Le Quinze Littéraire [6]

Après une pause le mois dernier, je reviens pour le sixième numéro du Quinze Littéraire avec un auteur qui me tient énormément à coeur… j’irai même jusqu’à parler de mon auteur préféré, mon chouchou, celui qui me fait me dire « j’aurais aimé vivre une cinquantaine d’années plus tôt pour pouvoir le rencontrer et échanger avec lui… ». Un nom connu mais souvent « mal » connu, j’espère vous apporter quelques informations intéressantes et pour ceux qui n’avaient jamais entendu parler de lui, j’espère vous donner envie de jeter un oeil sur son travail…

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♣ ♣ ♣

WordPress ne semble pas apprécier les vidéos offertes par l’INA… je suis dégoûtée parce que j’avais habillée mon article de plein de vidéos du dit site… Je vous encourage donc à jeter un oeil en tapant « René Barjavel » dans le moteur de recherche de l’INA. Interview, présentation de livres… il y en a énormément et j’adore la voix de ce cher René !

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« Celui qui savait s’émerveiller… »
(Le Journal du Dimanche, 1er décembre 1985)

 

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  • Je suis né le 24 janvier 1911 dans une chambre de la rue Gambetta à Nyons.
  • Mes parents, Marie Paget et Henri Barjavel, m’ont baptisé René Gustave Henri.
  • Je me suis éteint le soir du 24 novembre 1985 à l’hôpital Cochin après avoir fait une crise cardiaque, en sortant d’une journée avec les élèves et professeurs du collège Stanislas à Paris.

 

 

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Endetail

  • Mon enfance à Nyons s’est déroulée dans les meilleures conditions, entouré par ma mère, mon père et mes deux demi-frères plus âgés (Paul et Emile, respectivement nés en 1903 et 1905), fils du défunt Emile Achard, boulanger et ancien patron de Henri Barjavel. L’école primaire n’était pas vraiment à mon goût, contrairement aux vacances à la ferme chez mon oncle (le frère de ma mère).
  • Alors que je n’ai que 11 ans, je vis l’évènement le plus terrible de mon enfance : la perte de ma mère à cause de la maladie du sommeil. Mon père vend la boulangerie au profit d’un café et mes demi-frères, presque adultes, partent vers leur carrière respective (capitaine au long cours et ingénieur civil).
  • La vie est un peu morose mais, alors que j’ai 14 ans, je suis le proviseur de mon collège, Abel Boisselier, jusqu’à Cusset et devient pensionnaire de l’établissement. Le proviseur, aux idées avant-gardistes (mixité dans les classes, encouragement des soirées dansantes…) offre ce qui semblent être mes plus belles années… j’y vis une grande histoire d’amour « que je ne raconterai jamais, parce que c’est mon trésor personnel et qu’elle m’a ébloui pour le reste de ma vie… Toutes mes héroïnes, par la suite, en ont été des avatars, toutes mes histoires d’amour en portent la trace. » Beaucoup s’accordent à dire que Tarendol en est le récit très inspiré…

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  • Mon « bachot » en poche, je multiplie les petits boulots : pion au collège, agent immobilier, employé de banque, professeur particulier d’anglais alors que je ne maîtrise pas la langue… Mais en 1929, j’entre au Progrès de l’Allier, quotidien de Moulins tiré chaque jour à plus de 10 000 exemplaires. J’y rédige des chroniques, acquière de l’expérience et organise des conférences, notamment celles sur Colette en 1934 (à Vichy et Moulins) qui seront suivies par la publication de mon premier vrai livre : Colette à la recherche de l’amour.
  • Je rencontre Robert Denoël l’année suivante, lors d’une conférence à Vichy. Nous sympathisons et l’éditeur m’invite à Paris à la fin de cette année. C’est le début d’une grande amitié et d’une belle collaboration.
  • A la même époque, je fais la connaissance de Madeleine de Wattripont qui travaille dans une société qui édite des phonogrammes. Nous nous marions en 1936 et accueillons rapidement deux enfants : Renée en 1937 et Jean en 1938.
  • Alors que les années sombres arrivent, je m’implique de plus en plus dans le monde de la littérature. Je fonde en effet, en 1936 avec Jean Anouilh, la revue La Nouvelle Saison ; je m’occupe également du Document, revue de Denoël ; et écris des critiques cinématographiques sous le pseudonyme G. M. Loup (Grand Méchant Loup) dans Le Merle Blanc.

