James Joyce, l’Homme de Dublin de Alfonso ZAPICO

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James Joyce,
l’Homme de Dublin

de Alfonso ZAPICO
Futuropolis,
2013, p. 240

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : James Joyce, l’homme de Dublin

Alfonso Zapico est un dessinateur et illustrateur espagnol né à Blimea (région des Asturies en Espagne) en 1981 et résidant à Angoulême.

James Joyce (James Augustine Aloysius Joyce, 1882 à Dublin – Janvier 1941 à Zurich) est un romancier et poète irlandais expatrié, considéré comme l’un des écrivains les plus influents du XXe siècle. Ses oeuvres majeures sont un recueil de nouvelles, intitulé Dublinois, et des romans tels que Dedalus, Ulysse, et Finnegans Wake. Bien qu’il ait passé la majeure partie de sa vie en dehors de son pays natal, l’expérience irlandaise de Joyce est essentielle dans ses écrits et est la base de la plupart de ses oeuvres. En racontant son histoire, Alfonso Zapico nous aide à comprendre les liens qu’il peut y avoir entre son oeuvre fictionnelle et sa vie de famille, ses amis mais aussi ses ennemis, son enfance, ses études, la misère… Plus étonnant encore, les lecteurs découvriront comment le chantre de Dublin était avant tout un voyageur impénitent.

Le hasard fait parfois bien les choses et fait parfois passer quelques ouvrages imprévus entre nos mains. Je n’avais absolument pas eu vent de cette bande-dessinée avant de devoir l’équiper à la bibliothèque : heureux hasard ! J’ai envie de découvrir James Joyce depuis de longs mois maintenant, sans jamais oser me lancer dans ses écrits, ceux-ci me semblant plutôt ardus et difficilement abordables. De cet irlandais, je ne savais rien si ce n’est que son oeuvre s’inspire fortement de l’atmosphère Dublinoise et des figures qu’il a pu croiser durant sa vie.
Je suis très contente d’avoir eu cet ouvrage entre les mains et d’avoir pu le parcourir à mon aise. J’ai découvert l’histoire de l’homme derrière l’oeuvre, les deux sont apparemment intimement liés (je crois les spécialistes sur parole) et j’ai aujourd’hui, d’autant plus envie de me lancer dans Dubliners (ou Dublinois ou Gens de Dublin selon les traductions).

James+Joyce+iritisCette biographie illustrée en noir et blanc ne laisse rien passer de la vie de James Joyce et commence même avant sa naissance avec la rencontre de ses parents. Aîné de dix enfants, le futur écrivain – surnommé alors Jim -, est le préféré du père Joyce. Particulièrement brillant, sa scolarité se déroule sans heurt et il est amené à entrer dans les ordres jusqu’à son rejet définitif du catholicisme à ses 16 ans. C’est à la fin de son adolescence qu’il prend les habitudes qui marqueront toutes ses années futures : dilapider le peu d’argent qu’il gagnera en boisson et séduire les femmes. Sous le prétexte de se lancer dans des études de médecine, James Joyce quitte l’Irlande pour Paris à 21 ans… il visite alors plus souvent les bars de la capitale que les bancs de l’université. C’est l’année suivante, à son retour à Dublin, qu’il rencontre Nora, celle qui partagera sa vie jusqu’à sa mort. Mais bien loin de temporiser le jeune homme, la demoiselle devra apprendre à vivre avec les sautes d’humeur, les dépenses et les maux de son conjoint. C’est suite à un incident avec Gogarty (alors étudiant en médecine) que les deux jeunes amoureux quittent le continent pour s’installer à Trieste (alors austro-hongroise) ou Joyce donnera des cours d’anglais. C’est là-bas que naissent les deux enfants « illégitimes » du couple (puisqu’ils ne sont pas mariés) : Giorgio et Lucia. Derrière cette vie de famille qui pourrait sembler idyllique, Joyce flambe ses maigres revenus, entrent en froid avec sa famille, connait les premiers symptômes de son « iritis » et ne parvient pas à publier ses textes malgré ses nombreux essais. Jugés inacceptables par de nombreux éditeurs, les nouvelles de Dubliners ne trouvent pas preneur… jusqu’à la rencontre de l’auteur avec une éditrice féministe anglaise qui deviendra son principal mécène. Entre la guerre, les voyages, les crises d’iritis qui le laissent épuisé, les disputes avec Nora, la démence de sa fille et les problèmes d’édition de ses ouvrages, James Joyce se fait un nom. Souvent porté aux nues, parfois décrié, l’homme connait la véritable consécration avec son oeuvre majeure : Ulysse (Ulysses en anglais) et inspirera de nombreux auteurs pour les décennies suivantes.

Les spécialistes de la question l’affirment : James Joyce s’est inspiré des moments de sa vie pour alimenter son oeuvre et il base celle-ci en Irlande, choisissant d’utiliser l’atmosphère Dublinoise pour parfaire l’ensemble. De ce fait, il est donc intéressant de mieux connaître l’homme qui se cache derrière ce nom renommé.
Si je suis ravie d’avoir fait la connaissance de ce génie littéraire, je dois avouer que, malgré tout le talent qu’il a pu posséder, il m’a… « déçue ». Brillant, extrêmement cultivé, ayant vécu une vie très riche ; je le reconnais. Mais j’ai envie de dire : « quel sale con ! ». A croire que tous les artistes particulièrement doués étaient (sont) des personnes exécrables dans leur quotidien. Je pense par exemple à la vie qu’il a fait mener à cette pauvre Nora… c’était sa muse, il l’aimait, certes, mais sa façon de le montrer était toute « artistique ». L’oeuvre avant tout, l’entourage après.

Après le fond, la forme. Avec cette bande-dessinée, Alfonso Zapico nous offre plus de 200 planches en noir et blanc, souvent très riches de texte. Si l’on peut parfois regretter les bd aux rares vignettes ne contenant pas plus de deux mots, ce n’est assurément pas le cas ici. Récit descriptif ou dialogues, l’auteur tente de faire vivre ses images et je dois avouer qu’il y parvient plutôt bien.
Même si je ne suis pas hyper fan du coup de crayon, je trouve qu’il se marie bien avec la biographie qu’il raconte, je m’y suis habituée et je pense, finalement, qu’aucun autre artiste n’aurait pu arriver à un résultat aussi satisfaisant (disons que je ne vois pas comment on pourrait avoir un autre style que celui-ci).
Un gros gros gros plus pour le format du livre : plus petit et plus épais qu’une bande-dessinée habituelle, je trouve qu’il est hyper agréable à avoir entre les mains et à parcourir.

J’ai été plus attirée par ce que raconte cette bd que par les images qu’elle propose et finalement, je trouve que fond et forme se marient bien. Je suis heureuse d’avoir pu mettre des mots et des images sur l’histoire personnelle du grand James Joyce et je remercie Alfonso Zapico qui a pris soin d’illustrer chaque épisode, plus ou moins important, de la vie de l’auteur… ce qui me permettra sans doute de découvrir son oeuvre avec quelques clefs de compréhension et une approche différente !

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5 pensées sur “James Joyce, l’Homme de Dublin de Alfonso ZAPICO

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