas grand-chose de lui… j’attends de voir la suite pour lui donner une nouvelle chance de me convaincre !

elvira time belinda illustrations elodie marzeDrôles, fréquemment dans des situations cocasses, ces héros plus ou moins secondaires font la force de cette saga initialement publiée en feuilletons numériques. Ce que l’on retient de cette première intégrale c’est la façon dont ils vivent et se sortent des différentes scènes, leurs rencontres, leurs interactions et évidemment leurs réparties. L’intrigue passe ainsi légèrement en second plan, à mon avis. Elle n’est pas mauvaise, pas du tout et elle se dévore assez rapidement, mais elle ne marque pas non plus indéfiniment.
Elvira fait son travail habituel au lycée, tombe malencontreusement sur Belinda alors qu’elle la sauve d’une morsure certaine… et apprend de la part d’un beau vampire ténébreux qu’une prophétie la concernant la met irrémédiablement en danger ! Une prophétie ? Mais quelle prophétie ? Pourquoi elle ? Qu’a-t-elle de si spécial ? Et que veulent les vampires qui sont à sa recherche ? Voilà quelques questions auxquelles le lecteur doit faire face. A la fin de cette première intégrale, quelques réponses sont arrivées, d’autres se font encore attendre… mais dans l’ensemble, le dynamisme du récit et les mystères plus ou moins préservés donnent envie de lire la suite !

En citant Buffy un peu plus haut, vous vous doutiez que Mathieu Guibé ne s’était pas seulement inspiré de l’héroïne et du Scooby-gang mais avait également emprunté l’humour de la série et quelques autres références liées à cette pop-culture de la fin des années 90/début des années 2000. C’est donc armé d’un solide second degré qu’il vous faudra ouvrir cette intégrale pour pouvoir savourer correctement l’ambiance.
Les réparties bien salées fusent (Elvira est une spécialiste), les situations improbables se multiplient (d’ailleurs, une jeune adolescente chasseuse de vampires officielle dans un lycée américain, est-ce bien crédible ?) et nous laissent parfois spectateur de scènes carrément dégueulasses (les vampires ne se transforment malheureusement pas en tas de poussière lorsqu’on leur enfonce un pieu dans le cœur). Je vous le disais, c’est dynamique, rythmé, vif : peu de temps morts pour ces quatre épisodes numériques rassemblés en un seul tome papier.
C’est également bien écrit, mais je ne doutais pas des talents littéraires et scénaristiques de Mathieu Guibé. J’ai juste du tiquer une fois ou deux sur des concordances de temps qui me semblaient bancales, mais je ne suis pas une experte et c’est peut-être moi qui n’ai pas les bons réflexes. En tout cas, je ne peux que saluer l’auteur qui a brillamment réussi à prendre la voix d’une adolescente rebelle de 17 ans grâce à un point de vue interne particulièrement bien maîtrisé.

A noter, en bonus, les illustrations en noir et blanc de Elodie Marze qui nous présente dans les dernières pages, son travail autour de chacun des personnages principaux et quelques planches finalisées. C’est toujours intéressant d’avoir un visuel associé à une histoire aussi imagée (qui pourrait tout à fait être adaptée en épisodes de série télé !).
Et enfin, dernier bonus et non des moindres puisqu’il relève l’ensemble et me marquera un bon moment : une petite nouvelle inédite qui contient un épisode de « Dentiers versus zombies », une série qu’Elvira adore et qui m’a beaucoup plu ! J’ai adoré la façon dont est mené l’épisode et j’en redemande !

J’ai grandi auprès de Buffy et du Scooby-gang et n’ai donc pu qu’apprécier les références offertes par Mathieu Guibé. Cette première intégrale pleine d’humour et de légèreté à prendre au second degré, ravira les fans de la première heure. Pour ma part, même si j’ai passé un excellent moment et ai largement souri en compagnie d’Elvira et de sa nouvelle bande, j’avoue avoir une préférence pour les écrits plus « sérieux » de l’auteur. Mais je lirai la suite, évidemment !

Illustration : portrait de Belinda par Elodie Marze, trouvé sur la page Facebook de l’illustratrice !

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