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  • L’arrivée de la Seconde Guerre Mondiale m’appelle au front quelques mois avant que je puisse rejoindre ma famille. Denoël a été mobilisé dans l’armée belge, je n’ai plus de travail. Je multiplie donc les expériences littéraires, dans le journal L’Echo des étudiants et dans le mouvement Jeune France pour lequel j’ai en charge de doter la région de Lyon d’un centre culturel. Devenu directeur littéraire des éditions Denoël, je suis également chargé de diriger la collection pour la jeunesse « La Fleur de France » pour laquelle je rédige, en 1942, Roland, le chevalier plus fier que le lion.
  • La même année, sous l’Occupation allemande, je soumets à Denoël mon roman baptisé « Colère de Dieu ». L’éditeur le renomme Ravage. C’est le début du succès… je continue sur ma lancée avec Le Voyageur imprudent l’année suivante puis un recueil de nouvelles : La Fée et le Soldat.
  • En 1944, je reçois mon premier prix de la part du jury alternatif du Goncourt, « Le Prix des Dix ». La même année, je rédige un essai sur les formes futures du cinéma – Cinéma Total – dans lequel j’anticipe certaines choses, notamment le cinéma en relief.
  • Accusé d’entente avec l’ennemi, mon ami Denoël doit comparaître. Je m’occupe de la maison d’édition à sa place pendant quelques mois puis l’éditeur est assassiné, à la fin de l’année 1945.
  • Après ces années de guerre, je me replonge dans les critiques, pour la revue Carrefour. J’ai la trentaine, je suis en pleine forme, je multiplie donc les projets : je publie Tarendol en 1945, Les Enfants de l’Ombre en 1946 et Le Diable l’emporte en 1948, mais la tuberculose, heureusement traitée à temps, me force au repos dans le Midi. Je profite de ces « vacances » pour travailler sur Journal d’un homme simple, publié en 1951.

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  • Mes activités dans le monde du cinéma débutent en 1947 mais c’est grâce au succès du Petit monde de Don Camillo en 1951, que mon travail de scénariste et dialoguiste est vraiment reconnu. Je multiplie les projets et suis à l’origine de plus de 35 courts et longs métrages.
  • Au début des années 60, je reviens à la littérature avec la revue Fiction pour laquelle j’offre une première version de Colomb de la Lune (publié définitivement en 1962). Avec l’entrée dans un nouveau genre – l’essai – en 1966, grâce à La Faim du tigre, je décide dorénavant de signer mes œuvres littéraires « Barjavel » et non plus « René Barjavel ».
  • En 1967, très impressionné par sa traduction de La Cruche d’or de James Stephens, je fais la connaissance d’Olenka de Veer, avec qui je découvre le merveilleux irlandais et l’astrologie.
  • Le succès de La Nuit des Temps, sorti en 1968, amène le projet d’une comédie musicale qui n’aboutira malheureusement pas. Au début des années 70, je tente également, sans grand succès, de monter une pièce de théâtre que je remanierai plus tard pour en faire Une Rose au paradis.
  • La fin des années 60 et le phénomène hippie m’amène à réaliser avec André Cayette, le film Les Chemins des Katmandou (avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin dans les rôles principaux) duquel je tire tout de suite après, le roman du même nom.

