Amulettes de Véronique AJARRAG

amulettes véronique ajarrag
Amulettes

de Véronique AJARRAG
Le Chat Noir,
2013, p. 363

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Amulettes

Née dans le Nord de la France, Véronique Ajarrag vit dans le Gard depuis 2000. Après des études de lettres, elle devient professeur et mène une pédagogie essentiellement basée sur l’écriture, en faisant notamment participer ses élèves à de nombreux concours de nouvelles que certains remportent. Dès l’enfance, l’écriture et la littérature la passionnent. C’est pourquoi, en tant qu’adulte elle fait le choix d’animer un atelier théâtral, où elle s’amuse à rédiger elle-même les textes de ses acteurs. En tant que membre d’un atelier cinéma, elle s’essaie également à l’écriture de scénario.
Passionnée par les sciences et les voyages qui influencent son écriture ainsi que par le  fantastique, elle compte parmi ses auteurs favoris Bernard Werber et Eliette Abecassis. Par ailleurs, elle nourrit également une passion pour l’orientalisme et la littérature indienne.

La chro de Révérence

♣ ♣ ♣

Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d’imaginer qu’il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l’un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l’objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.
Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n’avaient été qu’un seul et même couple ?

Je continue ma découverte des ouvrages du Chat Noir avec Amulettes, titre sorti au mois de mai. Comme avec tous les précédents livres du catalogue découverts, la qualité est là, aussi bien au niveau de l’objet (quelle magnifique illustration de couverture signée Miesis !) que du texte en lui-même.
Amulettes m’a séduite sur tous les points et si vous souhaitez découvrir la maison, je pense que ce n’est pas une mauvaise idée de commencer par celui-ci !

Après quelques pages bien mystérieuses qui introduisent à la fois le docteur Ian et Agrippine grâce à une narration un peu « mélangée », le lecteur suit définitivement les pensées du premier. L’entrée en matière peut légèrement déstabiliser (il m’a fallu un temps d’adaptation pour remettre les choses à leur place) mais intrigue et envoûte… et vous voilà entraîné dans cette lecture que vous ne pouvez lâcher avant la dernière page !
Une fois l’histoire d’Agrippine lancée, j’avais besoin de tourner les pages pour découvrir la suite : quelles avaient été ses précédentes réincarnations et surtout, qui était qui, aujourd’hui, dans notre XXIe siècle ? Qui est le traître, qui est le grand méchant ? Et je dois avouer que même si l’on sait depuis le début qui tient le rôle de l’amant maudit d’Agrippine (mais ce n’est pas l‘énigme la plus importante du texte), j’ai été assez surprise par la révélation de certaines identités (voire toutes) des personnages secondaires. Jusqu’au bout j’ai douté… pari réussi !
Cette histoire de réincarnations liée à l’enlèvement, offre une intrigue passionnante. C’est rythmé, dynamique, les informations (et donc indices) arrivent au compte-gouttes… une narration parfaitement maîtrisée, donc !

Outre cette narration dynamique addictive, j’ai également apprécié la place de l’histoire d’amour dans ce roman. Certes, il s’agit avant tout d’amour puisque c’est une relation « interdite »qui est à l’origine de la malédiction et qui permet à Agrippine de traverser les siècles grâce à des réincarnations successives. Malgré tout, ce n’est jamais dégoulinant ou niais. Les relations entre les deux amants maudits, placées dans des époques et pays complètement différents, sont belles, tout simplement ; et celle qui prend place dans le présent de l’intrigue n’est finalement pas particulièrement mise en avant (à part à la fin) et c’est tant mieux. En effet, Agrippine disparait vite de la circulation, au profit du Docteur Ian qui se concentre davantage sur l’énigme.

véronique ajarragD’ailleurs, malgré l’illustration de couverture qui représente Agrippine, c’est le psychologue le vrai héros, à mon goût. Et je l’ai beaucoup apprécié. Embarqué dans une aventure un peu folle, il se donne rapidement sans compter malgré ses réserves de départ. Déterminé et courageux, c’est un homme un peu comme tout le monde qui prend la place du héros. Pas un surhomme, seulement quelqu’un prêt à beaucoup pour aller jusqu’au bout de ses convictions.
Finalement assez absente de l’intrigue au présent, Agrippine a su me charmer grâce à ses anciennes vies, notamment la toute première, lorsqu’elle incarnait Ishtar la prêtresse dans la Mésopotamie ancienne. Ses autres réincarnations sont elles aussi sympathiques, mais c’est bien la toute première, à l’origine de tout, qui est la plus développée et qui permet donc de s’attacher davantage à l’héroïne.
Les personnages secondaires sont nombreux mais assez bien distincts les uns des autres, sans non plus tomber dans le cliché. Je retiens notamment l’ami archéologue dans notre société actuelle et les belles-mères difficiles, aussi bien au XXIe siècle qu’en Mésopotamie ancienne.
Amulettes réunit ainsi un bon petit monde, tous liés à Agrippine/Ishtar, tous plus ou moins intéressés par la malédiction et tous impliqués dans sa résolution (mais dans des buts différents). Je pense que chaque lecteur y trouvera son compte et cherchera à percer le mystère entourant chaque figure !

