Blood of Eden, Tome 1 : Je suis une immortelle de Julie KAGAWA

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Blood of Eden, Tome 1 :
Je suis une immortelle
de Julie KAGAWA
Darkiss,
2012, p. 536

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Blood of Eden, Tome 1

 

Enfant, Julie se cachait pour se livrer à sa passion : la lecture. Adolescente, elle dévorait des romans pendant les cours de maths. Jeune vendeuse en librairie, elle lisait les livres au lieu de les vendre. Elle ne pouvait que devenir l’auteur étonnamment inventive et imaginative qui explose aujourd’hui outre-Atlantique. Avec sa première saga, Les Royaumes invisibles, elle signe une formidable entrée dans la collection DARKISS. Julie vit à Louisville, dans le Kentucky. Tous les titres de sa série Les Royaumes invisibles ont été listés sur les meilleures ventes livres du prestigieux New York Times .

 

 

Allie est une rebelle, une « non-enregistrée ». Elle méprise les « larbins » ces êtres humains qui se sont laissé réduire à l’état de bétail par les vampires devenus les maîtres du monde, et se bat pour vivre libre, dans la clandestinité. Mais, une nuit, alors qu’elle part chasser sa nourriture, sa vie bascule : elle est attaquée par des enragés et, quand elle reprend miraculeusement conscience, c’est pour s’apercevoir qu’un vampire la tient à sa merci. Un vampire qui met Allie devant un choix impossible : mourir… ou accepter d’être mordue et devenir à son tour un de ces monstres qu’elle honnit.

 

En ouvrant ce premier tome, j’étais sceptique. Encore une histoire de vampires pour la jeunesse, encore une super-héroïne qui allait tout réussir haut la main et tomber follement amoureuse d’un bad boy insipide… et bien non !
Des vampires il y en a, c’est vrai, mais ils sont bien loin de l’image « glamour » qu’on tente de leur donner ces derniers temps ; l’héroïne surprend par sa maturité et son aventure ; la romance garde des proportions tout à fait respectables et surtout, le monde proposé tient la route ! Ce qui devient assez rare en littérature young adult imaginaire et mérite donc d’être noté. Un intéressant croisement entre Je suis une légende, La Route et 28 jours plus tard !

Ce que je retiens surtout de ma lecture et ce qui me semble être l’élément le plus intéressant de celle-ci, c’est son contexte. Le lecteur est en effet plongé dans un monde post-apocalyptique où les vampires ont pris le pouvoir.
Les villes sont les lieux de prédilection des créatures aux dents longues qui, par prévoyance, invitent tous les humains enregistrés à y vivre. Un garde-manger à proximité. Autour de ce noyau de « nantis » vivent les non-enregistrés, les humains qui n’acceptent pas de servir de banque alimentaire. Mais la vie est dure pour eux : accès à aucune nourriture et aucune facilité. La survie est rude, les estomacs rarement remplis, les guerres de territoire fréquentes. Et à la périphérie, à l’extérieur des clôtures constamment gardées, c’est la nature. A l’abandon, la végétation a repris ses droits sur les routes, les anciens villages et tout ce qui marquait alors le passage des humains. Mais les arbres et les animaux ne sont pas les seuls habitants de ces paysages sauvages et abandonnés… les enragés veillent au grain et ne fait qu’une bouchée de vous si vous croisez leur chemin, la nuit tombée.
Dans cette société où l’humain n’est plus qu’un esclave, c’est l’animalité de chacun qui ressort. Les enfants n’apprennent plus à lire et à écrire (de toute façon les livres ont été interdits et détruits par les vampires), l’espoir du lendemain n’est plus de mise, seule la survie et la perspective du prochain repas importent.

Malgré ce climat de désespoir, Allison – surnommée constamment Allie – 17 ans, n’a pas oublié les leçons de sa défunte mère et compte bien utiliser son savoir pour faire changer les choses. Parce que si les humains apprennent comment était la vie avant (grâce aux livres par exemple), ils auront peut-être envie de retourner la situation et de se battre pour détruire ces monstres de vampires ?
Oui mais voilà… ses projets d’avenir s’éteignent avec Allie lorsqu’elle tombe sur une bande d’enragés qui tentent de la tuer. Un vampire passe alors par là, se débarrasse des créatures et propose un choix cornélien à la jeune fille : la mort définitive ou la renaissance en tant que créature de la nuit ? Malgré ses convictions profondes, Allie n’est plus sûre que d’une seule chose : elle veut « vivre »… et elle va se rendre compte, dès son réveil, qu’un vampire est un être encore plus monstrueux que ce qu’elle imaginait… sauf que dorénavant, elle va devoir vivre avec cette part d’elle et apprendre à contrôler la Bête qui sommeille en elle.
Allie est une héroïne que j’ai beaucoup aimé suivre. De l’humaine rebelle aux idées reçues à la vampire affirmée, elle évolue beaucoup mais de façon très naturelle. Ce n’est pas spectaculaire, c’est crédible et vraiment bien maitrisé. J’ai aimé la réflexion qui court tout au long du texte : derrière le monstre sanguinaire qui doit se nourrir d’êtres humains, peut-il y avoir une âme ? Allie tente de combattre ses pulsions coûte que coûte mais peut-être vaut-il mieux apprendre à vivre avec cette part de sa personnalité plutôt qu’essayer de l’oublier ? Faut-il qu’elle vive seule loin de toute forme de vie ? Car qu’en est-il des autres, des humains qui l’entourent ? Ils auront peur d’elle et la détesteront quand ils sauront et c’est bien normal mais pourtant… ne réussiront-ils pas à apercevoir la lueur d’humanité qui persiste en elle ?

