NéaChronical, Tome 1 : Memento Mori de Jean VIGNE

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NéaChronical, Tome 1 :
Memento mori
de Jean VIGNE
Editions du Chat Noir,
2014, p.

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : sur le site de la maison !

Né en 1966, à Moulin (03), Jean Vigne a déménagé dans les Alpes de Haute Provence dès l’âge de 1 an. Des études diverses et variées à Marseille lui ont permis de faire de belles rencontres et de développer sa passion précoce pour les jeux de rôle et pour les mondes de l’imaginaire. Entre musique et dessin, il n’a jamais quitté le monde de la création, pourtant, point d’écriture en cette période. Dévoreur de comics (Strange et Special Strange), de romans (les premiers Fleuve Noir et la série Perry Rhodan), de films (Star War IV, Indiana Jones ou Conan le barbare de 1982, souvenir souvenir…), il a fini par quitter sa région pour suivre son épouse à Paris. Une autre découverte, un autre monde riche en rencontres, avant de retourner en province en 1993, direction l’Isère et ses montagnes. C’est là que débuta son cycle d’écriture, quelques mots posés sur son écran d’ordinateur. C’était en 2001. Un premier manuscrit accepté en 2005 chez Chloé des Lys et Jean Vigne a poursuivi sa voie, avec ce même plaisir à chaque fois renouvelé, plongé dans des mondes imaginaires, ne se donner aucune limite sinon celle de se faire plaisir et, surtout, de faire plaisir à ses lecteurs.

♣ ♣ ♣

Après avoir fait le mur pour aller à un rendez-vous nocturne, Néa, 15 ans, se réveille à demi-embourbée dans les marais locaux. Sur le chemin du retour, l’esprit embrumé, elle tente de rassembler des souvenirs qui lui échappent. D’autant plus qu’une fois chez elle, ses parents, sous le choc, lui apprennent que son absence a en fait duré plus de cinq ans.
C’est désormais une jeune femme qui doit reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, c’est à dire au lycée. Seulement, le fossé avec ses camarades se creusent de jour en jour, pas seulement à cause de l’âge, mais également parce qu’une série d’événements inexplicables la rend différente du lycéen lambda. Et du genre humain…
Maintenant, Néa n’a plus qu’une idée en tête : retrouver la mémoire afin de comprendre ce qu’il lui arrive.

J’ai profité de la présence des éditions du Chat Noir et de Jean Vigne au Salon du Vampire il y a quelques semaines pour acquérir ce premier tome. Je souhaitais le lire assez vite puisque le deuxième opus sort en novembre et que j’aurai très certainement l’occasion de l’acheter à son tour lors du Salon de la Fantasy en Beaujolais (les 15 et 16 novembre à la Chapelle de Guinchay).
Après un début un peu difficile – l’héroïne et son franc parlé me rebutaient un peu -, je me suis laissée prendre au jeu, le suspense a bien fonctionné et j’ai tourné les pages avec beaucoup de curiosité. Je lirai la suite de cette trilogie avec plaisir !

Deux choses ont retenu mon attention à la découverte de l’ouvrage et de son illustration (signée Mina M.) : le sous-titre et la petite mouche sur le visage de la jeune fille. Le “Memento mori” (“Souviens-toi que tu vas mourir”) est un thème largement représenté dans la peinture et ce dès le Moyen Age. Généralement symbolisée par un crâne décharné, la mort prend aussi parfois le visage d’une petite mouche (qui serait ici un parfait trompe-l’œil – encore un procédé largement répandu dans la peinture – si elle avait gagné quelques millimètres). Voilà une couverture qui annonce la couleur, la mort sera à l’honneur !
Les éditions du Chat Noir soignent toujours les ouvrages qu’elles nous proposent mais j’apprécie encore plus lorsque l’illustration donne de vraies pistes sur le texte car lui est intimement liée.

Je dois malgré tout avouer qu’après ma curiosité largement aiguisée par l’objet-livre, les premières pages m’ont laissée un peu sceptique et m’ont un peu refroidie. J’ai bien cru ne jamais réussir à apprécier Néa, la jeune héroïne de 15 ans, qui me paraissait un peu trop grande gueule et rentre-dedans. C’est une appréciation toute personnelle mais c’est vraiment le genre de personnalités que je déteste (dans les livres et dans la vie). Je sais que l’âge explique beaucoup de choses mais j’ai toujours préféré les personnages posés, plus réfléchis et plus matures. Bref, j’ai bien cru que j’allais avoir envie de tuer Néa avant la fin et pire, j’ai eu peur de ne pas pouvoir atteindre celle-ci !
Heureusement, on se rend vite compte que Néa n’est pas qu’une jeune rebelle un peu vulgaire, que derrière sa trop grande confiance en elle se cache une certaine fragilité et une grande complexité. Après 300 pages, ce n’est toujours pas ma meilleure amie mais j’ai appris à la connaître un peu plus, j’ai réussi à la comprendre et je me suis surprise à la trouver attachante, parfois.

