Le Meurtre de Roger Ackroyd de Agatha CHRISTIE

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Le Meurtre de Roger Ackroyd
de Agatha CHRISTIE
Le Masque,
1987, p. 250

Première Publication : 1926

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Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée du roman policier classique. Elle publie son premier roman en 1920 et sa prodigieuse production littéraire fait d’elle l’un des auteurs les plus lus à travers le monde.

♣ Le Crime de l’Orient-Express ♣ La Mort dans les nuages ♣ Mort sur le Nil 

Un soir, dans sa propriété de Fernly Park, l’industriel Roger Ackroyd se confie à son ami le Dr Sheppard. Le veuve qu’il envisageait d’épouser s’est suicidée pour échapper à un chantage. Dans une ultime lettre, elle lui révèle le nom de celui qui détient un terrible secret : un an plus tôt, elle a assassiné son mari.

Lors de mon dernier long voyage en solitaire en train j’avais envie d’une lecture « sûre », de quelque chose qui me plairait sans aucun doute, d’un titre un peu « doudou ». En farfouillant dans ma liseuse j’ai trouvé ce grand classique d’Agatha Christie, considéré comme un de ses meilleurs (si ce n’est LE meilleur ?)… et je ne le connaissais pas encore !
Difficile de faire un podium des nombreux titres proposés par l’anglaise, ils me surprennent tous positivement, mais celui-ci est effectivement très bon et particulièrement bien mené !

Tout se déroule dans un petit village de la campagne anglaise, dans une atmosphère assez fermée : tout le monde se connait, chacun semble avoir des liens avec tous les autres et surtout, tout le monde a de lourds secrets cachés. Le huis-clos c’est la spécialité d’Agatha Christie, et ça marche à tous les coups !
Prenez de nombreuses personnalités différentes, rassemblez-les et mélangez-les dans un espace confiné et vous voilà en présence de mini-intrigues qui se recoupent… et pourraient toutes avoir un lien avec le meurtre. Chaque figure devient alors le coupable idéal à un moment ou à un autre du récit, le lecteur s’amuse à les suspecter à tour de rôle et à découvrir chacun de leurs secrets… jusqu’aux dernières pages où toutes les pièces du puzzle s’imbriquent et où le nom du coupable apparaît en toute logique.
Logique, oui, encore faut-il avoir l’esprit aussi affûté qu’Hercule Poirot ! Car même si tous les indices nous sont donnés dès le début, nous permettant de résoudre l’enquête aussi bien que le célèbre détective, je suis, pour ma part, complètement passée à côté et n’ai pas vu venir la chute ! Lorsqu’on lit les dernières pages on ne peut s’empêcher de lancer un « mais bien sûr ! » mais c’est tellement intelligemment mené que la surprise est quasi-totale (à part pour ceux qui ont un excellent esprit de déduction mais généralement, ce dénouement fait mouche).

Les personnages sont donc nombreux et très différents les uns des autres, proposant ainsi une palette intéressante de figures. On pourrait avoir peur de s’y perdre mais Agatha Christie, en reine du polar, sait sans aucun problème nous les présenter de sorte qu’on ne les confonde pas et les ai bien en tête tout au long du récit. Un peu comme Jane Austen avec ses héros, Agatha choisit soigneusement quelques adjectifs pour les qualifier et nous les sert à chaque fois à la limite de la caricature.
Roger Ackroyd, personnage central du texte auquel il donne son nom, est un riche industriel assassiné dans son propre salon alors qu’il s’apprêtait à épouser une veuve, s’étant elle-même suicidée quelques jours plus tôt pour échapper à un maître chanteur. De ce couple disparu précocement s’accrochent tous les autres personnages : la sœur, la nièce, le fils adoptif, la future bru, le secrétaire, les domestiques… et évidemment le Docteur Sheppard, narrateur unique de cette histoire, ce qui ajoute de l’intérêt au récit.

agatha christieEn effet, habituellement c’est Hastings, le fidèle ami d’Hercule Poirot, qui nous raconte les enquêtes. Cette fois, le Capitaine étant en Amérique du Sud, c’est un habitant du coin et témoin direct de l’histoire qui va nous la transmettre, ajoutant au récit objectif, quelques-unes de ses réflexions. Il est bien vite rejoint dans son enquête par le détective belge qui, à la retraite, s’installe pour planter des courges à côté de la demeure du Docteur Sheppard et de Caroline, la sœur aînée de celui-ci, adepte des commérages et des enquêtes policières.
Le narrateur va seconder Poirot dans l’enquête, nous apportant les éléments un par un, nous retransmettant les interrogatoires, dessinant des plans de pièce pour mieux se faire comprendre… bref, nous donnant toutes les pièces du puzzle. Malgré tout, le célèbre détective fait sa vie de son côté et multiplie les mystères, ce qui rend le lecteur aussi sceptique que Sheppard… que sait-il de plus que nous ?

Malgré le côté dramatique des meurtres, il y a toujours beaucoup d’humour et un côté très « british » dans les romans d’Agatha Christie. Déjà formellement courts, les récits n’en paraissent qu’encore plus brefs tant ils sont fluides et agréables à parcourir. Les petits chapitres et les nombreux dialogues sont aussi là pour rythmer l’ensemble… on ne s’en lasse pas. On en vient à se demander comment l’auteure réussit à dire tant de choses, aussi brillamment, sur si peu de pages. Le lecteur reçoit beaucoup d’informations mais, grâce au talent d’Agatha Christie, il les assimile sans problème et en redemande !

Découverte au collège avec ses Dix petits nègres, Agatha Christie est une auteure entrée dans les classiques du monde du polar dont je ne me lasse pas et qui, je pense, peut encore plaire, quasi un siècle plus tard, aussi bien aux adolescents découvrant la littérature, qu’aux adultes habitués à la lecture. Indémodable et indétrônable !

 

Illustration : Agatha Christie en 1926.

 

8 pensées sur “Le Meurtre de Roger Ackroyd de Agatha CHRISTIE

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