julie-kagawaPendant ce tome – plus ou moins partagé en trois parties -, la jeune fille croise de nombreux personnages qui la soutiennent, la trahissent, arrivent à l’apprécier puis la détestent… Elle doit s’adapter à sa nouvelle nature mais également à ce qu’elle implique dans ses relations avec les autres.
Les relations, parlons-en. Si les vampires sont considérés comme des monstres sans cœur, les humains font parfois preuve de beaucoup plus de cruauté envers Allie malgré tout ce qu’elle a pu faire auparavant pour eux. Je pense notamment au garçon qu’elle a protégé pendant des années et que l’on découvre au début de l’histoire ou, plus tard, Zeke, l’un des héros masculins de ce premier tome. Celui-ci arrive dans la deuxième moitié du texte et prend vite de l’ampleur. J’ai beaucoup aimé sa personnalité, là aussi plutôt crédible et évoluant naturellement. Et si j’avais peur d’une romance niaise et insipide, j’ai été relativement surprise par ce que nous propose Julie Kagawa. Encore une fois, la relation qui se noue entre les deux personnages est vraisemblable et surtout, elle ne prend pas toute la place et reste au contraire au second plan. Ouf !
Les autres personnages, plus secondaires, occupent tous une place et un rôle à ne pas sous-estimer. Ayant tous une importance à un moment ou à un autre de l’histoire, on finit par s’attacher plus ou moins à eux ou au moins, à prendre plaisir à les voir intervenir. Certains peuvent paraître un peu clichés de prime abord mais en creusant un peu… je n’en dis pas plus !

Cette histoire s’est révélée beaucoup plus sombre et grave que je l’imaginais en apercevant l’illustration de couverture. Certaines scènes sont assez dures et l’ensemble n’est pas des plus festifs. Entre les paysages (et les réflexions) dignes de La Route lorsqu’Allie part en road-trip solitaire, et les scènes cauchemardesques à la 28 jours plus tard lorsque les enragés la débusque et lui courent après au milieu de la nuit (d’ailleurs, l’angoisse attenante à la nature est vraiment très bien retranscrite et les scènes du bunker dans les premiers chapitres sont vraiment excellentes !) ; on est bien loin d’une lecture Bisounours ! Ajoutez ensuite à cela un côté un peu scientifique à la Je suis une légende pour expliquer la création et la propagation des enragés et vous comprenez que c’est sur des bases solides et vraiment intelligentes que se déroule ce premier tome.
Et même si plusieurs réponses à nos questions sont données à la fin de ce premier opus, d’autres restent en suspens (notamment au sujet de Kanin, le mentor de notre héroïne) et poussent à attendre la suite impatiemment. Suite qui sera vite publiée, je l’espère et qui sera à la hauteur de ce commencement.

Je n’ai rien dit sur le style de Julie Kagawa (ou plutôt sur la traduction) puisque je n’ai rien relevé de vraiment particulier. Comme je le disais juste au dessus, l’auteure nous offre des passages angoissants (avec les enragés) qui m’ont fait sursauter plus d’une fois ou un climat très étouffant avec des décors dignes d’un monde post-apocalyptique. Grâce à la narration à la première personne du singulier, il est encore plus facile de s’attacher à Allie et de ressentir les choses avec elle. Ses doutes, sensations et sentiments sont parfaitement retranscrits ; je m’y serais crue !

C’est donc avec un avis très positif que j’ai refermé Je suis une immortelle, premier tome d’une saga qui semble se construire sur des bases solides et particulièrement intéressantes. Un cap est franchi lors du dénouement de cet opus… il me tarde donc de découvrir ce que nous réserve l’héroïne par la suite.

 

Merci beaucoup à Harlequin pour cette découverte très sympathique !

 

 

Pas forcément très représentative de l’ambiance (insiste trop sur la romance) mais donne quand même une idée…

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