jean vigneAprès un réveil humide dans un marais, Néa rentre chez elle et se rend compte avec horreur qu’elle n’a pas été absente quelques heures comme elle le supposait, mais cinq longues années ! Amnésique, elle va recueillir de plus en plus d’éléments pour reconstituer le puzzle et comprendre ce qui a bien pu lui arriver pendant tout ce temps. Le lecteur se retrouve alors face à l’horreur puisque devient le témoin d’une organisation bien rôdée impliquant bien plus de gens qu’on aurait pu l’imaginer. Le récit se tourne alors vers le thriller contemporain puisqu’il emprunte à l’actualité, sordide mais malheureusement bien réelle.
L’aspect fantastique de l’histoire apparaît lorsque Néa s’aperçoit qu’elle ne s’est pas réveillée tout à fait humaine dans ce marais… Un très fort lien existe dorénavant entre elle et les animaux et elle semble détenir un immense pouvoir qui la dépasse et qu’elle risque de ne plus contrôler à tout moment. Sans prendre toute la place, ces éléments fantastiques font vraiment partie de l’histoire et du mystère qui entoure la disparition de Néa pendant ces quatre années. A la fin de ce premier tome, on a quelques bribes d’explication sur le pourquoi et le comment de ces pouvoirs mais ça reste assez flou, ce qui a évidemment pour conséquence de nous donner envie de lire la suite !


Bien qu’elle offre son nom à la série, Néa n’est pas la seule « héroïne » de ce premier tome ni même la seule narratrice. En effet, le lecteur fait la connaissance de Juliette, jeune adolescente de 14 ans qui s’est fait enlevée et est séquestrée par un groupe d’hommes. On la suit, comme l’autre jeune fille, du point de vue interne, lors de chapitres alternés. Au début, on ne comprend pas trop quel est le rapport avec la situation difficile de Néa et puis, les pièces du puzzle s’assemblent et on se rend compte que les deux adolescentes sont liées. Elles finiront par se rencontrer et faire un bout de chemin ensemble… mais je ne vous en dis pas plus.

Juliette est quasiment l’opposé de Néa. Très mature et posée, elle affronte les évènements avec énormément de courage et de force, je l’ai trouvée admirable sur bien des points. Chacun des passages qu’elle nous relate, à travers ses yeux, sont autant de moments difficiles et vraiment, on ne souhaite qu’une seule chose : qu’elle s’en sorte… et vite !
D’autres personnages gravitent autour de ces deux jeunes filles, les parents de Néa par exemple, les camarades de classe de celle-ci, un étrange bucheron… et surtout la bande de malfaiteurs. Tout un tas de figures qui permettent de construire un monde plutôt riche et crédible et qui interviennent à un moment ou à un autre dans l’intrigue. Certaines sont anecdotiques et pas franchement très intéressantes (les petits copains par exemple), d’autres sont bien croquées et font vraiment froid dans le dos (le chef des « méchants », pour ne citer que lui).

Globalement, Jean Vigne n’épargne pas ses personnages. C’est une histoire assez dure, très éprouvante et parfois un peu trash. Néa peut d’ailleurs paraître insensible alors qu’elle fait face à certains évènements difficiles et même si on possède une explication valable à son absence de réaction, l’empathie du lecteur s’en retrouve un peu bloquée. En même temps, la voir ainsi, complètement démunie face à sa situation, a aussi un petit côté émouvant. Difficile donc de se placer avec ce personnage, on a parfois envie de la soutenir car elle est touchante mais en même temps, elle a ce côté froid et insupportable qui la rend presque détestable. En bref, une héroïne assez complexe, donc intéressante ; tout comme l’intrigue dans laquelle elle évolue.

M’attendant à lire un roman purement fantastique, j’ai été agréablement surprise par la direction empruntée par l’intrigue. C’est assez terrible, l’ambiance générale est assez glauque mais c’est ce qui fait l’originalité de l’ensemble. J’ai bien cru ne jamais accrocher à l’héroïne principale – Néa – et puis, je me suis surprise à désirer les réponses aux questions qu’elle se pose (que s’est-il passé pour elle pendant ces cinq années ?) et à m’inquiéter de son sort. La fin surprenante de ce premier tome ouvre de nouvelles perspectives… il me tarde de découvrir quel chemin emprunte Jean Vigne dans son deuxième tome !

 

Image : Portrait de Jean Vigne, trouvé sur son site

 

11 thoughts on “NéaChronical, Tome 1 : Memento Mori de Jean VIGNE”

  1. Je trouve ton billet très bien écrit et intéressant! Tu donnes envie de le lire, mais c’est vrai que la personnalité de l’héroïne pourrait vite m’exaspérer… Je vais attendre de voir d’autres avis pour peut être me lancer. J’adore les éditions du Chat noir, c’est vrai que les couv sont toujours soignées! Merci en tout cas.

  2. J’ai acheter se livre au Imaginales et je l’ai lu juste après. Comme toi j’ai beaucoup aimé la couverture mais je ne savais pas pour le symbolisme de la mouche, c’est intéressant. C’est aussi un livre qui m’a surprit au début. J’ai eu du mal à assemblé le côté ado avec le côté au peut glauque de l’histoire. J’aime bien les deux aspect mais je trouvai qu’il n’allait pas bien ensemble. Et puis au fil des pages le mélange c’est fait et … Pouf!!! on finit sur une super fin. Je n’avais pas noté la date de sortie du tome 2, merci de l’info.

  3. Ca donne envie comme chronique !! Il va absolument falloir que je regarde ça de plus près 🙂
    Le côté grande gueule des héroïnes m’énerve aussi, mais parce qu’il a tendance à me lasser : c’est un peu la mode en ce moment et j’en ai trop croisé je crois ^^

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