Le Coin des BD [3]

J’ai profité des congés de fin d’année pour emprunter quelques nouvelles bandes-dessinées. Je continue les découvertes, piochant un peu dans tous les genres, dans tous les styles car je veux élargir ma culture du genre. Alors tout y passe ! Parfois c’est une réussite, parfois non… mais dans l’ensemble, ça reste un plaisir !

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Histoires-de-Lyon_deligiaHistoires de Lyon sous la direction de Florent DELIGIA.
Lyon Capitale, 2012, 64 pages. Pour l’acheter : Histoires de Lyon

Les éditions Lyon Capitale présentent : 7 périodes historiques, 7 aventures. Des auteurs de BD s’emparent de l’histoire de Lyon et nous racontent à leur manière les plus grands événements de la cité. Plongez-vous dans le passé grâce à plusieurs aventures inédites, toutes introduites par un contexte historique, ainsi qu’une chronologie. De Lugdunum à la Seconde Guerre mondiale, redécouvrez la richesse de l’une des plus vieilles villes de France.

Pourquoi avoir voulu découvrir cette nouvelle bande-dessinée ? Parce que je vis à Lyon, bien sûr ! Non Lyonnaise d’origine, j’ai beaucoup de lacunes et ne connais que très peu d’histoires sur la ville ; je voyais donc là l’occasion de me cultiver un peu, tout en me distrayant. Je sors de cette découverte globalement mitigée, l’ensemble tendant plus vers le négatif que le positif. Je m’explique.
histoires_lyon_planche yan le ponCes 64 pages nous proposent pas moins de 7 mini-histoires, rédigées et illustrées par 7 artistes différents (dans l’ordre : Benjamin REISS, Romain LARDANCHET, Yan Le PON, Emmanuel PICQ, Ben LEBEGUE, Fred SORRENTINO, Antoine OZANAM accompagné de KIERAN). Si j’ai souvent du mal avec les bande-dessinées, trouvant les intrigues trop brièvement exploitées, autant vous dire que là… c’est pire ! Je suis bien consciente que le but de ces 7 histoires n’était pas de mettre en place une intrigue riche et complexe mais plutôt de relater 7 petits épisodes mettant en scène la ville dans 7 époques différentes (l’Antiquité, le Moyen Age, le XVI, XVIII et XXe siècle, en gros). Soit. Mais quand même. J’ai vraiment eu du mal avec la narration et avec la chute de ces historiettes, n’y trouvant que peu d’intérêt et n’en gardant aucun souvenir, une quinzaine de jours plus tard !
Je n’ai, qui plus est, pas accroché avec le coup de crayon de tous les illustrateurs… mais c’est assez normal vu la différence de style entre tous les artistes présentés. Malgré tout, je retiens quelques jolies planches et suivrai très certainement le travail de certains, notamment Romain Lardanchet (que je connais déjà de nom) qui offre une belle atmosphère à la deuxième histoire (qui se déroule au Moyen Age).
Cela étant dit, je tiens à signaler le travail de recherches effectué par les auteurs et rassemblés dans ce recueil par l’historien Florent Deligia (qui ouvre chaque épisode par un petit résumé de la période présentée). De nombreuses informations ont été récoltées et prouvent une nouvelle fois que Lyon est une ville riche d’Histoire.
Une BD-recueil qui se voulait assez large pour englober 7 périodes du développement de la jolie ville de Lyon, mais qui se perd finalement dans une trop grande diversité. Chaque épisode historique mériterait une quarantaine de planches à lui tout seul, permettant ainsi à son auteur/illustrateur de se faire vraiment plaisir… et de faire plaisir au lecteur par la même occasion !

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le docteur héraclius gloss jean sébastien bordas maupassantLe Docteur Héraclius Gloss de Jean-Sébastien BORDAS, d’après Guy de MAUPASSANT.
Delcourt (Mirages), 2004, 96 pages. Pour l’acheter : Le Docteur Héraclius Gloss

Le docteur Héraclius Gloss est un grand savant. Que sait-il exactement ? Et bien personne ne le sait. Mais quand on passe ses journées (et même parfois ses nuits) dans une bibliothèque, on doit bien en apprendre des choses non ? Voilà campé le personnage, ne reste que le sujet. La métempsycose. La quoi ? La métempsycose. Un nom barbare qui cache une théorie pas si loufoque que ça : on peut se réincarner dans les animaux…

