A un sanglot de moi, tu reposes de Mathieu GUIBE

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A un sanglot de moi, tu reposes
de Mathieu GUIBE
Editions Lokomodo,
2013, p. 222

Première Publication : 2008 pour la plus ancienne nouvelle,
2013 pour les plus récentes

Pour l’acheter : A un sanglot de moi, tu reposes

Mathieu Guibé, né à Poissy (78), est un jeune docteur en éthologie. Enfant nourri aux contes de fées, il s’évade du monde rigoureux des blouses blanches pour proposer des escapades dans des univers issus de son imagination.

Germ~IN~es[SENS]ce
Quintessence hiémale
Even dead things feel your love

On ne perçoit de la vie que ce que nos sens veulent bien laisser filtrer. Malheureusement, le temps s’écoule inlassablement et lorsque nous pensons saisir la vérité d’un moment, celui-ci appartient déjà au passé. Notre prise de conscience possède alors le goût amer des regrets. Mais parfois, si l’on ouvre suffisamment les yeux sur cet univers qui nous entoure, nous regagnons une chance d’échanger, de transmettre, de partager ou simplement de jouir de notre existence, simplement en se découvrant ou en comprenant les autres. Malgré leurs diversités, ces nouvelles, au travers de leurs protagonistes, portent un regard, offrent un témoignage, gravent un message provenant de notre imaginaire ou non. Douze histoires, aux allures de dernières lettres ; une ultime page noircie de mots destinée à notre monde, à nos compagnons, aux disparus, ou à ceux qui restent et que l’on ne connaît pas encore, comme vous qui lisez ces lignes.

Depuis ma découverte de la plume de Mathieu Guibé avec son recueil Germinessensce, j’essaye de suivre ce que propose l’auteur. Acheté dès sa sortie en 2013, j’ai pourtant attendu de longs mois avant de me lancer dans ce A un sanglot de moi, tu reposes.
L’illustration de couverture signée Alexandra V. Bach est particulièrement attrayante mais elle peut porter à confusion en laissant penser qu’il s’agit là d’un recueil de nouvelles imaginaires et uniquement imaginaires… alors que ce n’est pas le cas. Certaines ne possèdent aucun élément emprunté à la grande famille de la SFFF et prennent place dans un contexte totalement contemporain et familier. Voilà qui pourrait séduire plus de lecteurs que la couverture le laisse présager.

Une bonne moitié des douze nouvelles du recueil a déjà été publiée dans les ouvrages précédents de l’auteur – ouvrages aujourd’hui indisponibles -, l’autre moitié des textes est totalement inédite.
Douze nouvelles sur des sujets différents, toutes traitées avec beaucoup de sensibilité et avec le sens du détail. Toutes ne m’ont pas séduite mais toutes ont leur intérêt et pourront convaincre un lecteur, j’en suis sûre. Je confirme mes coups de cœur pour certaines des anciennes histoires, la preuve que l’appréciation à la première lecture n’était pas un hasard ; et deux nouveaux textes en particulier ont su retenir mon attention.

Plutôt que de résumer chacune des nouvelles une par une, je préfère revenir plus en détail sur celles qui m’ont le plus convaincue et parler, brièvement, de certaines autres qui, si elles ne m’ont pas chamboulée, ne m’ont tout de même pas laissée de glace.
Arc-en-ciel en braille, qui a gagné un prix en 2008, m’avait déjà beaucoup touchée lors de ma première lecture. Je connaissais donc la chute cette fois mais impossible de rester de marbre. Courte mais extrêmement bien menée, cet instantané dans la vie du jeune héros aveugle est bourré d’émotions. J’avais déjà adoré la première fois, je réitère mon petit coup de cœur pour ce texte complètement contemporain (pas l’once d’une minuscule trace d’élément imaginaire là-dedans !).
La Princesse des neiges, Lis-moi, Pour le gain d’une épitaphe et Un train pour l’éternité se déroulent toutes dans des contextes très différents avec des personnages qui n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre. Et pourtant, une certaine fatalité réunit ces quatre textes. Alors oui, ce n’est pas très gai tout ça, mais ce n’est pas non plus complètement déprimant puisqu’une lueur d’espoir pointe presque toujours le bout de son nez entre les lignes. La Princesse des neiges m’avait déjà bluffée auparavant, je continue d’avoir beaucoup de tendresse pour cette histoire qui a tout du vrai conte. C’est magique, imagé… et très très beau ! Les trois autres ne possèdent pas cet élément « merveilleux » au sens propre du terme mais ont malgré tout un petit quelque chose de magique (vous savez, ce petit truc qui donne le frisson, provoque l’émotion) et surtout un côté terriblement humain. L’histoire d’amour tragique proposée dans Lis-moi ne peut pas laisser indifférent ; celle de Pour le gain d’une épitaphe, dans un contexte plus « adulte » et encore plus difficile (si on peut dire) est moins évidente, moins expansive mais très touchante également. Quant à Un train pour l’éternité qui clôt parfaitement le recueil, c’est une nouvelle qui chagrine autant qu’elle donne le sourire. On ne sait plus si l’on peut rire entre les larmes puisque comme je vous le disais juste au dessus, l’espoir n’est jamais loin du malheur. Je me doutais un peu de la chute mais la découvrir n’a en aucun cas gâché le plaisir de la lecture. Encore une fois, c’est beau, tout simplement.
Finalement, je me rends compte que les textes qui ont réussi à me toucher le plus sont peut-être ceux qui s’éloignent le plus du genre « imaginaire ». Mathieu Guibé met en scène des vampires de façon originale (L’ennemi dans la glace et Sinslayer) et part également du côté de la science-fiction (Le Bug humain) mais, si ces nouvelles m’ont intéressée – elles sont elles aussi très bien menées -, elles ne m’ont pas émue plus que ça. Elles pourront séduire d’autres lecteurs, c’est évident car comme vous pouvez le constater, il y en a pour tous les goûts !
Pour plus de détails sur les anciens textes, je vous invite à jeter un œil à ce que j’avais pu écrire précédemment au sujet des recueils Germinessensce et Quintessence hiémale. Inutile de répéter les mêmes choses ici !

A un sanglot de moi, tu reposes est un excellent recueil que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque et que je ne peux que vous conseiller d’acquérir à votre tour (s’il est toujours disponible ?). C’est une excellente façon de débuter avec la plume et l’univers de Mathieu Guibé si vous ne le connaissez pas encore, et un bon moyen de continuer l’aventure pour ceux qui apprécient déjà l’auteur !

 

7 pensées sur “A un sanglot de moi, tu reposes de Mathieu GUIBE

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