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  • Je repasse ensuite du côté de la rédaction de romans avec Le Grand secret en 1973 et Les Dames à la licorne en collaboration avec Olenka de Veer, l’année suivante. A cette période, je rassemble également dans trois recueils, certains de mes articles publiés dans le Journal du Dimanche : Les Années de la Lune, Les Années de la liberté et Les Années de l’Homme et je m’investis dans la première série de science-fiction française (adaptée d’une série allemande) : Commando Spatial.

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  • Je continue mon travail d’écrivain et me fais plus penseur en 1976 avec Si j’étais Dieu. Je renoue, l’année suivante, avec Olenka de Veer pour la suite des Dames à la licorne baptisée Les Jours du monde mais abandonne la collaboration avec l’irlandaise pour le troisième et dernier tome qu’elle nomme La Troisième Licorne.
  • La fin des années 70 se révèlent plus « philosophique » encore. Je m’attarde sur le nucléaire en 1978, avec Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, puis sur mon amour de la nature avec Les Fleurs, l’Amour, la Vie. Je reviens sur ma vie avec des récits plus biographiques : La Charrette bleue en 1980 et une version remaniée de mon Journal d’un homme simple.
  • Alors que j’ai plus de 70 ans, je profite des dernières années de ma vie pour publier quatre nouveaux romans dans le genre Imaginaire et policier : Une Rose au paradis (1981), La Tempête (1982), L’Enchanteur (1984) et La Peau de César (1985). Mon dernier travail – Demain le paradis – inachevé, voit le jour après ma mort grâce à ma fille Renée. J’y livre mes idées et mes réflexions sur ce futur que je ne verrai pas.
  • Durant cette année 1985, je subis une agression à la bombe lacrymogène dans un train. Déjà bien fatiguée par une vie très riche et très active, mon corps rend les armes ce fameux 24 novembre.
  • Assez réservé et mystérieux sur ma vie privée, je laisse cependant derrière moi plusieurs témoignages (romancés ?) de celle-ci et offre généreusement mes idées, mes réflexions et ma perception de la Vie.

 

 

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Comme vous pouvez le voir avec cette biographie résumée (je me suis très largement servie de celle trouvée sur le Barjaweb, que je vous invite à lire si vous voulez encore plus de détails !), j’ai, dès mes débuts au Progrès de l’Allier alors que j’étais encore très jeune, été très productif. Des chroniques, des articles, des romans (plus d’une trentaine), des chansons ou des courts/longs métrages (plus de 35 !!!), je suis sur tous les fronts.
Voilà donc une liste, non exhaustive (pour découvrir une liste plus complète, je vous invite à cliquer sur les liens insérés dans chaque catégorie) de mon travail.

Littérature (Pour voir les différentes éditions de chaque titre…)
Colette à la recherche de l’amour (1934) ♣ Roland, le chevalier plus fier que le lion (1942) ♣ Ravage (1943) ♣ Le Voyageur imprudent (1944) ♣ Cinéma Total (1944) ♣ La Fée et le Soldat (1945) ♣ Tarendol (1946) ♣ Les Enfants de l’Ombre (1946) ♣ Le Diable l’emporte (1948) ♣ Journal d’un homme simple (1951) ♣ Collioure (1953) ♣ Jour de feu (1957) ♣ Colomb de la lune (1962) ♣ La Faim du tigre (1966) ♣ La Nuit des temps (1968) ♣ Les Chemins de Katamandou (1969) ♣ Les Années de la Lune (1972) ♣ Roland, le chevalier plus fier que le lion (réédité, 1972) ♣ Le Grand secret (1973) ♣ Le Prince blessé (1974) ♣ Les Dames à la licorne (1974) ♣ Les Années de la Liberté (1975) ♣ Si j’étais Dieu… (1976) ♣ Les Années de l’Homme (1976) ♣ Brigitte Bardot, amie des animaux (1976) ♣ Les Jours du monde (1977) ♣ Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester (1978) ♣ Les Fleurs, l’Amour, la Vie (1978) ♣ La Charrette bleue (1980) ♣ Journal d’un home simple (remanié, 1981) ♣ Une Rose au paradis (1981) ♣ La Tempête (1982) ♣ L’Enchanteur (1984) ♣ La Peau de César (1985) ♣ Demain, le Paradis (1986, posthume)