Je l’avoue, qu’il s’agisse d’images animées ou de bandes-dessinées, j’adore découvrir des adaptations visuelles de livres, quel que soit le genre de celui-ci. Ainsi, lorsque j’ai trouvé cet exemplaire dans les rayons, je me suis dit que ça pouvait être une façon nouvelle d’appréhender l’œuvre de Guy de Maupassant. Et en l’occurrence, je n’avais jamais entendu parler de cette nouvelle – Le Docteur Héraclius Gloss – avant d’avoir la bande-dessinée entre les mains. Si je ne suis pas complètement convaincue (mais ça reste minime !) par l’ouvrage, je le suis tout de même largement assez pour envisager de lire la nouvelle d’origine très rapidement. Ce qui prouve l’influence de cette bd et donc sa qualité, à mon avis.
héraclius gloss jean bordas maupassant plancheJe l’avoue, j’ai eu un peu de mal avec la première quinzaine de planches, un peu perdue par la narration et notamment par les divagations philosophiques du héros, seulement annoncées par le changement radical de décor dans les vignettes. Je suis encore novice dans la bande-dessinée et donc vite perdue si les changements de point de vue, les flash-back et autres détournements de la narration ne sont pas clairement annoncés. Une fois cette particularité acceptée et bien installée dans mon esprit, j’ai pu pleinement profiter de l’intrigue et donc des aventures de ce Docteur Héraclius Gloss qui passe son temps à théoriser sur les vies antérieures et le passage de l’une à l’autre (la métempsycose). Il mène ses petites expériences personnelles, ce qui n’est pas sans lui attirer bon nombre d’ennuis. J’ai beaucoup aimé le retournement de situation qui apparaît dans les derniers chapitres et la chute m’a beaucoup plu. J’avais oublié à quel point les auteurs dits « classiques » avaient de l’esprit et maitrisaient leur intrigue jusqu’au bout, n’oubliant pas de les accompagner d’un humour certain. Côté intrigue, vraiment, j’adhère et je salue les choix de Jean-Sébastien Bordas qui a su réduire et sélectionner (enfin, j’imagine que tout le texte d’origine n’est pas présent et je ne sais pas trop ce qu’il en est des dialogues !) ce qu’il fallait du texte de Guy de Maupassant pour donner du rythme à l’ensemble.
Quant à l’aspect visuel de la bande-dessinée, puisque c’est sans doute ce qu’on retient le plus d’un tel ouvrage… j’ai d’abord eu un peu de mal avec les visages et corps humains mais je me suis finalement habituée aux traits fins et un peu « durs » de chacun. Les couleurs restent, quant à elle, dans un camaïeu de brun-marron assez tristounet mais qui correspond assez bien au texte qu’elles illustrent et à l’idée que je me fais de l’œuvre de Guy de Maupassant (quand je pense à cet auteur du XIXe siècle et à ses textes, je ne vois pas vraiment du rose et du vert fluo !).
Après quelques réserves pour les quinze premières planches, j’ai finalement pris beaucoup de plaisir à suivre les théories de ce héros « original » (dans le sens un peu « fou ») et je me suis souvenue pourquoi j’aimais autant les œuvres dites « classiques ».

challenge XIXe

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janet burroughs pauly py crociJanet Burroughs de Pascal CROCI, Françoise-Sylvie PAULY et Sandrine PY.
Emmanuel Proust Editions, 2011, 104 pages. Pour l’acheter : Janet Burroughs

Pascal Croci laisse un peu ici son côté gothique pour mettre son talent au service d’une explosion de couleurs mettant en scène une Afrique sublimée par l’artiste. Une jeune anglaise part à la découverte de ce continent inconnu et y découvre la légende de l’enfant singe que nous connaissons sous le nom de Tarzan…

Si c’est le nom de l’auteur (Maupassant) qui m’avait attirée dans le choix de la précédente BD, c’est en revanche uniquement le coup de crayon de l’illustrateur qui m’a fait me pencher sur celle-ci. Et très sincèrement, j’en ai pris plein les yeux pendant 104 planches… et j’en redemande ! Je vais très vite me renseigner sur les autres œuvres de Pascal Croci car j’adhère vraiment à ce qu’il fait. En revanche, une nouvelle fois (décidément, je suis difficile en matière de bande-dessinée), le fond m’a déçue. Enfin, c’est plutôt l’alliance du texte et de l’illustration qui n’a pas eu l’effet escompté.
planche janet burroughs crociOn suit en effet les aventures de Miss Janet Burroughs, une jeune Lady anglaise du XIXe siècle, qui, contre l’avis de tous ses proches, a décidé de faire une excursion au cœur de l’Afrique. Sur le chemin, elle rencontre des paysages magnifiques, des animaux sauvages et surtout des tribus dont les us et coutumes sont complètement étrangers à son quotidien anglais. En voyant la référence à Tarzan dans la quatrième de couverture, je pensais le rencontrer rapidement au milieu des pages et je m’imaginais presque que cette jeune Janet puisse être la fameuse Jane de la légende. Mais non, pas du tout. Le célèbre homme élevé par des singes n’apparaît que dans les toutes dernières pages et il n’apporte absolument rien à « l’intrigue ». En fait, intrigue il n’y a pas. Il s’agit seulement d’un « journal de bord » illustré. Janet y décrit ses rencontres et découvertes de façon assez répétitives et sans grand intérêt, je le regrette.
En outre, si le texte ne me passionnait pas, j’espérais que les illustrations l’accompagnant puissent rattraper les choses… mais celles-ci ne correspondent pas aux mots couchés sur le papier. Certes, Croci nous offrent des images absolument fabuleuses de l’Afrique, mais elles n’ont que peu de rapport avec le journal qu’on lit en parallèle. Ces dessins sont tellement magnifiques qu’ils n’ont besoin de rien d’autres pour vivre et pour nous parler, mais dans ce cas-là, pourquoi avoir choisi de le lier à un texte ? Quelques légendes de-ci de-là auraient amplement suffit, à mon humble avis.
Je n’ai pas trouvé la connexion entre la narration de Janet Burroughs et les images censées l’illustrer… et je le regrette. Malgré tout, je me répète, le travail de Pascal Croci est absolument extraordinaire et je sais avec certitude que je n’oublierai pas son nom de si tôt ! Je vous conseillerais presque de feuilleter cette bande-dessinée et de savourer la beauté des dessins et des couleurs… en laissant complètement de côté le texte autour !

challenge XIXe

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