Les Contes d'Amy de Frédéric LYVINS

lescontesdamyLes Contes d’Amy
de Frédéric LIVYNS
Edilivre (Classique Collection),

2011, p. 193

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Les contes d’Amy

Frédéric Livyns est né le 02 juin 1970 à Tournai (Belgique). Il se passionne très tôt pour la littérature fantastique et de science-fiction. Il s’adonne ensuite à l’écriture dans des registres tels que la poésie, le roman noir ou le fantastique que ce soit sous forme de romans ou de nouvelles. L’auteur vit actuellement en Belgique avec sa compagne et ses enfants.

Le Souffle des ténèbres

 

 

Quels secrets se cachent derrière les murs de ce vieil asile abandonné ? Pourquoi ne trouve-t-il pas d’acquéreur après tant d’années ? Quelles horreurs renferment les cellules désertées ? Ce recueil contient douze contes terrifiants magnifiquement illustrés par Kévin Biseau dans lesquels spectres et démons se livrent à une macabre sarabande. Ne soyez pas timide et entrez dans la danse ! Laissez Amy vous conter une petite histoire…

Après ma découverte il y a quelques jours du Souffle des ténèbres qui m’a convaincue, j’étais très curieuse de tenter la lecture d’un deuxième titre de Frédéric Livyns. Et, le bandeau « Prix Masterton 2012 » sous les yeux, j’étais encore plus impatiente de parcourir les histoires de cette mystérieuse Amy… Alors convaincue par cette deuxième excursion dans l’univers de l’auteur, ou non ? Et bien oui, convaincue et demandeuse d’un autre livre. Frédéric Livyns est un auteur que je suivrai avec plaisir et je serai là, pour la prochaine parution !

Les Contes d’Amy est, comme son nom l’indique, un recueil de 13 contes (nouvelles) en comptant L’intro et L’outro. Les longueurs et intrigues sont bien évidemment différentes d’un texte à l’autre mais des thèmes généraux sont communs à tous : le surnaturel et le « frisson ». J’ai également repéré quelques éléments souvent repris tels que la perte d’un proche, le divorce, l’arrivée dans une nouvelle ville/maison… De quoi créer des ambiances très particulières, entre la mélancolie, l’angoisse ou même la colère. C’est lourd de tensions et c’est propice aux petites frayeurs…

Mais c’est qui cette Amy qui nous propose toutes ces histoires ? Et bien Amy, c’est la petite fille que l’on voit sur l’illustration de couverture. Sans doute atteinte de progéria, l’enfant vivait dans un asile psychiatrique et terrorisait les autres patients par son comportement. En effet, toujours seule dans un coin, toujours son cahier et un crayon à la main, Amy fixait les autres résidents et s’empressait alors de noter quelques phrases… qui entrainaient alors d’affreux cauchemars à ceux qui étaient concernés.
On découvre l’histoire de cette petite fille dans L’intro qui met en scène un jeune couple voulant acquérir l’ancien asile où elle résidait. Lors de la visite avec l’agent immobilier, Charles et Coralie se séparent, celle-ci préférant rester au rez-de-chaussée pour visiter les lieux. Elle tombe sur une pièce renfermant tous les dossiers des anciens patients, notamment celui de la petite Amy qui contient également… le fameux cahier ! Pour tuer le temps en attendant que son mari termine la visite à l’étage en compagnie de l’agent immobilier, Coralie se lance dans la lecture des écrits de la petite fille et nous en fait profiter… Les 11 contes qui suivent sont donc ceux d’Amy et le dernier, baptisé Outro, clôt l’aventure du couple lors de leur visite de l’ancien asile.