Grâce aux réincarnations successives des personnages, le lecteur a la chance de voyager dans différentes époques (Uruk au Ive millénaire av. J.C., les temps bibliques, le Moyen Age, le milieu du XIXe siècle…) et différents lieux de la planète (la Mésopotamie, l’Italie, les plantations de Martinique et le commerce triangulaire…). Véronique Ajarrag possède ce talent rare de pouvoir transporter le lecteur dans des décors complètement opposés en quelques lignes seulement. Par des détails descriptifs, des ambiances particulières, le lecteur sait, en quelques phrases, se repérer et parvient surtout facilement à s’immerger dans l’univers proposé.
Il semblerait, selon mon amie archéologue, que quelques erreurs se soient glissées dans le texte, mais mes études d’histoire et d’archéologie étant bien loin derrière moi, je n’ai, pour ma part, rien relevé de choquant. Pas d’inquiétude, si vous êtes novices, ça passera tout seul et vous apprécierez le travail de recherches effectué par Véronique Ajarrag qui mélange savamment informations assez érudites et précises, et roman de divertissement. L’auteure nous fait voyager et nous apprend des choses, mais elle nous conte également une belle histoire fantastique.

Le choix de la narration à la première personne du singulier, du point de vue du Docteur Ian, apporte un petit plus puisque le lecteur découvre les choses en même temps que le héros a pu le faire. Les informations s’ajoutent petit à petit pour que l’on puisse comprendre le passé d’Agrippine et mener l’enquête aux côtés du narrateur… et je n’ai pas été plus douée que lui pour restituer les réincarnations et mettre un nom sur le coupable de l’enlèvement.

Un roman que je n’ai pas pu lâcher une fois la première page tournée. De l’Histoire, de la magie, de l’amour et une enquête… tous les bons ingrédients pour passer un excellent moment !

Merci au Chat pour cette belle découverte !

16 pensées sur “Amulettes de Véronique AJARRAG

  • 29 août 2015 à 15 h 31 min
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    J’étais sur la boutique du Chat, pour m’offrir Les errants, quand Amulettes m’a fait un ptit clin d’oeil. Il me semblait que tu avais lu et chroniqué ce livre, mais je n’étais plus sûre que tu l’avais vraiment aimé. Me voilà rassurée, et Amulettes vient de sauter dans mon panier ! Merci pour mon compte en banque ! LOL

    Gros bisous 😉
    Cali

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    • 29 août 2015 à 15 h 33 min
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      Toujours un plaisir ! Niark niark niark ! J’ai vu qu’il y avait quelques promos chez Le Chat, c’est sûr que c’est le moment de craquer. 🙂
      J’espère que tu seras embarquée !
      Plein de bisous !

      PS : bien reçu ta participation ! Vous êtes plusieurs à m’avoir conseillé Fées, weeds… et ça me titille maintenant ! :p

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      • 29 août 2015 à 15 h 45 min
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        Il était à 10€ amulettes, j’ai pas vu si c’était une promo ou le prix normal par contre. J’espère aimer oui, sinon, tout sera entièrement ta faute ! mdr !
        Ahahahah, Fées, weed… je sais pas si ça va vraiment être ton genre, mais j’ai l’impression qu’il doit valoir le coup d’oeil, j’espère que tu vas le choisir hihihi

        Cali

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  • 31 mai 2013 à 20 h 28 min
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    SOS, c’est terrible j’hésite entre amulettes et Rose Morte, la floraison. Je viens de relire ta critique de Rose Morte mais je ne parviens toujours pas à faire un choix 😉
    est-ce que tu as une préférence pour l’un des deux ? (cela m’aidera très certainement).

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    • 31 mai 2013 à 20 h 31 min
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      Arf. Pas facile. C’est vraiment différent.
      Amulettes est un tome unique, Rose Morte une saga (en 5 tomes si je ne me trompe pas). Amulettes est plus « grand public » que Rose Morte, je dirais et ce dernier est plus « sombre ». Tous les deux sont très bons… tout dépend ce que tu cherches ! 😉

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      • 4 juin 2013 à 19 h 47 min
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        Merci !
        Je vais donc porter mon choix sur Amulettes car j’aimerais pour l’instant limiter un peu mes achats concernant les séries (mais de toute façon mon raisonnement est assez inutile puisque je craquerai un jour ou l’autre pour Rose Morte xD). Malheureusement, je comptais le commander dans la semaine mais entre temps j’ai réservé un voyage donc amulettes devra attendre quelques semaines lol.

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  • 29 mai 2013 à 16 h 29 min
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    Tu me fais à chaque fois trop envie avec cette maison d’édition. Déjà, les couvertures sont sublimes. Mais en plus les histoires et tes chroniques sont en générale élogieuses. J’ai hâte de m’en offrir un ^_^ Merci pour ta chronique !

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    • 29 mai 2013 à 20 h 06 min
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      N’hésite pas à tenter cette maison ! Le catalogue est bien diversifié maintenant, tu devrais y trouver ton bonheur. 🙂

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  • 29 mai 2013 à 14 h 00 min
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    Tu me donnes de plus en plus envie de lire ce livre avec ta chronique.
    Je pense le commander assez vite.
    As tu d’autre livres de l’edition « le chat noir » a me conseiller ?

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    • 29 mai 2013 à 20 h 07 min
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      Contente de te tenter ! 🙂
      Je ne sais pas quel genre tu lis habituellement… mais tu devrais trouver ton bonheur dans le catalogue qui commence à se diversifier. Il y a des anthologies, des one-shot, des séries… j’ai beaucoup aimé Even dead things feel your love de Mathieu Guibé et L’Aube de la guerrière de Vanessa Terral. Mais ces trois-là sont très différents !

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  • 29 mai 2013 à 11 h 54 min
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    Etant donné que je suis quasi-certaine de commander ce livre dans les prochains jours, j’ai préféré lire ton article en diagonale. Je me doute bien que tu n’as pas divulgué des éléments importants de l’intrigue mais j’aime être dans l’inconnu pendant ma lecture 😉
    Néanmoins, j’étais impatiente de connaître ton ressenti et je suis rassurée !

    Je lirai à nouveau ta critique entièrement une fois le livre lu !

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