Cinéma (Pour voir la liste complète…)
Le Petit monde de Don Camillo (1951) ♣ Le Témoin de minuit (1953) ♣ Le Retour de Don Camillo (1953) ♣ L’Etrange désir de Monsieur Bard (1953) ♣ Nuits andalouses (1953) ♣ Le Mouton à cinq pattes (1954) ♣ Les Chiffonniers d’Emmaüs (1955) ♣ Don Camillo et Peppone (1955) ♣ Goubbiah, mon amour (1956) ♣ Les Aventures de Till L’Espiègle (1956) ♣ La Terreur des dames (1956) ♣ L’Homme à l’imperméable (1957) ♣ Le Cas du Docteur Laurent (1957) ♣ Les Misérables (1957) ♣ Parisien malgré lui (1958) ♣ Femmes d’un été (1958) ♣ Mademoiselle Ange (1960) ♣ Boulevard (1960) ♣ Don Camillo… Monseigneur ! (1961) ♣ Le Diable et les dix commandements (1962) ♣ Chair de poule (1963) ♣ Don Camillo en Russie (1965) ♣ Les Chemins de Katmandou (1968)

Journalisme (Pour voir quelques articles…)
Le Progrès de l’Allier La Nouvelle Saison Le Document Le Merle Blanc L’Ecole Etudiante Je suis partout Carrefour Fiction Journal du Dimanche …

Des chansons (Pour voir la liste…)
Le Ciel de chez moi Ecoute s’il pleut Deux enfants dans un jardin Chanson pour une princesse (coll. avec Herbert Léonard) ♣ Le Voyageur …

