Les Larmes rouges, Tome 1 : Réminiscences de Georgia CALDERA

leslarmesrouges
Les Larmes rouges,
Tome 1 : Réminiscences

de Georgia CALDERA
Le Chat Noir,
2012, p. 564

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Il faut attendre la réédition chez J’ai lu en septembre 2013

Le Site
(vous y verrez les illustrations des personnages, un trailer…)

 

Georgia Caldera est née en 1982, dans cette magnifique région qu’est la Touraine. Depuis son plus jeune âge, elle dévore quantité de livres en tous genres, avec néanmoins une affection toute particulière pour la littérature gothique, et n’hésite pas à dégainer régulièrement la plume. Avec pour auteurs de prédilection Edgar Allan Poe, Bram Stoker, Sheridan Le Fanu ou encore Anne Rice, c’est dans les univers sombres et fantastiques qu’elle trouvera son propre style. Un style qu’elle explore à la fois avec les mots, mais également à travers l’image, étant illustratrice de formation. Ainsi, c’est après plusieurs années d’études en art qu’elle décide de se tourner plus concrètement vers l’écriture, accompagnant toujours ses productions de supports visuels ayant pour but de donner aux lecteurs un aperçu de ses personnages et de leurs tourments.

Les avis des autres lecteurs : Kyeira, Nelly17.

Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles…
Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!

Je ne sais plus ni où ni quand j’ai découvert ce titre et le travail de Georgia Caldera en général, mais depuis lors, j’étais curieuse d’y jeter un œil. Je ne regrette pas d’avoir craqué sur le stand du Chat Noir aux Imaginales puisque le livre est aujourd’hui introuvable. Heureusement pour ceux qui n’ont pas encore acheté leur exemplaire, il sera réédité en semi-poche chez J’ai lu en septembre 2013.
Ce premier tome est un sacré pavé et je dois avouer que je redoutais un peu de m’y plonger malgré tous les bons échos venus jusqu’à moi. C’est une lecture commune organisée sur Livraddict qui m’a permis de me motiver, et je ne regrette pas ! Ce n’est pas un coup de cœur comme beaucoup d’autres lecteurs, mais c’est une très belle surprise que je n’oublierai pas de sitôt !

Alors, Les Larmes rouges, c’est quoi ? C’est une histoire de vies antérieures, de vampires, mais aussi une histoire d’amour et surtout, l’histoire d’une jeune fille solitaire qui se voit contrainte – c’est une question de vie ou de mort -, de changer de vie en découvrant la vérité sur certaines réalités potentiellement incroyables.
Je vous voir venir : des vampires… encore ?! Et oui, encore des créatures au sang-froid, mais rassurez-vous, des créatures charismatiques et qui se rapprochent assez, je trouve, des origines du mythe. Cruauté, séduction, orgie… voilà quelques termes pour les définir. Je suis vraiment contente d’avoir affaire à des vampires qui, à cause de leur nature et donc de leurs besoins vitaux, ne peuvent s’empêcher de s’abreuver de sang humain.
La question du Bien et du Mal est donc au centre des préoccupations de notre héroïne qui, en tant qu’humaine (bien qu’avec quelques particularités) a du mal à accepter les meurtres dont elle devient la complice indirecte. Cette dualité apporte également une complexité et une profondeur au personnage d’Henri, le grand vampire de l’histoire. Pour tout avouer, c’est mon personnage chouchou. Celui qui me semble le plus intéressant, le plus fouillé, celui qui a le plus de potentiel et celui qui, à mon goût, possède le comportement et les réactions les plus vraisemblables au vu de son passé. Henri de Maltombes a su me convaincre et me séduire et il me tarde de découvrir la suite de ses aventures dans le tome suivant.
Cornélia est quant à elle une héroïne qui m’a plu, mais qui n’a pas su me convaincre de A à Z. Fragile jeune femme de 19 ans, solitaire au triste passé, elle évolue de façon intéressante, grandit et s’affirme grâce à cette vie antérieure qu’elle redécouvre petit à petit, au gré de ses rêves qui n’en sont pas vraiment… J’ai aimé la suivre mais, à plusieurs reprises, je n’ai pas compris ses réactions parfois extrêmes. Elle change d’avis du tout au tout, au gré des évènements, ce que je peux comprendre mais peut-être pas de façon si tranchée… Le texte offre, qui plus est, deux Cornélia assez distinctes : celle de la vie antérieure, celle du présent. La première est présentée comme une jeune femme assez égoïste et plutôt naïve… j’ai largement préféré son pendant dans le présent, qui, après quelques siècles, a muri un peu (bien qu’elle refasse parfois les mêmes erreurs, trop butée pour prendre le temps de réfléchir deux minutes avant de réagir violemment… et ensuite le regretter !).
georgiacalderaCes deux personnages principaux sont entourés de plusieurs personnages beaucoup plus secondaires, qui manquent un peu de complexité, à mon goût. Dans l’ensemble, je les ai trouvés un peu trop « lisses » et qualifiables en un ou deux adjectifs seulement : le père trop protecteur et complètement à la masse (Monsieur Williamson), les voisins trop curieux et insistants (Maurice et Amélie), la patronne également insistante (en bonne fille de ses parents) et un peu louche d’ailleurs (Nathalie), l’amoureux transi à l’âme pure et au sacrifice facile (Maxime), l’amante vampire un peu trop possessive (Violaine)… Malgré tout, ils font partis de l’environnement de notre héroïne et sont indispensables à son évolution. J’espère qu’ils se complexifieront dans le tome suivant. Et pour terminer positivement au sujet des personnages secondaires, je concède bien volontiers que j’ai beaucoup apprécié ceux vivant à Londres : le couple de vampires fêtant leurs 200 ans de mariage (que ça doit être long…) et la fille de ceux-ci qui, à mon avis, nous réservent de belles surprises pour la suite. J’ai l’impression que ces trois-là n’ont pas fini de nous surprendre… et ils ont d’ores-et-déjà su me convaincre !