Certaines histoires m’ont plus fascinée que d’autres et certaines me semblent moins abouties que d’autres mais dans l’ensemble, elles m’ont toutes fait frissonner. Et je reconnais là, une nouvelle fois (cf. ma chronique du Souffle des ténèbres), le talent de Frédéric Livyns qui sait, définitivement, mettre dans l’ambiance. Plonger le lecteur dans une atmosphère assez angoissante pour qu’il s’imprègne complètement de l’histoire et sursaute au moindre bruit dans la pièce où il s’est installé pour lire… voilà un exercice difficile que l’auteur maîtrise parfaitement. La vue est évidemment suscitée pendant cette lecture (l’ombre qui passe devant la fenêtre et qu’un personnage aperçoit alors qu’il est dans le jardin et regarde la façade de sa maison…) mais également l’ouïe ; je pense notamment au bruit de galopade que certains personnages perçoivent au rez-de-chaussée alors qu’ils sont à l’étage, persuadés d’avoir vu quelque chose… Je crois que j’ai préféré la simplicité de ces petits moments intimistes très tendus (dans les maisons des héros ou même dans l’asile) aux décors plus « grandiloquents » (dans la forêt ou dans un cimetière, par exemple) qui fonctionnent aussi mais qui, situés à l’extérieur dans un espace ouvert, n’apportent pas la même tension et font plus… artificiels (cela dit, le coup de l’accident de voiture sur une route bordée par la forêt, ça fonctionne aussi pas mal…). Il est vrai que je suis assez bon public et que dès qu’on utilise quelques scènes clefs avec des spectres, des esprits… je ne dors plus de la nuit ; mais, je pense que même quelqu’un de moins trouillard que moi goûtera aux ambiances créées par Frédéric Livyns.

Et si l’atmosphère est si bien mise en place, c’est évidemment grâce aux descriptions de l’auteur. Avec du recul, je me rends compte qu’elles ne sont pas si détaillées/complètes que ça mais laisse plutôt la place à l’imagination débordante du lecteur… et c’est bien joué car c’est ainsi qu’on a le plus de chance de se faire quelques petites frayeurs !
J’ai donc, une nouvelle fois, apprécié la plume de Frédéric Livyns. Mais, parce qu’il faut bien un petit mais et que je suis tatillonne, j’ai tiqué sur quelques phrases qui m’ont semblé un peu bancales au niveau de la concordance des temps. Apparemment, je n’affabule pas (l’auteur lui-même me l’a confirmé). Ce n’est qu’un petit détail qui ne gêne en rien la lecture générale, mais j’aime bien pointer du doigt quand je repère un petit truc qui me chagrine car, si l’auteur vient un jour lire mes blablas, je me dis que ça peut toujours lui être utile pour un futur écrit.
Enfin, et c’est à noter (et en plus c’est signalé dans la quatrième de couverture donc ça a son importance !), chaque conte est introduit par une illustration (en noir et blanc) signée Kévin Biseau. Ces 13 dessins renseignent assez bien le lecteur sur la nouvelle qu’il s’apprête à découvrir… C’est un détail, mais un détail qui rend la découverte du recueil d’autant plus agréable.

Pour conclure sur ce recueil qui confirme le talent de créateur d’ambiances angoissantes de Frédéric Livyns, je vous conseille tout particulièrement la lecture de Fin de route, premier texte qui se déroule en extérieur ; Le Village maudit qui rend hommage à Claude Seignolle en reprenant pour décor, un petit village isolé et un peu renfermé sur lui-même ; Au revoir qui fait appel à plusieurs sens et amène quelques scènes assez flippantes ; Réminiscences qui s’approcherait presque d’un texte de science-fiction ou encore La Nuit vient qui revient sur les terreurs nocturnes enfantines (vous savez, le monstre sous le lit, les ombres dans le placard…). 13 textes aux intrigues variées qui vous feront frissonner… A découvrir !

« Un bruit de cavalcade retentit derrière elle, semblant provenir du bout du long couloir. Elle se retourna et, du coin de l’oeil, aperçut une forme disparaissant derrière le coin. Elle sentit son coeur battre plus vite.
– Charles? appela-t-elle d’une voix peu assurée.
Seul le silence lui répondit. Elle pensa alors avoir été victime de son imagination et, alors qu’elle tournait les talons pour se diriger vers l’escalier afin d’y attendre son époux, un petit rire se fit entendre. Un ricanement tout fin, aigu.
– Un rire de fillette pensa-t-elle bien malgré elle. »

Merci à Frédéric Livyns pour cette découverte…

4 pensées sur “Les Contes d'Amy de Frédéric LYVINS

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