Voilà de quoi occuper plusieurs heures de lecture et de visionnage…

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Voilà une petite vidéo dans laquelle je vous parle de ma découverte de René Barjavel, de ce que j’ai lu de l’auteur et pourquoi je l’idolâtre… mais pour ceux qui n’apprécient pas ce support et pour compléter celui-ci, voilà quelques paragraphes écrits…
J’ai découvert l’auteur lorsque j’avais 15 ou 16 ans. Alors que j’avais une heure d’étude au lycée, j’étais allée faire un tour à la librairie (presque unique) de la ville où j’étudiais (Moulins en fait, et si vous avez lus ce qu’il y a au dessus, vous avez pu voir que Barjavel a foulé ces rues…) et avais repéré, dans la vitrine, le Pocket de La Nuit des temps. Après avoir lu le résumé, je n’étais pas particulièrement tentée par cette histoire aux allures scientifiques et la couverture me perturbait… mais quand même, je l’ai acheté et je me suis lancée. J’ai bien fait puisque quelques jours après ma lecture, j’étais tellement enthousiaste que j’ai parlé de ma découverte avec ma prof de français du moment qui m’a conseillé et prêté L’Enchanteur. Lu en deux jours, je lui ai rendu son Folio pour aller m’acheter mon propre exemplaire ! Ma troisième lecture s’est faite grâce à ma petite soeur qui, à l’époque au collège, avait emprunté pour moi dans son CDI, Le Grand secret… par la suite, dès que j’en avais l’occasion, j’essayais d’acheter les autres ouvrages de Barjavel et lorsque je trouvais les éditions d’origine, je revendais mes petits poches… aujourd’hui, je ne revends plus rien et garde tout !!! La preuve…
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Ce sont actuellement 37 ouvrages (42 en avril 2013) qui se battent la place dans ma bibliothèque… Certains titres – les plus rares – sont encore absents de mes étagères (Roland, Cinéma total… par exemple) et d’autres sont au contraire très bien représentés (7 exemplaires de La Nuit des Temps dans 7 édition différentes). Mon but étant, dans l’absolu, de rassembler toutes les éditions de tous les titres de l’oeuvre de Barjavel
Pour cela, j’ai lancé une grande collecte et certains amis/blogueurs m’ont déjà beaucoup touchée en m’envoyant/m’offrant spontanément des exemplaires que je ne possédais pas encore… Merci à vous, votre gentillesse m’a émue ! Si vous avez en votre possession, une édition que je n’ai pas encore trouvée et si vous voulez vous en débarrasser, n’hésitez pas à m’en parler (je troque et achète volontiers)… Pour voir le détail de ce que je possède (il manque deux éditions du Grand Secret et une de La Nuit des Temps, que je n’ai pas eu le temps d’ajouter avant de partir en vacances), voilà l’album Facebook qui rassemble le tout !
A ce jour, je suis loin d’avoir lu tous les titres de René Barjavel. Je prends mon temps, je veux savourer. Et je relis ceux déjà lus. Difficile de faire un top pour le moment, mais sur les dix titres découverts, je retiens surtout (si vous êtes curieux, les titres contiennent des liens qui renvoient à mes chroniques) : L’Enchanteur, Les Dames à la licorne, La Nuit des temps, Ravage et La Peau de César. Les cinq suivants, aléatoirement sont La Tempête, Le Diable l’emporte, Tarendol, Colette à la recherche de l’amour et Les Chemins de Katmandou. Tous ont leurs points positifs et négatifs mais je conseillerais plutôt le premier groupe à ceux qui ont envie de découvrir l’auteur.
Pendant très longtemps, je plaçais L’Enchanteur sur la première place du podium mais depuis quelques temps, je tends à lui préférer Les Dames à la licorne… mais peut-être qu’une énième relecture des aventures des chevaliers de la Table Ronde et de Merlin me ferait à nouveau changer d’avis…
Pourquoi suis-je tombée amoureuse des histoires de Barjavel ? Bonne question… Les textes de l’auteur me touchent, me parlent… je me retrouve dans ses réflexions et ses idées. Et l »amour, ça ne s’explique pas, c’est comme ça. Mais je vais tout de même tenter de mettre des mots sur mes impressions.
Pour commencer, j’aime les thèmes abordés par l’auteur :
  • Très curieux, Barjavel lit des revues scientifiques et s’inspire de ses trouvailles et réflexions pour imaginer ce que pourrait être le futur de l’Homme. Il semble se méfier du progrès ou en tout cas de ce que font les Hommes de ces nouvelles technologies pas toujours bien utilisées… et qui mènent souvent à la chute des civilisations. Il revient régulièrement sur les dérives de la science et a parfois été sacrément visionnaire (la coupure d’électricité dans Ravage qui perturbe l’équilibre, les Hommes retournent à leurs instincts primaires, c’est la loi du plus fort ; l’invention d’une sorte d’Iphone en 1947 lors d’une émission d’anticipation, voilà le lien, si ça vous intéresse !). Souvent considéré comme pessimistes, ses textes sont certes « graves » mais également plein de fraicheur et emprunts d’une touche d’espoir. L’anticipation, c’est quelque chose qui me parle et sans être contre le progrès (Barjavel ne l’est d’ailleurs pas foncièrement non plus), je partage ses réflexions sur la question.
  • On trouve également, dans ses romans et ses essais, un penchant pour l’écologie même si, encore une fois, il ne prend pas partie, il reste modéré… « La politique est une saleté. Il n’y a pas de société idéale. Il n’y a pas de solutions sociales aux problèmes humains. Il n’y a que des compromis. Il n’y a que des sociétés un peu moins mauvaises que d’autres. […] Selon moi, s’engager dans un combat politique, c’est renoncer à la vérité. » Encore une fois, je me retrouve dans ses propos.
  • Le dernier thème que je retiens de l’œuvre de Barjavel, et non des moindres, est l’Amour, avec un grand A. La Nuit des temps, L’Enchanteur, Les Dames à la licorne, Tarendol… des histoires d’amour belles, fortes et marquantes. On est bien loin des trucs niais que peut nous offrir la littérature jeunesse ces derniers temps. Non. Chez Barjavel, les sentiments sont intenses et paraissent réels ; et on envierait presque (en tout cas moi) les héros qui les éprouvent. L’Amour est éternel et indestructible. C’est beau, c’est puissant.