La force de ce premier tome, outre Henri, le vampire énigmatique, c’est l’intrigue originale et par extension, le rythme mis en place par Georgia Caldera. Cornélia est menacée par un ennemi mystérieux et pour comprendre qui il est et ce qu’il lui veut, elle doit replonger dans les souvenirs de sa vie antérieure. C’est donc, en même temps qu’elle que le lecteur découvre ce qu’il s’est passé quelques siècles plus tôt. Réminiscences est un bon page-turner puisque, les informations étant données au compte-gouttes, il faut toujours avancer plus loin pour avoir toutes les pièces du puzzle, et notamment les dernières, qui répondent aux questions : comment s’est terminée la vie de l’ancienne Cornelia et comment en est-elle arrivée là, aujourd’hui ?
Dans l’ensemble, le rythme est vraiment très bon, chaque chapitre apportant son lot de réponses mais également un nouveau lot de questions. Les personnages du passé sont introduits petit à petit et l’histoire de Cornélia s’étoffe. C’est presque parfait, si ce n’est quelques chapitres – lorsque l’héroïne commence tout juste à se souvenir -, qui m’ont semblé un peu répétitifs et cassent donc un peu le rythme global. En effet, plusieurs jours de suite, le schéma narratif est le même : Cornélia fait un rêve (enfin, se remémore plutôt un souvenir de sa vie passée), lorsqu’elle se réveille, elle se dirige directement au château d’Henri pour avoir une réponse aux questions que le souvenir revenu a entrainé. En échange de réponses, le châtelain lui demande de manger un repas complet (pour la remplumer et lui donner un peu plus de forces). Et ces étapes se répètent plusieurs fois de suite. Ce n’est pas inintéressant, bien loin de là, mais, j’ai trouvé le procédé, je me répète, répétitif. Alors je ne sais absolument pas comment Georgia Caldera aurait pu amener les informations et faire évoluer la relation des deux héros, de façon différente… mais c’est un détail que je tenais à souligner.

Enfin, quelques mots sur la forme. J’ai aimé la plume de Georgia Caldera. J’ai trouvé que les phrases sonnaient bien et offraient des images fortes pour que le lecteur puisse se représenter chaque scène. Je n’ai eu aucun mal à me laisser transporter en Touraine, dans le château d’Henri ou même à Londres, lors du fameux bal. D’ailleurs, je trouve que ce passage représente assez bien l’ensemble du roman et la dextérité de Georgia Caldera qui dépeint parfaitement les lieux et surtout l’atmosphère particulière. J’ai apprécié les descriptions mais plus encore découvrir les pensées de Cornélia – jeune femme blessée -, malgré le choix, pas toujours évident à mettre en oeuvre, du point de vue externe.
Je retiens également une particularité, dans ce premier tome, particularité qui m’a surprise, car peut utiliser généralement : l’utilisation presque « abusive » des points de suspension. Je me souviens, qu’en cours de français/littérature/grammaire (je ne sais plus exactement), nous insistions sur la signification particulière de cette ponctuation, qui laisse la phrase ouverte sur quelque chose (aux lecteurs de l’interpréter). Je les aime bien ces trois petits points, et d’ailleurs j’ai tendance à les utiliser beaucoup moi aussi… (la preuve !). Détail, mais détail qui me plait.

Ne reculez pas devant l’épaisseur de ce premier tome, en véritable page-turner, la fin arrive bien trop vite ! Malgré quelques petits « défauts » (un rythme un peu cassé parfois et une héroïne que je n’ai pas toujours comprise et approuvée), je retiens beaucoup de belles choses de cette découverte, à commencer par une mise en scène très intéressante (proche des « origines », à mon goût) des vampires et notamment, l’introduction de l’un d’entre eux – Henri – qui a su entièrement me convaincre et me séduire. Les dernières pages apportent quelques réponses mais l’aventure est loin d’être terminée… je lirai la suite, c’est évident !

Voilà les personnages sur des marque-pages.
Le recto et son verso, en dessous, à chaque fois.marquepagesgcaldera

10 pensées sur “Les Larmes rouges, Tome 1 : Réminiscences de Georgia CALDERA

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