Punk's Not Dead de Anthelme HAUCHECORNE

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Punk’s Not Dead
(Cercueil de nouvelles /2)
de Anthelme HAUCHECORNE
Midgard,
2013, p. 463

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Punk’s not dead

Anthelme Hauchecorne naît en 1980 dans une famille de la classe moyenne. Ado, il se rapproche des milieux anarchistes, participe aux manifestations lycéennes de 1999, et inquiète sa maman. Ses études mêlent droit, économie et sociologie, trahissant une passion précoce pour les mélanges douteux. En 2007, l’auteur obtient le concours d’enseignant en économie-gestion. Jeune titulaire, son affectation le contraint à quitter sa Lorraine natale pour rallier le Nord-Pas-de-Calais. Où qu’il aille, l’encre des mots le suit comme une ombre. Ses romans touchent au fantastique et aux questions de société. L’auteur affectionne les univers régionalistes et documentés, multipliant les clins d’œil aux lieux et aux légendes locales. Son premier roman, La Tour des Illusions, prend place en Moselle. Le suivant, Âmes de verre, puise ses racines dans sa région d’adoption, le Nord-Pas-de-Calais. L’intrigue prend pied dans la métropole lilloise, entrecroisant déclin industriel, critique de l’inhumanité urbaine et résurgence de la cosmogonie celte.

Le Sidh, Tome 1

♣ ♣ ♣

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ? Qu’adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l’an 1789 version 2.0 ?
Est-il bien sage pour un succube de s’amouracher d’un simple mortel ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Et si La Mort s’accordait un repos mérité ?
Treize nouvelles. Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.
Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…
De toute évidence, ce recueil a été écrit pour vous.

En mars dernier, je lisais et savourais Ames de verre – premier tome de la saga d’urban fantasy baptisée Le Sidh – et découvrais le Lillois par la même occasion. L’originalité du fond et la qualité littéraire du texte m’avaient alors positivement emballée. Et intriguée. Avec ce nouveau recueil de nouvelles, je n’ai plus aucun doute, Anthelme Hauchecorne est un auteur prometteur et un nom définitivement à suivre !

Je ne vous résumerai pas chacune des 13 nouvelles que l’on peut trouver dans ce recueil, ce serait trop long et pas forcément passionnant. Je vais seulement vous donner quelques impressions « générales » avant de parler un peu plus en longueur de celles que j’ai préférées… si j’arrive à faire un choix assez restreint, ce qui n’est pas chose aisée, je dois l’avouer. Pourquoi ? Parce qu’à part un ou deux textes qui m’a peut-être moins plu, je trouve toutes ces histoires assez marquantes et intéressantes, qu’il s’agisse du message apporté ou de la forme adoptée. Difficile, donc, d’en conseiller une plus que l’autre.
Sachez avant tout que mise à part une ou deux nouvelles clairement classées dans la fantasy, le fil conducteur de ce recueil – et ce qui semble porter les écrits d’Anthelme Hauchecorne en général – c’est notre monde contemporain à nous et des questions de société très actuelles. L’auteur lance quelques messages, libre à vous de les attraper au vol.

punk-s-not-dead-illustration-01-13-décembre-aux-cendresVous serez ainsi surpris de découvrir l’écrivain multiplier les métaphores filées dans sa nouvelle « blanche » La Grâce du funambule qui, dans notre Lille contemporaine, met en scène un jeune homosexuel ne désirant qu’une chose : s’installer à Paris pour vivre de sa passion et de son talent : la mode. Aucune apocalypse, aucun dragon dans ce court texte. Juste l’émotion et la poésie du style.
Des dragons, tiens, parlons-en ! Et si certains d’entre eux, créatures immenses et ancestrales, vivaient dans les profondeurs abyssales, ces régions encore inconnues de nos scientifiques en 2013 ?
Imaginons maintenant la France future, dans quelques dizaines d’années. Imaginons que des idées extrêmes d’aujourd’hui aient été poussées un peu plus en avant. Imaginons qu’une guerre anéantisse l’hexagone et qu’en réponse, une mutation, une évolution permettent à certains français de voir leur QI s’envoler. Qu’adviendrait-il de nous ? C’est ce que nous propose Anthelme Hauchecorne dans sa Guerre des Gaules qui peut surprendre voire déstabiliser par sa forme. En effet, par l’intermédiaire d’une interview rassemblant quatre invités très différents, représentants de leur « milieu », l’auteur déroule les fils de son histoire. La narration n’est donc pas habituelle et encore moins linéaire mais je trouve qu’elle ne manque pas d’intérêt !
Dans des mondes futuristes différents, nous retrouvons le thème de l’apocalypse conté du point de vue d’un punk zombi ou une scène domestique proche de la farce entre un maître nerveux et son robot domestique désinvolte. Dévorés par les asticots ou gouvernés par les machines, je ne sais pas quel futur est le plus tentant !
Si notre hypothétique avenir et la science-fiction ne vous bottent pas, peut-être trouverez vous votre bonheur dans un univers fantasy ? Que diriez-vous d’aller rendre visite à La Mort ? Mais pas n’importe laquelle, non ! La Mort de Monsieur Terry Pratchett ! Car Anthelme Hauchecorne voulait rendre hommage à ce maître de la fantasy parodique et a choisi de mettre en scène ce personnage charismatique et masculin au temps de la grande Peste en France… Si vous ne savez pas d’où vient l’expression « mort-aux-rats », c’est le moment de le découvrir !