 

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Et j’aime la plume de Barjavel, sa façon de nous conter ses histoires. Certains jugent son style simpliste voire pauvre, je ne suis pas d’accord. Je trouve au contraire que l’auteur possède un style très riche, très imagé et qui fait appel aux sens. C’est simple oui (pas besoin d’un dictionnaire pour lire du Barjavel) mais ça fait mouche et ça touche. C’est tendre, sensuel, parfois amusant, parfois grave, ça fait souvent réfléchir… Bref, Barjavel, pour moi, c’est percutant et pertinent.

Cependant, je sais que beaucoup n’apprécient pas Barjavel, qu’il s’agisse de ses idées ou de sa façon de les écrire. Je comprends et c’est normal. Barjavel ne laisse pas indifférent car il sait toucher ; alors soit on adhère à son univers, soit non et ça ne s’explique pas, c’est une affaire de perceptions.

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Premier site, indispensable si vous voulez en apprendre plus sur Barjavel et son oeuvre, la Bible sur le sujet : le Barjaweb. Vous y trouverez des biographies plus ou moins complète de l’auteur, sa bibliographie complète avec des fiches très détaillées (réflexions et études) sur chacun (ou presque) de ses titres et des dizaines (des centaines) de bonus (photos, vidéos, liens…).
Cet article en contient déjà certaines, mais voilà une sélection de vidéos consacrées à Barjavel, hébergées sur le site de l’INA. N’hésitez pas à fouillez, il y en a quelques-unes !
De nombreux mémoires et thèses sont régulièrement rédigés par des étudiants et admirateurs de l’auteur, en voilà la liste. J’ai cherché rapidement sur des bases de données en ligne mais n’en ai pas trouvés. Il faudrait fouiller sur les sites de chaque université concernée…
A défaut de trouver l’ouvrage Cinéma total (son essai sur le cinéma, daté de 1944), voilà le texte en ligne, accessible gratuitement.
Quelques citations des livres de l’auteur ? Faites un tour ici, certaines sont connues, d’autres moins… Beaucoup sont très belles !
Les oeuvres de Barjavel ont inspiré plusieurs artistes, dans divers domaines, mais La Nuit des temps est sans doute le titre le plus inspirant. Des projets de courts et longs métrages ont été envisagés sur le sujet… un étudiant en architecture nous révèle son idéal sur le sujet… c’est ici !
Chaque année, la ville de Nyons organise les journées Barjavel au mois d’août. L’an dernier, en 2011, pour le centenaire de la naissance de l’auteur, plusieurs évènements ont été mis en place, sur plusieurs mois. Voilà la retranscription d’une des conférences, très intéressante : « René Barjavel, romantique malgré lui« , qui revient sur la place de La Femme dans son oeuvre… (l’occasion de revenir sur les remarques de machisme reçues de son vivant).

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barjaveltombe A la sortie de l’école, Barjavel multiplie les petits jobs, dont celui de professeur particulier d’anglais… « une langue que je connaissais aussi peu que mes élèves. Il fallait que je prépare chacun de mes cours, que j’apprenne la veille ce que j’allais enseigner le lendemain et surtout qu’ils ne me posent pas de questions.« 
Dans le courant de l’année 1935, l’auteur rencontre l’éditeur Robert Denoël, voilà ce qu’il en dit : « J’étais fou de littérature et pour moi, à cette époque, Denoël était le Phénix. […] On m’a chargé de le présenter au public. Je suis allée l’attendre à la gare. C’était un grand garçon à peine plus âgé que moi. Après sa conférence, nous avons passé la nuit à bavarder. Je ne sais qui lui a envoyé le compte-rendu que j’avais fait de sa conférence et de l’interview qu’il m’avait donnée. Il m’a télégraphié en me demandant si je voulais venir travailler chez lui. Inutile de dire que j’ai donné tout de suite mes huit jours au Progrès de l’Allier et je suis monté à Paris.« 
Au printemps 1985, quelques mois avant de s’éteindre, Barjavel s’écrit une lettre, voilà la partie la moins « sombre » : « Je n’ai pas envie de mourir, mais je crois que j’ai assez vécu. Chaque instant est l’éternité. Je sais que ceux qui m’attendent ne m’apporteront rien de plus, je sais peu de choses, je ne saurai rien de plus, j’ai atteint mes limites, je les ai bien emplies, je me suis bien nourri d’être autant que je pouvais, à ma dimension, et de petit savoir, et de grande, grande joie émerveillée. Et maintenant je voudrais faire comme mon chat après son repas : m’endormir. Si je continue, si je dure encore, je ferai mon métier aussi longtemps que je pourrai, avec application comme je l’ai toujours fait. Bien faire ce qu’on fait, quel que soit le métier.« 
Ses obsèques sont organisées à Nyons mais il est finalement enterré dans le cimetière de Tarendol où un cerisier (arbre qu’il aimait tout particulièrement) poussa au bord de sa tombe. Il semblerait que l’arbre, devenu trop gros et faisant des dégâts, ait été enlevé en 2007.
Des rumeurs ont longtemps circulé au sujet d’un hypothétique achat des droits de La Nuit des temps par Monsieur Steven Spielberg… Avouons que la perspective de découvrir l’histoire de Paikan, Eléa et Simon sur grand écran est plus que séduisante… Croisons les doigts pour qu’un jour, un tel projet voit le jour (enfin, si la réalisation est fidèle et dans l’esprit de Barjavel, évidemment !).
J’ai cherché quelques informations sur les enfants de Barjavel. Renée, sa fille aînée, semble assez secrète et je n’ai rien trouvé, à part une ou deux photos très floues et anciennes. En revanche, Jean, le fils de l’auteur, revient sur le travail de son père dans quelques interviews et conférences… En voilà une, émouvante, datée de 2010. « Mon père avait un sixième sens […] il captait tout […] il était émerveillé en permanence« . « Pour moi, sa plus belle phrase est parue dans une chronique dominicale. Il dit : c’est le printemps, je n’arrive pas à m’y habituer« .

jeanbarjavelmonperemaapprisanepasetrelefilsdebarjavelledletarchivesledlsJean Barjavel.

♣ ♣ ♣

Leconcours

Comme les fois précédentes, voilà le moment de vous faire découvrir René Barjavel en vous faisant gagner un ou plusieurs de ses livres.

Quel(s) titre(s) ? A vous de choisir !
Je crois que vous avez de quoi faire, mais bon, tous ne sont pas faciles à trouver…

Ce mois, je propose de faire parvenir à une personne, un ou deux (ou trois ou quatre…) livres de poche, neuf ou d’occasion (dans la limite de 12€).
Je peux envoyer partout dans le monde.

  • Si les frais de port sont gratuits pour votre pays (France, Belgique, Luxembourg…), les livres seront directement envoyés à partir d’Amazon. Petite variante avec Gibert qui ne livre plus gratuitement maintenant… mais vous pouvez retirer la commande en magasin (si vous en avez un près de chez vous, bien sûr !).
  • Pour les autres pays, je me chargerai moi-même de l’envoi, en passant par le tarif « livres et brochures » (il faut compter des frais de port d’1/2€ environ). Ces frais de port seront décomptés des 12€ de départ, il vous faudra donc choisir un ou plusieurs ouvrages (neufs ou d’occasion) dans une limite de 10€ maximum.