J’avais dit que je ne parlerai pas de toutes les nouvelles et pourtant… j’y suis presque ! Je termine juste, rapidement, avec les trois qui m’ont le plus marquée et touchée et les trois que je vous conseille donc en priorité.
Je commence par la première nouvelle du recueil – Décembre aux cendres – qui, je pense, est hyper bien choisie pour ouvrir celui-ci. Visuelle, émouvante et possédant un décor riche, je trouve qu’elle illustre assez bien le travail d’Anthelme Hauchecorne. Je garde clairement en tête ces images de champs de cendres, de ces enfants qui partent dans les wagons pour fouiller les ruines, cette sensation de froid brulant, de pauvreté teintée d’espoir… c’est vraiment celle qui me suivra le plus longtemps.
Je continue avec La Ballade d’Abrahel qui, inspirée d’une légende lorraine (la région d’origine de l’auteur), revisite les histoires de démon dans les petits villages. Je trouve qu’il y a comme un goût de farce médiévale là-dedans, histoire teinté d’une petite modernité fantastique qui apporte une nouvelle dimension au récit. Le mélange des deux est parfaitement réussi.
Enfin, et je termine avec la nouvelle qui clôt intelligemment le recueil, j’ai nommé Le Roi d’automne qui, comptabilisant le plus grand nombre de pages de toutes, offre une véritable intrigue dans un monde hyper riche et détaillé (que se passe-t-il véritablement dans les profondeurs de la ville de Lille ? Quelles sont ces créatures invisibles à l’œil des non Eveillés ?), dans lequel évoluent de vrais personnages auxquels on s’attache. Ceux qui ont aimé Ames de verre auront le plaisir de retrouvé un des personnages de la saga ici dans ses jeunes années… et ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de lire ce premier tome du Sidh, auront peut-être – en tout cas je l’espère – envie d’en apprendre plus sur la jeune Ambre.

punk-s-not-dead-illustration-02-13-sarabande-mécaniqueDeuxième « cercueil » contenant 13 nouvelles aux genres et thèmes variés, Punk’s not dead me conforte dans l’idée qu’Anthelme Hauchecorne est un écrivain talentueux. J’aime les textes soignés, bien pensés et travaillés jusqu’à la moindre ponctuation et c’est ce que nous propose ici l’auteur.
Qu’il s’agisse de fantasy pure ou d’histoires prenant notre monde contemporain (plus ou moins futuriste) pour base, Anthelme Hauchecorne maitrise ses intrigues et sa narration. J’apprécie vraiment l’importance qu’il apporte aux détails, son utilisation de descriptions très pointues et pourtant jamais lourdes car très visuelles et « sensuelles » (car elles font appel aux sens : la vue oui, mais pas que !).
Je trouve rarement des livres qui me marquent grâce à leur style (ou alors à cause de la pauvreté de celui-ci !) ; Ames de verre il y a quelques mois et Punk’s not dead aujourd’hui en font partie. L’auteur possède ce je-ne-sais-quoi d’assez rare qui rend tout sujet, aussi riche et complexe soit-il, particulièrement passionnant et fluide. Comme quoi, on peut lire des trucs un poil travaillés et approfondis sans que ce soit chiant et barbant, bien au contraire !

Un dernier mot pour saluer le travail éditorial derrière le texte. Certes, le fond est bon mais il est encore plus appréciable grâce aux nombreuses illustrations de Loïc Canavaggia habillant le texte, à commencer par celle de la couverture ! Chacune des nouvelles s’ouvrent sur une planche en noir et blanc, certaines (comme Le Roi dautomne) ont également droit à des planches internes (d’artistes différents, pour cette dernière) et toutes sont ornées de petites décorations en lien avec les thèmes abordés. Un bonheur visuel !

Alors si vous aimez les lectures divertissantes mais aussi riches et parfois porteuses d’un message, fluides mais pas simplistes, tentez de lire du Anthelme Hauchecorne… et pour vous faire une idée de l’univers et de la plume du Monsieur, pourquoi ne pas commencer par ces treize nouvelles ?

Merci à Anthelme Hauchecorne pour sa confiance et pour la qualité des textes qu’il nous propose !

10 pensées sur “Punk's Not Dead de Anthelme HAUCHECORNE

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  • 25 novembre 2013 à 20 h 19 min
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    Je viens voir ton article vu que j’ai enfin fini de lire ce recueil. Je rejoins ton avis ! Moi aussi j’ai adoré Décembre aux cendres. Par contre, une petite erreur s’est glissée dans ta chronique je pense. Dans la dernière, nous nous trouvons bien dans le même univers que dans Âmes de verre, mais l’histoire se passe dans les sous-sols d’Arras, et non de Lille 😉

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  • 12 novembre 2013 à 0 h 10 min
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    Je suis justement en train de le lire, et je reste épatée face à son talent et les messages qu’il transmet dans ces nouvelles. Un régal!
    Bises.

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  • 10 novembre 2013 à 16 h 35 min
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    Il m’intrigue vraiment cet ouvrage, d’habitude je ne suis pas très portée sur les nouvelles, mais pourquoi pas ?!

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  • 10 novembre 2013 à 11 h 22 min
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    bonjour Méli
    bon !!je ne débiterais pas mes habituelles expressions je voudrais bien être plus…. et t’envoyer un message plein…. mais je ne suis qu’une modeste …. ton blog je le visite souvent non ,mais je le visite 😉 ce que je viens de lire concernant Anthelme Hauchecorne me laisse… et là je me dis que jamais je ne ferais de blog écrit …. sans importance 🙂 l’important c’est ce qui reste apres de ces lectures ou vidéos et çà ben c’est …..
    les points pour eviter les mots qui pourraient paraitre trop ou moins 🙂
    au plaisir
    elo melo

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  • 10 novembre 2013 à 10 h 34 min
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    ça a l’air très chouette ! 🙂 J’adore les nouvelles, et je suis loin d’être allergique aux métaphores.

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