J‘aimerais, si possible, faire gagner des gens que je connais un minimum (qu’on se soit croisés sur nos blogs respectifs, sur Livraddict, Twitter, Facebook ou même dans la « vraie » vie,…). Mais, si je ne vous connais pas, vous pouvez tout de même tenter votre chance ; il suffit d’avoir vraiment envie de découvrir René Barjavel (de me montrer votre enthousiasme) et d’être un minimum poli. 🙂
Ceux que je connais bien auront une chance de plus d’office (leur nom apparaîtra deux fois dans le tirage au sort).

Pour participer, il suffit d’aimer la page Facebook du blog (ceux qui n’ont pas FB peuvent participer, sans problème, je ne ferme pas la porte à ceux qui n’aimeront pas la page… le plus important pour moi, c’est votre enthousiasme !), de partager cet article une fois (ou plus c’est bien aussi !) sur Facebook, Twitter, votre blog, un forum, Google… (peu importe ! Et oui, j’assume cette condition de pub… après tout, je pense que ce n’est pas trop demander…) et répondre à une seule et unique question (qui me prouvera que vous avez lu – ou au moins survolé – ce que j’ai mis des heures à rédiger) :

A 14 ans, Barjavel a déménagé pour suivre son proviseur… dans quelle ville ?

Vous pouvez me faire parvenir la preuve du partage de l’article et votre réponse par email – melisende(at)hotmail.fr – ou en utilisant le formulaire de contact (le module est dans le menu à gauche). Un minimum de politesse sera grandement apprécié (je ne suis pas une machine) et je me permets de refuser les candidatures trop robotisées… de l’enthousiasme, que diable !

Le « concours » est ouvert jusqu’au mardi 31 juillet 2012 à midi. Je procèderai au tirage au sort (grâce à un logiciel, je pense) dans l’après-midi et contacterai le gagnant dans la foulée.

Selon le choix concernant l’envoi, la commande pourra être passée dans les heures à suivre (il suffira d’un ou deux clics sur internet). En revanche, si vous n’habitez pas en France, Belgique ou Luxembourg, il faudra que je fasse venir les titres chez moi avant de vous les faire parvenir par la Poste… ce sera évidemment plus long, mais si vous êtes dans ce cas, on en parlera plus longuement par mail.

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Une pensée sur “Le Quinze Littéraire [6]

  • Ping : Les Dames à la licorne, Tome 1 de René BARJAVEL et Olenka de VEER | Bazar de la Littérature

  • 15 juillet 2013 à 19 h 42 min
    Permalink

    Bonjour, j’aime beaucoup votre blog. Ca fait plusieurs fois que je m’aventure chez vous et c’est toujours un très grand plaisir de vous lire. C’est varié, il y en a pour tous les goûts et vraiment, je suis très impressionnée, bravo !!! C’est mon admiration pour Barjavel qui m’a guidée chez vous, par youtube. A chaque fois que je découvre quelqu’un qui a vécu au XXe siècle, je ne peux pas m’empêcher de me dire « il a vécu à un moment où Barjavel n’était pas loin… quelle chance ! ». Moi aussi j’aurais adoré discuter avec lui. Bonne continuation !

    Répondre
  • 29 avril 2013 à 15 h 13 min
    Permalink

    Ça me donne envie de me relancer dans du Barjavel, j’avais lu Le voyageur imprudent il y a quelques années. Je pense que mon prochain sera L’enchanteur !

    Répondre
    • 30 avril 2013 à 15 h 32 min
      Permalink

      Comment est Le voyageur imprudent ? Il attend sagement que je daigne l’ouvrir. ^^
      L’Enchanteur est assez particulier dans l’oeuvre de Barja, mais il vaut le détour (‘fin, je ne suis pas objective !).

      Répondre

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